Sans évolution du cadre réglementaire, l’IA générative pourrait faire perdre aux créateurs musicaux et audiovisuels jusqu’à 22 milliards d’euros cumulés d’ici 2028, tandis que les fournisseurs de services d’IA engrangeraient plus de 21 milliards d’euros sur la même période.
Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA (Claude, Anthropic) :
Chiffres clés à horizon 2028
| 64 Md d’euros Marché total Gen AI Musique + Audiovisuel 2028 | 22 Md d’euros de pertes cumulées créateurs sur 5 ans (2024-2028) | 21 Md d’euros Revenus fournisseurs Gen AI services cumulés 5 ans |
Contexte et enjeux
L’IA générative (Gen AI) s’impose comme le moteur d’une transformation profonde des industries créatives. En 2023, les investissements privés mondiaux dans ce secteur ont atteint 25,2 milliards de dollars, soit une multiplication par neuf en un an. Portée par l’émergence de nouvelles plateformes capables de produire musique, images et vidéos à partir d’un simple texte, la Gen AI s’invite désormais au cœur des chaînes de valeur musicale et audiovisuelle.
| Année | 2019 | 2020 | 2021 | 2023 |
| Investissements privés mondiaux ($Md) | 0,8 | 2,1 | 4,2 | 25,2 (×9 en 1 an) |
Deux usages distincts coexistent : l’assistance créative (idéation, mastering, montage) et la génération complète d’outputs (pistes musicales, vidéos) depuis un prompt. C’est ce second usage qui pose la question centrale de la rémunération des auteurs, d’autant que la majorité des modèles utilisent des œuvres protégées sans autorisation préalable.
Synthèse comparative : musique vs audiovisuel
| Marché outputs 2028 | Perte revenus créateurs 2028 | CA fournisseurs 2028 | |
| Musique | 16 Md d’euros(cum. 40 Md d’euros) | 4 Md d’euros/an — 24 % à risque | 4 Md d’euros (cum. 8 Md d’euros) |
| Audiovisuel | 48 Md d’euros(cum. n/a) | 4,5 Md d’euros/an — 21 % à risque | 5 Md d’euros (cum. 13 Md d’euros) |
Secteur musical : une cannibalisation rapide
Le marché des outputs musicaux générés par IA devrait atteindre 16 milliards d’euros en 2028, représentant environ 20 % des revenus des plateformes de streaming et jusqu’à 60 % des revenus des bibliothèques musicales. Les revenus des fournisseurs de services Gen AI devraient doubler chaque année pour atteindre 4 milliards d’euros, contre seulement 100 millions d’euros en 2023.
Les principaux cas d’usage identifiés sont la génération de musique d’ambiance pour les plateformes de streaming et les espaces publics, la distribution commerciale via les DSP (digital service providers) alimentant des playlists personnalisées, et l’utilisation croissante dans les contenus audiovisuels à petit budget. 24 % des revenus des créateurs sont estimés à risque en 2028, soit une perte annuelle de 4 milliards d’euros.
Secteur audiovisuel : les traducteurs et scénaristes en première ligne
Le marché audiovisuel Gen AI est estimé à 48 milliards d’euros en 2028, principalement tiré par la génération automatisée de contenus pour les réseaux sociaux et les plateformes AVOD, avec un taux de pénétration dépassant les 10 %. Les productions pour TV et SVOD sont également touchées, mais avec une saturation plus limitée (moins de 10 %).
Les revenus des fournisseurs d’outils audiovisuels Gen AI devraient croître de +85 % par an, passant de 200 millions d’euros en 2023 à plus de 5 milliards d’euros en 2028. Les quatre cas d’usage moteurs sont : la génération de vidéos complètes, l’assistance à la réalisation, l’écriture automatisée de scénarios, et l’automatisation du doublage/sous-titrage.
Taux de cannibalisation par segment et profil
| Secteur | Musique — Taux cannibalisation (2028) | Audiovisuel — Profils les plus touchés |
| Digital / Streaming | 30% | Traducteurs & Adaptateurs : 56% |
| TV & Radio / Musique BG | 22% | Scénaristes : 20% |
| CD & Vidéo | 21% | Réalisateurs & co-auteurs : 15% |
| Autre | Nul à marginal | — |
Enjeux réglementaires et perspectives
L’étude conclut que, sans évolution du cadre juridique, les créateurs subiront une double perte : l’utilisation non rémunérée de leurs œuvres pour entraîner les modèles, et la substitution progressive de leurs productions par des outputs IA sur les marchés de diffusion. À l’inverse, les fournisseurs d’IA bénéficient de cette dynamique via un usage que l’étude qualifie explicitement de « parasitaire ».
Des premières actions ont été engagées (procès contre Suno et Udio aux États-Unis), mais le cadre réglementaire reste fragmenté et incomplet. La mise en place de mécanismes de rémunération équitables — licences, droits voisins numériques, partage des revenus publicitaires — constitue le principal enjeu politique identifié par l’étude pour protéger l’écosystème créatif.