Enjeux de l’enregistrement en autonomie chez les étudiant.e.s en musique classique

Léna Jallon

Formation Supérieure aux Métiers du Son Décembre 2023

Résumé

L’enregistrement fait partie de la pratique instrumentale des musiciens. Cet outil est utilisé à tous niveaux dans le monde professionnel et les musiciens se doivent de savoir l’utiliser. Les deux premières parties de ce travail de recherche aboutissent à un état des lieux de l’évolution de ce besoin, des enjeux impliqués et des compétences nécessaires aux musiciens. La première partie s’appuie sur une revue de la littérature, la seconde sur l’analyse d’un corpus de consignes d’enregistrement de concours d’orchestres, de stages, de concours internationaux et de concours d’entrées en licence et en master.

Tout comme la performance publique, l’enregistrement est une pratique que les étudiants découvrent et développent au cours de leurs études. Dans une troisième partie, des entretiens avec huit étudiants nous renseignent sur leur manière de procéder et les problématiques qu’ils rencontrent. Grâce à une analyse par théorie ancrée, plusieurs thématiques se dégagent : l’aspect technique de l’enregistrement, la manière de préparer une performance musicale, de jouer sans public ou encore de s’organiser.

Dans une dernière partie de discussion critique, nous chercherons à optimiser le processus d’enregistrement des musiciens de manière à cibler les compétences et outils nécessaires pour que des étudiants puissent s’enregistrer dans les meilleures conditions possibles.

Cette étude est la première à s’intéresser aux pratiques d’enregistrements des étudiants en musique classique. Elle a permis de cerner les besoins et les enjeux auxquels ils font face, mais aussi d’ouvrir la réflexion à des stratégies d’enregistrement et de travail de préparation pour optimiser ces pratiques.

Introduction

En parallèle de mes études d’ingénieure du son, j’étudie la harpe. Comme tous les musiciens de mon niveau j’ai dû me confronter à l’exercice de l’enregistrement vidéo : d’une part pour pouvoir échanger avec ma professeure lors des confinements, d’autre part en tant que candidate à des concours d’entrée à des écoles supérieures.

C’est une tâche qui s’est avérée difficile. Du point de vue technique, je n’ai pas rencontré de difficultés pour mettre en œuvre les consignes d’enregistrement, mais être de l’autre côté des micros a soulevé beaucoup d’interrogations : quelle qualité sonore présenter, comment gérer son temps et son travail, comment se préparer, comment rester concentrée lorsqu’on joue sans public, vaut-il mieux s’enregistrer soi-même…?

En septembre 2022 j’ai débuté un bachelor de harpe à la Haute École de Lucerne (HSLU). En arrivant sur place j’ai découvert que les étudiants avaient accès en libre-service à du matériel d’enregistrement : des enregistreurs portables mais aussi des cartes son et des microphones. Tout est fait pour que les étudiants puissent s’enregistrer en autonomie. Après des échanges avec mon entourage et plusieurs étudiants, j’ai constaté qu’ils rencontraient les mêmes problématiques que moi et j’ai décidé de m’interroger sur leurs pratiques d’enregistrement.

À  notre  connaissance,  peu  de  recherches  ont  été  réalisées  sur l’auto-enregistrement, notamment dans le domaine de la musique classique. C’est pourquoi nous nous sommes intéressés à ce sujet et avons opté pour une approche assez large de cette thématique.

Dans un premier temps, grâce à une revue de recherches scientifiques et de livres, nous contextualiserons le besoin de s’enregistrer. Une seconde partie d’analyse de données collectées auprès de différents concours permettra de mieux comprendre les consignes auxquelles doivent faire face les musiciens. Avant de conclure, nous étudierons les stratégies et les problématiques d’enregistrement à l’aide d’entretiens réalisés auprès de huit étudiants.

Première partie : contextualisation de l’étude et revue de la littérature

Cette partie s’intéresse aux différents rapports qu’entretiennent les musiciens avec l’enregistrement. Nous allons d’une part observer comment cette pratique s’intègre actuellement au monde professionnel, dans un second temps nous intéresserons à la performance musicale et à sa préparation.

I. Être musicien

Les études supérieures dans le domaine de la musique classique sont en plein essor. Au Royaume-Uni par exemple, ce domaine a connu un changement d’échelle, de diversité et d’objectifs sans précédent au cours des trois dernières décennies. Le nombre d’étudiants a énormément augmenté, il a même presque doublé en un siècle (Thomas, 2002). Avec cette augmentation, la gamme de diplômes en musique et la variété de ses objectifs se sont eux aussi accrus (Hewitt, 2009).

1. Perspectives d’emploi

En France, dans le domaine de la musique classique, on distingue trois statuts dans le secteur de l’interprétation : les musiciens indépendants, qui sont rémunérés exclusivement aux cachets sans avoir recours à l’intermittence, les membres permanents d’orchestre et les intermittents du spectacle (Pégourdie, 2015). L’emploi permanent en orchestre concerne toutefois 5% des musiciens interprètes. Les musiciens classiques peuvent aussi vivre pleinement ou partiellement de l’enseignement. (Coulangeon, 2004)

À l’étranger, les musiciens classiques tendent à être entièrement ou partiellement auto-entrepreneurs et cumulent plusieurs emplois allant de l’enseignement à la performance (Bennett, 2008 ; Cottrell, 2004 ; Gembris, Langner, 2005 ; Yoshihara, 2007). Selon le Musician’s Union (2012), seulement 10% des musiciens interrogés au Royaume-Uni étaient des salariés à plein temps. Les principales sources de revenus sont la performance et l’enseignement, suivis de la composition. Les musiciens classiques doivent alors construire leur carrière comme des entrepreneurs pour réussir (Beeching, 2010). Il est donc important pour eux de savoir se promouvoir grâce aux différentes formes du marketing (Mäkinen, 2012 ; Jarvin, Subotnik, 2010). Beaucoup de ces musiciens se décrivent comme des produits qui doivent être vendus (Scharff, 2015).

Les établissements supérieurs d’enseignement musical ont réagi à cette transformation néolibérale des marchés du travail par l’introduction de programmes

d’études en entrepreneuriat, visant à enseigner aux étudiants le développement d’identités de carrière fortes, adaptables et entrepreneuriales et la création d’emplois artistiques pour eux-mêmes afin de faire face aux réalités d’un marché du travail en diminution (Essig, 2017).

2. Être musicien indépendant

Beaucoup de jeunes musiciens pensent que leur travail consiste à travailler leur instrument et à jouer en concert, mais gérer sa publicité fait aussi partie des compétences nécessaires (Beeching, 2010). Pour répondre au besoin de se promouvoir et se créer un réseau de travail, Internet est devenu l’outil le plus indispensable. Le musicien se doit d’avoir un site web accessible avec un curriculum vitae, une biographie, un portfolio et des informations actualisées (Hugill, 2018). Il peut en plus se promouvoir via un listing par mail ou encore par les réseaux sociaux (Hugill, 2018 ; Beeching, 2010). Les mailing lists sont importantes pour annoncer les prochains concerts et partager ses enregistrements, cela sert à se créer une audience. Être présent sur les réseaux sociaux est également une nécessité aujourd’hui. Les musiciens avisés utilisent Facebook, Myspace, LinkedIn, Twitter ou encore Youtube. Les médias traditionnels tels que l’affichage et la presse écrite sont aussi un bon moyen de se créer une audience et de faire sa promotion à chaque événement de sa carrière (Beeching, 2010).

3. Auditions d’orchestre

Avec la standardisation des procédures de recrutement dans les orchestres, obtenir un poste est devenu très compétitif. Aux États-Unis par exemple, une audition pour un poste de flûtiste attirait moins de 30 participants dans les années 1970. En 2002, la même offre attire 70 à 90 participants et cela peut même monter au-delà de 200 participants pour certains orchestres (Buck, 2003). La plupart des musiciens commencent à participer à des auditions d’orchestre pendant leurs études, certains obtiennent même un poste au cours de leurs études. Il est généralement demandé d’envoyer un curriculum vitae, les candidats sont donc supposés avoir eu une expérience d’orchestre avant de se lancer dans le métier (Toskov, 2010).

L’expérience est primordiale pour réussir. Se former à l’orchestre en contexte, en dehors de l’école, est très important car, au-delà des compétences liées à la technique et à l’instrument, il faut apprendre à faire partie d’une communauté et à jouer avec l’orchestre. Il y a des codes, une hiérarchie à suivre, des protocoles et des obligations envers les autres. Les étudiants sont habitués à être en compétition,

mais à l’orchestre, l’unité de son est primordiale et les musiciens doivent se soumettre à un ensemble plus vaste (Johnsson, Hager, 2008).

Dans une démarche pédagogique, beaucoup d’orchestres organisent des auditions spécialement pour les étudiants afin de leur donner la chance de faire partie d’un orchestre professionnel. L’étudiant continue ses études tout en étant considéré comme un membre de l’orchestre pour une période définie, allant d’un à quatre semestres (Toskov, 2010). Dans la suite de ce mémoire, ces stages au sein de la saison de l’orchestre seront appelés par le terme allemand Praktikum, Praktika au pluriel, qui n’a pas de terme équivalent français dans ce contexte précis.

4. Enregistrer, pour quoi faire ?

Enregistrer s’avère nécessaire pour bien des occasions : présélections d’auditions, de compétitions, d’écoles de musique et de festivals, confection des maquettes pour être programmé, pour contacter la presse et avoir des critiques ou des articles, documentation des compositions originales, vente d’enregistrements après des concerts, en ligne ou dans des magasins locaux, pour l’obtention de bourses ou d’un poste d’enseignement. C’est un outil promotionnel plus qu’une source de revenus (Beeching, 2010).

Dans le cadre des concours et des auditions d’orchestre, l’enregistrement a fait son apparition au début des années 1980 aux États-Unis. À cause du nombre croissant de candidats et du temps de plus en plus limité, il a fallu trouver un moyen de présélectionner les candidats avant de les convier à la compétition. Les enregistrements sur cassettes ont alors commencé à faire office de premier tour de sélection (Buck, 2003 ; McCornick, 2008). Les premières compétitions historiques qui utilisent ce procédé de présélection sont le concours de piano Cliburn, puis les concours Honens et Rostropovich (McCornick, 2008).

Au-delà de la simple phase de présélection on voit maintenant apparaître des compétitions intégralement en ligne. Ce procédé permet de réduire les coûts à la fois pour les participants et pour les organisateurs, en évitant les frais de transport, d’hébergement et la logistique de transport pour certains instruments (Tokay, 2020 ; Berehova, Volkov 2019). Ces compétitions servent à dénicher de jeunes talents dans des tranches d’âge variées. Grâce à l’enregistrement, elles sont ouvertes à la mondialisation et touchent un large public (Tokay, 2020).

II. La performance musicale

a. La performance

Une performance publique et un enregistrement sont deux situations distinctes pour 97,4% des musiciens (Fabian, 2008). Il y a deux différences principales entre l’enregistrement studio et le live : premièrement, un enregistrement peut être réécouté de nombreuses fois, contrairement à une performance live. Deuxièmement, en studio, l’artiste est libre de répéter chaque passage jusqu’à ce qu’il soit satisfait, ce qui est impossible en concert. D’après les études de Fabian (2008), six thématiques répondent aux différences entre les deux pratiques : la prise de risques, la nervosité, la répétition, la précision technique, l’impact du public, et le cumul de la spontanéité et de l’excitation.

Avant les possibilités d’édition actuelles, les musiciens subissaient lors de l’enregistrement la même pression que lors d’un concert. Enregistrer avec peu ou pas de montage en post-production peut rendre les musiciens nerveux et prudents, réticents à prendre des risques si les erreurs ne peuvent être corrigées ensuite, car l’artiste a en permanence conscience qu’à la moindre faute il devra tout recommencer (Philipp, 2004). En effet, l’enregistrement enferme les musiciens dans un état de conscience de soi (Tomes, 2009). Même avec la possibilité de corriger, ils estiment en grande partie prendre moins de risques en studio qu’en concert, ce qui pourrait s’expliquer par des contraintes de temps et de budget (Fabian, 2008).

La pression s’est accrue au cours de ces soixante dernières années car le niveau d’attente a augmenté au fil du temps : il est de moins en moins acceptable d’entendre des fautes ou des problèmes d’intonation sur un enregistrement professionnel. Les disques sont aujourd’hui les témoignages d’une technique musicale parfaitement maîtrisée (Philipp, 2004). Paradoxalement, malgré les progrès techniques et la volonté d’un résultat musicalement parfait, dans le domaine classique l’enregistrement est souvent associé à un idéal de prise unique, sans montage. L’idée d’une performance construite qui n’a jamais existé est souvent questionnée (Greig, 2009). Enregistrer des petits fragments est pourtant une méthode qui a fait ses preuves (Hill, 2009 ; Tomes 2009). Elle a cependant ses avantages et ses inconvénients. D’une part, répéter certains passages rend à force le jeu plus guindé (Hill, 2009), néanmoins accepter que l’enregistrement soit artificiel permet d’utiliser cet outil de manière optimale (Tomes, 2009).

Lors d’une performance, les musiciens sont dans un état libre de toute distraction. Le temps semble suspendu, le corps travaille facilement tandis que l’esprit est calme et réceptif. Les psychologues parlent d’un état de flow dans lequel la concentration et la créativité sont à leur paroxysme. Une performance optimale n’est pas nécessairement techniquement parfaite, elle est idéale par la qualité de l’état

d’esprit. Lorsqu’un musicien se focalise sur la perfection technique, il ferme la porte à un élément essentiel à la performance : la liberté de contrôler sa pensée (Beeching, 2010).

En rapprochant ces propos de ceux de Philipp (2004) et Tomes (2009), on peut déduire qu’en enregistrement, l’état de flow est plus difficile à atteindre pour le musicien, car il aura plutôt tendance à rechercher une technique parfaite et à éviter les fautes. La différence d’état d’esprit est donc conséquente entre une représentation publique et un enregistrement. Ce dernier reste pourtant un moyen d’expression privilégié par certains musiciens, comme Glenn Gould, qui a préféré continuer sa carrière en tant que musicien studio à cause du trac (Beeching, 2010).

b. Le trac

Le trac est la peur ou l’angoisse que l’on ressent avant d’affronter le public, de subir une épreuve (Le Robert, 2023). Si l’on complète cette définition par les recherches de Ville (2020), le trac induit une perte de contrôle à travers des symptômes psychologiques et physiques, ce qui cause aux musiciens de nombreuses difficultés. Lehrer (1988) a identifié plusieurs inquiétudes des artistes liées à la performance : la peur d’être anxieux, d’être distrait, d’avoir des trous de mémoire, d’être critiqué par les autres et de posséder des capacités musicales insuffisantes.

Le trac n’a pas forcément des conséquences négatives. Il peut par exemple donner aux performances l’énergie qui peut manquer dans un enregistrement studio (Beeching, 2010). Reprendre le contrôle sur son stress permet d’en exploiter le potentiel positif, cela donnerait aux musiciens la possibilité d’atteindre un état de concentration et d’attention idéal (Ville, 2020). L’état de flow précédemment évoqué nécessite un travail émotionnel en amont de la prestation ayant comme base l’acceptation du stress (Green, Gallwey, 1986). Lors de leurs recherches, Spahn, Walther et Nusseck (2016) ont mis en place un cours d’entraînement aux auditions pour les étudiants en musique. Les cours ont permis aux étudiants une réduction des symptômes d’anxiété de la performance. Ils se sentent moins aliénés par le stress, subissent notamment moins de problèmes physiques comme des tremblements ou les mains moites, et sont plus satisfaits de leurs performances.

D’après Ville (2020), trois variables expliquent l’intensité du stress selon son contexte : l’enjeu de la performance (concert ou audition), le degré d’exposition (orchestre ou soliste) et la nature de l’audience (expert ou amateur).

c. Acquérir de l’expérience

Pour améliorer leurs performances et acquérir de l’expérience, les étudiants en musique sont encouragés à prendre part à diverses activités en dehors de leur établissement ou de leur formation. C’est le cas des Praktika (Toskov, 2010). Il leur est aussi conseillé d’assister et de participer à des masterclasses (Rodabaugh, 2008).

Les compétitions sont aussi mises en avant. Elles constituent un outil pédagogique en encourageant les musiciens à faire des performances techniques et artistiques, leur permettent de construire leur confiance en eux et de leur faire réaliser leur potentiel. Les compétitions en ligne apportent en plus une notion d’auto-évaluation, c’est une occasion de voir ses forces et ses faiblesses (Tokay, 2020). Avec l’apparition d’internet et avant même le covid, ces compétitions ont connu un nouvel essor et se sont ouvertes à la mondialisation (Tokay, 2020). Elles permettent aux jeunes musiciens de mettre en avant leur talent, offrent de grandes opportunités au vainqueur telles que des programmations de concert, des concertos avec orchestre, des enregistrements, mais aussi de la visibilité et de la médiatisation (Beeching, 2010). Les prix permettent de lancer des carrières internationales (Tokay, 2020).

d. Préparation

Savoir jouer ses pièces n’est pas suffisant pour espérer gagner un concours, obtenir un poste, préparer un concert ou encore mener à bien un enregistrement. Dans la littérature, les conseils donnés aux musiciens pour préparer une échéance peuvent être très variables mais se rejoignent en certains points.

  • Savoir jouer dans toutes les conditions. Il faut s’entraîner à tout ce qui peut-être source d’inquiétudes en jouant dans différentes acoustiques, le matin avant d’avoir chauffé, tard le soir ou encore en changeant aléatoirement l’ordre des pièces (Buck, 2003). Au lieu de chercher à se détendre, il faut apprendre à jouer avec les différents symptômes du stress tels que la bouche sèche, les tremblements et autres effets qui impactent la performance du musicien. Travailler la performance est différent de l’apprentissage des pièces. Une fois que les œuvres et tous leurs rouages sont sus, il faut s’entraîner à jouer sans s’arrêter (Rodabaugh, 2008).
  • S’enregistrer. L’enregistrement peut aussi être utilisé dans le travail personnel. Il a beaucoup de bienfaits. Il est même recommandé de s’enregistrer lors des séances de travail. Cela permet de visualiser sa progression, de voir objectivement ses performances de jeu (Willson, Lang,

2021) et aide à savoir quels points de technique ou d’interprétation sont perfectibles ou doivent être retravaillés (Willson, Lang, 2021 ; Beeching, 2010). Il est recommandé de le faire avant un enregistrement en studio pour éviter le choc de son propre son (Beeching, 2010), mais aussi avant une audition d’orchestre, car c’est un aussi bon exercice que de s’entraîner à jouer devant des gens (Buck, 2003). Il n’est pas efficace de réécouter ses enregistrements directement après, pour être plus objectif il vaut mieux le faire quelques heures plus tard, voire un ou deux jours après (Buck, 2003 ; Beeching, 2010).

  • Se préparer physiquement. Il faut faire du sport, du yoga, de la sophrologie, de la relaxation, avoir un bon régime alimentaire et un sommeil de qualité. On peut comparer cette préparation à celle d’un sportif avant une compétition (Buck, 2003 ; Prokop, Reitsamer, 2023 ; Rodabaugh, 2008 ; Güsewell, 2016). Certains pratiquent le yoga ou la sophrologie, d’autres adaptent leur régime alimentaire en évitant certains éléments nutritionnels (Güsewell, 2016).
  • Se détendre mentalement. La méditation aide à focaliser son esprit et à avoir les idées claires (Buck, 2003 ; Prokop, Reitsamer, 2023)
  • Organiser son temps. Les musiciens doivent aussi gérer d’autres activités que les auditions d’orchestres, telles que de la musique de chambre, des répétitions d’orchestre ou des performances, ce qui limite grandement le temps consacré à la préparation des auditions (Kegelaers, Hoogkamer, Oudejans, 2022). Dans le cadre d’un enregistrement, il est bien de planifier en amont l’ordre des pièces avec une durée approximative pour chaque pièce ou mouvement et s’y tenir. Si un passage, une section ou un mouvement n’est pas bon après 3 prises, il ne faut pas forcer les choses (Beeching, 2010).
  • Privilégier la qualité du travail. Celle-ci peut se diviser en quatre catégories : établissement d’objectifs stratégiques, structure du travail, pratique du suivi et réflexion sur les progrès. Les étudiants établissent souvent des objectifs sur le contenu de ce qu’ils travaillent mais pas sur la manière de le faire, et beaucoup privilégient la quantité horaire sans faire de pauses. (Kegelaers, Hoogkamer, Oudejans, 2022). Güsewell (2016) remarque une absence de stratégie et de planification temporelle chez les étudiants et une différence de durée de travail en fonction de l’instrument pratiqué. Pour lui, un vrai lien s’opère entre l’organisation du temps et l’enjeu.
  • Écouter des enregistrements. Cela permet d’améliorer : l’interprétation générale, l’expression, l’esprit, les dynamiques, les tempi à grande et petite échelle, l’articulation et le phrasé ainsi que le rythme. Les étudiants ont plus

tendance que les professionnels à modifier ces aspects de leur jeu en écoutant des enregistrements (Volioti, Williamon, 2017).

  • Arriver dans les meilleures conditions. Il est important de trouver des techniques pour cela, comme la respiration, la relaxation, l’adoption d’une attitude positive, le lien social… La préparation est aussi importante que l’échéance. Si la préparation est bien faite, cela permet de limiter les incertitudes et les états affectifs négatifs (Güsewell, 2016). L’échauffement est une étape tout aussi importante qui permet au musicien de se mettre dans de bonnes conditions (Güsewell, 2016 ; Beeching, 2010).

Problématique

La recherche littéraire permet de tirer trois conclusions :

  • Être musicien ne se résume pas à travailler des œuvres, il faut faire preuve de compétitivité et faire appel à d’autres compétences pour se créer un réseau de travail ou obtenir un poste. Cela s’applique dès les études où les musiciens prennent part à des concours d’orchestre, des Praktika ou des concours internationaux.
  • L’enregistrement n’est pas une source de revenus, c’est un outil pour se mettre en avant, faire sa promotion mais aussi une porte d’entrée à un certain nombre de concours et d’opportunités.
  • La situation d’enregistrement est très différente d’une performance publique pour le musicien et demande une préparation tout aussi exigeante. Les étudiants doivent apprendre à intégrer cet aspect du métier dans leur travail au même titre que les concerts et autres échéances.

Ces trois conclusions soulèvent plusieurs questions :

Comment la pratique de l’enregistrement s’intègre-t-elle à la formation des étudiants ? À quelles contraintes doivent-ils faire face ? Quels moyens ont-ils à disposition pour s’enregistrer ? Comment optimiser cette pratique ?

Nous tenterons d’apporter des éléments de réponse à ces interrogations au moyen d’une étude pratique fondée sur la collecte et l’analyse de données réalisée en deux étapes. Dans un premier temps nous nous pencherons sur un corpus de consignes d’enregistrements relatives aux différents types de concours auxquels les étudiants participent pour mieux appréhender les contraintes auxquelles ils doivent répondre. Dans une seconde partie, nous analyserons une série d’entretiens réalisés avec huit étudiants pour comprendre leurs pratiques. Enfin, dans une partie de discussion générale nous conclurons sur les phénomènes observés lors de notre étude et proposerons des solutions pour optimiser l’expérience d’enregistrement.

Deuxième partie : Analyse de consignes d’enregistrement vidéo

I. Cadre de l’étude

1. Méthode de collecte des données

Pour mieux comprendre les différents types d’enregistrements et leurs enjeux respectifs, nous allons dans cette partie nous intéresser aux concours auxquels participent les étudiants, et plus particulièrement aux consignes d’enregistrement qui leur sont imposées. Nous avons regroupé ces concours en cinq catégories :

  • les concours pour entrer dans une formation apte à délivrer des équivalents de Licence et/ou de Master
  • les académies : stages internationaux de musique, d’une durée de 4 jours à 2 mois qui s’adressent à des étudiants en école supérieure lors desquels ils reçoivent l’enseignement et l’accompagnement de professionnels
  • les Praktika : immersion d’un étudiant dans un orchestre professionnel, pour une durée variant de 10 mois à 2 ans. Le stagiaire participe à la saison de l’orchestre dans un nombre prédéfini de services
  • les concours internationaux de prestige
  • les postes professionnels d’orchestre.

197 concours de ces différentes catégories ont été analysés en s’appuyant sur les sites de chaque établissement, académie, stage, orchestre ou concours international, ainsi que sur la plateforme de recrutement Muvac. Toutes les informations de recrutement et les consignes sont listées en Annexe 1.

Pour fixer un cadre d’études commun à celui des entretiens, nous avons décidé de nous limiter aux concours les plus accessibles pour un étudiant français ou suisse. Cela limite notamment les écoles supérieures aux établissements présents en France et en Suisse, il en va de même pour les académies nationales d’été. Voici le cadre d’étude des différents concours :

  • Écoles supérieures : établissements d’enseignement supérieurs français et suisses, aptes à délivrer des diplômes degré Licence et/ou des Master
  • Académies : académies européennes ou nationales dont les concours étaient ouverts pour l’été 2023 ou la saison 2023/2024
  • Praktika : concours ouverts sur la plateforme Muvac pour la saison 2023-2024
  • Concours internationaux : concours basés en Europe et qui ont lieu en 2023 ou en 2022 ou 2024, si le protocole du concours est encore ou déjà disponible
  • Postes d’orchestre : concours ouverts au mois de février 2023 sur la plateforme de recrutement Muvac

2.    Échantillon d’étude

Ces graphiques représentent l’échantillon de données collectées et étudiées

Fig. 1 : Échantillon des concours par catégorie
Fig. 1 : Échantillon des concours par catégorie
Fig. 2 : Part des consignes d’enregistrement dans l’échantillon de concours analysés
Fig. 2 : Part des consignes d’enregistrement dans l’échantillon de concours analysés

L’analyse s’appuie sur un total de 50 consignes d’enregistrement vidéo.

Fig. 3 : Consignes d’enregistrement analysées
Fig. 3 : Consignes d’enregistrement analysées

II. Résultats

1. Procédés de recrutement

Fig. 4 : Procédés de recrutement par type de concours
Fig. 4 : Procédés de recrutement par type de concours

Le recrutement par vidéo est présent dans toutes les catégories de concours, mais il l’est particulièrement pour les académies d’été et les concours internationaux.

Les processus de recrutement sont parfois variables au sein d’une même institution en fonction de différents paramètres tels que l’instrument, le niveau ou encore le poste visé. Ainsi, dans les écoles, le CNSMD1 de Lyon organise l’intégralité de ses concours d’entrée en présentiel, et demande à certains instruments en master de présenter des vidéos de présélection (Flûte, Clarinette, Hautbois, Trombone, Trompette, Alto, Violon, Violoncelle, Piano, Chant, Chant musique ancienne). À l’inverse, la HEM2 de Genève organise l’intégralité de ses concours par vidéo, sauf le second tour des masters de musicien d’orchestre, de musique contemporaine, de soliste et les cursus d’accompagnateur au piano et de musique de chambre. On retrouve cette différence pour l’Académie de l’Orchestre de Paris, pour laquelle tous les instrumentistes doivent se présenter par vidéo, mais les cordes doivent effectuer un second tour en présentiel. Cette différenciation en fonction des instruments est aussi présente dans les concours d’orchestre. Pour le Gewandhausorchester les postes de 1er violon tutti, 2e trompette et tuba sont recrutés en présentiel, mais le poste de harpe solo est soumis à une présélection vidéo. Au NDR (Norddeutschen Rundfunks) Radiophilharmonie c’est le poste de 1er violon tutti qui est soumis à une présélection vidéo, mais pas ceux de chef d’attaque des violons 2 et de trompette solo. Enfin, l’Orchestre de Paris recrute le premier violon soliste par une présélection vidéo, mais la 3e contrebasse solo en présentiel.

