Guide d’orientation et d’inspiration : Transition écologique de la culture

Publié en janvier 2024, ce guide définit la feuille de route du ministère de la Culture pour intégrer la transition écologique à l’ensemble de ses secteurs, à travers cinq axes stratégiques et des mesures concrètes à horizon 2027.

Guide d’orientation et d’inspiration | Ministère de la Culture, janvier 2024

Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA (Claude, Anthropic) :

Le secteur culturel face à l’enjeu climatique

La culture représente 2,3% du PIB français (47,5 milliards d’euros) et occupe 2,2% de la population active. Les Français y consacrent en moyenne 4% de leur budget et 3 heures par jour. Malgré ce poids considérable, son empreinte carbone reste mal mesurée : elle représente environ 2% des émissions nationales de GES, soit 12 millions de tonnes équivalent CO2, sans compter les transports ni la consommation audiovisuelle.

47,5 Md€2% PIB2,2%4%3h/jour
Poids éco. de la cultureÉmissions GES (12 Mt CO2e)Population active employéeBudget moyen consacré à la cultureTemps culturel quotidien (Français)

L’empreinte carbone par type de structure

Selon le rapport « Décarbonons la culture ! » du Shift Project (2021), les émissions varient considérablement selon les structures. Le scope 3 (déplacements, achats, immobilisations) concentre l’essentiel des émissions — jusqu’à 95% pour l’Opéra national de Paris — ce qui implique d’agir bien au-delà de la seule performance énergétique des bâtiments.

Type de structureÉmissions estimées (tCO2e)Principal poste d’émission
Grand festival en ville28 000Transport des spectateurs (~75%)
Multiplexe de cinéma2 600Transport des spectateurs (~90%)
Librairie de centre-ville2 600Achats et logistique
Salle de spectacle (périphérie)1 500Déplacements et énergie
Opéra national de Paris~95% en scope 3Transport visiteurs étrangers (45%)
Cité des SciencesMajorité scope 3Déplacements (89%)

Les leviers d’action du ministère (plan 2023-2027)

Face à ces enjeux, le ministère structure son action autour de trois leviers transversaux et cinq axes thématiques, avec des objectifs chiffrés et des échéances précises.

Trois leviers transversaux

La collecte de données et les bilans carbone constituent le socle : 100% des établissements devront disposer d’un bilan carbone actualisé d’ici fin 2025, et l’ensemble des acteurs culturels mesureront l’impact de leurs événements à horizon 2027.

Le financement constitue le second levier, avec 40 millions d’euros de fonds interministériels verts fléchés vers la culture dès 2024, complétés par 25 millions d’euros du programme Alternatives vertes (France 2030), déployés en trois vagues jusqu’en décembre 2024.

La formation représente le troisième levier : 100% des directeurs d’établissement seront formés aux enjeux climatiques d’ici 2025, et les référentiels pédagogiques des écoles supérieures culturelles intégreront la transition écologique d’ici 2026.

Sobriété énergétique : 8 mesures opérationnelles

Des consignes concrètes s’appliquent dès maintenant à tous les établissements : chauffage limité à 19°C, climatisation plafonnée à 26°C, réduction des horaires d’éclairage, optimisation numérique et mobilités douces pour les équipes. Ces mesures ont déjà produit une baisse de 10% de la consommation énergétique dès l’hiver 2023.

Cinq axes pour décarboner tous les secteurs culturels

Axe 1Créer autrementÉcoconception des œuvres, réemploi des matériaux, modèles de production sobres, mutualisation des tournées
Axe 2Numérique sobreRéduction de l’empreinte carbone du numérique (4% des GES mondiaux), plans de sobriété, standards communs
Axe 3Architecture durableRéhabilitation du bâti, conciliation patrimoine/transition énergétique, biodiversité, formation des architectes
Axe 4Préserver & conserverConservation verte, anticipation des risques climatiques, plans de prévention, évolution des normes internationales
Axe 5Mobilité des publicsTransport = 65-90% des GES culturels ; solutions décarbonées, offre de proximité, information des publics

Ces axes appellent des changements profonds : repenser le cycle de vie complet des œuvres (conception, production, diffusion, réemploi), développer des circuits de distribution sobres, favoriser la mutualisation territoriale, et promouvoir une architecture de réhabilitation plutôt que de construction neuve.

Sur la mobilité, poste représentant 65 à 90% des émissions selon les types de structures, l’action passe par l’incitation aux transports décarbonés, des partenariats avec les collectivités locales et une information systématique des publics sur l’empreinte de leurs déplacements culturels.

Objectifs cibles 2023-2027 en synthèse

Financement40 M€ fonds interministériels verts dès 2024 ; 25 M€ programme Alternatives vertes (France 2030)
Bilans carbone100% des établissements dotés d’un bilan carbone d’ici fin 2025 ; 100% des acteurs mesurent leur impact en 2027
Sobriété énergie16 chaudières fioul remplacées dès 2024 ; 100% remplacées en 2026 ; économies de 10% dès hiver 2023
Formation100% des directeurs d’établissement formés d’ici 2025 ; 100% des référentiels pédagogiques intègrent la TE en 2026
Mobilité1 contractualisation/région avec opérateur mobilité en 2026 ; 75% des opérateurs étudient tarification verte en 2027

La culture, vecteur de sensibilisation à la transition

Au-delà de sa propre transformation, le secteur culturel joue un rôle de premier plan dans l’évolution des imaginaires collectifs. Cinéma, festivals, musées, édition et audiovisuel public contribuent activement à la sensibilisation des publics : « Les algues vertes » (2023), « Le monde sans fin » de Jancovici-Blain (best-seller 2022), les expositions « Urgence climatique » d’Universcience, ou encore la hausse de 15% des publicités éco-responsables sur Radio France en témoignent.

Des festivals comme We Love Green ou Le Cabaret Vert ont démontré qu’il est possible de combiner ambition artistique, accessibilité et responsabilité environnementale, en proposant mobilités douces, alimentation végétalisée et équipements éco-conçus à des millions de festivaliers.