Chiffres Clés : Statistiques de la culture et de la communication 2020

Ministère de la Culture – DEPS | Données de référence : 2017

En 2017, près de 621 700 personnes exercent une profession culturelle en France, représentant 2,3 % de l’emploi total — un secteur dynamique, qualifié, mais marqué par la précarité, la concentration géographique et des inégalités de genre persistantes.

Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA (Claude, Anthropic) :

1. Cartographie de l’emploi culturel

L’emploi culturel se lit selon deux prismes complémentaires : les professions culturelles (621 676 actifs, soit 2,3 % de l’emploi total) et les secteurs culturels (671 580 actifs, 2,5 %). Ces deux périmètres se recoupent partiellement — 345 900 personnes exercent à la fois une profession culturelle dans un secteur culturel, tandis que 275 800 professionnels de la culture travaillent dans des secteurs non culturels (ex. designer dans l’industrie automobile).

La répartition géographique est très déséquilibrée : 39 % des professionnels de la culture résident en Île-de-France, contre 20 % pour l’ensemble de la population active, même si cette surreprésentation s’est atténuée depuis les années 1990 (50 % en 1991).

Groupe de professionsEffectifs (2017)Évolution depuis 1997
Arts visuels et métiers d’art211 070×2 (forte croissance design)
Spectacle190 702+90 %
Professions littéraires83 441Stable
Architectes61 405+50 %
Professeurs d’art52 809+50 %
Archivage/conservation/doc.22 248÷2 (forte baisse)

Les arts visuels constituent le premier groupe (34 % des effectifs), portés par l’essor du design graphique, de la mode et de la décoration. Le secteur du livre et de la presse reste le premier employeur sectoriel (127 067 actifs), malgré une contraction de 20 % depuis 2009. À l’inverse, l’enseignement artistique amateur a plus que doublé ses effectifs sur la même période.

2. Montée du non-salariat et nouvelles formes d’emploi

Fin 2016, 175 500 non-salariés travaillent dans les activités culturelles. Les indépendants représentent près d’un tiers des emplois culturels — soit 2,5 fois plus que dans l’ensemble de l’économie. En dix ans (2007–2016), les effectifs non salariés des secteurs culturels ont quasiment doublé, portés notamment par la création du statut d’auto-entrepreneur en 2009 puis de micro-entrepreneur en 2014.

En 2016, 55 % des non-salariés culturels ont opté pour le statut de micro-entrepreneur (contre 31 % pour l’ensemble des non-salariés hors agriculture). Cette proportion atteint 83 % dans l’enseignement artistique amateur et 72 % dans les arts visuels. Par ailleurs, la pluriactivité (cumul d’emplois salarié et non salarié) concerne 26 % des non-salariés culturels — 10 points au-dessus de la moyenne nationale. La population des nouveaux entrants rajeunit et se féminise : en 2016, 41 % des non-salariés culturels ont moins de 40 ans (contre 29 % en 2007) et 43 % sont des femmes (contre 33 % en 2007).

Du côté du salariat, les contrats à durée déterminée y sont deux fois plus fréquents que dans l’ensemble de l’économie (32 % contre 16 %), avec une concentration dans le spectacle vivant, l’enseignement culturel et l’audiovisuel.

3. Profil sociodémographique des actifs culturels

Les professionnels de la culture se distinguent nettement par leur niveau de formation : 50 % sont titulaires d’un diplôme de niveau bac+3 ou plus, contre 24 % pour l’ensemble des actifs en emploi. Cette surqualification est encore plus marquée chez les femmes (plus de 50 % diplômées du supérieur, contre 40 % des hommes). L’origine sociale est également atypique : les enfants de cadres sont deux fois surreprésentés par rapport à la moyenne des actifs.

Les femmes représentent 44 % des professionnels culturels – en deçà des 48 % observés dans l’ensemble de la population active –, paradoxe d’autant plus frappant qu’elles constituent 60 % des étudiants des établissements supérieurs Culture. Cet écart traduit des barrières à l’entrée et des mécanismes d’éviction qui persistent tout au long de la carrière.

4. Enseignement supérieur artistique et culturel

En 2018-2019, 37 000 étudiants sont inscrits dans les 99 écoles supérieures relevant du ministère de la Culture, et 42 700 dans les 206 établissements privés spécialisés. Les études d’architecture concentrent à elles seules plus de la moitié des effectifs publics (20 000 étudiants).

L’insertion professionnelle est globalement favorable : 84 % des diplômés sont en activité trois ans après leur diplôme, dont 88 % dans le champ de leur formation. Les filières architecture (90 %) et spectacle vivant (89 %) affichent les meilleurs taux, tandis que les arts plastiques restent en retrait (74 %). Plus de la moitié des entrants accèdent à un premier emploi en moins de trois mois. Le revenu annuel net moyen s’établit à 20 200 € net/an, avec d’importantes disparités : 23 800 € pour les architectes, contre 15 300 € pour les diplômés des arts plastiques. L’écart de rémunération hommes/femmes est déjà visible en début de carrière : 18 700 € pour les femmes contre 22 500 € pour les hommes.

5. Inégalités femmes-hommes : persistance structurelle

Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, les inégalités entre femmes et hommes restent une réalité structurelle dans le secteur culturel. Les écarts de rémunération varient de 18 % dans le spectacle à 20–30 % parmi les artistes auteurs. Dans le cinéma, les trois quarts des longs métrages sont réalisés par des hommes et le budget moyen des films réalisés par des femmes est inférieur de 35 %. Aux Victoires de la musique, seulement 7 % des artistes primées pour le meilleur album entre 1985 et 2019 étaient des femmes.

À la direction des institutions culturelles, la situation évolue mais reste contrastée :

StructurePart des femmes (jan. 2020)
Ministère de la Culture (postes de direction)50 %
Établissements publics46 %
Entreprises audiovisuel public80 %
Équipements labellisés spectacle vivant34 %
100 premières entreprises culturelles (PDG/DG)9 %

L’audiovisuel public fait figure d’exception avec une présence féminine forte aux postes de présidence. Le spectacle vivant reste le secteur le plus rétif à la féminisation des postes de direction.

6. Droits d’auteur : une économie en croissance, mais concentrée

Entre 1997 et 2016, les rémunérations perçues par les organismes de gestion collective (OGC) sont passées de 990 millions à 1,7 milliard d’euros (en euros constants), avec un taux de croissance annuel de 4,8 % pour les droits voisins et de 2,5 % pour les droits d’auteur. En 2016, les droits d’auteur s’élèvent à 1,36 milliard d’euros, dont 65 % captés par la Sacem (musique) et 17 % par la SACD (audiovisuel, spectacle vivant). La diffusion numérique (streaming) génère désormais 17 % des droits collectés par la Sacem, un chiffre qui a doublé en un an grâce à la renégociation des contrats de licences.

La distribution des revenus artistiques est fortement inégalitaire : les 10 % des auteurs les mieux rémunérés concentrent 47 % des revenus à l’Agessa et 41 % à la Maison des artistes. Les 50 % les moins bien rémunérés ne perçoivent que 14 à 17 % des revenus totaux.