Certains concours ont des procédés de recrutement différents. Par exemple, le Gustav Mahler Jugendorchester, académie d’orchestre d’échelle européenne, organise une tournée pour son concours de recrutement. Les candidats sont conviés à passer l’épreuve en présentiel dans la ville de leur choix, mais à la place du jury se trouve une personne de l’organisation qui filme et enregistre les candidats un à un, dans des conditions égales pour tous. Pour d’autres concours, les musiciens ont le choix de se présenter par vidéo ou en présentiel, comme pour l’académie Verbier Festival Orchestra.

L’EUYO, European Youth Orchestra, travaille avec des organisations de recrutement propres à chaque pays. Ainsi, les modalités varient en fonction des pays. Partout, les candidats doivent passer un ou deux tours en présentiel, à l’exception de l’Espagne où le premier tour se fait par vidéo et le second en présentiel, et en Italie où les candidats sont jugés lors de deux tours d’affilée sur la même vidéo.

Pour une compétition internationale, les candidats ont le choix entre passer la présélection du concours par vidéo ou en présentiel. C’est aussi le cas pour le Rotterdam Philharmonic Orchestra, suite à la présélection par vidéo, les candidats ont le choix de passer le second tour en présentiel ou par vidéo.

On retrouve aussi des concours pour lesquels les vidéos sont recommandées mais pas obligatoires. C’est le cas de deux Praktika et de deux postes d’orchestre.

Dans la suite de cette partie, les chiffres entre parenthèses sont utilisés pour compléter le référencement des concours qui peut être retrouvé en Annexe 1.

2. Consignes d’enregistrement

Fig. 5 : Nombre de mots en fonction des catégories de concours
Fig. 5 : Nombre de mots en fonction des catégories de concours

La taille des consignes est disparate, variant d’une ou deux phrases à une page entière d’indications et de règles à respecter.

On peut ainsi trouver des indications qui ne se résument qu’à quelques phrases, parfois même une seule :

  • “Please provide recent video recording(s) of the performance of two representative pieces or movements (total length approx. 8–15 minutes).” (12) (Veuillez fournir un ou plusieurs enregistrements vidéo récents de l’interprétation de deux pièces ou mouvements représentatifs (d’une durée totale d’environ 8 à 15 minutes).)
  • “Die   Aufnahme   darf   nicht   geschnitten   oder         bearbeitet    werden.”      (13)

(L’enregistrement ne doit pas être coupé ou édité)

  • “Wir bitten um Bereitstellung eines ungeschnittenen und durchlaufenden Videos (« one-take » / « einfaches Handyvideo » ausreichend).” (16)
  • (Nous vous demandons de fournir une vidéo non coupée et défilante (« one-take » / « simple vidéo de téléphone portable » suffit).)

Différentes thématiques se dégagent des consignes.

Fig. 6 : Occurrences des thèmes dans les consignes d’enregistrement
Fig. 6 : Occurrences des thèmes dans les consignes d’enregistrement
Fig. 7 : Répartition d'apparition des thèmes selon les types de concours
Fig. 7 : Répartition d’apparition des thèmes selon les types de concours
a. Prises
Fig. 8 : Nombre de vidéos à rendre par oeuvre
Fig. 8 : Nombre de vidéos à rendre par oeuvre
Fig. 8 : Nombre de vidéos à rendre par oeuvre
Fig. 8 : Nombre de vidéos à rendre par oeuvre

Le fait de rendre une ou plusieurs vidéos est rarement indiqué explicitement, il faut souvent déduire de l’utilisation du pluriel ou du singulier employé pour parler des vidéos. Les concours autorisent en grande majorité le candidat à effectuer des prises différentes pour chaque œuvre.

Certains concours imposent le rendu d’une seule vidéo tout en laissant au candidat la possibilité de faire des prises séparées pour les différentes pièces.

Une notion n’est présente que pour les académies : essayer de reproduire les circonstances d’une audition en présentiel (8, 14) en enchaînant tout le programme

sans coupure. C’est d’ailleurs la catégorie de concours qui, proportionnellement, demande le plus aux candidats d’enchaîner les pièces en une seule prise.

Deux concours mentionnent les prises uniquement audio. Un concours pour une académie d’été les accepte même si les vidéos sont conseillées (11) et un concours international présélectionne les candidats uniquement sur des enregistrements audios (20).

La possibilité d’enregistrer séparément les mouvements d’une même œuvre est très variable et est abordée par peu de concours.

Un concours pour lequel le candidat doit enchaîner le programme sans interruption, précise qu’il est libre de choisir l’ordre des morceaux (46). Rien n’est précisé pour les autres.

b. Montage
Fig. 10 : Consignes de montage
Fig. 10 : Consignes de montage

Presque tous les concours spécifient que l’enregistrement doit se faire sans montage ni coupure. Certains ajoutent que les effets de post production sont interdits.

Pour surveiller les montages, un concours impose une règle aux candidats :

  • “Merci de laisser une horloge, un réveil ou un chronomètre bien visible dans le champ de la caméra afin de prouver l’absence de montage.” (8)

Pour dissuader les candidats, un autre affirme que des programmes vont être utilisés pour vérifier les tentatives de trucage (28). Deux concours affirment que la direction ou l’organisation du concours visionneront les vidéos en amont pour vérifier tout trucage (25, 30)

Un des concours demande au candidat de fournir une déclaration sur l’honneur :

  • “Fiche de déclaration sur l’honneur à signer :

Par la présente, je certifie, que l’enregistrement effectué par moi-même/par notre institution pour le/la candidat(e) susnommé(e) répond aux exigences citées dans le règlement du concours:

  • L’enregistrement a été effectué sans montage.
  • Ni la longueur ni la hauteur des tons n’ont été manipulées.” (31)
c. Cadrage

La majorité des consignes indique que la vidéo doit être filmée en plan fixe, et que le candidat doit être visible à tout moment. On trouve aussi d’autres consignes de cadrage : pas d’indications sur la vidéo, ni de mention de l’établissement d’origine du candidat (25, 32), prises de vue multiples autorisées (39, 45), angle de prise de vue de 45° (31), visibilité de l’instrument dans sa totalité (48), fond de la vidéo le plus propre possible (23), candidat debout si l’instrument le permet (3), si possible au moins 3 mètres entre la caméra et le candidat (3).

Les concours internationaux et les écoles supérieures donnent beaucoup d’indications quant au cadrage, mais concernant les autres concours peu de consignes sont données.

Un repère de 3 mètres est indiqué deux fois pour aider les candidats à placer la caméra (3, 14). Une autre indication vise à aider les candidats :

  • “the more reverberative the room, the closer you will need to be to the camera (usually 3 metres or 10 feet).” (14)

(plus la pièce est réverbérante, plus vous devrez être proche de la caméra (généralement 3 mètres).)

Fig. 11 : Consignes de cadrage

Un autre concours (23) fournit une photo pour montrer le cadrage souhaité :

Fig. 12 : Cadrage souhaité pour l’académie du festival Van Vlaanderen Brugge
d. Matériel
Fig. 13 : Qualité d’enregistrement attendue
Fig. 13 : Qualité d’enregistrement attendue
Fig. 14 : Interdictions et recommandations de matériel
Fig. 14 : Interdictions et recommandations de matériel

Les attentes concernant le matériel utilisé varient selon les consignes. Si beaucoup de concours n’apportent aucune précision à ce sujet, ou stipulent que les moyens techniques ne sont pas pris en compte par le jury, certains donnent des conseils ou même des règles assez strictes.

Ainsi, une école (3) impose aux candidats de s’enregistrer avec du matériel grand public (smartphones, tablettes, appareils photos, ordinateurs, Zoom) pour mettre les candidats sur un pied d’égalité. Ils ont interdiction de s’enregistrer avec plus de deux micros et d’avoir recours à un professionnel.

Au contraire, plusieurs concours d’écoles et d’académies recommandent vivement de s’enregistrer avec des microphones mais acceptent tout de même les vidéos enregistrées avec du matériel grand public. Certains précisent qu’une vidéo enregistrée au téléphone est suffisante (8, 11, 16, 17, 18, 19), même si une vidéo et/ou un son de qualité est préférable (8, 15, 17, 19). Les concours d’orchestres ont des recommandations tout aussi diverses.

Pour les concours internationaux, il est plutôt recommandé d’envoyer des vidéos professionnelles. Deux concours indiquent que la qualité n’a pas d’impact sur le jugement (42, 44) ou qu’elle n’a pas besoin d’être professionnelle (43) :

  • “You will not be penalised for the quality of your video, although it is important that it is good enough to see and hear you clearly.” (42)

(Vous ne serez pas pénalisé pour la qualité de votre vidéo, mais il est important qu’elle soit suffisamment bonne pour qu’on puisse vous voir et vous entendre clairement.)

  • “Recording should be a fair representation of the contestants’ abilities, but don’t need to be of a professional quality.” (43)

(Les enregistrements doivent représenter fidèlement les capacités des candidats, mais n’ont pas besoin d’être de qualité professionnelle.)

  • “Home-made or professional : It is up to you. Videos can be made with consumer cameras, camcorders, mobile phones, tablets, as well as professional equipment.” (44)

(Fait maison ou professionnel : c’est à vous de décider. Les vidéos peuvent être réalisées avec des appareils photo grand public, des caméscopes, des téléphones portables, des tablettes, ainsi qu’avec du matériel professionnel.)

Les autres concours internationaux recommandent des vidéos et/ou un son de qualité en conseillant : des microphones de qualité (21, 24), de ne pas utiliser de matériel grand public (21, 31), de travailler avec un professionnel (36) ou de faire une “vidéo aussi professionnelle que possible” (35).

e. Plateforme
Fig. 15 : Consignes de partage des vidéos
Fig. 15 : Consignes de partage des vidéos

Pour les écoles, les académies et les concours internationaux il est demandé de mettre la ou les vidéos sur une plateforme tout public, parfois en imposant Youtube, et d’indiquer le lien au moment de l’inscription. Une seule école demande d’envoyer directement la vidéo en format mp4, avec une taille n’excédant pas 2,5 Go (6). Pour les postes d’orchestre, la plateforme Muvac est aussi utilisée pour transmettre les vidéos.

Pour les vidéos mises en ligne, le candidat doit parfois mettre les repères de durée dans la description, et mettre les vidéos en mode “non répertorié”.

Une autre contrainte s’ajoute pour les concours : les droits sur les vidéos. Deux concours (24, 36) demandent à ce que les vidéos ne soient pas soumises au copyright. Deux autres (25, 30) stipulent que les vidéos sont la propriété du concours jusqu’à sa fin et demandent au candidat de ne pas les diffuser. En effet, plusieurs concours diffusent les vidéos des candidats sur les réseaux sociaux ou sur leur site internet.

f. Cadre d’enregistrement

Il est parfois demandé d’enregistrer spécifiquement les vidéos pour l’occasion. C’est le cas de deux concours internationaux (29, 38) ainsi que d’une école (6).

  • “Les vidéos issues de concerts publics ne seront pas prises en considération. Au début de chaque vidéo, le/la candidat.e donne son nom et son prénom, indique le titre de l’œuvre, mentionne la date du jour de l’enregistrement et précise que l’enregistrement est destiné à la HEM.” (6)

Cette même école interdit les vidéos issues de performances publiques. Dans beaucoup de concours cette situation n’est pas spécifiée. Une académie (11) et des concours internationaux (21, 31, 32, 38) spécifient l’autorisation d’utiliser ce type d’enregistrement.

Du côté des concours d’orchestre aucune information n’est donnée sur le cadre d’enregistrement.

On trouve dans beaucoup de cas une contrainte temporelle : vidéos datant de moins de 6 mois (38), de moins d’un an (20, 22, 31, 32, 37, 42), de moins de deux ans (35,

40, 44) et même de moins de 3 ans (39).

  • You can submit a video made anytime from 2021 and later, but it has to match with your age category on the day you submit your application.” (44) (Vous pouvez soumettre une vidéo réalisée à partir de 2021, mais elle doit correspondre à votre catégorie d’âge le jour où vous soumettez votre candidature.)

Un autre impose que la vidéo n’ait jamais été publiée auparavant (22). Pour certains il faut spécifier le lieu et la date de l’enregistrement (36, 39, 41).

  • For each file, the candidate must certify its authenticity and that he/she is the soloist […] The videos may be recorded in different places and on different occasions.” (36)

(Pour chaque fichier, le candidat doit certifier son authenticité et qu’il est bien le soliste […] Les vidéos peuvent être enregistrées dans différents lieux et à différentes occasions.)

g. Accompagnement piano

Les quelques données concernant l’accompagnement par un pianiste indiquent des informations contraires, quel que soit le type de concours. Quatre concours laissent au candidat la possibilité au candidat de jouer seul s’il ne peut être accompagné (1, 2, 10, 19). Certains interdisent l’accompagnement (3, 14, 46, 49). Le concours n°3 autorise l’accompagnement uniquement pour le chant, le violoncelle, le violon et l’alto. Dans d’autres cas, l’accompagnement est obligatoire (38, 40, 47). Cela ne concerne que deux concours internationaux et un concours d’orchestre.

h. Conseils

Quelques concours donnent des conseils aux candidats.

  • “Sur l’appareil ou sur l’application que vous utilisez, le réglage automatique du niveau d’enregistrement doit être désactivé dans la mesure du possible pour rendre les nuances audibles. Vérifiez en jouant un passage piano et un passage fortissimo que toutes les nuances sont audibles sans déformation. Soyez très attentif à la réverbération et à la taille de la salle où vous enregistrez la vidéo, et à la distance entre vous et la caméra (qui doit si possible être au moins de 3 mètres).” (3)

Deux académies abordent la sonorité de la salle.

  • “Merci de filmer dans une pièce présentant une acoustique sèche ou medium (pas de réverbération du son) “ (8)
  • “Please take into account the size of the room and its acoustic” (14) (Veuillez tenir compte de la taille de la pièce et de son acoustique.)

Pour les concours d’orchestre et les concours internationaux peu de conseils sont donnés. L’un d’eux fournit un tutoriel vidéo pour aider les candidats à s’enregistrer (38). Un autre donne quelques conseils aux candidats :

  • “To ensure that poor recording quality does not interfere with the jury’s ability to review the material, avoid distortion, and ensure that the accompaniment is not louder than the applicant.” (42)

(Veiller à ce que la mauvaise qualité de l’enregistrement n’empêche pas le jury d’examiner les documents, éviter les distorsions et veiller à ce que l’accompagnement ne soit pas plus fort que le candidat.)

Un autre (44) indique que le candidat doit être bien habillé.

Une des académies (9) et un concours international (38) fournissent chacun un guide d’enregistrement sur leur site internet.

i. Format
Fig. 16 : Contenu des informations sur les formats vidéo
Fig. 16 : Contenu des informations sur les formats vidéo

La spécification des formats est plutôt propre aux concours internationaux. Les quelques informations données sont précises.

  • “Video quality – 720p or 1080i or 1080p
  • Audio quality – PCM, flac, mp3 min. 256kbps or aac min. 192kbps
  • Microphone of adequate quality (no built-in microphones in mobile devices)
  • File format – mp4, mov, avi, mpg or mkv” (21)
  • “Resolution : 1920 x 1080 (horizontal)
  • Framerate : 25 (progressive, not interlaced)
  • Audio : Stereo (AAC)
  • Video codec : H.264/H.265 at 8Mbps
  • Video container / extension: MP4” (23)
j. Présentation

Certains concours demandent au candidat de se présenter et/ou de présenter les pièces au début de la vidéo. C’est le cas de quatre écoles (1, 4, 5, 6) et d’une académie (17). Un concours international demande aux candidats de filmer le flyer du concours au début de la vidéo (29).

III. Discussion

1. Procédés de recrutement

L’enregistrement est une pratique bien implantée dans le monde des concours et il semble difficile de l’éviter. Sur les 197 concours étudiés, 41% intègrent l’enregistrement dans au moins une étape de sélection. L’analyse des concours d’orchestre tend à montrer que les candidats doivent savoir s’adapter et être performants aussi bien lors des auditions en présentiel que lors des enregistrements vidéo pour obtenir un poste.

Les procédures de concours sont variables en fonction des instruments. Malhotra (1981) nous explique la hiérarchie des instrumentistes au sein de l’orchestre : le premier violon solo est le musicien au sommet de la hiérarchie, suivi dans l’ordre des premiers solistes de chaque instrument, des co-solistes, des anciens membres, des plus récents et des étudiants. Si l’on s’appuie sur les trois concours d’orchestre où les procédés de recrutement varient en fonction des postes, on peut conclure que l’étape de présélection ne dépend pas de la hiérarchie au sein de l’orchestre, mais que le processus de recrutement est propre à chaque institution. Cependant, le faible échantillon d’étude ne permet pas de tirer de conclusions sur ce phénomène.

Plusieurs hypothèses peuvent être formulées pour les autres types de concours. La différenciation entre les instruments pourrait se faire soit à l’appréciation des professeurs dans le cas des écoles, soit par souci d’organisation en fonction du nombre de candidats attendus dans les différentes catégories instrumentales.

2. Consignes d’enregistrement

La grande variabilité de la taille des consignes d’enregistrement peut impacter le candidat. En effet, des consignes très courtes pourraient lui donner l’impression de ne pas savoir précisément quoi envoyer. Au contraire, des consignes très longues peuvent l’empêcher de se consacrer pleinement à la musique pour se concentrer sur un cahier des charges très précis, mais cela peut aussi donner l’impression d’être guidé précisément dans les étapes de l’enregistrement. Beaucoup de consignes n’indiquent pas explicitement s’il faut rendre une ou plusieurs vidéos, ce qui peut mettre le candidat dans une situation d’incertitude. Devoir réunir toutes les œuvres en une seule vidéo lorsqu’elles ont été enregistrées séparément implique un travail de post-production pour le candidat qui doit savoir faire l’opération ou faire appel à quelqu’un.

Les deux concours acceptant ou imposant les prises uniquement audios sont comparables à une audition derrière paravent au cours de laquelle le jury ne voit pas le candidat et son anonymat est préservé. Elles laissent toutefois moins de chances au jury ou à l’organisation de repérer d’éventuels montages ou tricheries.

Les consignes se montrent intransigeantes sur le montage et plus généralement sur le travail de post-production. Un doute subsiste : lorsqu’il n’est pas indiqué que les effets de post-production sont interdits, les candidats sont-ils autorisés à traiter le son avec par exemple une réverbération artificielle ou un EQ (égaliseur) ?

Les consignes de cadrage sont assez générales. Elles ne se contredisent pas et semblent simples à appliquer.

Si les indications de qualité et de matériel sont variables, elles laissent tout de même le candidat libre de l’équipement utilisé dans la plupart des cas. Cependant, un son de qualité est souvent recommandé, ce qui implique que les musiciens aient à leur disposition du matériel et sachent s’en servir ou puissent faire appel à quelqu’un pour les aider.

Du côté des concours internationaux, deux catégories se distinguent. D’une part, les concours internationaux de prestige qui ont leur place depuis plusieurs années dans le paysage de la musique classique, d’autre part les concours qui se déroulent uniquement par vidéo. Alors que dans le premier cas, les vidéos ne sont qu’une étape de sélection parmi bien d’autres épreuves et qu’un enregistrement de qualité professionnelle est attendu, dans le second cas les critères de qualité sont bien plus faibles. Cela pourrait s’expliquer par l’exigence et la renommée des concours concernés d’un côté, et au contraire l’envie de rendre le concours accessible au plus grand nombre de l’autre, côté comme le soulignait Tokay (2020).

Concernant les formats, les termes employés sont techniques. On peut supposer que “Framerate : 25 (progressive, not interlaced)” et “Video codec : H.264/H.265 at 8Mbps” ne sont par exemple pas compris par tous les candidats.

La présentation au début des vidéos peut compliquer la période de concours pour un candidat qui souhaiterait par exemple utiliser ses enregistrements pour plusieurs écoles car les consignes ne sont pas toutes compatibles de ce point de vue. C’est un choix volontaire de certains concours qui demandent d’être nommés au début de la vidéo.

Troisième partie : Entretiens

I. Méthode de collecte des données

1. Technique d’entretiens

L’objectif de l’étude étant de documenter précisément les pratiques d’enregistrement des étudiants, nous avons choisi de fonder la base de notre recherche sur la technique de l’entretien. Comme l’expérience d’enregistrement peut être très variable et propre à chaque personne interviewée, il nous a semblé judicieux d’opter pour des entretiens semi-dirigés. Un guide d’entretien (Annexe 2) a été rédigé préalablement mais l’ordre des questions est variable pour s’ajuster le plus naturellement à la conversation. Des questions peuvent être ajoutées si l’interlocuteur aborde une thématique qui n’est pas dans le guide d’entretien car cela peut amener de nouvelles idées à étudier. Des questions peuvent aussi s’ajouter au fur et à mesure des entretiens si de nouvelles interrogations sont soulevées par les interlocuteurs précédents.

2. Procédure

Ayant dans notre entourage des connaissances dont les profils correspondent tout à fait aux critères définis dans cette étude, nous avons directement pris contact avec eux. Ils ont été mis au courant de l’objectif de l’étude et de la durée approximative de l’entretien, mais pas des questions posées. Ils ont été informés du cadre institutionnel de l’étude et nous avons pu adopter une attitude tout à fait formelle au cours des entretiens. Avec l’autorisation des participants, les entretiens ont été enregistrés pour être ensuite retranscrits. Ils ont eu lieu en grande partie à la Haute École de Musique de Lucerne dans des salles de travail. Deux entretiens ont été réalisés directement chez les participants et un autre par téléphone pour des raisons pratiques. L’anonymat a été garanti aux participants pour les inciter à s’exprimer plus librement.

3. Choix des participants

Nous avons fait appel à huit étudiants pour qu’ils nous fassent part de leurs expériences et de leur point de vue sur le sujet étudié. Le choix des participants s’est fait selon plusieurs critères. Chaque participant devait parfaitement parler le français pour pouvoir mettre en regard les propos des uns et des autres. Chacun devait être inscrit dans un cursus d’études supérieures en musique classique. L’instrument, le nombre d’années d’études ainsi que le nombre et le type d’expériences d’enregistrement  étaient  des  aspects  que  nous  souhaitions  volontairement

hétérogènes sur l’ensemble des participants. Nous avons toutefois respecté une parité de genre en interrogeant quatre hommes et quatre femmes. En amont de chaque entretien, nous avons échangé avec les participants pour cerner de manière succincte leur parcours, leurs expériences et leur intérêt pour le sujet.

4. Profil des participants

Les tableaux ci-dessous présentent les différents participants. Le numéro attribué à chaque participant servira de code pour rendre plus fluide la présentation des résultats.

ParticipantÂgeInstrumentExpériences d’enregistrement
123Trompette8 ou plus
224Piano2
323Accordéon4
419Trompette1
526Harpe5
625Flûte6
724Basson3
825Direction d’orchestre (saxophone)8 ou plus
Fig. 17 : Âge, instrument et expériences d’enregistrement des participants

Un participant étudie plusieurs disciplines. Sa discipline secondaire est marquée entre parenthèses dans le tableau ci-dessus.

  Participant  Niveau d’étudesNombre d’années d’études en supérieur  Établissements fréquentés
1Bachelor2Hochschule Luzern, Lucerne (Suisse)
2Bachelor3Hochschule Luzern, Lucerne (Suisse)
3Bachelor4Hochschule Luzern, Lucerne (Suisse)
4Bachelor3Hochschule Luzern, Lucerne (Suisse)
52nd Master6Hochschule für Musik, Karlsruhe (Allemagne) Trinity College of Music, Londres (Angleterre) Hochschule Luzern, Lucerne (Suisse)
6Master5Hochschule Luzern, Lucerne (Suisse)
7Bachelor2CNSMD, Lyon (France)
  8  2nd Bachelor  8Haute École de Musique, Lausanne (Suisse) Hochschule Luzern, Lucerne (Suisse)
Fig. 18 : Niveau d’études et établissements fréquentés par les participants

II. Méthode d’analyse des résultats

1. Transcription des données orales

Nous avons réalisé les entretiens sur une durée de neuf mois entre octobre 2022 et juin 2023. La durée de chaque entretien est comprise entre 20 et 65 minutes. Nous avons par la suite procédé à la retranscription des données collectées à l’aide des enregistrements des entretiens. Par souci de clarté et pour faciliter l’analyse, nous nous sommes efforcés de gommer certaines marques d’oralité, fautes de langage, hésitations, onomatopées et ce, en restant le plus fidèle possible au discours original de l’interrogé.

2. Outil d’analyse : la théorisation ancrée

Pour procéder à l’analyse des entretiens nous nous sommes appuyés sur la méthode de la théorie ancrée. Cette méthode permet d’aboutir à une théorie sur un sujet à partir d’une analyse qualitative des données récoltées. Selon Paillé (1994), cette méthode d’analyse n’est pas l’analyse d’un contenu, mais un acte de conceptualisation. Sa particularité est la simultanéité de la collecte et de l’analyse. Nous avons donc procédé à la transcription des entretiens et à leur analyse à un intervalle régulier de deux entretiens, l’objectif étant de pouvoir orienter au mieux les entrevues suivantes.

Paillé (1994) distingue six étapes progressives dans la démarche d’analyse :

  • La codification : découpage des transcriptions par lignes ou groupes de mots pour en dégager le propos (de quoi est-il question ?)
  • La catégorisation : affinage de la phase de codification, l’analyse devient plus conceptuelle (quel phénomène se dégage de ces données ?)
  • La mise en relation : recherche des liens entre les différentes catégories (pourquoi et comment sont-elles liées ?)
  • L’intégration : délimitation de l’objet d’analyse (sur quoi porte l’étude ?)
  • La modélisation : reproduction de la structure du phénomène en se basant sur les catégories identifiées précédemment (quelles sont les causes, les conséquences et les processus en jeu ?)
  • La théorisation : étape finale

Afin de présenter notre analyse, nous avons choisi de regrouper nos résultats sous la forme de tableaux synthétiques. Chaque tableau correspond à une catégorie identifiée et regroupe les sous-catégories et les concepts émergents correspondants et leurs occurrences totales dans le corpus.

CATÉGORIE
Sous-catégorie 1Concept émergent 1partagé par…occurrence totale
partagé par…occurrence totale
Concept émergent Npartagé par…occurrence totale
Sous-catégorie XConcept émergent 1partagé par…occurrence totale
partagé par…occurrence totale
Concept émergent Npartagé par…occurrence totale

III. Présentation des résultats

27 concepts se sont dégagés, nous les avons regroupés en 3 catégories et 9 sous-catégories. Le tableau ci-dessous synthétise les résultats obtenus après analyse des données.

CatégoriesSous-catégories
CONTEXTESavoirs et capacités
Enjeux
Moyens à disposition
ENREGISTREMENTAspects techniques
Organisation
Résultat sonore
Ressenti
PRATIQUE MUSICALETravail
Performance
Fig. 19 : Catégories et sous-catégories identifiées lors de l’analyse par théorisation ancrée

1. Contexte

CONTEXTE
Savoir et capacitésAccès à une formation2,3,6,7,817
Difficultés techniques1,2,3,4,5,6,829
EnjeuxOccasions1,2,3,4,5,6,7,851
Évolution de la demande1,3,4,5,6,7,825
Moyens déployés1,3,5,6,7,825
Anticipation1,2,6,7,815
Moyens à dispositionMoyens financiers1,2,3,5,7,820
Moyens matériels1,2,3,4,5,6,7,819
Système d’écoute2,3,4,6,7,816
Lieu1,2,3,4,5,6,7,831
a. Savoir et capacités
✱ Accès à une formation

Les étudiants ont accès à des modules concernant les techniques du son au cours de leur formation d’instrumentiste. Les offres et formats de cours sont variables au sein des établissements.

  • “C’était obligatoire pour tout le monde. Ils obligeaient aussi les programmes sur lesquels on devait travailler. C’est-à-dire qu’on avait aussi des cours d’écriture de partitions donc on était obligés de travailler sur Sibelius. […] On a appris à faire de la composition, de la MAO3, en MIDI. Nous sommes restés très en surface mais sur beaucoup de choses. C’était sur un an, on avait 2h par semaine. […] on a fait des sessions studios. On avait pris des titres connus on devait faire des covers et le but c’était d’organiser une session.” (8)
  • “C’est un week-end où l’on découvre le matériel dont la HSLU dispose et on a tous manipulé, c’est en groupes et ils nous montrent comment faire. Certains étaient dans la régie et d’autres qui étaient dans des salles, on alternait les groupes entre ceux qui jouaient et les autres qui enregistraient.” (2)

Le format du cours influe sur l’apprentissage et la capacité à retenir les informations abordées dans le cours.

  • “On a fait ça sur trois jours et évidemment après tu oublies tout. Franchement je ne saurais plus comment le faire. On a regardé les petites tables de mixage, je ne sais même plus comment le faire.” (3)

Deux musiciens ne sont pas intéressés par ces cours, optionnels dans certaines écoles.

  • “C’est quelque chose qu’on prend en option, c’est en UV44. Quand tu es bassoniste, tu as le basson baroque qui te tend les bras en UV4. On s’arrache les créneaux donc j’ai préféré privilégier le basson baroque.” (7)
✱ Difficultés techniques

Tous les participants à l’exception d’un éprouvent des difficultés à enregistrer car ils n’estiment pas avoir toutes les compétences nécessaires.

  • “Ça me prend un temps fou de savoir où est le problème. Mais c’est aussi un problème de formation j’imagine. Entre savoir si c’est le câble, le micro, l’entrée XLR ou si c’est juste que Protools ne s’est pas bien lancé… Parfois je me prends la tête, c’est assez compliqué” (8)
  • “Je me rends compte que c’est tout un monde et toute une formation qu’il faut avoir et en fait maintenant c’est ok de se dire je préfère me concentrer sur la partie artistique et c’est ok de ne pas tout savoir-faire.” (2)

Il en est de même pour la post-production.

  • “Je ne fais pas de mastering et je ne fais pas un mix poussé du tout parce que je ne sais pas le faire” (8)

Deux étudiants estiment leurs connaissances suffisantes pour leur usage.

  • “Pour la prise de son personnelle de mon instrument maintenant je sais faire, en tout cas je pense pouvoir faire quelque chose de tout à fait correct.” (1)
b. Enjeux
✱ Occasions

L’enregistrement est une pratique importante pour les musiciens, qui y sont confrontés lors de différentes occasions. Les raisons de s’enregistrer sont très variables, elles sont présentées dans le tableau ci-dessous.

Fig. 20 : Enjeux d’enregistrement
5

Pour démarcher des festivals ou des concerts, une étudiante souligne l’importance de présenter des enregistrements.

  • “Quand tu veux jouer à un endroit ça fait la différence d’envoyer un dossier avec au moins une petite vidéo de ce que tu sais faire” (2)

La création a une place importante dans les enregistrements réalisés par les participants. Elle est évoquée aussi bien pour le travail de Maturité, dans un cadre professionnel ou simplement pour le plaisir.

  • “J’ai fait mon travail de Maturité, mon projet de fin de lycée. J’ai fait ça dans Audacity, c’était un livre audio avec de la musique de Schubert. J’ai fait du montage audio avec des enregistrements que j’ai mis avec une histoire que ma prof de flûte à bec a gentiment lue.” (6)
  • “Ça m’est déjà arrivé d’enregistrer pour des compositeurs qui demandaient des improvisations pour un projet. La première fois il voulait de l’inspiration, il a utilisé les impros pour faire des compositions avec. Avec un autre compositeur on devait enregistrer des sons spéciaux avec nos instruments et il les utilisait pour faire une tape électronique.” (3)
  • “Pour m’amuser je fais des maquettes un peu plus RNB où je chante” (1)

Dans le cadre de formation ou d’opportunités professionnelles, les enregistrements sont souvent imposés, notamment pour les concours d’entrée dans des écoles, les concours internationaux, les masterclasses, les académies, les postes d’orchestre et les Erasmus. Le suivi pédagogique grâce à l’enregistrement s’est mis en place lors des différentes restrictions liées au Covid mais cela reste un outil encore utilisé.

  • “Après les masterclasses je garde des contacts avec les profs, des fois je leur envoie des vidéos et ils me font un retour” (8)
  • “De temps en temps mon professeur me demande de m’enregistrer et d’écouter, voire de lui envoyer des enregistrements. Quand j’ai quelques cours qui sautent pour des raisons de tournée avec Radio France de son côté ou du mien avec des sessions d’orchestre, j’ai quand même un suivi pédagogique.” (7)

Enfin, l’enregistrement peut correspondre à une démarche de documentation personnelle.

  • “J’ai aussi enregistré de temps en temps des concerts. Là c’était un concert spécial où j’ai joué de la musique de chambre et c’était unique, c’était pour avoir une trace des morceaux.” (5)
✱ Évolution de la demande

Presque tous les participants constatent une omniprésence du besoin d’enregistrement.

  • “Aujourd’hui tous les concours sont par vidéo, enfin il y en a très peu où ça ne l’est pas, il faut rester ouvert à cette activité” (3)

Cette forte augmentation des besoins d’enregistrement est souvent attribuée au covid.

  • “Les vidéos de concours ont connu un essor incroyable et démesuré avec le confinement et c’est encore le cas même si beaucoup de mesures sont levées voire toutes dans certains pays. La quantité d’académies qui fonctionnent par vidéo c’est hallucinant. Il n’y a presque aucune académie ou tu dois faire un concours en vrai.” (1)

Deux participants se montrent critiques sur les sélections organisées par vidéo, mais l’un d’entre eux y trouve tout de même des avantages.

  • “Des fois c’est juste une phase de sélection, des fois c’est carrément le concours entier, tu gagnes un concours par vidéo. Ça existe, il y a beaucoup de concours par vidéo, et tu te dis mais qu’est-ce que c’est, est-ce qu’on fait de la musique ? Dans le classique moi je trouve ça un peu bizarre, pour pré-sélectionner pourquoi pas.” (1)
  • “Je pense que ça peut être un atout et que ça a aussi beaucoup encouragé l’inscription de candidats de l’étranger parce que ça évite un déplacement. Ça évite de s’embêter. Au moins tu sais que tu travailles sur place et que ça ne te coûte rien de monter un programme de 1er tour.” (7)
✱ Moyens déployés

En fonction de l’enjeu, les candidats ne s’investissent pas de la même manière dans l’enregistrement. Cet investissement se traduit par le choix du matériel utilisé.

  • “Ça dépend de la qualité de l’enregistrement que je veux avoir et de ce que j’en fais après. Si c’est juste pour pouvoir participer à une masterclass je pense que mon zoom est suffisant, mais si par exemple c’est pour mettre une vidéo sur le site que j’aurais je pense que je ferais la chose différemment.” (3)

Quatre candidats préfèrent travailler avec un ingénieur du son en fonction du projet. L’ingénieur du son est privilégié pour mettre du contenu en ligne ou participer à des concours prestigieux.

  • “Pour enregistrer un CD ou pour faire des bons enregistrements j’aimerais travailler avec quelqu’un. Si c’est un grand concours international je prendrais peut-être un ingénieur mais si c’est un concours d’entrée je ne pense pas. En fait, s’il y a beaucoup de gens qui peuvent l’écouter j’aurais plus tendance à enregistrer avec quelqu’un que si c’est juste pour un jury.” (5)

Les participants 2 et 4 souhaitent travailler avec un professionnel dans tous les cas.

  • “Je ferais avec quelqu’un. Je serais là pour installer parce je trouve ça trop bien de pouvoir en parler avec la personne et de comprendre ce qui est bien, pourquoi le micro est mieux là, comment brancher ça… Mais je ne ferais pas ça toute seule, je ferais avec quelqu’un” (2)
✱ Anticipation

Parfois, les musiciens saisissent des opportunités qu’ils ne peuvent pas anticiper. Pour cette raison, enregistrer soi-même est la solution privilégiée.

  • “Si on me dit : il y a une académie, la deadline est dans une semaine, tu connais les traits d’orchestre, tu ne veux pas tenter, ça pourrait être une bonne expérience si jamais tu passes. Pour ça, je vais avoir tendance à le faire un peu plus à l’arrache parce que je me dis que comme je n’ai pas surpréparé le programme je ne vais pas mobiliser quelqu’un pour enregistrer ça.” (1)

Cela peut aussi influer sur le choix du matériel utilisé.

  • “Il m’est arrivé de faire une vidéo de concours pour une académie avec un Zoom parce que ça allait plus vite. C’était un Zoom qui faisait caméra aussi et comme j’avais peu de temps pour me filmer et m’enregistrer, une amie me l’a passé comme ça je n’avais pas de montage à faire.” (1)

Pour obtenir certains moyens, cela nécessite vraiment d’anticiper les échéances.

  • “On s’y est prises un mois à l’avance pour réserver une salle toute la journée” (2)
  • “L’ingénieur du son du CNSMD tu es obligé de le réserver six mois à l’avance et tu as des créneaux hyper serrés” (7)

Une participante évoque des difficultés pour s’organiser.

  • “Je n’ai pas le temps, je fais tout à la dernière minute. Je ne suis pas organisée” (6)
c. Moyens à disposition
✱ Moyens financiers

L’aspect financier est aussi à prendre en considération pour les étudiants. Pour certains, c’est un obstacle pour travailler avec quelqu’un.

  • “Même si je fais 5 ou 6 vidéos de concours par an, je me sentirais très mal à l’aise de demander à chaque fois à quelqu’un qui est professionnel de faire ça gratuitement. Si je devais le payer je n’aurais pas les sous pour le faire donc je me débrouillerais autrement.” (1)

L’argent investi dépend aussi de l’enjeu pour le musicien.

  • “C’est clairement une question d’enjeu, ce n’est pas une question financière puisque si je devais faire un vrai truc, j’imagine que je trouverais les moyens de le faire, je ferais des demandes de subvention.” (8)

Pour une étudiante, un changement d’avis s’est opéré après avoir demandé de l’aide à un professionnel.

  • “C’était aussi une question financière. Mais maintenant qu’on voit le résultat, tout est léger, on se dit que bien sûr, ça vaut le coup de faire appel à quelqu’un et de payer, c’est évident. Il y a une raison pour laquelle ces gens sont là. Autant mettre de l’argent pour éviter un poids sur la journée.” (2)
✱ Moyens matériels

Tous les candidats ont investi dans du matériel d’enregistrement. Six d’entre eux possèdent un Zoom.

  • “J’ai un Zoom. J’ai vu plein d’étudiants à la Haute École qui les utilisaient pour s’enregistrer, du coup je l’ai acheté parce que je me suis dit que j’allais sûrement m’en servir.” (3)

Quatre ont investi dans des microphones. Ils ont demandé conseil à des personnes de leur entourage qui ont des connaissances en enregistrement.

  • “J’ai une carte son Presonus il me semble, et un TLM 102 de la marque Neumann, c’est à peu près tout, donc je m’enregistre en mono. C’est ma copine qui m’a conseillé ce matériel […] Je me suis dit que c’était pratique, je paye mon matériel à un certain prix, au moins je n’ai pas besoin de solliciter quelqu’un à chaque fois. ” (1)
  • “Mon frère qui est dans le domaine du cinéma m’a conseillé de prendre deux micros que je mets de chaque côté de la harpe, donc j’ai acheté des micros Rode” (5)

Quand ils en ont besoin, les étudiants empruntent du matériel à leur école ou à des connaissances.

  • “Si je dois utiliser des statiques je n’ai pas les moyens, donc soit je les loue soit je demande à un copain qui a quelque chose de bien.” (8)

Pour la vidéo, ils utilisent des téléphones, des caméras ou des enregistreurs Zoom.

Seule une participante réfléchit à investir actuellement dans du matériel. Pour les autres, ce n’est pas une priorité, aussi bien pour le son que la vidéo.

  • “Je réfléchis actuellement pour une caméra, pour pouvoir mettre ensemble le Zoom et la caméra, pour avoir une belle image. Je me dis qu’avoir une bonne caméra ça peut être pas mal quand même.” (3)

Deux participants émettent des critiques sur leur matériel.

  • “La carte son n’est pas du tout suffisante par rapport à la qualité du micro que j’ai et c’est un peu dommage” (1)
  • “Ça ne marchait pas, il y avait toujours des fautes, des trucs qui sautaient ou des trous. Ce n’est pas super quand tu dois prouver que tu as tout enregistré d’un coup. Il y avait une application exprès pour enregistrer, tu pouvais aussi faire les vidéos avec mais ça marchait moyennement bien” (6)
✱ Système d’écoute

Les candidats ont des systèmes d’écoute de qualité variable.

  • “En général avec des écouteurs… Ou un casque. Mais pas avec le haut-parleur, ce n’est vraiment pas terrible.” (7)
  • “J’ai acheté seulement récemment un casque. C’est un Bose, pour le Bluetooth “ (3)
  • “J’ai des enceintes passives, qui sont branchées à mon ordinateur. À un moment j’étais au casque Bluetooth […]. Je fais de la composition et d’autres choses donc c’est bien d’avoir de bonnes enceintes” (8)

Deux participants qui n’ont aucun système d’écoute ont emprunté des casques dans leur école pour réaliser leurs enregistrements.

  • “J’avais un casque que je prenais à la Haute École. Ça, ou bien des écouteurs, pas très bien d’ailleurs. Avec le temps je me suis dit que c’était mieux de prendre un casque parce que les écouteurs avec fil, les petits, ça sonne quand même moins bien.” (4)

Un participant trouve le travail au casque peu confortable.

  • “À la base quand j’étais à Lausanne je faisais tout au casque. J’avais mon casque Bose avec le Bluetooth qui se connectait à l’ordinateur. Je me suis rendu compte que ça me faisait assez mal à la tête si je faisais une session de 3h d’ordinateur. Je ne sais pas si c’était à cause du Bluetooth ou juste parce c’était au casque. C’est quand même un confort d’avoir des enceintes.” (8)
Lieu

Les   candidats   soulignent   les   problèmes   pour obtenir des salles dans leur établissement.

  • “On connaît la problématique d’avoir des salles de travail en tant qu’instrumentiste, tu te contentes de ce que tu as.” (7)

Deux participants ont enregistré chez eux mais ont rencontré des problèmes.

  • “Des fois j’ai tenté d’enregistrer chez moi aussi mais en fait ça ne marchait jamais, puisque j’étais chez moi je n’étais pas dans le même état d’esprit.” (1)
  • “On ne savait pas trop à quel point les voisins toléraient.” (6)

Pour un étudiant, l’acoustique est un critère important pour le choix de la salle, mais pour les autres ce n’est pas prioritaire.

  • “Ma solution la plus simple c’est que j’ai 4-5 salles qui ne sonnent pas trop mal. J’en ai une dizaine où je veux être sûr de ne pas aller.” (8)
  • “La salle n’était pas mon premier critère parce que je sais que si tu joues bien et que tu n’es pas dans une bonne salle tu peux quand même le faire. Après c’est sûr que ça change, d’ailleurs ma meilleure vidéo était dans la grande salle d’orgue. Peut-être que ça a aidé, peut-être pas, je ne sais pas.” (4)

Un participant a essayé d’améliorer l’acoustique de la salle dans laquelle il enregistrait.

  • “C’était très fait maison dans des salles pas du tout adaptées, on se faisait des pare-son avec des manteaux.” (1)

2. Enregistrement

ENREGISTREMENT
Aspects techniquesPlacement1,2,3,4,5,6,7,833
Réglages1,2,3,4,6,836
Post-production1,2,4,5,6,830
Aide extérieure1,2,5,816
OrganisationMéthode1,2,3,4,5,6,7,842
Aspect répétitif1,2,3,4,5,6,7,825
Aspect temporel1,3,4,5,6,7,830
Résultat sonoreQualité1,2,4,5,6,7,866
Objectivité1,2,4,6,7,832
Références d’écoute1,5,6,7,815
RessentiIntérêt1,2,3,4,5,6,7,853
Attentes d’une formation1,3,4,5,6,825
a. Aspects techniques
✱ Placement

Le placement des microphones ou appareils d’enregistrement fait partie des problématiques rencontrées par les participants. Deux d’entre eux se placent le plus loin possible de l’enregistreur, deux autres essayent différents placements avec leurs microphones.

  • “Je me mettais loin, ça dépend des salles mais je me mettais simplement le plus loin possible.” (3)
  • “Je fais quelques petites balances, en général je profite des balances pour chauffer. Si je n’ai pas chauffé avant, je fais 5 minutes de chauffe dans une position de micro. J’écoute et ensuite je refais 5 minutes un peu différemment en fonction de comment le son m’a plu, en m’éloignant, en bougeant un peu le micro etc.” (1)

Les candidats n’accordent pas la même priorité au placement des microphones.

  • “On était tellement focalisées sur la qualité musicale qu’on pouvait faire que pour la flûte par exemple on ne s’est pas dit mince c’est peut-être un peu trop proche. On n’a pas replacé les micros.” (2)
  • “Avec le temps je me suis rendu compte que le micro et la manière dont il était positionné ça faisait déjà tellement.” (8)

Certains jouent avec la position des musiciens pour améliorer l’enregistrement.

  • “Je revenais un peu au vieux système d’orchestre européen, je mettais 1ers violons à gauche et 2nds à droite pour que ça ne se noie pas trop, je trouvais que c’était plus facile à mixer après.” (8)
  • “On a un peu triché en se disant que comme j’étais probablement celle qui jouait le plus fort, je me mettais au coin de la salle le plus au fond puis la clarinette puis la chanteuse. On a un peu essayé de jouer avec la salle et avec la distance par rapport à l’enregistreur.” (3)

Une étudiante a testé le placement de ses microphones avec sa professeure.

  • “Quand je faisais les cours chez moi en Allemagne avec FaceTime ou Zoom j’avais les micros. Elle me disait de les mettre plus loin ou plus près de la harpe pendant le cours pour l’enregistrement.” (5)
✱ Réglages

La plupart des musiciens règlent le gain sur leurs appareils avant de s’enregistrer. Ce réglage n’est pas évident pour certains participants, deux d’entre eux ont rencontré des problèmes de niveau sonore.

  • “Au début ce n’était pas très bien, c’était nouveau le Zoom pour moi du coup c’était un peu bizarre, je le mettais un peu trop fort.” (4)
  • “Je ne le fais pas très bien, c’est souvent un peu trop bas. J’aurais pu faire plus mais je n’ose pas parce que j’ai peur que ce soit trop. Je me dis que c’est mieux trop peu que trop. Mais du coup j’ai des enregistrements qui sont beaucoup trop faibles.” (6)

Deux participantes ont demandé de l’aide à des amis ou des connaissances pour faire les réglages.

  • “Mon frère regardait quand je jouais le son le plus fort si ça ne saturait pas. Il m’aidait pour ça et après il partait.” (5)

Trois étudiants ne se sentent pas assez informés sur les réglages possibles avec leur matériel. Une d’entre elles éprouve aussi des difficultés avec son appareil photo.

  • Il y a beaucoup de paramètres quand même quand tu lis la notice d’emballage, tu peux faire beaucoup de choses. C’est génial mais il faut savoir les faire.” (4)
✱ Post-production

La post-production étant interdite par les concours, trois étudiants ont indiqué ne jamais avoir traité le son de leurs enregistrements. Pour cette raison, deux étudiants craignent d’enregistrer l’audio et la vidéo sur des appareils distincts.

  • “Comme ils ne voulaient pas de montage je craignais d’enregistrer le son et de mettre l’image par-dessus.” (2)
  • “Certes avoir le microphone devant l’instrument c’est plus authentique mais ça peut aussi faire plus modifié. […] Quand tu vois une vidéo avec un micro, si le son est bien tu peux te dire qu’il y a de la post-production.” (1)

Deux participants pratiquent le mixage. Ils estiment le faire de manière peu poussée et passent tous les deux par une personne extérieure pour contrôler.

  • “Je fais le strict minimum que je sais faire. Je règle les balances, je fais plein de choses, parfois je peux mettre un peu de réverbération. Je fais vraiment du mix très simple. Après, je ne fais pas dans le détail, j’ai un copain qui fait ça très bien à qui j’envoie les sessions Protools. Je fais un mix, je fais mes cuts, je mets la réverbération qui me plait et je règle un peu la balance et les choses comme ça, mais je ne fais pas du tout de mastering ou un mix poussé parce que je sais pas le faire.” (8)
  • “Ça m’est arrivé de faire deux ou trois points de montage rapidement, de mettre des EQ, une réverbération. Souvent je fais vérifier ça par des gens qui savent le faire mais j’aime bien essayer. J’ai déjà fait du montage et un peu de post-production pour m’amuser, pour faire des maquettes un peu plus RNB pour moi où je chante.” (1)

Pour les autres, la post-production correspond souvent à synchroniser le son et l’image s’ils ont été enregistrés séparément, ajouter une réverbération ou bien répartir les pistes dans l’espace.

Une participante a eu du mal à régler le niveau sonore.

  • “Il y a beaucoup de choses où j’étais dans le rouge à la fin, mais si ça ne saturait pas tout était trop bas donc je me suis dit que je m’en fichais si ça saturait.” (6)

Une autre a réalisé un montage entre plusieurs plans vidéo. Il s’agissait d’un plan large et de deux plans fixes avec un cadrage plus resserré.

  • “J’ai refait le montage avec les vidéos zoom. Parce qu’il y avait une caméra centrale et par-dessus j’ai mis des petits zooms sur la version qu’on avait choisie.” (2)

Les participants utilisent différents logiciels lors de leurs activités d’enregistrements audios, vidéos ou de Musique Assistée par Ordinateur.

LogicielUtilisé par
Protools1, 8
Cubase1, 2
iMovie3, 5, 7
Audacity6
Da Vinci Resolve6
Microsoft Clipchamp8
Sibelius8
Sans logiciel4
Fig. 21 : Logiciels utilisés par les participants
✱ Aide extérieure

Les participants font appel à d’autres personnes pour les aider. Il s’agit d’enseignants ou de connaissances. Cette aide concerne le choix du matériel et les réglages mais aussi la post-production.

  • “J’avais un copain ingénieur du son qui me prêtait son matériel. Il savait bien que ça ne devait pas être quelque chose de professionnel du coup il me conseillait et me disait comment les placer.” (8)
  • “Dans les faits, je sollicite quand même quelqu’un à chaque fois pour lui demander si ma post-production est bien ou pour lui demander de changer mon EQ parce que je n’arrive pas à la régler comme je veux.” (1)
  • “C’est mon frère qui m’aidait à mettre la caméra avec les micros, à tout superposer.” (5)
b. Organisation
Méthode

Pour beaucoup de musiciens, l’enregistrement correspond à une période de plusieurs séances d’enregistrement variant de quelques jours à plusieurs mois.

  • “Quand j’ai enregistré pour Lucerne, qui était un gros objectif si on contextualise, j’ai dû enregistrer sur 10 à 14 jours différents. Quand je dis 14 journées d’enregistrement c’était souvent une matinée par exemple ou une soirée, 3h ou 4h maximum. Le pire que j’ai dû faire en terme de temps c’était 3h30-4h.” (1)
  • “Ça m’a pris deux mois pour faire une bonne vidéo, j’enregistrais tous les deux ou trois jours.” (4)

Deux candidats ont réalisé leurs enregistrements avec une stratégie précise.

  • “J’ai enregistré chaque morceau séparément. Il y avait en fait plusieurs morceaux à faire et j’avais plusieurs semaines, ça devait prendre un jour ou deux pour enregistrer un morceau. Le lendemain, si je me sentais de refaire ce morceau ou si j’avais l’impression que ce n’était pas tellement bien la veille, je le refaisais. Après, je passais au suivant. Une semaine je travaillais à fond un morceau et encore un peu les autres. Le jour de l’enregistrement je ne travaillais que ce morceau et je l’enregistrais quand je me sentais bien.” (5)
  • “J’ai fait avec une amie, on s’est un peu soutenues ensemble et du coup on s’est motivées. On a réservé une salle beaucoup de fois et on avait la salle d’à côté où l’une travaillait pendant que l’autre s’enregistrait puis on échangeait.” (6)

Les autres évoquent une absence de méthode. Ils enregistrent leur programme jusqu’à obtenir une vidéo dont ils sont satisfaits ou jusqu’à la date limite.

L’alternance entre le travail du programme et l’enregistrement nécessite de trouver un équilibre.

  • “Je faisais un jour une vidéo puis le lendemain je travaillais, enfin je l’écoutais

et puis je travaillais dessus.” (4)

  • “Je l’ai vécu pour faire mes vidéos de concours pour entrer à Lucerne, de ne plus prendre de temps pour travailler, de ne faire que des enregistrements et de me dire que dans tous les cas je progressais en faisant des enregistrements. C’est vrai mais tu as aussi besoin de prendre du temps pour juste retravailler des petits passages qui ne passent pas forcément bien ou qui peuvent facilement te faire perdre le contrôle.” (1)

Les étudiants doivent en plus gérer leur travail personnel ainsi que d’autres échéances pendant la période d’enregistrement.

  • “Il fallait que je travaille aussi pour les cours de trompette, je faisais ça en parallèle.” (4)
  • “Le problème c’est que le 1er tour de Lyon est arrivé avant le 2nd tour de Paris, qui était le concours que je visais. Donc il fallait que je monte des bonnes vidéos pour Lyon mais il fallait aussi que je monte un programme.” (7)
✱ Aspect répétitif

Lors de leur séance d’enregistrement, plusieurs musiciens répètent leur programme en boucle et ont tendance à s’arrêter au cours de leur pièce s’ils ne sont pas satisfaits.

  • “Je fais plusieurs fois la pièce jusqu’à ce que je sois obsédée et que je me dise qu’il faut changer.” (6)
  • “Si je dois faire une version concert et qu’une prise n’est pas bonne j’arrête tout de suite. J’arrête même si je ne trouvais pas bien la 1re note.” (8)
  • “On a fait un concert online au conservatoire à Londres, donc retransmis en direct, et une autre harpiste qui a aussi joué avait tellement l’habitude de recommencer quand elle faisait une faute qu’elle l’a aussi fait au concert.” (5)

Deux d’entre eux éprouvent des réserves quant à cette méthode.

  • “Le piège de s’auto-enregistrer c’est vraiment que tu as une possibilité illimitée de recommencer, ce qui est génial, sauf que tu arrives à un statut de l’enregistrement qui est presque malsain de te sur-enregistrer, de ne faire que ça.” (1)

Un participant s’impose un nombre limité de prises par séance.

  • “Si je joue un programme de 10 minutes j’ai trois chances, et encore. Si c’est plus court j’ai 5-6 chances et je me laisse du temps entre. J’ai trop fait d’enregistrements de 3-4h où tu perds ton temps et au bout de 3h tu te dis je suis fatigué, allez une petite dernière, on ne sait jamais.” (1)
✱ Aspect temporel

Les participants trouvent l’enregistrement chronophage et énergivore. Plusieurs d’entre eux y passent plus de temps que la durée initialement prévue.

Pour contrer cela, certains participants enregistrent en s’imposant une limite de temps. Parfois cette limite est liée à des contraintes comme la disponibilité de la salle ou celle des autres musiciens dans le cas d’un enregistrement de musique de chambre. Travailler avec un ingénieur du son fixe aussi une contrainte temporelle.

  • “Maintenant j’essaye le plus possible quand je m’auto-enregistre de me limiter en temps et de me dire que j’ai réservé une bonne salle pendant 2h ou 1h30.” (1)

Le temps peut aussi être une source de stress pour certains musiciens, qui préfèrent s’enregistrer sans cette contrainte.

  • “Avec un ingénieur du son tu sais que des séances tu n’en as pas tant prévu que ça parce qu’il n’est pas forcément disponible, ce qui est normal. Tu as une séance d’une certaine durée, et plus ta séance passe plus tu stresses de te dire est-ce que je vais avoir quelque chose de convaincant à l’issue.” (7)

Une fatigue découle de la répétition du programme et de la durée des séances d’enregistrement. Deux musiciens parlent de leur fatigue musculaire, il est physiquement impossible pour eux de jouer indéfiniment.

  • “Je joue d’un instrument qui est relativement physique, on ne peut pas filer une pièce de 8 minutes 10 fois dans la journée. Théoriquement, on peut mais au bout de la 3e fois la qualité du son va être vraiment moins bonne à cause de la fatigue musculaire.” (1)
  • “Ce n’est pas dur au basson, quand tu commences à être fatigué, tu as les

lèvres qui n’y arrivent plus. En fait, ce que tu fais n’est plus bon parce que tu as une fatigue qui influe sur la justesse.” (7)

c. Résultat sonore
Qualité

Les réactions quant aux résultats obtenus sont variables, elles dépendent notamment de l’équipement utilisé. Deux participants trouvent qu’ils obtiennent une mauvaise qualité à cause de leur matériel : l’un car la prise de son est trop proche, l’autre car elle constate des bogues sur ses enregistrements.

Plusieurs participants sont satisfaits du son obtenu avec un téléphone.

  • “Des fois tu poses un Iphone et finalement tu te rends compte que la vidéo est très bonne et que le son est pas mal et qu’en mettant parfois juste un EQ sur le son de ton Iphone tu as un son qui est presque plus audible et agréable.” (1)

Malgré certains défauts les participants apprécient la qualité du Zoom qu’ils trouvent représentatif.

  • “Le Zoom H4 ça donne une bonne idée de si c’est dur, ample, rond. Mais c’est souvent très sec.” (2)
  • “Avec un Zoom le son sera peut-être de moins bonne qualité, c’est possible que ça sature des fois sur une note, une fréquence, ou que le son soit globalement un peu moins bon, mais comme c’est plus ambiant comme prise de son on a l’idée.” (1)

Enfin, un participant trouve le résultat obtenu suffisant par rapport à l’enjeu.

  • “Ça me satisfait dans le sens où je sais déjà que ce que je fais est au-delà de ce que les gens demandent généralement pour présenter normalement à une masterclass. Ils ne demandent pas du tout d’avoir un enregistrement professionnel. Il y a beaucoup de gens qui envoient juste un Zoom posé sur un lutrin.” (8)
✱ Objectivité

Les participants estiment difficile de s’écouter objectivement, ils avancent différentes explications. Un participant remarque une perception différente du son lorsqu’il est produit par soi-même.

  • “On a une perception de l’instrument qui est très faussée par rapport à l’auditeur. Là où il y a juste le son de notre instrument, nous on entend principalement la réverbération de l’instrument dans le corps. On a une écoute interne, ce qui est très perturbant, je pense que pour nous il doit y avoir des harmoniques qui changent. La justesse on ne l’entend pas exactement pareil.” (7)

D’autres trouvent que l’enregistrement met en avant des défauts qu’ils entendent moins autrement. Le son est considéré comme plus aigre ou plus agressif et au delà du son, des informations liées à la performance se perdent lors de l’enregistrement.

  • “C’est plus agressif et en même temps le son est moins beau en fait. Je trouve que ça altère beaucoup tes qualités. Si tu as des qualités que tu veux montrer quand tu es en live, il y a beaucoup de choses qui ne sont pas là. Aussi ta présence, ce n’est pas que le son, c’est un tout. C’est ça qui me dérange un peu, mais le son ce n’est pas facile… Déjà la trompette ce n’est pas le même volume que tu as en enregistrement qu’en live. Il y a quand même une sacrée différence.” (4)
  • “La différence avec l’enregistrement est terrible dans le sens où elle est révélatrice. Elle met en lumière ce que tu n’entends pas. Des fois elle est méchante dans le sens où elle n’est pas réaliste en qualité de son effective, parce que ça filtre quand même. On ne peut pas tout capter avec des micros.” (8)

Les musiciens ont des difficultés à faire la part des choses entre le son qu’ils produisent et l’enregistrement qu’ils entendent. L’enregistrement est parfois considéré comme un support neutre et objectif et les participants tendent à attribuer les défauts entendus à leur manière de jouer.

  • “Je trouvais que c’était hyper sec et je m’inquiétais de mince, est ce que je joue sec ? Même quand je m’enregistre toute seule c’est vraiment super sec, est-ce que c’est vraiment mon jeu, l’acoustique ou le micro ? Je pense que je ne sais pas faire la part des choses.” (2)
  • “Je me suis demandé : ah ça c’est mes défauts et mes qualités ? Je pense que l’enregistrement c’est un truc objectif qui te redonne une idée. Ça l’est non ?” (6)

Enfin, certains ne prêtent pas particulièrement attention au son car ils sont plutôt concentrés sur l’aspect artistique.

  • “J’écoutais surtout musicalement, j’étais très concentrée sur comment je jouais et si je faisais des erreurs. Je n’ai pas tellement fait attention mais je trouvais que c’était bien, bien balancé.” (5)
✱ Références d’écoute

Les musiciens ont des références d’écoute, qui reflètent le son qu’ils pourraient eux-mêmes obtenir en jouant. Pour la plupart, les participants créent ces références en écoutant des enregistrements mais un participant se réfère plutôt au son d’autres musiciens entendus en présentiel.

  • “J’ai essayé d’écouter le son de mon prof des enregistrements d’orchestre. Quand je veux travailler une esthétique de son de basson je vais déjà essayer de chercher le peu d’enregistrements qu’il y a sur internet, d’orchestres avec un basson français mais c’est très ciblé sur la problématique d’un instrument.” (7)
  • “En terme de son je cherche la même chose que ce que je recherche quand j’écoute des gens parce que quand tu t’auto-écoutes en jouant c’est différent. Essayer de trouver la qualité de son que tu recherches quand tu écoutes quelqu’un qui joue seul de la trompette. Essayer de comparer à ce que tu peux entendre en présentiel.” (1)

Certains estiment avoir une oreille et une écoute de mauvaise qualité. Cela se traduit par l’incapacité de citer les défauts et les qualités d’un enregistrement, mais aussi ceux d’une salle ou du son d’un autre musicien. D’autres ont au contraire des critères définis de ce qui leur plaît ou non.

  • “Que ça ne sonne pas métallique, que ce soit à peu près le son naturel qu’on entend soi-même quand on joue.” (5)
d. Ressenti
Intérêt

Les candidats expriment un intérêt mitigé pour l’enregistrement. Certains aiment l’aspect expérimental et créatif du travail du son qui leur permet d’acquérir des compétences.

  • “J’aimerais bien avoir cette possibilité de pouvoir s’enregistrer sur le long terme, carrément, même pour créer des sons. Pendant un moment je rêvais d’aller dans les forêts et d’enregistrer les bruits de la nature et de faire un montage après pour créer.” (2)
  • “C’est assez passionnant d’essayer plein de choses. C’est un peu un terrain de jeu illimité et si ça ne sonne vraiment pas bien ce n’est pas grave parce que c’est pour toi, tu peux vraiment aller dans les extrêmes.” (1)

L’indépendance est aussi appréciée par les musiciens qui trouvent plus simple le fait d’enregistrer en autonomie.

  • “Il y a aussi un truc quand tu es tout seul, il faudrait peut-être que j’arrête ça mais je trouve plus cool d’avoir le temps et de faire tout seul. […] C’est clair que ce n’est pas comme ça que ça marche sinon on n’aurait jamais le temps. Mais disons que j’aime bien le faire parce que je sais ce que j’ai fait, je sais où il pourrait y avoir un problème au lieu de devoir tout repasser derrière.” (8)
  • “C’est plus simple à organiser juste entre nous que d’organiser avec un ingénieur du son en plus.” (3)

Cependant, deux participants pensent qu’il est facile de se perdre et de ne pas savoir ce qui est le plus important quand on manque de connaissances.

  • “C’est juste la fierté de dire qu’on l’a fait toutes seules, mais en vrai j’avais l’impression de ne rien maîtriser. Oui il y avait des micros mais après coup, maintenant en en parlant avec toi et surtout en voyant le résultat on voit les détails qui sont importants et qu’on ne savait pas.” (2)

Deux autres n’apprécient pas cette pratique. L’un d’eux préfère éviter au maximum de s’enregistrer.

  • “Là je vais faire des concours d’entrée en Suisse dans des Hautes Écoles, toutes les écoles me plaisent en général, mais mon critère principal c’est que si c’est en vidéo je n’y vais pas parce que je n’aime pas du tout. Alors c’était une expérience mais je ne la referai pas. Je voulais aller à Genève mais c’est par vidéo alors…” (4)
✱ Attentes d’une formation

Les participants sont intéressés pour se former et apprendre à développer diverses compétences techniques telles que le choix et le placement des microphones, les réglages possibles des enregistreurs portables, les spécificités de leurs instruments ou encore la post-production. Un étudiant souhaiterait aussi apprendre la direction artistique. Plusieurs d’entre eux soulignent l’importance d’avoir un support écrit à la fin et d’avoir des cours en présentiel. Les envies de format d’enseignement sont variables, allant d’un week-end de cours à quelques séances en individuel. Les participants ayant déjà eu un cours sur un week-end n’étaient cependant pas satisfaits de ce format car ils ont mémorisé peu d’informations sur le long terme.

  • “Un week-end c’est pas mal je pense. Je ne sais pas ce qu’on ferait si c’était toutes les semaines. Je ne sais pas si on peut apprendre quelque chose d’autre à chaque fois ou si on ferait la même chose.” (5)
  • “Je pense que ce dont j’aurais besoin ce serait juste d’avoir quatre, cinq fois 2h avec quelqu’un qui s’y connaît vraiment, que je puisse venir avec mes trucs et que je puisse dire que là ça ne me plait pas pour ça, comment je pourrais faire pour régler ce problème, plus que pour avoir une énième introduction à Protools.” (8)

D’autres ne seraient pas intéressés par se former pour plusieurs raisons. D’une part cela nécessite du temps et n’est pas une priorité, d’autre part certains préfèrent faire appel à des professionnels s’ils en ont besoin.

  • “Soit mes conditions d’enregistrement me suffisent, soit il y a des gens qui seront plus qualifiés que moi avec ma formation. Donc autant faire appel directement à des gens qualifiés.” (6)

3. Pratique musicale

PRATIQUE MUSICALE
TravailPréparation1,2,4,5,6,7,823
Outil1,2,4,5,6,7,847
PerformanceAuditeur1,2,4,6,712
Stress1,4,5,7,828
Conscience du son1,7,86
a. Travail
✱ Préparation

Les musiciens remarquent une différence dans leur travail de préparation si le programme est ensuite joué en concert ou en enregistrement. Dans le premier cas, ils pratiquent un travail mental et psychologique plus important. Ils estiment moins bien se préparer pour des enregistrements car ils savent qu’ils pourront recommencer plusieurs fois et éventuellement travailler entre les prises.

  • “En concert j’aime bien toujours jouer par cœur, je me prépare à ne pas avoir de trou de mémoire. Je me prépare à comment je vais être. Je me prépare physiquement à pouvoir jouer le programme en entier plusieurs fois à la suite. Je me prépare à comment je vais me sentir entre les pièces. Oui, je me prépare complètement différemment. Peut-être que je devrais me préparer un peu pareil.” (6)
  • “À l’époque je me disais : je travaille, on va enregistrer avec l’ingénieur du son et voir ce que ça donne, puis on va retravailler derrière et réenregistrer derrière.” (7)

Certains souhaitent mieux se préparer pour leurs prochains enregistrements. Le fait de travailler avec un ingénieur du son permet à certains participants de considérer l’échéance différemment et d’arriver mieux préparés qu’en enregistrant seul.

  • “J’ai demandé à quelqu’un de m’enregistrer mais c’était exceptionnel. Je m’étais vraiment beaucoup préparé pour les enregistrements. Forcément quand c’est un enregistrement où il y a quelqu’un je me met un peu plus de pression, j’essaye d’arriver en étant au taquet et j’essaye de faire le mieux possible.” (1)
Outil

L’enregistrement est aussi utilisé par les musiciens comme un outil pour progresser. Ils en ressentent des bénéfices et c’est une aide dans leurs séances de travail personnel. Cela leur permet de prendre du recul et de se focaliser sur différents paramètres : le son, la technique, l’interprétation ou encore les objectifs de travail.

  • “Des fois j’avais un doute de l’ordre de l’interprétation, je m’enregistrais, je laissais une semaine à vide et je me réécoutais au bout d’une semaine pour que ce ne soit pas à chaud.” (8)
  • “Ça m’aide beaucoup. Parfois j’ai l’impression que je m’écoute plus objectivement : quand je joue j’entends ce que je veux entendre alors que quand j’écoute l’enregistrement j’entends ce que j’ai fait et pas ce que j’ai voulu faire.” (6)

C’est un outil utilisé plus ou moins régulièrement par les musiciens. Certains s’en servent par périodes, de manière irrégulière, à l’approche d’une échéance comme un examen ou un concert, d’autres le font plus régulièrement.

  • “Ça dépend des périodes, là j’avais mon récital il y a trois jours, je me suis enregistré trois fois par semaine durant un mois. Mais je fais l’erreur pendant mon travail hors récital de ne pas souvent m’enregistrer. Je sais qu’il faudrait le faire plus souvent…” (4)
  • “Deux fois par mois j’enregistre mes répétitions pour les revoir, pour moi. C’est juste pour voir comment je travaille, s’il y a des choses à changer dans le geste, dans la manière de travailler etc.” (8)

Un des musiciens a investi dans une application appelée Andante pour s’enregistrer, prendre des notes et archiver ses séances de travail.

  • “Tu mets ton niveau de satisfaction et surtout tu prends tes notes par rapport à ce que tu as ressenti. Après tu peux réécouter, prendre des notes aussi par rapport à ce que tu penses et ça archive. Donc tu peux avoir un suivi de ton travail et c’est bien pour ça.” (7)
b. Performance
✱ Auditeur

Les musiciens sont aidés lorsqu’une autre personne telle qu’un ingénieur du son ou un autre musicien est présente. Elle peut leur apporter des conseils musicaux, du réconfort ou un regard extérieur. Pour certains, le sentiment de solitude est démotivant.

  • “Tu as quelqu’un qui t’écoute et qui peut te donner un feedback, te dire un petit mot si c’était bien ou s’il y a un petit truc à améliorer. Si ce n’était pas bien et que tu es dégoûté elle peut te dire : “Allez, ne t’inquiète pas, ça va aller, prends cinq minutes, va boire un café.”” (1)

De plus, jouer pour une personne change beaucoup pour un musicien. Cela donne l’impression d’avoir un public et rend la performance plus proche d’un concert. Une participante raconte son expérience lorsqu’une amie l’a écoutée lors d’une prise.

  • “Si quelqu’un écoute j’ai plus l’impression que c’est un concert donc ça m’aide. J’ai joué une fois pour elle, je me souviens que ce n’était pas très bien la manière dont j’ai joué mais l’impression était mieux. C’était moins : “si je fais une faute là je m’arrête et je recommence” mais plutôt : “je vais jouer pour elle toute la pièce.”” (6)

Il est important de travailler avec une personne de confiance. Un participant a collaboré avec des ingénieurs du son pour enregistrer un orchestre qu’il dirige et a dû s’habituer à leur présence.

  • “Au début je n’aimais pas trop ça par un espèce de truc d’égo bête dans le sens où j’avais l’impression que parfois on pouvait ne pas tirer la même corde du tout. Et en fait avec le temps je me suis rendu compte qu’il faut toujours écouter l’ingénieur du son.” (8)

Enfin, l’auditeur peut aussi avoir un rôle pratique en aidant le musicien à bien cadrer sa vidéo, à lancer l’enregistrement ou à l’écouter à sa place.

  • “Pour moi qui suis accordéoniste c’est à chaque fois un peu demandant de devoir poser l’instrument et aller jusqu’à l’audio, puis remettre l’instrument… […] Du coup s’il y a quelqu’un et qu’on lui fait confiance je trouve que c’est clairement plus agréable.” (3)
Stress

Les participants constatent un stress différent entre une performance publique et un enregistrement. Quand ils jouent en public, ils ressentent une pression de devoir jouer du mieux possible à cet instant précis et de ne pas s’arrêter s’ils font une faute.

  • “En concert tu as la pression de te dire que c’est maintenant qu’il faut tout donner et jouer le mieux possible, tout de suite, aujourd’hui. Pas demain, pas après-demain, pas hier.” (1)

Au contraire, l’enregistrement donne la sensation de tout graver et les musiciens sont stressés de faire des erreurs. La possibilité de pouvoir recommencer leur donne l’impression qu’une meilleure prise est toujours réalisable. S’ajoute à cela le stress de ne pas obtenir une vidéo qui leur convienne. Plusieurs participants remarquent qu’ils perdent de la spontanéité en enregistrement.

  • “J’ai le stress de ne pas avoir d’enregistrement que j’estime potable, et le stress d’arriver à jouer. Parce que quand tu joues devant des gens ça s’enchaîne et tu ne t’arrêtes pas sur un truc. En enregistrement tu graves tout et tu peux revenir en arrière et t’arrêter bêtement, c’est hyper exigeant. Ça te donne le stress de ne rien mettre à côté alors que ça peut arriver. Ça enlève de la spontanéité je trouve.” (7)
  • “De manière générale on a l’impression que quand on appuie sur rec c’est stressant. Pour moi il y a aussi un côté où je ne suis plus tout à fait naturel quand je fais ça. J’ai l’impression de devoir être une espèce de carte postale, je dois pouvoir montrer tout ce que je sais faire.” (8)

Un seul des participants se montre enthousiaste quant à son état d’esprit et à la performance qu’il a réalisée lors d’un enregistrement, malgré son stress.

  • “J’ai joué comme quand je travaillais, en fait j’oubliais la présence du téléphone et ça a très bien marché. Je pense que l’enregistrement ça marche bien à partir du moment où tu arrives à oublier qu’il est là. Tu joues comme si tu jouais devant des gens. Je pense que c’est pour ça qu’on demande d’enregistrer.” (7)
✱ Conscience du son

L’enregistrement demande une conscience de son propre son. Deux participants expliquent ainsi adapter leur technique de jeu à la réverbération enregistrée par le microphone. Ainsi, ils modifient leurs attaques ou leur timbre comme ils le feraient pour s’adapter à l’acoustique d’une salle de concert.

  • “Globalement tu vas avoir tendance à aller chercher un timbre beaucoup plus sombre quand tu enregistres en mono, à faire ressortir le plus possible les harmoniques graves, parce que naturellement dans notre instrument les harmoniques aiguës sonnent très métalliques, ce qui marche bien dans une grande salle mais beaucoup moins bien avec un micro en prise de son de proximité.” (1)

Cela demande aussi une conscience des bruits parasites. Un candidat indique se concentrer là-dessus quand il enregistre.

  • “Quand je dirige j’essaye déjà de faire attention à ne pas faire de bruits autres que rien. Parce que c’est vrai que des fois tu réécoutes et tu t’entends chantonner, ou faire du bruit avec les pieds, il peut y avoir plein de choses.” (8)

Quatrième partie : Discussion générale

Notre travail se proposait d’étudier les enjeux actuels de l’enregistrement en autonomie chez les étudiants en musique classique. Dans cette discussion nous orienterons notre réflexion vers l’optimisation du processus d’enregistrement au regard des propos que nous avons rassemblés ainsi que de la documentation littéraire et scientifique.

Contexte

Les opportunités et enjeux d’enregistrement sont très diversifiés et corroborent les résultats de la première et de la seconde partie : cette pratique est essentielle et inévitable dans la carrière professionnelle des musiciens. Les participants ont tendance à s’enregistrer en fonction des occasions qui se présentent à eux, mais contrairement aux écrits de Beeching (2010), faire sa promotion sur les réseaux sociaux n’est pas une priorité. Pour des raisons pratiques et financières, mais aussi à cause de la récurrence de leurs besoins, les étudiants ne peuvent souvent pas faire appel à un ingénieur du son et sont obligés de réaliser eux-mêmes leurs enregistrements.

Les écoles supérieures se sont adaptées à la transformation des marchés du travail comme le soulignait Essig (2017) en proposant des modules de formation liés notamment à l’enregistrement et à la sonorisation. Dans les modules suivis par les participants, le programme est surtout orienté vers la prise de son au microphone et moins vers l’utilisation du matériel grand public dont disposent majoritairement les musiciens. Cela explique certaines difficultés techniques concernant notamment les réglages de leurs outils d’enregistrement ainsi que la post-production.

Technique

Les participants se sont équipés en fonction de leurs besoins pour mener à bien leurs projets. Ils accordent certes de l’importance à la qualité du son, mais recherchent surtout des outils pratiques et faciles à prendre en main. Ils sont cependant moins bien équipés pour écouter leurs enregistrements ou plus généralement de la musique ainsi que pour se filmer. Lorsqu’ils en ont la nécessité, ils trouvent du matériel supplémentaire et une aide technique auprès de leur établissement ou de leur entourage.

Leurs connaissances techniques ne semblent néanmoins pas suffisantes car ils rencontrent de nombreuses difficultés pour utiliser leur matériel de manière optimale, obtenir un son qui leur convient ou encore effectuer des traitements.

Écoute

L’écoute est une problématique importante car il est difficile pour un musicien d’avoir une idée objective de son propre son. Les étudiants pourraient écouter plus d’enregistrements de leur propre instrument afin d’acquérir une plus grande culture sonore et d’avoir une idée plus précise de ce qui leur plaît. Cela peut les faire progresser sur plusieurs plans, à la fois dans leur musicalité mais aussi dans la conscience des qualités et défauts du son. Ainsi, ils pourraient mieux faire la part des choses entre le son qu’ils produisent et le résultat qu’ils obtiennent. Avec une meilleure capacité d’écoute critique, les musiciens pourraient se détacher plus facilement de l’aspect artistique pour rechercher un son qui leur convient.

Les participants ont inconsciemment déjà intégré certaines références d’écoute. En effet, un jeune musicien qui doit préparer ses vidéos de concours se réfère à des enregistrements accessibles dans le commerce ou sur internet qui, grâce à la possibilité d’enregistrer par petits fragments et de faire du montage (Hill, 2009 ; Tomes 2009), témoignent d’une technique musicale parfaite (Philipp, 2004). La pression est alors élevée pour un étudiant qui n’a pas le droit au montage mais qui a intégré cet idéal d’un résultat sans fautes ou problèmes d’intonation.

Optimisation

Un des points essentiels à optimiser est la stratégie d’enregistrement, aussi bien au cours de la séance que sur le long terme.

Sur le court terme, les musiciens font en majorité preuve d’une absence de méthode et répètent leur programme en boucle jusqu’à obtenir une bonne prise, quitte à planifier une nouvelle séance d’enregistrement s’ils ne sont pas satisfaits. Se fixer des contraintes extérieures semble être une stratégie qui porte ses fruits, comme réserver une salle avec des horaires précis, faire appel à un ingénieur du son ou à des connaissances qui pourraient venir écouter et aider par exemple à cadrer, s’imposer un nombre de prises limité ou éventuellement, lorsque c’est possible, jouer des œuvres de musique de chambre ou nécessitant un pianiste accompagnateur.

Deux problématiques apparaissent concernant l’optimisation de l’enregistrement sur le long terme. Tout d’abord, il semble important de choisir avec soin la date d’enregistrement. Une séance planifiée suffisamment tard par rapport à la date limite de rendu permet au musicien de se préparer au mieux, de considérer cette échéance avec la même importance qu’un concert ou qu’une audition, mais aussi de ne pas multiplier indéfiniment les séances d’enregistrement et ainsi économiser du temps et de l’énergie. Cela peut cependant être une source de préoccupation pour ceux qui ont tendance à stresser de ne pas avoir de bonne prise au fur et à mesure de leurs séances et qui préfèrent prendre leur temps pour obtenir un résultat satisfaisant. Néanmoins, il ne faut pas programmer la séance trop tard pour pouvoir rebondir en cas d’imprévus. Choisir une date à l’avance permet aussi de mieux gérer le travail extérieur à l’enregistrement. Cette méthode est toutefois difficile à appliquer pour des échéances de dernière minute qui ne peuvent être anticipées.

Le travail de préparation a lui aussi un rôle majeur et a tendance à être sous-estimé par les participants. Si les méthodes de travail et de mise en condition utilisées par les participants pour un concert ou une audition concordent avec celles exposées en première partie, elles ne sont toutefois pas exploitées pour la préparation d’un enregistrement. Ce dernier est largement utilisé comme un outil bénéfique pour s’améliorer et prendre du recul, mais est peu souvent considéré en tant qu’objectif final. Comme pour les concours ou les représentations publiques, le musicien pourrait intégrer la performance de l’enregistrement à son travail et se préparer de la même manière, afin d’enchaîner le programme sans interruption pour rechercher l’état de flow décrit par Green et Gallwey (1986) et ressenti par l’un des participants. La présence de stress est constructive si elle est correctement appréhendée. Plusieurs participants remarquent lors de l’enregistrement une absence de stress, ce qui empêche de transformer ce sentiment en une sensation positive. La recherche d’un état de créativité et de concentration optimale passe par une connaissance de soi-même et un travail émotionnel qui impliquent de la pratique et de la réflexion (Ville, 2020).

Dans la seconde partie nous avons observé que de nombreux concours autorisaient les candidats à présenter des enregistrements de représentations publiques. Aucun participant ne s’est tourné vers cette possibilité à l’exception d’une musicienne qui a fait ce choix par défaut. Pourtant, les étudiants préfèrent leurs performances publiques car ils sont mieux préparés et jouent de manière plus spontanée, ce qui confirme les écrits de Fabian (2008). Cette possibilité pourrait être davantage exploitée, par exemple en organisant une performance publique dans le but de l’enregistrer.

Formation

L’envie de se former est disparate entre les participants mais ils partagent tous le besoin d’acquérir de plus amples connaissances au sujet de l’enregistrement. Cette partie rassemble les observations pertinentes pour créer un module de formation adapté aux besoins et aux contraintes des étudiants en musique. L’étude des enjeux et pratiques d’enregistrements de cette population nous montre qu’il est certes important de posséder un minimum de connaissances techniques, mais que le travail musical et l’organisation sont tout aussi importants pour mener à bien un enregistrement en autonomie.

Concernant les connaissances techniques, les étudiants souhaitent apprendre à enregistrer avec le matériel qu’ils utilisent : microphones et cartes son, enregistreurs portables, caméras et appareils photos, ainsi que leurs téléphones et tablettes. La connaissance des réglages de chacun de ces appareils est importante pour aborder un enregistrement dans les meilleures conditions. Les étudiants pourraient être conseillés sur leurs achats de matériel d’enregistrement et d’écoute en fonction de leur budget. Différentes notions répondant aux préoccupations des musiciens pourraient être abordées : la projection des différents instruments, le placement de l’enregistreur par rapport au musicien et à la salle, ainsi qu’une approche simple de la post-production et des niveaux sonores. Les étudiants travaillent aussi avec de la vidéo et il leur serait bénéfique d’aborder le cadrage, les réglages vidéo de leurs appareils, quelques notions de montage et de post-production, ainsi que les diverses spécifications techniques retrouvées dans les consignes d’enregistrement.

Apprendre à écouter des enregistrements, reconnaître leurs défauts et pouvoir en parler est une autre thématique importante. Il semble d’autant plus important pour un musicien d’être capable de distinguer le son qu’il entend lorsqu’il joue, le son acoustiquement produit et entendu du point de vue de l’auditeur et le résultat issu de l’enregistrement.

L’organisation, le travail et la performance artistique sont des problématiques personnelles, mais il nous semble pertinent de les aborder. Un échange entre étudiants sur leurs méthodes de préparation, leurs stratégies d’enregistrement ainsi que sur leurs ressentis liés à la performance peut s’avérer enrichissant et ouvrir la porte à de nouvelles idées. Il n’y a pas de méthode universelle pour enregistrer un programme en économisant du temps et de l’énergie, celle-ci est le fruit d’une réflexion et d’une expérience toutes deux personnelles. Cette réflexion peut aussi être alimentée par des connaissances plus théoriques sur la performance, le stress ou encore la mise en condition physique et mentale.

Un format de cours sur une période trop resserrée ne semble pas optimal car les étudiants tendent à oublier les informations sans une pratique régulière. Il est important de leur laisser un support écrit, un guide pour les aider lorsqu’ils en ont besoin. L’intérêt pour cet apprentissage étant tout à fait personnel et propre à chacun, une possibilité serait de développer un support pratique adapté à des étudiants qui souhaiteraient consacrer peu de temps à cet apprentissage, mais aussi un format plus développé pour les plus intéressés.

Conclusion

Contributions

Cette étude est, à notre connaissance, la première à s’intéresser de manière approfondie aux rapports qu’entretiennent les étudiants avec la pratique de l’enregistrement. Ce travail de recherche nous a permis, dans un premier temps, de placer ce besoin dans le contexte actuel et de voir comment cette pratique s’intègre dans les études supérieures musicales. Nous avons ainsi cerné les enjeux et les contraintes liés aux différentes opportunités d’enregistrement, puis nous avons observé comment les étudiants appréhendent cette pratique en s’appuyant sur une analyse de huit entretiens par théorisation ancrée. Nous avons ainsi pris connaissance des moyens et savoirs dont disposent les étudiants interrogés, mais aussi cerné les difficultés qu’ils rencontrent. Au cours de notre travail, une problématique s’est dégagée : comment optimiser la préparation et les méthodes d’enregistrement ? Grâce aux résultats de la recherche empirique nous y avons apporté plusieurs éléments de réponse mais ce sujet mériterait une étude qui lui serait entièrement consacrée.

Limitations

Il nous semble important d’exposer les limites de ce travail pour mieux comprendre l’impact et la pertinence des résultats obtenus.

Concernant l’analyse des consignes d’enregistrement, il est important de préciser que sur le grand échantillon de concours d’orchestres étudiés, très peu indiquent des consignes d’enregistrement. Elles sont parfois fournies après l’inscription au concours et, dans ce cas, nous n’avons pas pu y avoir accès. Les consignes analysées dans cette catégorie ne sont donc pas forcément représentatives de tous les concours d’orchestre. De plus, l’échantillon interrogé est restreint et ne permet pas de généraliser nos conclusions à l’ensemble des étudiants en musique classique. Il serait intéressant d’élargir l’étude à des professionnels récemment diplômés, de plus jeunes musiciens en train de préparer des concours d’entrée dans les établissements d’enseignement supérieur ou à des étudiants dans d’autres domaines comme le jazz. En émettant l’hypothèse qu’un étudiant avait accès aux mêmes concours et opportunités quel que soit l’établissement qu’il fréquente, le panel s’est beaucoup centré sur des étudiants de la Haute École de Lucerne. Il serait donc intéressant de diversifier les établissements d’origine, mais aussi les instruments en incluant par exemple des chanteurs ou des instruments à cordes frottées.

Dans le cas de cette étude, notre double compétence d’ingénieure du son et d’étudiante en musique aurait pu compromettre notre tentative d’objectivité totale. Nous nous sommes efforcés de mettre de côté nos présupposés et de construire le plus objectivement possible notre analyse par souci de rigueur scientifique. Cependant, nous pensons que les participants n’ont pas oublié qu’ils s’adressaient à une ingénieure du son, ce qui a pu influencer leurs propos.

Le sujet est vaste et les thématiques abordées relèvent de différents domaines de connaissances comme la psychologie ou la performance artistique. Il est impossible d’avoir simultanément un savoir pointu de ces différents domaines et il serait intéressant qu’une personne issue d’un milieu différent réalise une étude similaire.

Il nous paraît important de rappeler que cette étude s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche étudiant qui pourrait être davantage approfondi avec du temps et des moyens supplémentaires.

Perspectives

L’ensemble des constatations faites lors de ce travail de recherche pourraient être utile à des étudiants ou à des musiciens souhaitant optimiser leur processus d’enregistrement. Comme évoqué précédemment, elles pourraient aussi contribuer à l’élaboration d’un module de formation intégré aux cursus d’études des musiciens, ou à l’ajustement des modèles existants pour répondre au mieux aux besoins des étudiants.

Ce travail peut aussi servir de base à l’élaboration d’un livret à destination des étudiants et enseignants pour présenter de manière synthétique les résultats obtenus et les accompagner dans leur travail et leurs projets.

Enfin, plusieurs questions mériteraient d’être approfondies : comment intégrer l’enregistrement à sa pratique de l’instrument ? Quel rapport les musiciens professionnels ont-ils avec l’enregistrement ? Comment améliorer sa performance en l’absence de public ?

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Annexes

1. Consignes de concours

Certains tours par vidéo et d’autres en présentielUniquement en présentielUniquement en vidéo Cas particuliers
Fig. 22 : Légende de couleur des processus de recrutement

Écoles supérieures

IESM, Aix-en-ProvenceAdmissibilité vidéo
HEAR, StrasbourgAdmissibilité vidéo
CNSMD, LyonDNSPM : présentiel   Master : présélection vidéo pour certains instruments : Flûte, Clarinette, Hautbois, Trombone, Trompette, Alto, Violon, Violoncelle, Piano, Chant, Chant musique ancienne   Pas de présélection vidéo pour : Basson allemand et français, Tuba ténor et tuba basse, Cor, Contrebasse, Percussions, Harpe, Orgue, Accompagnement piano, Direction de chœurs, Musique ancienne sauf chant, Musique de Chambre
CNSMDPTout en présentiel (Master : présélection sur dossier)
ESM Bourgogne-Franche-Co mtéPrésentiel
ESMD, LilleTout en vidéo
ISDAT, ToulousePrésentiel
Pôle Aliénor, PoitiersPrésentiel
Le Pont Supérieur,Admissibilité vidéo
Rennes 
Pôle Supérieur La CourneuvePrésentiel
PSPBB, Boulogne-BillancourtPrésentiel, ouvert à un nombre très restreint de candidats car restructuration des études pour l’année suivante
HEMU, LausannePrésentiel
HEM, GenèveTout en vidéo sauf le 2nd tour des Masters de musicien d’orchestre, musique contemporaine, soliste et les cursus d’accompagnateur au piano et de musique de chambre
HKB, BernePrésentiel
FHNW, Bâle1er tour par vidéo
HSLU, LucernePrésentiel
ZhDK, ZürichPrésentiel
Conservatorio, LuganoPrésentiel
IESM Aix-en-Provence (1)

L’épreuve d’admissibilité est organisée en distanciel et consiste en l’envoi d’un enregistrement vidéo d’un extrait du programme présenté d’une durée minimum de 10 minutes et maximum de 15 minutes, comportant au moins deux œuvres de styles différents.

Cahier des charges de l’enregistrement vidéo :

Chaque œuvre du programme devra être enregistrée sans aucun montage ni coupure.

À l’image, le plan devra être fixe et large, de face (la caméra disposée à l’emplacement habituel du public), le candidat devant être visible à tout moment. Les conditions de lumière devront être suffisantes.

Au début de la vidéo, le candidat se présentera en indiquant son nom et son prénom.

Au début de chaque pièce, le candidat mentionnera son titre.

Si le candidat n’a pas la possibilité d’être accompagné au piano, alors que le programme le requiert, il pourra jouer seul les pièces concernées (pas d’accompagnement par des sons MIDI).

Le fichier vidéo devra être nommé de la manière suivante : DNSPM Instrument Nom Prénom

HEAR Strasbourg (2)

Présélection (enregistrement vidéo) :

Interprétation d’un programme libre d’une durée de 10 à 20 minutes maximum, composé d’au moins 3 œuvres de styles différents. Le programme prévu pour l’admission peut être utilisé également pour la vidéo de présélection.

Informations sur l’enregistrement :

Il est demandé aux candidats de publier, en mode « non répertorié », sur la plateforme YouTube, des enregistrements selon les modalités définies ci-dessous. L’ensemble des vidéos doivent être intégrées à une playlist unique. Le lien vers cette playlist est à renseigner dans l’onglet « Questions supplémentaires » du dossier de candidature sur la plateforme Taïga, au plus tard le vendredi 3 mars 2023, délai de rigueur.

Prise et édition des vidéos : Le candidat enregistre chaque pièce en une seule prise. Les coupures/montages au sein d’une œuvre sont interdites. Le candidat peut enregistrer tout le programme en une seule vidéo, ou chaque pièce séparément.

L’édition des vidéos est interdite sauf pour couper la séquence où vous allumez et où vous éteignez la vidéo, mais ce n’est pas obligatoire car cela n’aura aucune incidence sur le jugement du jury.

Accompagnement : selon la situation sanitaire, si le candidat n’est pas en mesure de réaliser ses enregistrements avec accompagnement, l’absence de celui-ci ne sera pas prise en compte dans la notation du jury.

Cadrage de la vidéo : la prise de vue doit se faire au plus près du candidat étant entendu que le candidat doit apparaître dans sa totalité.

Combinaison d’une source vidéo et d’une source audio : la combinaison d’une source vidéo et audio provenant d’appareils différents est autorisée, mais bien évidemment, l’édition, la modification ou les points de montage à l’intérieur d’un enregistrement sont interdits.

CNSMD Lyon (3)
  1. Appareil d’enregistrement

Par souci d’égalité entre les candidats, les vidéos doivent être enregistrées avec du matériel « tout public » comme les smartphones, tablettes, appareils photo ou ordinateurs. Les enregistreurs portable type Zoom sont acceptés. Le candidat ne pourra pas utiliser plus de 2 micros pour effectuer l’enregistrement. Le son et la vidéo doivent être enregistrés en simultané, les effets de post-production ne sont pas admis. Il n’est pas permis aux candidats d’avoir recours à un enregistrement professionnel.

2. Conditions pour l’enregistrement

Le candidat doit se filmer sans montage ni coupure, en plan fixe.

Sur l’appareil ou sur l’application que vous utilisez, le réglage automatique du niveau d’enregistrement doit être désactivé dans la mesure du possible pour rendre les nuances audibles. Vérifiez en jouant un passage piano et un passage fortissimo que toutes les nuances sont audibles sans déformation.

Soyez très attentif à la réverbération et à la taille de la salle où vous enregistrez la vidéo, et à la distance entre vous et la caméra (qui doit si possible être au moins de 3 mètres).

Le candidat devra se filmer face caméra et en pied. Veillez à ce que le plan permette de voir vos doigts et votre archet si vous êtes instrumentiste à cordes, vos doigts et la partie supérieure de votre corps si vous êtes instrumentiste à vent. Vous devrez adopter la position debout sauf si votre instrument ne le permet pas.

Le candidat devra enregistrer une vidéo par œuvre, sauf s’il est indiqué autrement dans le programme de l’épreuve.

L’enregistrement doit se faire SANS accompagnement (sauf pour le chant, violoncelle, violon et alto).

Après l’enregistrement, veuillez écouter l’ensemble de la vidéo. Il peut en effet arriver que le son de certains passages soit altéré, pour une question d’orientation du son produit

3. Envoi de l’enregistrement

Votre   vidéo   devra   être   nommée   selon   le   format suivant : NOM_Prenom_Compositeur_Nom de l’œuvre

Les vidéos doivent être hébergées par vos soins, en utilisant une plateforme tout public. Il est conseillé d’héberger les vidéos en mode « privé » et ne fournir le lien qu’au jury, via le formulaire de dépôt.

ESMD Lille (4)
  1. Les concours d’entrée se dérouleront à distance.
  2. Les candidats devront faire parvenir des enregistrements vidéo selon un programme instrumental propre à chaque instrument (le programme sera communiqué sur ce site) sous forme de fichiers numériques avant le 6 mars 2023.
  3. Ces enregistrements audiovisuels devront être enregistrés en plan fixe, sans montage, coupure ou post-production, et respecter une prise de vue reprenant l’emplacement habituel du jury.
  4. Ils devront comprendre l’enregistrement vidéo des interprétations en solo (ou en groupe en Musiques actuelles amplifiées et Jazz) des œuvres demandées ainsi qu’une présentation orale du candidat qui exprimera ses motivations pour intégrer l’ESMD.
  5. Des épreuves supplémentaires pourront être organisées, le cas échéant en présentiel, à partir du 9 mai 2023.

Le jury, particulièrement attentif à garantir une parfaite équité de traitement entre tous les candidats, pourra décider de dispositions spécifiques pour traiter les cas ayant un caractère exceptionnel.

Le pont supérieur, Rennes (5)

1RE PHASE // ADMISSIBILITÉ

Dépôt de votre candidature en ligne sur la plateforme entre le 4 janvier et le 27 février 2023 inclus : https://scolarite.lepontsuperieur.eu/inscription

Merci de bien consulter les modalités de dépôt en ligne.

La vidéo est à envoyer au plus tard le 27 février 2023. Informations importantes et modalités techniques :

  • Les moyens techniques/numériques pour la réalisation de la vidéo ne sont pas pris en compte dans l’évaluation
  • Importation de la vidéo sur YouTube. Faire le choix de ne pas la répertorier
  • Pour    le     titre    de     votre    vidéo : ESTHÉTIQUE*    –      NOM    +     prénom (instrument/chant/tessiture) Ex : MAA – DUPONT Martin (basse)
  • Dans le descriptif de la vidéo, notez les repères de durée permettant de situer le début des œuvres
  • Tutoriel pour la mise en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=xGxA4-yiSEM

*TRAD : musiques      traditionnelles,      MAA : musiques                    actuelles               amplifiées, CAC : classique à contemporain, CHLY : chant lyrique

POUR LES CLASSIQUES À CONTEMPORAINS (CAC) :

Votre vidéo (8 minutes minimum – 10 minutes maximum) devra débuter par une courte présentation : vous y énoncerez de manière distincte, face caméra, votre nom, votre instrument et les œuvres ou extraits d’œuvres que vous interpréterez, dans l’ordre de diffusion. En cas de coupure (dans un concerto par exemple), merci de préciser clairement le numéro de mesure auquel vous vous arrêterez.

  • Le cadrage de votre enregistrement vidéo devra permettre à tout moment de voir votre visage et vos deux mains (privilégiez un plan unique, suffisamment large et sans montage)
  • Votre prestation devra obligatoirement comporter au moins deux œuvres de langage ou d’époques différents
  • L’inclusion dans votre prestation d’une œuvre ou d’un extrait d’œuvre de langage contemporain sera appréciée
  • Pour les instruments monodiques, il est fortement conseillé d’inclure dans votre programme au moins une œuvre pour instrument seul

POUR LES CHANTEUSES ET CHANTEURS LYRIQUES (CHLY) :

Votre vidéo (8 minutes minimum – 10 minutes maximum) devra débuter par une courte présentation : vous y énoncerez de manière distincte, face caméra, votre nom, votre tessiture et les œuvres ou extraits d’œuvres que vous interpréterez, dans l’ordre de diffusion.

  • Merci de privilégier la présentation d’œuvres vocales d’époques et de formes différentes (oratorio, opéra, lied/mélodie) avec l’obligation du français et de l’italien et au moins d’une autre langue de votre choix.

POUR LES MUSIQUES ACTUELLES AMPLIFIÉES (MAA) :

Votre vidéo (8 minutes minimum – 10 minutes maximum) devra débuter par une courte présentation : vous y énoncerez de manière distincte, face caméra, votre nom et les morceaux ou extraits de morceaux que vous interpréterez, dans l’ordre de diffusion.

  • Votre prestation instrumentale et/ou vocale pourra être individuelle ou en groupe

POUR LES MUSIQUES TRADITIONNELLES (TRAD) :

Votre vidéo (10 minutes maximum) devra être accompagnée d’un document (format PDF) présentant votre aire culturelle et votre répertoire.

  • Le cadrage de votre enregistrement vidéo devra être en plan suffisamment large
  • Votre prestation devra être représentative de votre pratique artistique actuelle. Il doit obligatoirement comporter au moins deux pièces différentes dont une à danser
HEM Genève (6)

Avant de commencer votre enregistrement, veuillez prendre connaissance des consignes suivantes :

  • Les candidates et candidats, quel que soit leur lieu de domicile ou leur possibilité de se déplacer dans les locaux de la haute école, sont invités à transmettre un enregistrement vidéo du programme qu’ils ou elles ont indiqué dans leur dossier de demande d’admission. Aucune audition n’aura lieu dans les locaux de la haute école, à l’exception des filières, orientations et disciplines principales expressément identifiées.
  • Chaque œuvre du programme pourra faire l’objet d’une vidéo distincte ; chaque œuvre ou mouvement exigé selon le répertoire de l’examen devra être enregistrée dans son intégralité, sans aucun montage ni coupure.
  • À l’image, le plan doit être fixe et large, de face (la caméra disposée à l’emplacement habituel du public), le/la candidat.e devant être visible à tout moment.
  • L’enregistrement doit être réalisé spécifiquement pour la présente session d’admission 2023. Les vidéos issues de concerts publics ne seront pas prises en considération. Au début de chaque vidéo, le/la candidat.e donne son nom et son prénom, indique le titre de l’œuvre, mentionne la date du jour de l’enregistrement et précise que l’enregistrement est destiné à la HEM.
  • La durée et la composition du programme enregistré respectent les exigences indiquées sur le site de la haute école. Les enregistrements qui présentent un programme dont le contenu ne correspond pas au répertoire exigé ne seront pas pris en considération et le/la candidat·e sera jugé·e non admissible.
  • Le fichier doit être transmis au format mp4 d’une taille maximale de 2.5 giga.
FHNW, Bâle (7)

Applicants must submit a video when registering. Video requirements :

The length of the video should be minimum 20 minutes to maximum 30 minutes. It should contain a representative selection of the repertoire requirements.

The single works/movements submitted must indispensably be recorded without any cuts. If applicants submit one straight video with the whole programme, the applicant must set marks after every work/movement so that it is possible for the jury to purposely skip within the video.

Microphone :

We recommend using a suitable stereo microphone and place it conveniently. If necessary, you may also use the microphone of a camera, computer, or smartphone. Please record the video from a fixed point of view. The hands and the face of the musician must be visible. Publicly recorded concerts may be submitted as long as they correspond to the above-mentioned requirements (no cuts) and as long as they are not older than 6 months.

Please upload the video onto Youtube and add the link in the registration tool. Please add      the list     of              works        to     your           application              or      send it      by  mail      to registration.hsm@fhnw.ch until 15th February at the latest.

Only those applicants who will be considered for the second round will be invited for the live audition.

Académies

Gustav Mahler Jugendorchester (orchestre)Présentiel mais pas de jury, enregistrement vidéo
Académie de l’Orchestre de Paris (orchestre)vents : sélection vidéo cordes : pré-sélection vidéo, 2nd tour présentiel
Orchestre Français des jeunes (orchestre)Présentiel
Verbier Festival OrchestraChoix entre vidéo ou présentiel
Académie Philippe JarousskyPrésentiel
Académie Seiji Ozawa (quatuor à cordes)Présentiel
Gstaad Academy (piano, voix, cordes, baroque, direction)Vidéo (pas de consignes)
Zermatt Academy (orchestre)Vidéo (pas de consignes)
EUYO (orchestre)Dépend de chaque pays Partout 1 ou 2 tours en présentiels sauf : Espagne, 1er tour vidéo, 2e tour présentiel Italie, 2 tours sur la même vidéo
Karayan Akademie (orchestre)Présélection vidéo, 2nd tour présentiel
Moritzburg Festival AcademyVidéo
Berlin Opera AcademyVidéo
Davos Festival AcademyVidéo
Mendelssohn-OrchesterakademiePrésélection vidéo, 2nd tour présentiel
Zwischentöne Kammermusikfestival EngelbergVidéo
International Orchestra Academy ToblachVidéo
Luzern Festival AcademyVidéo
Chamber orchestra of EuropePrésélection vidéo, 2nd tour présentiel
Orchestre Symphonique Suisse des JeunesPrésentiel
Académie de l’orchestre de Paris (8)

Instructions pour les vidéos

Ces instructions permettent de minimiser les risques de problèmes techniques et d’assurer que le format de votre enregistrement soit pris en compte par le jury

  • Seules les vidéos seront acceptées pour ces pré-sélections.
  • Nous encourageons les candidat·es à soumettre des enregistrements vidéos de qualité, cependant nous acceptons les vidéos prises avec un smartphone, une tablette etc.
  • Les vidéos devront être faites en une prise, sans montage ou post production afin de reproduire les circonstances d’une audition live.
  • Merci de ne pas parler sur ces vidéos.
  • La vidéo doit être prise avec une seule caméra et les candidat·es doit être visible de la tête aux pieds durant l’intégralité de l’enregistrement. Assurez-vous que vos deux mains sont également bien visibles.
  • Merci de laisser une horloge, un réveil ou un chronomètre bien visible dans le champ de la caméra afin de prouver l’absence de montage.
  • Merci de filmer dans une pièce présentant une acoustique sèche ou medium (pas de réverbération du son)Les candidatures ne respectant pas ces conditions ne seront pas prises en compte
  • Votre enregistrement doit exactement correspondre aux extraits demandés (voir programme des vidéos) Vous pouvez téléverser directement votre vidéo dans le formulaire ou partager un lien (YouTube par exemple)
EUYO (9)

Italy

2 rounds

The deadline to apply for the Italy auditions is 30 September.

You must submit a video audition and there will be two rounds. The first-round video will be judged by one, two or several jurors provided by the local Italian organiser.

To apply you must submit a video with up to 4 minutes of an own choice piece plus the two mandatory excerpts. This must be filmed in one take and uploaded to YouTube as an unlisted or public video.

The own choice piece can be longer than 4 min. (i.e. a movement of a Concerto or Sonata, etc.), but you should only play about 4 minutes of it.

If you have been a member or on the reserve list the last two years you MUST also submit a video in your application as the final round will be online. You will pass directly to the final round audition but you MUST include a video in your application.

Your first-round video will be viewed and judged again during the second round.

Moritzburg Festival Academy (10)

(no piano accompaniment required)

You may send one or multiple videos (please title the videos clearly. In case of a single video, please add the minutes and the title in the description)

Please only send video links where we can see you playing! Audio recording only will NOT be accepted.

Berlin Opera Academy (11)

We ask that you upload two recordings that best display your musical abilities. We recommend one excerpt from an operatic or symphonic work and one solo or piano-accompanied piece, however, you may submit any recordings that you feel showcase your playing. The recordings do not need to be professional nor from a performance. Video is preferred, but audio-only is also accepted. Recordings must be submitted via link (eg: Youtube, Vimeo, Soundcloud etc). If using Youtube, please ensure your videos are uploaded as either Unlisted or Public videos (not Private).

Davos Festival Academy (12)

Please provide recent video recording(s) of the performance of two representative pieces or movements (total length approx. 8–15 minutes).

Mendelssohn-Orchesterakademie (13)

Die Aufnahme darf nicht geschnitten oder bearbeitet werden. (L’enregistrement ne doit pas être coupé ou édité)

Verbier (14)

Please read ALL of the following instructions before starting your application or recording your video:

Please note that you must perform all the works/orchestral excerpts listed under ‘Audition Repertoire’ above. You must play the works as if you were giving a live audition (i.e. straight-through in the order listed). The recording must be made in one shot, without cuts or edits.

Applicants are not required to play the full movement of their selected concerto or solo work(s). Please focus on recording the first 3 to 5 minutes of solo playing from the movement of your choice, without any accompaniment.

Please take into account the size of the room and its acoustic as well as the distance from the camera: the more reverberative the room, the closer you will need to be to the camera (usually 3 metres or 10 feet).

The use of artificial reverberation or any other audio modification via post-production (editing, splicing, etc.) is strictly prohibited and will result in disqualification.

IMPORTANT: watch and listen to your recording to be sure is represents what you want to the jury to consider.

Luzern Festival Académie (15)

All recordings should be made with video. No splicing is allowed within individual videos (including between movements), but each piece should be on a separate video. Use of high-quality microphones is strongly encouraged. Separate audio and video equipment can be used, but should be recorded live simultaneously. Digital effects, enhancements, or any other post-production audio manipulation techniques are not permitted.

Praktikum

Tonhalle Orchester ZürichPrésentiel
WDR Funkhausorchester KölnPrésentiel
Musikkollegium WinterthurPrésentiel
Sinfonieorchester BaselPrésentiel
Göttinger Symphonie OrchesterPrésélection vidéo
Akademie des NDR Elbphilharmonie Orchesters e.V.Présélection vidéo
Akademie des Symphonieorchesters des Bayerischen RundfunksPrésélection vidéo
Bayerisches StaatsorchesterPrésentiel
Czech PhilharmonicPrésentiel
Deutsche Kammerakademie Neuss am RheinPrésentiel
Deutsche Staatsphilharmonie Rheinland-PfalzVidéo recommandée mais pas obligatoire
Dresdner PhilharmoniePrésélection vidéo
Gürzenich-Orchester KölnPrésélection vidéo
Luzerner SinfonieorchesterPrésentiel
Mendelssohn-OrchesterakademiePrésélection vidéo
Orchester der Komischen Oper BerlinPrésélection vidéo
Orchesterakademie der Essener Philharmoniker e.V.Présentiel
Philharmonia ZürichPrésentiel
Sächsische Staatskapelle DresdenVidéo recommandée mais pas obligatoire
Staatskapelle WeimarPrésentiel
Staatsorchester KasselPrésentiel
Komische Oper Berlin (16)

Wir bitten um Bereitstellung eines ungeschnittenen und durchlaufenden Videos (« one-take » / « einfaches Handyvideo » ausreichend).

Nous vous demandons de fournir une vidéo non coupée et défilante (« one-take » / « simple vidéo de téléphone portable » suffit).

Dresdner Philharmonie (17)
  • nehmen Sie das Video bitte mit einer festen Perspektive auf (die Kamera nicht bewegen).
  • Sie können ein Smartphone oder eine professionelle Kamera zum Aufnehmen verwenden.
  • bitte achten Sie auf einen guten Klang. Sie können auch gern mit Mikrofonen aufnehmen.
  • Sie müssen gut zu sehen sein. Besonders Ihre Hände müssen gut sichtbar sein.
  • zu Beginn des Videos stellen Sie sich vor und sagen Sie bitte Ihr Programm an, mit Blick auf die Kamera. Sie müssen Deutsch sprechen.
  • Sie können jedes Stück einzeln einspielen, zwischen den einzelnen Stücken und der Anmoderation kann auch geschnitten werden. Videos von verschiedenen Stücken fügen Sie bitte zu einem einzigen Video zusammen.
  • Veuillez enregistrer la vidéo avec une perspective fixe (ne pas bouger la caméra).
  • Vous pouvez utiliser un smartphone ou une caméra professionnelle pour enregistrer.
  • Veuillez veiller à ce que le son soit de bonne qualité. N’hésitez pas à enregistrer avec des microphones.
  • Vous devez être bien visible. Vos mains, en particulier, doivent être bien visibles.
  • Au début de la vidéo, présentez-vous et annoncez votre programme, face à la caméra. Vous devez parler allemand.
  • Vous pouvez enregistrer chaque morceau séparément, il est également possible de couper entre les différents morceaux et la présentation. Les vidéos de différents morceaux doivent être assemblées en une seule vidéo.
Deutsche Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz (18)

Eine einfache Handy-Aufnahme reicht. Handy-Audio genügt, die Verwendung eines besseren (externen) Mikrofons ist aber willkommen. Bitte keine akustische Nachbearbeitung (künstlicher Hall usw.).

Un simple enregistrement sur téléphone portable suffit. L’audio d’un téléphone portable suffit, mais l’utilisation d’un meilleur microphone (externe) est la bienvenue. Merci de ne pas faire de post-traitement acoustique (réverbération artificielle, etc.).

Akademie des NDR Elbphilharmonie Orchesters e.V. (19)

Die Kandidatin/ der Kandidat muss während des gesamten Videos zu sehen sein. Klavierbegleitung im Video wünschenswert, aber nicht zwingend erforderlich.

Keine besondere Videotechnik erforderlich: Handykamera Querformat oder einfache Videokamera genügt.

Nur eine Kameraperspektive bitte, keine Schwenks, Zooms, Überblendungen o.ä.

Handyaudio genügt, die Verwendung eines besseres (externen) Mikrofons ist aber willkommen

Bitte keine akustische Nachbearbeitung (künstlicher Hall usw.)

Sollte einer der Punkte nicht beachtet werden, können wir die gesamte Bewerbung leider nicht berücksichtigen.

Le candidat doit être visible pendant toute la durée de la vidéo. Accompagnement au piano souhaitable dans la vidéo, mais pas obligatoire.

Aucune technique vidéo particulière n’est requise : une caméra de téléphone portable format paysage ou une simple caméra vidéo suffit.

Un seul angle de caméra s’il vous plaît, pas de panoramiques, de zooms, de transitions ou autres.

L’audio du téléphone portable suffit, mais l’utilisation d’un microphone (externe) plus performant est la bienvenue.

Pas de post-traitement acoustique (réverbération artificielle, etc.).

Si l’un des points n’est pas respecté, nous ne pourrons malheureusement pas prendre en compte l’ensemble de la candidature.

Concours internationaux

ARDPré-séléction vidéo
Concours de GenèvePré-sélection vidéo + online recital Demi-finale et finale en présentiel
Concours international de chant-piano Nadia et Lili BoulangerPrésélection vidéo (aucune indication)
Epinal International Piano CompetitionPrésentiel
Hans Gabor Belvedere singing competitionPrésentiel
Heidelberg Frühling – Das Lied WettbewerbPrésélection vidéo
International Edvard Grieg Piano CompetitionPrésélection Vidéo
International Henryk Wieniawski Violin CompetitionPrésélection vidéo
International piano competition JS Bach, WürzburgPrésélection vidéo
International Piano Competition Prize JaénPrésentiel
International Schubert Competition DortmundPrésélection vidéo
International Tchaikovsky CompetitionPrésélection vidéo (aucune indication)
International Violin Competition Henri MarteauPrésentiel
Internationaler Akkordeonwettbewerb KlingenthalPrésentiel
Internationaler Bach Wettbewerb LeipzigPrésélection vidéo
James Mottram International Piano CompetitionPrésélection vidéo (pas encore d’indications)
Maj Lind International Piano CompetitionPrésélection vidéo
Montecarlo Music MastersPrésentiel
 Si impossible de venir à la présélection, vidéo + présélection live la veille du concours
Neue Stimmen CompetitionPrésélection Vidéo
Ottavio Ziino International Opera CompetitionChoix entre présélection vidéo ou présentiel
Paris Opera CompetitionPrésélection dossier, présentiel
Queen Elisabeth CompetitionPrésélection vidéo
The Queen Sonja Classical Music CompetitionPrésélection vidéo
Tibor Varga International Violin CompetitionPrésélection Vidéo (pas d’indications accessibles)
Pablo Casals International AwardPrésélection vidéo
Fritz Kreisler International Violin CompetitionPrésélection vidéo (aucune spécification)
Concours de Piano LiègePrésentiel
Concours International Adolphe SaxPrésélection vidéo
Maria Canals CompetitionPrésélection vidéo
Concours International Olivier MessiaenPrésélection vidéo (aucune spécification)
Concours international Long-ThibaudPrésélection vidéo (aucune spécification)
Concours International de piano Nice Côte d’AzurPrésélection vidéo (aucune spécification)
Concours International Clara-HaskilPrésélection vidéo
Carl Nielsen CompetitionPrésélection vidéo (aucune spécification)
International Clarinet Competition GhentPrésélection vidéo (aucune spécification)
Aeolus International CompetitionPrésentiel
The Muri CompetitionPrésélection vidéo
Werner Pirchner PreisPrésélection vidéo (aucune spécification)
 
International Competition of Polish Music (Pianists)Présélection vidéo (aucune spécification)
Festival Van Vlaanderen BruggePrésélection vidéo
International Chamber Music Competition Pinerolo E TorinoPrésélection vidéo
International Jeunesses Musicales Competition in BelgradePrésentiel
Concours International de Saxophone d’AndorrePrésélection vidéo
Internationaler Instrumentalwettbewerb MarkneukirchenPrésélection audio
Prague Spring International Music CompetitionPrésélection vidéo
International Piano Competition “Iturbi Prize”Présélection vidéo
Concours international pour Orgue de Saint-MauricePrésélection vidéo (aucune spécification)
Santa Cecilia International CompetitionPrésélection vidéo (aucune spécification)
Grand Prize VirtuosoVidéo
World Classical Music AwardsVidéo (aucune spécification)
The Muse International CompetitionVidéo
Online London International Music CompetitionVidéo
Internationaler Instrumentalwettbewerb Markneukirchen (20)

For the pre-selection a personally recorded audio file (no video, no DVD or similar) in mp3 format. The recording must not have been edited and must not be older than one year. (The works required for the preselection are listed in the repertoire regulations).

Prague Spring International Music Competition (21)

The selection of candidates to take part in the Competition in Prague shall be based on this recording, shall be anonymous and in random order. The video recording must fulfill the following parameters:

  • Pieces must be recorded in their entirety and without any cuts or editing;
  • Individual parts of the pieces (movements) must be recorded separately or indexed;
  • Microphones should be positioned at a distance allowing to obtain a good sound quality;
  • The video should be filmed from a fixed camera angle; musician´ s hands and face must be entirely visible all the time;
  • It is highly recommended to ensure a good sound quality of the recording, to provide the jury with the best possible conditions for judging in the preliminary round;
  • Public recordings are accepted if they meet the recording conditions stated above (especially no cuts);
  • Upload your recording (recordings) to a cloud server such as Dropbox, iCloud, Google Drive, etc. (not YouTube) and include the link in your application – always set the access to the video as public.

Technical requirements :

  • Video quality – 720p or 1080i or 1080p
  • Audio quality – PCM, flac, mp3 min. 256kbps or aac min. 192kbps
  • Microphone of adequate quality (no built-in microphones in mobile devices)
  • File format – mp4, mov, avi, mpg or mkv
International Piano Competition “Iturbi Prize” (22)

Recording: The URL where an audio-visual document can be viewed, preferably in high resolution HD, where the contestant will perform a free programme of between 20 and 30 minutes, will be communicated in the application form. The link must be available for consultation and download until 12 December 2022. Each of the works performed must have been recorded in a single take, without any cuts or editing within each of the works and in a single fixed shot. The recording must have been made after 1 March 2022 and in the circumstances declared responsible in the entry form, and the participant must be physically recognisable in the recording.

Festival Van Vlaanderen Brugge (23)

Every Video must be recorded live, unedited and presented as video recording.

Recordings that have already been published as well as concert recordings etc. are not admissible as competition entries.

In the video, the hands must be visible at all times. You take the video from audience side with a full view on the keyboard, your hands and face (side profile) at all times. An example of this angle can be found at the bottom of this document.

Videos that do not meet these requirements will be disqualified.

Make sure your video meets the following export quality specifications :

  • Resolution : 1920 x 1080 (horizontal)
  • Framerate : 25 (progressive, not interlaced)
  • Audio : Stereo (AAC)
  • Video codec : H.264/H.265 at 8Mbps
  • Video container / extension: MP4

You are free to decide which device you use to record your performance, as long as decent video quality is guaranteed.

Make sure good audio quality is guaranteed as well. Make sure to avoid external disturbing suns during your performance.

Try to make your video background as clean as possible.

Make sure the video is well lit, not overexposed or too dark. The use of natural lighting will do.

Do not add any textual or graphical elements (logo’s, names, etc…) to the video

Pablo Casals International Award (24)
  • The videos must be recorded from the front with only one camera and the contestant’s hands and face must remain visible.
  • No cut or editing are tolerated.
  • The information section of each video will include the date and place of the video recording.
  • The videos cannot be subject to any (copyright) restrictions.
  • The sound of the videos must be clear, and it is recommended that professional equipment or a camera with good sound quality recording be used.
  • Candidates are recommended to upload videos within 48 hours of the closing date of the competition call in order to avoid any problems.
Concours Adolphe Sax (25)

Sur l’image, le candidat doit être à tout moment visible en pied et le plan doit être fixe. Le candidat est filmé en plan-séquence (un plan-séquence par œuvre interprétée) sans aucun montage. La vidéo ne comportera ni générique ni indications visant à valoriser artificiellement le candidat. Aucune mention d’établissement d’enseignement musical ne peut figurer sur la vidéo. La direction du concours visionne toutes les vidéos au préalable de façon confidentielle afin de vérifier qu’aucun trucage technique n’a été réalisé. Il lui appartient de statuer sur l’irrecevabilité d’une vidéo, en raison d’une qualité technique insuffisante ou du non-respect des règles de captation définies ci-dessus. Dans ce cas, la direction du concours se réserve le droit de demander au candidat de fournir une nouvelle vidéo. Jusqu’au terme du concours, le candidat a l’interdiction formelle de diffuser ces vidéos sur n’importe quel support que ce soit, notamment les réseaux sociaux, sous peine de sanctions pouvant mener à l’exclusion. La vidéo reste la propriété de l’Association Internationale Adolphe Sax jusqu’au terme du concours.

Maria Canals Competition (26)

A recent and good quality recording uploaded on a YouTube channel, using a fixed camera with no postproduction and with a maximum duration of 20 minutes, including one fast movement of a Beethoven sonata and a work of the applicant’s own choice. The contestants must email the YouTube video link and clearly state the chosen pieces on the video description, through the registration form. The Competition will not be liable for any external technical problems related to access to these links.

Clara Haskil (27)

Le programme doit être enregistré en une seule prise, avec une seule caméra et sans coupures ni montage. Le plan doit être fixe et le visage et les mains doivent être visibles à tout moment.

The Muri Competition (28)

The videos may not be edited, manipulated or cut in any way, they must be recorded from one and the same camera position.

Specialized programs will be used to test the submitted recordings for any signs of tampering.

International Chamber Music Competition Pinerolo E Torino (29)

The video must have been recorded expressly and exclusively for this competition. INSTRUCTIONS FOR MAKING AND UPLOADING YOUR VIDEO:

  1. Download and print the competition flyer that you will find on our website, in the section HOW TO ENTER.
  2. Check that the framed image is fixed and horizontal and that it includes all members of the group.
  3. Make sure that the lighting is adequate for the space you are filming.
  4. Start the video recording with a shot of the flyer you printed.
  5. Begin your performance.
  6. The video must be a continuous live recording. NO EDITING allowed.
  7. Ensure that the audio is of the highest quality possible.
  8. Upload your video on Youtube / Vimeo, or on other platforms, as protected content.
  9. Save the link and password, as this information must be included in your application.
Concours international de saxophone d’Andorre (30)

Nom du fichier : NOM_PRENOM_CADENZA_TOMASI Résolution : minimum 640 x 480 pixels.

Format : uniquement mp4.

Le fichier vidéo ne doit pas dépasser 2Gb

Dans la vidéo, le candidat doit être parfaitement visible à tout moment sur l’écran et l’angle de la caméra doit être fixe.

Le candidat doit être filmé en une seule prise. Aucun montage de la vidéo ne sera accepté.

Toutes les vidéos sont visionnées en toute confidentialité par l’équipe organisatrice du concours pour s’assurer qu’aucune astuce technique n’a été utilisée.

Il appartient à l’équipe organisatrice du concours de décider si une vidéo est inadmissible en raison d’une qualité technique insuffisante ou d’un non-respect des normes de capture vidéo définies ci-dessus.

Dans ce cas, l’équipe organisatrice du concours se réserve le droit de demander au candidat de fournir une nouvelle vidéo.

Jusqu’à la fin du concours, il est strictement interdit au candidat de diffuser ces vidéos sur quelque support que ce soit, y compris sur les réseaux sociaux, sous peine d’exclusion.

La vidéo est la propriété de l’Association des Saxophonistes d’Andorre jusqu’à la fin du concours.

ARD (31)

Fiche de déclaration sur l’honneur à signer :

Par la présente, je certifie, que l’enregistrement effectué par moi-même/par notre institution pour le/la candidat(e) susnommé(e) répond aux exigences citées dans le règlement du concours:

  • L’enregistrement a été effectué sans montage.
  • Ni la longueur ni la hauteur des tons n’ont été manipulées.

VIDEO RECORDING Requirements Content :

Recent (less than 12 months old) video recording, containing the required program for the preliminary audition only (no YouTube links e. a.)

Recording :

Pieces must be recorded in their entirety and have to be UNEDITED (no cuts). Movements can be send as single files. Exception for the harp category: Both works have to be recorded in one single session without any cuts.

Microphones should be positioned at a distance allowing to obtain a good sound quality.

For soloists: The video must be filmed from the side in a 45 degree angle, using a fixed and wide camera angle; musician’s hands and face must remain visible all the time. This also applies for ensembles, if possible.

Public recordings are accepted, as long as they meet the recording conditions stated above (especially no cuts).

Technical specifications (suggested) :

Video quality – 720p or 1080i or 1080p Audio quality – 256kbps mp3 or 128aac

Microphone of adequate quality (no built-in smart phone mic)

File Format – mp4 or mov max. 9 Mbit, max. 900 MB

Concours de Genève (32)

TECHNICAL REQUIREMENTS

FOR THE VIDEO PRESELECTION ROUND

  1. Candidates must provide recent (less than 12 months) and high-quality video recordings, containing the required programme for the Video Preselection Round only.
  2. Recording must be anonymous. Please do not include your name in the video/file title nor any distinctive sign such as your school logo, for example.
  3. All recordings must be UNEDITED (no cuts – no sound editing). Microphones should be positioned at a distance allowing to obtain a good sound quality. The video must be filmed from the front using a fixed and wide camera angle. The performer must always remain visible. For the piece with piano, both performers must be visible.
  4. Candidates must provide separate recordings for each piece.
  5. Each piece must be recorded in one take.
  6. Public recordings are accepted if they meet the recording conditions stated above.
  7. It is highly recommended to take into consideration the quality of the sound, to allow the Jury to have the best possible judgement.

VIDEO PRESELECTION ROUND

The purpose of the preselection round based on video recordings is to select candidates who are up to the standards required to take part in the public rounds of the Competition.

This preliminary phase takes place in camera in the presence of a preselection jury, whose five members include at least two members of the official Jury of the 2023 Flute Competition. It is held in a studio guaranteeing the best possible technical conditions.

The names of the selected candidates will be published on our website on 5 May 2023. Selected candidates will be notified personally and will receive further information regarding the next stages of the Competition, as well as technical specifications for the recording of their Online Recital.

ONLINE RECITAL

The first stage of the 2023 Competition will be held online and consists in a 45-minute online pre-recorded recital, which will be broadcast from 11-17 September 2023. The running order of the candidates will be determined by random draw.

It will remain the same for all the following stages of the Competition. Candidates will have until 10 July 2023 to submit their video for this first stage of the Competition. They will each receive CHF 500.- to cover the expenses of the recording, which will have to respect a set of very strict technical specifications. These specifications will be sent to the selected candidates.

Schubert international competition (33)

Editing of the video and cuts within the songs are not permitted. Cuts between the songs are possible, so that three individual videos can be put together into one video.

Bach Leipzig Wettbewerb (34)

Candidates must present uninterrupted video recordings. Splices may be made between individual pieces, but not within a piece. Splices between the movements of a work are not allowed.

International piano competition JS Bach, Würzburg (35)

Due to the inconveniences and difficulties caused by COVID-19, we will not set any specific requirement for the format of the video recording. Please make sure that your video recording is filmed as professional as possible.

The video recording or excerpts from a live concert from the last two years are permitted, as long as they match the recording requirements of the Bach Competition!

That means:

  • any cuts or editing in the video recording is forbidden!
  • Pianists must be fully visible at all times, which means the video can be taken with ONE camera only!

Competitors are allowed to record each work from Preliminary round separately, eventually creating 2 links.

An example from the Preliminary Round : the entire French Suite can be recorded first and the second required work on a later date. A whole set of work must be played and recorded without any interruptions !

Queen Elisabeth competition (36)

Technical requirements

  • In the application form, the candidate must provide information on the place and date of recording for each file.
  • For each file, the candidate must certify its authenticity and that he/she is the soloist and must confirm that it is not subject to copyright restrictions.
  • Each piece must be recorded in a single take.
  • No editing is allowed.
  • The candidate must be clearly visible ; the candidate’s chest and face should be clearly visible at all times.
  • It is strongly recommended that the sound should be recorded professionally.
  • The videos may be recorded in different places and on different occasions.
  • A video whose quality, visual and/or audio, does not allow the jury to evaluate the candidate’s abilities will be rejected (see Article 96 and following).
Das Lied Wettbewerb (37)

Die Video-Aufnahmen müssen per Link über ein gängiges Online-Videoportal (z.B. youtube, vimeo, dailymotion o.ä.) abrufbar sein, dürfen nicht geschnitten oder nachbearbeitet und zum Zeitpunkt der Einsendung nicht älter als ein Jahr sein ; die Lieder des Aufnahme müssen nicht dem Wettbewerbsrepertoire entsprechen.

Les enregistrements vidéo doivent être accessibles par un lien sur un portail vidéo en ligne courant (p. ex. youtube, vimeo, dailymotion ou autres), ne doivent pas être coupés ou retravaillés et ne doivent pas dater de plus d’un an au moment de l’envoi ; les Lieder de l’enregistrement ne doivent pas correspondre au répertoire du concours.

Neue Stimmen (38)

Technical demands:

One video per aria

Both videos must be specifically recorded for the NST 2021 competition, existing video material cannot be used

Both videos should be recorded between November 2020 and June 2021 Both videos must be in an MP4-format

Each aria must be recorded in a single take

Do not edit the sound of the videos after recording!

Recordings must be made entirely live, only with piano accompaniment (no pre-recorded backing tracks, no orchestra accompaniment)

Watch our tutorial video “How to produce a good audition video” before you start. This tutorial shows you step by step how to produce your own audition video

Find the checklist from the video here :

Decide on your repertoire

  • Set a date for recording AND schedule enough time!
  • Arrange a pianist
  • Ask a friend to join you for help
  • Get, rent, or borrow good equipment
  • Find a room with good acoustics for recording
  • Best would be a rehearsal room or use a larger room at home
  • Neither too big… nor to small
  • Walk around, test acoustics – avoid echoes or a „boomy“ sound
  • Close doors and windows
  • Clean up
  • Avoid back light
  • Natural light works best
  • Make sure to have enough light on your face and no shadows
  • Your face must be clearly visible
  • If needed, use extra lighting but keep lamps out of your shot
  • Smartphones are ok – use landscape orientation
  • Put your phone in a steady position – a tripod, books, or a box on a table are helpful to get equipment at eye level
  • For better quality, use a separate microphone or recorder
  • Find the right distance between you and your equipment
  • Put your smartphone about 2,5 meters in front of you, so your whole body is in the frame and face and eyes are clearly visible
  • If you use a separate recorder, put it at least 3 to 4 meters in front of you
  • Dress in a smart and professional way
  • Your make-up should be natural, no stage make-up
  • Before you start, concentrate on your performance, pay attention to character and text
  • Put artistry first, technology second
  • Introduce yourself with name and repertoire
  • Aim for a compelling performance. Move less – only little changes with body and face are needed when recording for screen
  • Make a test video and watch it several times
  • Get honest feedback – from your friend, your teacher…
  • Give yourself time to experiment – you have more than one take
Edvard Grieg (39)

Important information about the pre-qualification videos:

It is possible to use different recordings for different pieces (live recordings are also accepted), as long as the required repertoire is included. Multi-camera recordings are accepted, but editing of the audio within one piece is not allowed (it has to be one continuous recording). Recordings may not be older than 20 April 2019. Please include the name(s) of the venue(s) and the date(s) of the recording(s). You will find more information about videos in the « Uploads » section of the application portal.

Ottavio Ziino International Opera Competition (40)

Competitors may choose to participate in the Elimination through:

the sending of 2 recent high quality and resolution videos of opera arias among those listed in the registration form, performed in the last two years (2021-2022), one of which in Italian, with exclusive piano or orchestra accompaniment (no registered bases).

If the videos are already public on the net, indicate the corresponding links or use alternative channels for sending as an example (« We Transfer ») or by showing up on one of the dates and places indicated for the live selection

Maj Lind Competition (41)

The video must clearly show the performance, the player’s hands and face. The video must not be edited. Individual works or movements may, however, be recorded as different takes. The application must state when and where the video was made.

Queen Sonja Classical Music Competition (42)

Video recordings must be performed by the applicant and may not be edited, nor should any effects be added. Applicants are responsible for ensuring that the video is recorded with good quality (image and sound). To ensure that poor recording quality does not interfere with the jury’s ability to review the material, avoid distortion, and ensure that the accompaniment is not louder than the applicant. You will not be penalised for the quality of your video, although it is important that it is good enough to see and hear you clearly. Videos should be recorded no more than 6-12 months before the date of your submission.

Grand Prize Virtuoso (43)

Participants are required to submit video materials for the jury audition. Recording should be a fair representation of the contestants’ abilities, but doesn’t need to be of a professional quality.

The muse international piano competition (44)

You can submit a video made anytime from 2021 and later, but it has to match with your age category on the day you submit your application.

The participant should be dressed well and in an appropriate manner. Performances in sportive or casual clothes will not be accepted for evaluation!

The hands and the face should be visible during the recording, as well as the keyboard.

Cutting and merging multiple takes is not allowed. However, merging two or more movements of the same work into one video, but from different takes, is possible.

Home-made or professional : It is up to you. Videos can be made with consumer cameras, camcorders, mobile phones, tablets, as well as professional equipment.

Your video must be posted on YouTube and set to either “Public” or “Unlisted”.

Online London International Music Competition (45)

The contest will accept videotapes with piano, orchestra, chamber ensemble, wind band, percussion, or any other accompaniment required by the composer in the published work.

COVID-19 Exception. The contest will accept recordings with pre-recorded accompaniment for those applicants who are unable to record with a live accompanist due to social distancing.

The video must contain recordings made during the 18 months before the deadline. Each age category has a maximum duration for the video.

Each piece must be performed in one take with no edits. If you submit multiple pieces, they must be submitted together as one video file not to exceed the maximum time limits for the applicant’s age category. Online London International Music Competition reserves the right to immediately disqualify any applicant whose tape shows evidence of editing within one take of a piece other than a cut to meet time limits.

Multiple cameras can be used for video recording but no sound effects should be added to any portion of video entry (it is acceptable to have an introduction title with musician’s name, title of piece and composer).

There is no live round : all awards will be made online via video submission. It is suggested that the applicant submit the highest quality video possible to give a fair representation of their performance.

Postes d’orchestre

Badische StaatskapellePrésentiel
Belgian National OrchestraPrésentiel
Arctic PhilharmonicPrésélection Vidéo
Auditorium Orchestre national de LyonPrésentiel
Bamberger Symphoniker – Bayerische StaatsphilharmoniePrésentiel
Basque National OrchestraVidéo facultative
Bayerisches StaatsorchesterPrésentiel
Bergische SymphonikerPrésentiel
Bielefelder PhilharmonikerPrésentiel
Bochumer SymphonikerPrésentiel
Bruckner Orchester LinzPrésentiel
Deutsche Oper BerlinPrésentiel
Deutsche Radio Philharmonie Saarbrücken KaiserslauternPrésélection vidéo
Deutsche Staatsphilharmonie Rheinland-PfalzPrésentiel
Deutsches Symphonie-Orchester BerlinPrésélection vidéo
Duisburger PhilharmonikerPrésentiel
Düsseldorfer SymphonikerPrésentiel
Elbland Philharmonie SachsenPrésentiel
Finnish Radio Symphony OrchestraVidéo facultative
Folkwang Kammerorchester EssenPrésentiel
Fondazione Teatro alla ScalaPrésentiel
Gewandhausorchester (Harpe)Présélection Vidéo
Gewandhausorchester (1er violon tutti, 2e trompette, tuba)Présentiel
Gürzenich-Orchester KölnPrésélection Vidéo
Győr Philharmonic OrchestraPrésentiel
Hessisches Staatsorchester WiesbadenPrésentiel
hr-Sinfonieorchester | Frankfurt Radio SymphonyPrésentiel
Kärntner SinfonieorchesterPrésentiel
Koninklijk ConcertgebouworkestPrésélection vidéo
Konzerthaus Berlin – KonzerthausorchesterPrésentiel
Luzerner SinfonieorchesterPrésélection vidéo
Mecklenburgische Staatskapelle SchwerinPrésentiel
MDR-Sinfonieorchester des Mitteldeutschen RundfunksPrésentiel
Mozarteumorchester SalzburgPrésentiel
Münchener KammerorchesterPrésélection vidéo
Münchner PhilharmonikerPrésentiel
Musikkollegium WinterthurPrésentiel
NDR ElbphilharmonieorchesterPrésentiel
NDR Radiophilharmonie (1er violon tutti)Présélection vidéo
NDR Radiophilharmonie (chef d’attaque des violons 2, trompette)Présentiel
Netherlands Radio Philharmonic OrchestraPrésentiel
NFM Leopoldinum OrchestraPrésélection vidéo
Norrkopings SymfoniorkesterPrésentiel
Opera Ballet VlaanderenPrésentiel
Opéra National de ParisPrésentiel
Oper FrankfurtPrésélection Vidéo
Opéra Royal de Wallonie-LiègePrésentiel
Orchestre de Chambre de LausannePrésentiel
Orchestra della ToscanaPrésentiel
Orchestre de Paris (Konzertmeister)Présélection vidéo
Orchestre de Paris (3e contrebasse solo)Présentiel
Orchestre de PicardiePrésentiel
Orchestre National Avignon-ProvencePrésentiel
Orchestre national d’Île-de-FrancePrésentiel
Orchestre National de CannesPrésentiel
Orchestre National de LillePrésentiel
Orchestre Philharmonique de StrasbourgPrésentiel
Orchestre Royal de Chambre de WalloniePrésélection Vidéo
Orchestre Symphonique Bienne SoleurePrésentiel
Orquestra GulbenkianPrésélection Vidéo
Philharmonisches Orchester der Hansestadt LübeckPrésentiel
Staatskapelle BerlinPrésentiel
Philharmonie ZuidnederlandPrésentiel
Philharmonisches Orchester WürzburgPrésentiel
Residentie OrkestPrésélection Vidéo
Rotterdam Philharmonic OrchestraPrésélection Vidéo 2nd tour : choix présentiel ou vidéo
Royal Swedish OperaPrésentiel
Sächsische Staatskapelle DresdenPrésentiel
Sinfonieorchester St. GallenPrésentiel
Sinfonieorchester WuppertalPrésentiel
South Czech PhilharmonicPrésentiel
Staatskapelle BerlinPrésentiel
Staatskapelle HallePrésentiel
Staatsorchester BraunschweigPrésentiel
Staatsorchester DarmstadtPrésentiel
Staatsorchester KasselPrésentiel
Staatsorchester Rheinische PhilharmoniePrésentiel
Staatstheater am GärtnerplatzPrésentiel
Stuttgarter PhilharmonikerPrésentiel
Swedish Radio Symphony OrchestraPrésélection vidéo
Symfonieorkest VlaanderenPrésentiel
Symphoniker HamburgPrésentiel
Symphonieorchester des Bayerischen RundfunksPrésentiel
Teatro del Maggio Musicale FiorentinoPrésentiel
Theater Plauen-ZwickauPrésentiel
Thüringen Philharmonie Gotha EisenachPrésentiel
WDR Sinfonieorchester KölnPrésentiel
WDR Funkhausorchester KölnPrésentiel
Wiener Staatsoper/Wiener PhilharmonikerPrésentiel
Zürcher KammerorchesterPrésentiel
Luzern Sinfonieorchester (46)

Das Video muss durchlaufend ohne Schnitte aufgenommen werden, wobei keine professionelle Aufnahmequalität erwartet wird. Das Konzert muss ohne Klavierbegleitung gespielt werden.

Die Reihenfolge der Stücke dürfen Sie selbst bestimmen.

La vidéo doit être enregistrée en continu, sans coupures, et aucune qualité d’enregistrement professionnelle n’est attendue. Le concerto doit être joué sans accompagnement de piano.

Vous pouvez choisir l’ordre des morceaux.

Oper Frankfurt (47)

Konzert und Orchesterstelle können als separate Dateien geschickt werden. Innerhalb der Stücke darf das Video aber nicht geschnitten oder auf andere Art nachbearbeitet sein.

Bild und Audio dürfen nicht getrennt voneinander aufgenommen werden. Das Konzert bitte mit Begleitung.

Le concerto et la partie d’orchestre peuvent être envoyés sous forme de fichiers séparés.

Cependant, à l’intérieur des morceaux, la vidéo ne doit pas être coupée ou retravaillée d’une autre manière.

L’image et l’audio ne doivent pas être enregistrés séparément. Le concerto doit être accompagné.

Arctic Philharmonic (48)

You are to make 3 video files, where the orchestra excerpts are gathered in one file. There are no technical demands to the video, but please attempt to get as high quality as possible, make the video in a well-lit room with proper sound/volume. The whole of you, as well as the whole instrument, should be visible in the picture. Use YouTube, to secure that all videos are on the same platform. The videos are uploaded to YouTube as “unlisted”, and links to YouTube are to be attatched in your application. Remember to specify which piece you choose as your chosen piece.

Münchener Kammerorchester (49)

The MKO has decided to ask all candidates to submit a video with their application on MUVAC. The video should be without piano accompaniment and submitted in two files, each consisting of a single unedited take of the following audition repertoire:

  1. exposition of the first movement of Stamitz Viola Concerto in D Major or Hoffmeister Viola Concerto in D Major
  2. one movement of Bach unaccompanied Suites for cello or the Partitas and Sonatas for violin

We recognize that not everyone has access to professional recording equipment, and would like to assure you all that a video recording made on a normal smartphone will be considered with the same care as recordings made using professional equipment.

Gewandhausorchester (50)

Wählen Sie für Ihre Aufnahme ein qualitativ hochwertiges Format. Die Ausrichtung sollte möglichst im Querformat (16×9) sein und ein Mindestabstand zum Mikrophon von mind. 3 Metern eingehalten werden.

Bitte stellen Sie sicher dass:

  • Ton und Bild im Video synchron sind
  • Ihr Mikrophon die Dynamik (piano/forte) nicht automatisch anpasst
  • Sie Ihr Video auf „public“/ „unlisted“ einstellen
  • Sie Ihr Video eindeutig beschriften

Choisissez un format de haute qualité pour votre enregistrement. L’orientation doit être si possible en format paysage (16×9) et une distance minimale d’au moins 3 mètres doit être respectée par rapport au microphone.

Veuillez vous assurer que :

  • le son et l’image soient synchronisés dans la vidéo
  • votre microphone n’adapte pas automatiquement la dynamique (piano/forte)
  • vous réglez votre vidéo sur « public »/ »non-répertorié ».
  • vous nommerez clairement votre vidéo

2. Guide d’entretien

Formation :

Avez-vous déjà été formé à l’enregistrement ?

Dans quel cadre ?

Nom/durée/lieu de la formation ?

Quel était le contenu ?

Utilisez-vous ces connaissances ?

Pratiques d’enregistrement

Vous êtes-vous déjà enregistré vous-même ?

Quel était la destination de l’enregistrement ?

Combien de temps a pris l’enregistrement ?

Quel était le déroulement de l’enregistrement ?

Avez-vous besoin de vous enregistrer de manière récurrente ?

À quelle fréquence ?

Cela vous a-t-il fatigué ?

Comment gérez-vous votre travail à côté ?

Ressentez-vous une différence lorsque vous jouez seul ou pour quelqu’un ?

Comment vous préparez-vous à un enregistrement dans votre travail ?

Est-ce la même préparation que pour une performance publique ?

Appréciez-vous cette pratique ?

Technique d’enregistrement :

Combien de temps a pris l’installation technique ?

Avec quel matériel ?

Comment l’avez-vous choisi ?

Où avez-vous enregistré ?

Pourquoi ?

Comment avez-vous placé le matériel ?

Avez-vous beaucoup écouté le son avant d’enregistrer ?

Que   pensez-vous   du   résultat   sonore ?

Reconnaissez-vous le son de votre instrument ?

Avez-vous des références d’écoute ?

Avec quoi écoutiez-vous le son ?

Post-production :

Avez-vous fait de la post-production ?

Si oui, quoi ?

Comment avez-vous procédé ?

Avec quel logiciel ?

Avec quel matériel ?

Comparatif travail avec/sans ingénieur du son :

Considérez-vous y avoir passé beaucoup de temps (enregistrement et post-production) ?

Qu’est-ce qui vous a plu ou déplu dans le fait de vous enregistrer de manière autonome ?

Étiez-vous satisfait du résultat ?

Pourquoi ne pas être passé par un ingénieur du son ?

Avez-vous déjà eu recours à un ingénieur du son ?

Si non, quelles attentes avez-vous du travail avec un ingénieur du son ?

Si   oui,  préférez-vous   vous   enregistrer   vous-même      ou     avoir recours à un professionnel ?

Pour quelles raisons ?

Pour quel type d’enregistrement préférez-vous être autonome ou travailler avec un ingénieur du son ?

Équipement

Comment avez-vous choisi le matériel que vous avez acheté ?

Seriez-vous prêt à investir dans du matériel ?

Si oui, quoi ?

Pour quel usage ?

Besoins de formation

Seriez-vous intéressé pour vous former ?

Quel format vous intéresserait (cours, vidéos internet, livres…) ?

Quels sujets ?

3. Entretiens

Entretien n°1

Le 27/10/2022

Est-ce que tu as déjà été formé à l’enregistrement ?

À proprement parler non, pas de formation ou d’études, mais par des amis oui pour la prise de son home studio, pour des projets personnels ou juste pour mon instrument seul, oui.

Tu t’es déjà enregistré toi-même ?

Oui, plusieurs fois, pour des concours d’entrée, pour des vidéos de concours d’orchestre, d’académie, ce genre de choses. Pour le fun aussi, pour faire soit des petites productions ou juste des petites choses pour le fun, mais sinon dans le milieu du classique plutôt pour des auditions ou des concours d’entrée.

Quel matériel avais-tu ?

J’ai une carte son Presonus il me semble, et un TLM 102 de la marque Neumann, c’est à peu près tout, donc je m’enregistre en mono.

Avec quel logiciel ?

Sur Protools.

Pourquoi Protools ?

Parce que c’est le logiciel qu’on m’a dit d’utiliser, il n’y a absolument aucune raison personnelle.

Avec ton ordinateur personnel ?

Oui, avec mon PC.

Ce matériel, comment as-tu choisi de l’acheter ?

C’est ma copine qui m’a conseillé ce matériel, le micro et la carte son notamment. Si je pouvais être un peu critique, la carte son n’est pas du tout suffisante par rapport à la qualité du micro que j’ai, et c’est un peu dommage parce que je n’arrive pas à avoir le son que j’aimerais avoir en m’enregistrant seul. Pour la prise de son personnelle de mon instrument, maintenant je sais faire, en tout cas je pense pouvoir faire quelque chose de tout à fait correct, je parle d’enregistrer juste une trompette. Du coup je sens que ma carte son n’est vraiment pas au même niveau de qualité que le micro que j’ai. Par comparaison, je crois que le micro était à 550€ neuf et la carte son autour de 110€. Si je devais racheter quelque chose dans le futur je

crois que ce serait plutôt une carte son, éventuellement peut-être un couple, mais le fait est que ma carte son n’a que deux entrées, donc dans tous les cas si jamais dans le futur je fais des récitals piano/trompette ou ce genre de chose, peut-être qu’il faudrait que j’envisage d’acheter une carte son plus grosse, ou d’en emprunter une et d’avoir un couple en plus pour mettre un appoint sur la trompette et un couple, mais ça sous-entendrait qu’il faudrait aussi mettre un appoint sur le piano, sinon ça fait peu de sens.

Tu as déjà essayé les enregistreurs Zoom ?

Oui, je me souviens qu’au lycée je jouais dans un groupe et on avait très peu de moyens parce qu’on avait 15 ans. Deux personnes du groupe avaient des Zoom du coup on les mettait comme un double couple, ceux-là enregistraient en stéréo. C’était très fait maison dans des salles pas du tout adaptées, on se faisait des pare-son avec des manteaux et on jouait dans des positions incongrues pour pouvoir enregistrer correctement.

C’étaient des enregistrements pour quelle destination ?

Il y a pas mal de trucs qui étaient pour nous ou pour faire des mini maquettes, pour faire notre pub. Il y en a même une qu’on avait mis sur Youtube qui y est encore. Le son est loin d’être bon, surtout par exemple le son de la batterie qui est une plaie à enregistrer, même avec du bon matériel. Le son n’est pas si mauvais, il était plutôt correct vu les moyens engagés. Sinon il m’est arrivé de faire une vidéo de concours pour une académie avec un Zoom parce que ça allait plus vite, c’était un Zoom qui faisait caméra aussi. J’avais peu de temps pour filmer et m’enregistrer donc une amie m’a passé son Zoom, comme ça je n’avais pas de montage à faire. C’était un petit peu à l’arrache mais la qualité audio en tout cas était bien. La qualité vidéo était terrible, vraiment très mauvaise, mais la qualité audio était plutôt correcte, surtout pour de la trompette.

Du coup qu’est-ce que tu entends comme différences entre un enregistrement de toi au Zoom et un enregistrement de toi au micro ?

Le problème que j’ai et ce qui me fait regretter de ne pas avoir une meilleure carte son c’est que le son est meilleur quand je m’enregistre avec mon matériel à moi. Le problème, c’est que c’est un son très très sec sans ajouter de réverbération ou de traitements. Comme c’est en mono et un enregistrement de proximité, forcément c’est hyper sec. Bien sûr, je mets une petite réverbération et parfois un léger EQ, mais le problème c’est que souvent ce son-là me déplait un peu parce que je ne le trouve pas très représentatif de ce qu’est notre instrument. Avec un Zoom le son sera peut-être de moins bonne qualité, c’est possible que ça sature des fois sur une note, une fréquence, ou que le son soit globalement un peu moins bon, mais comme c’est une prise de son plus ambiante on a au moins l’idée. D’un point de vue totalement extérieur, quand je demande à des amis trompettistes, juste musiciens ou mon prof, ils préfèrent souvent des enregistrements au portable ou au Zoom, moins

optimal niveau son, mais où l’on entend la réverbération de la salle par exemple. C’est un son de moins bonne qualité mais plus naturel qu’un son qui est très sec, et on se dit : “ah, il a mis une réverbération ou un truc comme ça”, même si au final c’est plus fidèle à la réalité, mais ce n’est pas très vendeur quand même. Toutes les vidéos que j’ai faites moi-même ce n’était pas hyper vendeur et je n’étais jamais entièrement satisfait de ce que je faisais.

Tu mets ça sur le compte de la mauvaise qualité de la carte son ?

Pour moi c’est un peu un mélange de mauvaise qualité de la carte son et du fait de ne pas avoir de couple ou de son d’ambiance qui prend la salle en même temps, même si ça se recrée… J’ai fait deux ou trois trucs en re-recording et comme ce n’était pas en live, pas une prise de son globale mais plus en proximité, forcément en re-recording, le son n’était jamais très bon. En tout cas, ça ne sonnait pas ensemble. Forcément après intervient le mixage et c’est plus ou moins bien fait, ça se mixe plus ou moins bien après au reste.

Quand t’ enregistres toi-même comment ça se déroule ?

Je vais mettre en place mon matériel, ça va me prendre 15 minutes de brancher, allumer mon PC, ouvrir une session. Ensuite je fais quelques petites balances, en général je profite des balances pour chauffer. Si je n’ai pas chauffé avant, je fais 5 minutes de chauffe dans une position de micro et j’écoute, puis ensuite je refais 5 minutes un peu différemment en fonction de comment le son m’a plu, en m’éloignant, en bougeant un peu le micro etc. Après je mets en place le téléphone ou la caméra qui va me filmer et je fais des prises. Je fais entre 30 minutes et 1h15 de prises mais ça dépend vraiment beaucoup de ce que j’ai à enregistrer. Si c’est 3-4 minutes de traits d’orchestre, 5-6 traits d’orchestre, je vais le faire 8 ou 10 fois en 2h, en prenant des pauses. Si c’est par contre des pièces un peu plus longues de 10 à 15 minutes je vais faire deux filages d’affilée maximum, quitte à m’arrêter même au bout de la première pièce si je ne suis pas satisfait. Je n’aime pas tellement faire ça moi-même. Ce qui est bien en ayant un objectif de quelqu’un qui t’aide à faire ça, quelqu’un dont c’est le métier ou en tout cas qui sait faire ça, c’est que tu te mets un objectif de te dire qu’il est là 1h30 avec moi, 1h30 où je peux jouer. Il vient 30 minutes avant, on fait une petite balance et après, il ou elle est là 1h30 donc il y a une question de résultat qui est attendu, tu te dis : “bon allez, là je ne peux pas jouer quatre fois”. Comme en plus je joue d’un instrument qui est relativement physique, le fait est qu’on ne peut pas filer une pièce de 8 minutes 10 fois dans la journée. Théoriquement on peut mais au bout de la troisième prise, la qualité du son va être vraiment moins bonne par la fatigue musculaire. Forcément, plus tu fais de prises, plus tu te fatigues. Le piège de s’auto-enregistrer c’est vraiment ça, tu as une possibilité illimitée de recommencer, ce qui est génial, sauf que tu arrives à un statut de l’enregistrement qui est presque malsain de se sur-enregistrer, de ne faire que ça. Et aussi, je l’ai vécu pour faire mes vidéos de concours pour entrer à Lucerne, de ne plus prendre de temps pour travailler. De ne faire que des enregistrements et de se dire que dans tous les cas on progresse en faisant des enregistrements, ce qui est vrai, mais tu as aussi besoin de prendre du temps juste pour travailler, retravailler des petits passages qui ne passent pas forcément bien ou qui peuvent facilement te faire perdre le contrôle. C’est pour ça que maintenant, le plus possible, j’essaye quand je m’auto-enregistre de me limiter en temps, et de me dire que j’ai réservé une bonne salle pendant 2h ou 1h30. Comme ça je prends 20 minutes pour m’installer, 10 minutes pour gérer le son et 5-10 minutes à la fin pour remballer et j’ai une heure d’enregistrement maximum. En gros, si je joue un programme de 10 minutes j’ai trois chances, et encore. Si c’est plus court j’ai cinq ou six chances et je me laisse du temps entre. J’ai trop fait d’enregistrements de trois ou quatre heures où tu perds ton temps, et au bout de trois heures tu te dis je suis fatigué, bon allez une petite dernière, on ne sait jamais. Et souvent, les derniers enregistrements ce sont les mieux de ta session mais ce n’est quand même pas suffisant parce que ton son n’est plus bon, tu es fatigué, tu rates certains trucs bêtement, mais c’est quand même souvent les meilleurs parce que tu as l’impression de te dire qu’il faut tout donner. Au pire j’essaye de me mettre une limite de temps quand je m’auto-enregistre, et au mieux j’essaye de demander à quelqu’un de le faire pour moi parce que c’est toujours mieux et parce que tu as un public aussi. Tu as quelqu’un qui t’écoute et qui peut te donner un feedback, te dire un petit mot si c’était bien ou s’il y a un petit truc à améliorer. Si ce n’était pas bien et que tu es dégoûté il te dit “allez t’inquiètes, ça va aller, prend 5 minutes, va boire un café on recommence dans 10 minutes, t’en refais une et ça va bien se passer”. Tu te dis que tu ne vas pas lui prendre sa semaine, surtout si tu payes la personne, mais même si tu ne la payes pas ou que tu la connais bien et qu’elle te fait ça généreusement tu ne vas pas la monopoliser pendant cinq fois 2h toute la semaine ou pendant deux semaines. Tu fais une séance, à la limite si elle est sympa elle peut te refaire une séance le lendemain ou 2-3 jours après, mais tu as des limites de temps. Si tu n’arrives pas à faire mieux c’est un peu comme un concert. Tu as un concert, à la limite un 2e et un 3e, mais au final il ne faut pas non plus abuser de se sur-enregistrer.

Tu parlais des vidéos par exemple du concours d’entrée à Lucerne, tu disais que ça t’avais pris plusieurs jours, la période d’enregistrement t’as pris combien de temps ?

Je pense que quand j’ai enregistré pour Lucerne, qui était un peu un gros objectif si on contextualise, j’ai dû enregistrer peut-être sur 10 à 14 jours différents. Parce que j’ai pris des salles au conservatoire d’où je viens, et en même temps j’ai parfois tenté d’enregistrer chez moi aussi, mais en fait ça ne marchait jamais puisque j’étais chez moi et je n’étais pas dans le même esprit. Je dirais que j’ai fait 2 semaines, 14 journées d’enregistrement. Quand je dis 14 journées d’enregistrement c’était souvent une matinée par exemple ou une soirée, 3h, 4h maximum. Le pire que j’ai dû faire en termes de temps c’était 3h30-4h. Sinon, par exemple l’année dernière, j’ai postulé pour deux académies, et pour le coup ça m’a pris beaucoup moins de temps puisque je m’étais vraiment fixé un principe de ne pas faire trop de vidéos. Il y en a une que je n’ai même pas enregistrée avec mon matériel par pure flemme, j’ai juste enregistré avec mon Ipad. Du coup le son n’est pas terrible, il est ok on va dire. Là j’ai mis je dirais 2 ou 3 sessions d’enregistrement de 1h30 chacune. Vraiment pas beaucoup mais en même temps le programme était plus court, c’était vraiment 5 minutes de musique, ce n’était que des traits d’orchestre donc c’était beaucoup plus léger. Même si finalement les traits d’orchestre que j’ai envoyés sont individuellement plutôt très bons en termes de jeu, ça n’a pas suffi pour cette académie-là. Il y avait 4 ou 5 traits d’orchestre.

Quand tu dis que tu fais des balances, que tu chauffes en même temps et que tu retournes t’écouter, qu’est-ce que tu écoutes dans le son ? Quels sont tes critères ?

Alors déjà les basiques de ne pas saturer, parce que je joue d’un instrument qui peut jouer fort et qui peut jouer piano, et tout simplement de voir si les nuances sont cohérentes, essayer d’avoir un gain optimal et en même temps de ne pas prendre de risques non plus parce que ce serait dommage…

Tu fais ça à l’oreille ?

Non, avec le logiciel. Je regarde simplement sur le logiciel si je sature, oui des fois à l’oreille tu entends que tu es à la limite et tu vois simplement avec ton fader sur Protools que tu es à -2dB ou -1,5dB. Tu te dis que tu n’as pas forcément joué au plus fort de ce que tu peux faire, il faut peut-être prendre une marge, ce ne sera pas perdu. Et sinon en terme de son pur, je cherche la même chose que ce que je recherche quand j’écoute des gens, parce que quand tu t’auto-écoutes en jouant c’est différent, mais je recherche une homogénéité de timbre, si je retrouve les qualités qui me plaisent dans mon son, si ce n’est pas trop frontal aussi, et ça l’est forcément comme c’est en mono. J’essaye de trouver la qualité de son que je recherche quand j’écoute quelqu’un qui joue seul de la trompette.

En présentiel pas en enregistrement ?

Oui, j’essaye de comparer ce que je peux entendre en présentiel en prenant aussi en compte que je n’ai pas toute la salle. Comme c’est du mono il y a beaucoup moins de salle dans le son, c’est plus sec donc il faut accepter que tu ne peux pas avoir le même son que si tu écoutes quelqu’un jouer dans la salle dans laquelle tu es en train de jouer. Mais oui, globalement une qualité de son, simplement ça, que le son soit chaud et en même temps pas trop gras non plus, c’est une question de timbre.

Quand tu dis homogénéité du timbre c’est homogène entre quoi et quoi ?

Ça c’est plus par rapport à la manière dont je joue peut-être. Par exemple, si tu entends un peu plus d’air dans le son, que tu as un timbre très présent, ça veut dire que ta langue est un peu trop montée. Ce sont des choses que tu entends beaucoup moins dans une salle puisque c’est noyé. J’essaye d’adapter aussi un peu mon jeu par rapport à l’enregistrement parce que ça ne va pas sonner pareil que quand je suis dans une salle de concert où il y a 9 secondes de réverbération, même si ça se rajoute après.

Comment adaptes-tu ton jeu à l’enregistrement ?

L’adapter c’est un grand mot. Disons qu’au-delà d’adapter, l’enregistrement durcit les traits, souligne les trucs que tu fais. Si ton son est un peu aigre quand tu joues, c’est à dire beaucoup plus d’harmoniques aiguës par exemple, cela signifie en trompette que ta langue est plus haute dans ta bouche qu’elle ne devrait l’être, ça peut servir pour certaines pièces, certains moments. Ça, tu ne l’entends pas forcément dans une grande salle quand tu joues, et ton professeur ne va pas forcément l’entendre. Il va l’entendre mais beaucoup moins. Par contre quand tu t’enregistres ça va être beaucoup plus évident que c’est trop. Du coup, au-delà d’être une adaptation, ça peut être un outil pour remarquer ce que tu ne fais pas bien quand tu joues dans une grande salle. Et c’est vrai que globalement, tu vas avoir tendance à aller chercher un timbre beaucoup plus sombre quand tu enregistres en mono, à faire ressortir le plus possible les harmoniques graves, parce que naturellement dans notre instrument les harmoniques aiguës sonnent très métalliques, ce qui marche bien dans une grande salle, mais beaucoup moins bien avec un micro en prise de son de proximité.

Tu as déjà fait de la post production ? Du montage ou du mixage ? Tu as parlé de faire des EQ.

Oui j’ai déjà fait les deux. Le montage pour mon utilisation de trompettiste peu, ça m’est arrivé de faire un, deux ou trois points rapidement. Des EQ et mettre une réverbération oui. Je fais souvent vérifier ça par des gens qui savent le faire, mais j’aime bien essayer de le faire. J’ai déjà fait du montage et un peu de post-production pour m’amuser, pour moi, pour faire des maquettes un peu plus RNB où pour le coup je chante. Je travaille un peu plus sur ma voix mais absolument rien de professionnel ou de comparable à un très bon travail. J’aime bien expérimenter plutôt pour m’amuser et essayer d’acquérir des compétences. Si d’aventure je voulais sortir une chanson par exemple, je pense que dans tous les cas je demanderais à quelqu’un dont c’est le métier de passer derrière moi, ou alors de faire un montage carrément et un mix avec ce que je lui enverrais, de sorte à avoir un truc beaucoup plus qualitatif parce que j’estime que je suis capable de faire des maquettes correctement mixées on va dire, qui ne sonnent pas mal, mais chacun son métier.

Quand tu fais des EQ c’est pour corriger quoi ?

Pour la trompette plus l’aigreur du son justement, le côté métallique du son. Dans l’ordre : pour enlever les fréquences graves un peu polluantes qui ne sont pas forcément très intéressantes en dessous de 50Hz, il me semble que ça s’appelle un bypass. Après essayer de réhausser aussi un peu les harmoniques médiums justement, entre 400 et 800 Hz, et justement essayer de supprimer ces fréquences pas terribles un peu nasillardes, enlever quelques fréquences aux alentours de 3000, 4000, 5000 Hz selon la prise de son et ce que j’entends aussi.

Tu appliques toujours la même chose ?

Pour la trompette plus ou moins oui. Je fais en fonction de ce que j’ai, mais comme j’ai toujours le même micro et la même carte son et que j’obtiens toujours à peu près le même son, j’applique après plus ou moins ça, je fais les modifications plus ou moins aux mêmes points.

Tu fais aussi la postproduction sur Protools ?

Oui.

Toujours sur Protools ou tu as déjà essayé d’autres logiciels ?

Oui, j’ai fait quelques trucs un peu plus musique électro sur Cubase mais je n’ai jamais vraiment fait de post-production au-delà d’une réverbération, un EQ et à la limite un FX ou deux.

Sur de la voix ?

Oui ou sur un instrument électronique, vraiment pour les productions électro, pas sur la trompette.

Qu’est-ce qui t’a plu ou déplu dans le fait de t’enregistrer tout seul ?

Ce qui m’a plu c’est que c’est sympa d’être tout seul et pas dépendant de quelqu’un d’autre, tu peux expérimenter et c’est assez passionnant d’essayer plein de choses. C’est un peu un terrain de jeu illimité et si ça ne sonne vraiment pas bien ce n’est pas grave parce que c’est pour toi, tu peux vraiment aller dans les extrêmes. Ce qui m’a déplu c’est que tu peux vite te perdre en faisant ces trucs-là, et tu peux vite penser que certaines choses que tu fais sont essentielles et ne le sont finalement pas. C’est très facile de passer des heures à régler un truc et de se dire que c’est absolument ce qu’il te faut. Pour le coup, ça c’est beaucoup plus pour les maquettes que j’ai pu essayer de faire. Des fois, tu as l’impression que c’est ça qui va tout changer dans ta musique, tu passes 1h30 à régler un EQ sur un refrain et en fait ça ne marche pas parce que ce n’est pas ça. Et en fait, souvent, c’est que ta basse n’est pas bien réglée, c’est pour ça que ta voix ne ressort pas et ce n’est pas parce tu mets plus fort ta voix ou que tu changes les settings de ta voix qu’elle va ressortir plus, mais parce que tu vas faire un bypass sur ta basse ou parce que ta batterie n’est pas bien réglée. C’est facile de se perdre et du point de vue classique pour la trompette, pour moi c’est compliqué. Je n’ai jamais été extrêmement content d’un enregistrement que j’ai fait moi-même avec du bon matériel. Pas plus que d’un enregistrement avec un téléphone qui enregistre bien, avec un micro de qualité correcte où tu peux régler le gain ou alors avec un téléphone qui a un gain automatique correct qui ne fait pas des bypass de fou furieux de moins 18 dB sans que tu lui demandes quand tu joues un peu fort. Je n’ai jamais été vraiment beaucoup plus content d’un enregistrement que j’ai fait moi-même avec du matériel qui coûte beaucoup plus d’argent. Des fois tu poses un Iphone et finalement tu te rends compte que la vidéo est très bonne et que le son est pas mal, et qu’en mettant parfois juste un EQ sur le son de ton Iphone tu as un son qui est presque plus audible et agréable. Ça fait amateur ou en tout cas ça ne fait pas professionnel, mais c’est difficile de faire professionnel quand tu ne l’es pas. Certes, avoir le microphone devant l’instrument fait plus authentique mais ça peut aussi faire plus modifié. Quand on voit qu’il n’y a pas de micros sur l’image, que quelqu’un est sur une scène et qu’on comprend que c’est juste filmé par un téléphone ou une caméra, si le son est correct on se dit que c’est pas mal, au moins c’est naturel. Alors que si tu vois une vidéo avec quelqu’un qui a un micro, même un seul, alors que le son est bien, tu peux te dire qu’il y a de la post-production, c’est sûr. Alors que tu peux faire de la post-production avec un téléphone, ce qui est finalement stupide et qui n’a aucun sens, parce que tu peux faire la même post-production quelle que soit l’origine de ton son. Le signal de base n’est pas forcément de la même qualité mais c’est le côté qui me déplaît dans ce que je fais, et ça prend aussi beaucoup de temps à faire.

Qu’est-ce qui t’empêche de passer par un professionnel des fois ? Une envie de faire toi-même ?

Rien. Il y a eu une envie de faire moi-même à un moment, cela correspondait surtout au confinement où j’avais envie de m’amuser et de faire des maquettes. Ça m’a toujours plu et je me suis toujours dit que ça me ferait marrer de faire des trucs moi-même.

Et plutôt en enregistrement classique ?

Le confinement aussi. Le fait est que toutes les vidéos de concours ont connu un essor incroyable et démesuré avec le confinement et c’est encore le cas même si beaucoup de mesures sont levées voire toutes dans certains pays. C’est hallucinant la quantité d’académies qui fonctionnent par vidéo. Il n’y a presque aucune académie où tu dois faire un concours en vrai. Des fois c’est juste une phase de sélection, des fois c’est carrément le concours entier, tu gagnes un concours par vidéo. Ça existe, il y a beaucoup de concours par vidéo, et tu te dis mais qu’est-ce que c’est, est-ce qu’on fait de la musique ? Dans le classique je trouve ça un peu bizarre, pour présélectionner pourquoi pas. Du coup c’était parce que je me disais que comme ça c’est pratique, même si je suis tout seul je paye mon matériel à un certain prix et au moins je n’ai pas besoin de solliciter quelqu’un à chaque fois. Dans les faits, je sollicite quand même quelqu’un à chaque fois pour lui demander si ma post-production est bien ou pour lui demander de changer mon EQ parce que je n’arrive pas à le régler comme je veux. Le problème c’est que ça a un coût aussi de faire ça tout le temps, même si je ne paye pas parce que j’ai des relations qui le font très gentiment pour moi. En même temps, je suis aussi dans un esprit où même si je fais 5 ou 6 vidéos de concours par an je me sentirais très mal à l’aise de demander à chaque fois à quelqu’un qui est professionnel de faire ça gratuitement. Si je devais le payer je n’aurais pas les sous pour le faire donc je me débrouillerais autrement. Là je peux le faire, je l’ai fait l’année dernière pour m’inscrire à un concours où j’ai demandé à quelqu’un de m’enregistrer mais c’était exceptionnel. Je m’étais vraiment beaucoup préparé pour les enregistrements et on a fait ça en une ou deux fois 2h30, vraiment pas beaucoup de temps d’enregistrement pour deux pièces de trompette seule et je suis très content. Le son et la vidéo sont très bien, pour le coup ça fait beaucoup plus professionnel. Ce n’est pas encore le plus optimal parce qu’il n’y avait qu’une caméra qui était de bonne qualité mais qui aurait pu être encore mieux. Ça présente quand même très bien mais je ne me vois pas pour des académies où je n’ai pas beaucoup le temps, demander à quelqu’un de m’enregistrer le week-end prochain. C’est un peu par solution de facilité aussi.

Tu disais que tu te préparais mieux pour un enregistrement quand tu enregistres avec quelqu’un ?

Oui, c’est comme la différence entre un concert et un filage à un copain. Pour le filage à un copain tu lui demandes ça quand tu es en train de travailler. Tu lui dis : “eh, je peux te filer la pièce que je suis en train de jouer ?”. Ça n’empêche pas que ça peut déjà être très très bien, voire déjà parfait ou presque. Forcément tu te prépares et tu as la date. On va comparer ça plutôt à un concert et un filage que tu fais pour toi dans ta salle, tout seul. Le filage que tu fais pour toi, c’est un bon entraînement mais en même temps tu peux en faire autant que tu veux et tu peux en faire un par jour. Le concert, tu as la pression et le moment de te dire que c’est maintenant qu’il faut tout donner et jouer le mieux possible, tout de suite, aujourd’hui. Pas demain, pas après-demain, pas hier. Alors que le filage finalement, si tu joues très bien c’est cool, mais si tu joues un peu moins bien qu’hier tu te dis que tu es moins en forme. Donc forcément quand il y a un enregistrement où il y a quelqu’un, je me mets un peu plus de pression et j’essaye d’arriver en étant au taquet et de faire le mieux possible.

Pour quel genre de projets tu préfères passer par un ingénieur du son ou être autonome ?

Les concours un peu importants et les trucs un peu moins importants : les académies où je me présente un peu à l’arrache. Si on me dit qu’il y a une académie, la deadline c’est dans une semaine, les traits d’orchestre tu les connais, tu ne veux pas tenter, ça pourrait être une bonne expérience si jamais tu passes ? Ça, je vais avoir tendance à le faire un peu plus à l’arrache parce que je me dis que je n’ai pas sur-préparé le programme, je ne vais pas mobiliser quelqu’un pour enregistrer ça.

À quelle fréquence tu as besoin de t’enregistrer ?

Je dirais entre 5 et 10 fois par an.

Tu serais prêt à réinvestir dans du matériel, tu as des références en vue ?

Pas du tout, aucune référence en vue. Je vois un peu ce qui existe mais je n’en sais rien du tout. Et ce n’est pas du tout ma priorité, je pense que je le ferai dans un certain temps.

Est-ce que tu aurais envie de te former là-dessus ?

Oui j’aurais envie, ça m’intéresserait d’en savoir plus et de savoir le faire mais non, je n’ai pas le temps, j’ai beaucoup trop d’activités musicales pour avoir le temps de faire ça et disons que ce n’est pas non plus dans mes priorités de me dire tiens, si j’étais aussi ingénieur du son. Et comme je suis jusqu’au-boutiste, si jamais je le faisais ce serait pour m’y connaître, pas juste un peu. Là je me satisfais du fait de pouvoir faire un EQ tout seul et de pouvoir choisir une réverbération correcte pour faire ce que j’ai à faire et pour m’amuser à bidouiller des plugins sur ma voix et faire des choses marrantes mais c’est soit tout soit rien et là en l’occurrence ce n’est pas rien, mais ça me suffit.

À la fois pour la prise de son et pour entraîner ton oreille ?

Entraîner mon oreille pour le coup, faire de la direction artistique ça me plairait beaucoup si c’est la question.

C’était plus savoir écouter un enregistrement, reconnaître les défauts techniques du son, pour mieux savoir t’enregistrer toi-même.

Non, je n’ai pas le temps.

Entretien n°2

Le 20/10/2022

Comment avez-vous choisi les micros ?

Alors ce qui était déjà la première étape c’est qu’on a eu un cours de In house recording. C’est un week-end où l’on découvre le matériel dont la HSLU dispose. C’était en groupes, on a tous manipulé et ils nous montrent comment faire. Il y en a qui étaient dans la régie et d’autres qui étaient dans des salles en haut, donc on alternait les groupes entre ceux qui jouaient et les autres qui enregistraient. On a vite appris à brancher les trucs mais je trouve qu’on était beaucoup… Après je me suis dit qu’on allait enregistrer notre duo avec Florence6,7, donc je suis allée voir Eric et Hervé8 en leur disant que j’avais envie de faire ça pour savoir de combien de microphones et de quel matériel j’avais besoin. Ils m’ont conseillé les micros, ceux qui sont tout fins, et après on a organisé une séance crash test avec mon ordinateur et les microphones et la carte son de l’école. Pendant la séance crash test on a branché les trucs, j’avais des souvenirs de comment ça fonctionnait à peu près mais on a galéré parce que le son dans le micro n’était pas activé. On a appelé Hervé qui est venu nous aider et finalement le copain de Florence qui s’y connait un peu est venu nous aider. En fait on avait du son dans le micro, c’est juste que ce n’était pas relié à la piste de Cubase.

Tu as une version gratuite de Cubase ?

Non, c’est la licence de l’école. Une fois que ça marchait, on a programmé le jour J. Le jour J on avait rendez-vous vers 9h-10h et on a dû finir vers 17h.

Comment as-tu réservé une salle ?

On a envoyé un mail à la Raum HSLU9 et c’est vrai qu’on s’y est pris un mois à l’avance pour réserver une salle pour le crash test et une salle toute la journée le dimanche, comme ça on était sûres d’être tranquilles.

Le jour J vous avez installé tous vos micros, ça vous a pris combien de temps à peu près ?

Je pense que ça nous a pris une heure parce qu’il y avait trois caméras avec. En fait il fallait d’abord installer la salle donc pousser tous les instruments, puisque c’était une salle avec deux pianos, une batterie et des enceintes partout, une Ensembleraum10. Donc tout pousser puis installer les micros je pense que ça nous a pris une heure et demi avec les caméras et après lier avec l’ordinateur et faire le check son pour régler la puissance.

Vous avez beaucoup écouté ce que ça donnait dans les micros ?

C’est le copain d’Isabelle qui nous a fait le soundcheck. On lui a fait confiance et une fois qu’on s’est enregistrées on s’est écoutées après chaque prise, mais c’est tout.

Est-ce que vous avez replacé les micros ?

Oui, après comme on a vu toutes les deux le piano c’était pas le…

Justement c’est intéressant, est-ce que sur le moment c’était bien ?

Non, on ne s’est même pas dit, on était tellement focalisées sur la qualité musicale qu’on pouvait faire que pour la flûte par exemple on ne s’est pas dit mince c’est peut-être un peu trop proche. On n’a pas replacé les micros.

Vous aviez un casque pour vous deux, trois ?

On avait deux casques, le copain d’Isabelle est venu le matin avec nous et après il n’était plus là.

C’était pour démarcher des festivals ?

Oui.

À chaque prise vous coupiez ?

À chaque prise on coupait tout, le son et les trois caméras et on écoutait, après on faisait un petit débrief musical, on était tout le temps avec la partition ou alors on faisait une pause mais on avait trop peur de dérégler des trucs donc on laissait tout allumé à chaque fois.

Vous avez mis de 9h à 17h, vous avez fait 3 prises complètes ?

Oui 3 prises complètes et après on a fait deux passages en deux prises à répéter en boucle en se disant qu’on pourrait peut-être l’utiliser.

Et ce n’était pas mieux ?

Quand j’ai réécouté je pense que c’était suffisant les trois prises qu’on a faites.

Vous avez fait les deux prises répétées en boucle après ?

On a fait ça entre la 2e et la 3e prise complète.

Après ça vous avez tout remballé, et vous avez fait d’abord le montage vidéo ?

Non, je suis allée voir Eric et Hervé en leur disant que j’avais ce montage son à faire, comment faire pour que ce soit un peu plus réverbéré ? Il m’a juste ajouté la réverbération et dit que je pouvais décaler les pistes à droite et à gauche. J’ai juste fait ces deux manips, plus à droite, plus à gauche et mettre la réverbération, essayer de jouer avec ça. Le soir même j’ai mis les vidéos par-dessus pour montrer à Florence le lendemain les trois versions qu’on avait. Là elle m’a dit que ça n’allait pas le son, que ce n’était pas cohérent avec la pièce, qu’il y avait trop de réverbération. Elle m’a dit que ce n’était pas complet ce que j’avais fait. Elle a appelé son copain qui a remis une réverbération plus naturelle, qui a égalisé, mis des EQ. Par-dessus j’ai refait le montage avec les vidéos zoom. Parce qu’il y avait une caméra centrale et par-dessus j’ai mis des petits zooms sur la version qu’on avait choisie. Et finalement on s’est dit que c’était trop dommage, et j’ai fait appel à toi pour faire le montage.

Et du coup c’est son copain qui a filmé les zooms ?

Non c’étaient juste les caméras qui étaient posées, elles étaient fixes.

En post-production tu as fait le zoom ?

Non, il y avait trois caméras fixes qui ne bougeaient pas, le zoom était déjà fait sur nous. Donc je n’ai rien touché à l’image, j’ai juste mis l’image au bon moment pour que ça corresponde et j’ai joué avec les zooms.

Et le logiciel tu avais appris à t’en servir au week-end de inhouse recording ?

Cubase ? Oui, entre guillemets, je ne sais pas le maîtriser.

Tu ne t’en es jamais servie à l’extérieur de ce cours ?

Du coup avec cet enregistrement oui. Je sais mettre les pistes, relier les trucs, tout ce que je sais faire c’est l’enregistrement mais l’après enregistrement je ne sais pas.

Si tu avais enregistré avec un ingénieur du son, qu’est-ce que tu aurais attendu de différent ?

Déjà le fait qu’il n’y ait plus cette charge de mettre en place les micros et les caméras, On devait couper puis regarder si tout était bien en place, enlever cette charge. J’aurais aussi attendu des retours entre les prises, très concrets : tu es trop forte, plus de phrasé. On était toujours le nez dans le guidon, je pense que ça nous aurait allégées que quelqu’un d’extérieur puisse nous guider.

Qu’est-ce qui t’a plu dans le fait de ne pas avoir d’ingénieur du son avec vous ? C’est juste la fierté de dire on l’a fait toutes seules, mais en vrai pas grand-chose parce que j’avais l’impression de ne rien maîtriser. Oui, il y avait des micros mais après coup, maintenant en en parlant avec toi et surtout en voyant le résultat on voit les détails qui sont importants et qu’on ne savait pas. Je dirais juste le truc de le faire toute seule, mais c’était hyper crevant.

Le choix de ne pas faire ça avec quelqu’un s’est fait de soi-même parce que vous ne connaissiez personne ?

Si, il y a un mec qui fait ça à l’école. Moi au départ je m’étais dit trop bien, j’ai envie d’apprendre à faire ça, comme ça je peux avoir cette carte dans ma valise et me dire ok, je peux faire ça toute seule. Mais en fait je me rends compte que c’est tout un monde et toute une formation qu’il faut avoir, et maintenant c’est ok de se dire que je préfère me concentrer sur la partie artistique et c’est ok de ne pas savoir tout faire. C’était un peu un truc de trop bien, je vais le faire toute seule et m’y intéresser. Je m’y intéresse mais je pense que c’était un peu naïf de me dire que je le ferais toute seule.

Maintenant si tu devais le refaire tu ferais autrement ?

Je pense que oui, je ferais avec quelqu’un. Je serais là pour installer parce je trouve ça trop bien de pouvoir en parler avec la personne et comprendre ce qui est bien : pourquoi le micro est mieux là, comment brancher ça… Mais je ne ferais pas ça toute seule, je ferais avec quelqu’un. C’était aussi une question financière. Mais maintenant qu’on voit le résultat, tout est léger, on se dit que bien sûr, ça vaut le coup de faire appel à quelqu’un et de payer, c’est évident. Il y a une raison pour laquelle ces gens sont là. Autant mettre de l’argent pour éviter un poids sur la journée.

Tu n’as pas besoin de t’enregistrer souvent ?

Si, je m’enregistre souvent, je le fais de plus en plus pour travailler parce que je vois les bénéfices. J’ai un Zoom H4 avec lequel je m’enregistre. D’ailleurs il y a des réglages à faire, quand tu joues fort le son se réduit, et quand tu joues piano ça augmente. J’utilise souvent ça pour les rodages pour m’enregistrer mais je vois de plus en plus l’utilité de s’enregistrer. C’est juste pour moi toute seule, ça ne devient jamais un matériel pour montrer aux gens.

Ça fait combien de temps que tu l’as ton Zoom ?

Ça fait depuis 2018 ou 2019.

Tu avais dû faire des vidéos de concours pour rentrer ici ?

Oui.

Tu avais fait ça au Zoom ?

Non, j’avais fait avec un appareil photo, il y avait un micro branché dessus. Comme ils ne voulaient pas de montage j’avais peur d’enregistrer le son et puis de mettre l’image dessus.

L’appareil photo et le micro sont à toi ?

Oui, à mon père.

Tu vas devoir te réenregistrer pour faire des entrées en master ?

Oui, ou même pour ma documentation personnelle, c’est vrai que ça fait une différence quand tu veux jouer à un endroit. Ça fait la différence quand tu envoies un dossier avec au moins une petite vidéo de ce que tu sais faire.

Tu as déjà investi dans du matériel donc ?

Oui, le Zoom H4.

Est-ce que tu serais prête à investir dans du matériel ou ça te semble inutile ?

Oui, j’aimerais bien avoir cette possibilité de pouvoir enregistrer sur le long terme, carrément. Même pour créer des sons, pendant un moment je rêvais d’aller dans les forêts et d’enregistrer les bruits de la nature et de faire un montage après pour créer. Je pense que quand tu enregistres un truc dans un but professionnel, le fait qu’il y ait un regard extérieur c’est hyper important en fait. C’est ce que je m’imagine et j’ai l’impression que même pour les CDs ça se passe souvent comme ça. C’est bien de faire la part des choses entre l’artiste et celui qui s’occupe du son.

Est-ce que ça t’intéresserait d’avoir un apprentissage pour mieux écouter et reconnaître les défauts d’un enregistrement ?

Oui carrément, pour comprendre. C’est une autre façon d’écouter, je ne pensais pas du tout.

En t’enregistrant tu arrivais à faire la part des choses entre le son et ce que tu jouais musicalement ?

Oui, je trouvais que c’était hyper sec et je m’inquiétais de mince, est ce que je joue sec ? Mais même quand je m’enregistre toute seule c’est vraiment super sec, est-ce que c’est vraiment mon jeu, l’acoustique ou le micro ? Je pense que je ne sais pas faire la part des choses.

Et tu arrives à retrouver ton son, les graves, les aigus ?

Oui avec le Zoom H4 ça donne une bonne idée de si c’est dur, ample, rond. Mais c’est souvent très sec et en plus comme on est hyper dur avec soi-même je ne sais pas si je suis vraiment objective. Je pense qu’il y aurait un effort de mon oreille à faire, même entre ce qu’il se passe sur le moment, quand je joue, et après quand j’écoute. C’est intéressant, est-ce que le son quand tu le produis et quand tu l’écoutes il doit sonner pareil ?

Entretien n°3

Le 06/01/2023

Est-ce que tu peux te présenter rapidement, dire ton instrument, ton niveau, ton école ?

Je joue de l’accordéon à la Haute école de Lucerne, je suis étudiante en quatrième année de Bachelor parce que j’ai rajouté deux semestres.

Tu t’es déjà enregistrée toute seule ? C’était pour quoi, dans quel but ?

Une fois pour m’enregistrer pour pouvoir participer à une masterclass, et en fait ça m’est déjà arrivé d’enregistrer pour des compositeurs qui demandaient des improvisations pour un projet. J’ai dû m’enregistrer en train d’improviser et après ils ont utilisé les enregistrements. C’est arrivé 2-3 fois avec des compositeurs.

Ils en font quoi après des improvisations ?

La première fois je crois qu’il voulait de l’inspiration. Il a utilisé les improvisations pour faire des compositions avec, c’était le concept de sa pièce. Et avec un autre compositeur on devait enregistrer des sons spéciaux avec notre instrument et après il utilisait les sons, il a fait une tape électronique à côté. On jouait avec dans la pièce, il avait aussi écrit des parties à jouer pour nous en plus de l’enregistrement.

Pour ça c’est toi qui t’es enregistrée ?

Il nous a demandé de nous enregistrer nous-mêmes.

Et dans les deux cas comment tu as fait ?

Je ne sais pas quel est le modèle mais j’ai un Zoom que j’ai acheté parce que j’ai vu plein d’étudiants à la Haute École qui les utilisaient pour s’enregistrer. Tu sais, ça ressemble un peu à un téléphone avec les micros croisés. Du coup je l’ai acheté, je me suis dit que j’allais sûrement m’en servir. Pour la masterclasse j’ai utilisé le Zoom pour le son et mon téléphone pour la vidéo et puis sinon seulement le Zoom pour les deux autres.

Tu l’as placé comment par rapport à toi ?

C’est vraiment un problème. Une fois j’ai demandé à un copain de venir enregistrer pour moi parce qu’il a un Zoom et qu’il le connaît bien mais sinon je ne vais jamais lire les réglages assez loin. Je suis un très mauvais exemple. Je sais que tu peux faire le réglage le plus basique, c’est juste de baisser ou de monter le son sur le côté. Donc je faisais des petites prises et après j’écoutais avec un casque pour voir si c’était trop fort. J’ai aussi fait un enregistrement avec chanteur et clarinette, aussi avec le Zoom et la vidéo avec le téléphone.

Vous étiez trois à jouer en même temps ?

Oui. On avait un peu peur de la clarinette et de la chanteuse à cause de ça justement, que ce soit trop haut et que ça pète un peu dans les aigus. Du coup, là on avait vraiment beaucoup fait de réglages sur le côté pour être sûrs que la chanteuse soit bien.

C’était pour quoi ?

C’était pour un festival, on voulait se présenter pour ce festival et on devait envoyer des vidéos.

Vous avez réussi à avoir un niveau où personne n’était au-dessus ou en dessous des autres ? Vous avez trouvé un équilibre ?

Oui, on a quand même un peu bidouillé. On était dans la salle des clavecins, on avait une grande salle donc on s’est mis très loin de l’enregistreur et on a un peu triché en se disant que, comme moi j’étais probablement la plus forte, je me mettais au coin de la salle, le plus au fond, puis après la clarinette, puis après la chanteuse. On a un peu essayé de jouer avec la salle et avec la distance par rapport à l’enregistreur. Mais franchement l’enregistrement n’était vraiment pas fou.

Est-ce que pour documenter je peux récupérer un enregistrement ?

Oui, il faut que je regarde si je retrouve ça sur mon ordinateur. C’est juste que l’enregistrement avec chanteur et clarinette on l’a un peu modifié sur GarageBand.

Donc tu n’avais jamais utilisé le Zoom avant de l’acheter ?

Non mais on l’avait déjà utilisé sur moi.

Et tu avais entendu le résultat ?

Non.

Tu dirais que tu as passé combien de temps à t’écouter pour faire les réglages avant d’enregistrer ?

Je ne sais pas, c’est dur à dire. Toute seule je prends beaucoup moins de temps qu’avec les autres et en fait j’ai compris qu’il fallait le faire un peu après, quand j’ai fait la musique de chambre. Quand je le faisais toute seule je me mettais simplement loin, ça dépendait des salles mais je me mettais simplement le plus loin possible. Et puis je ne faisais pas trop attention aux réglages, c’est plus avec le chanteur que j’ai commencé à faire attention aux réglages. Du coup combien de temps c’est un peu dur à dire, j’imagine quand même à chaque fois une bonne demi-heure. En groupe quand même 20 bonnes minutes.

Est-ce que quand tu réécoutes tu reconnais le son de ton instrument ? Qu’est-ce que tu penses du son ?

C’est une bonne question, je n’ai jamais trop fait gaffe.

Si ça ne t’a pas frappé, peut-être que tu reconnais le son ?

En tout cas les enregistrements que j’ai dû faire c’était à chaque fois quelque chose que je devais faire puis donner à quelqu’un après, donc peut-être que j’ai moins fait attention à me demander comment le son était vraiment, donc je ne sais pas trop.

Quand tu dis que tu le donnes à quelqu’un d’autre, c’est quelqu’un d’autre qui a justement fait les trucs dans GarageBand ?

Alors avec la chanteuse et puis le clarinettiste oui, c’est le clarinettiste qui a fait la chose sur GarageBand et sinon pour les compositeurs c’est eux qui ont modifié l’audio. Je ne sais pas ce qu’ils ont utilisé, certainement pas GarageBand.

Du coup toi tu n’as jamais retouché le son. Et tu utilisais quoi pour t’écouter justement, tu as quoi comme casque ?

J’ai utilisé les casques de la Haute École et sinon c’étaient les casques d’autres personnes. Parce que moi j’ai acheté seulement récemment un casque.

Est-ce que tu considères que tu as passé beaucoup de temps à placer le micro, à t’enregistrer toi-même, à faire tout ça ou pas ?

Ça dépend ce que ça veut dire beaucoup de temps pour toi, mais ça prend quand même son temps. À chaque fois je me dis qu’en 45 minutes c’est joué mais c’est si jamais j’ai 45 minutes. Si vraiment on veut faire un bon truc il me faut quand même presque deux heures pour être sûre d’avoir une version ou les réglages sont vraiment bons, et où moi je fais une bonne version aussi.

Comment tu gères ? Tu fais une prise en entier du morceau et après tu réécoutes, comment tu fais ?

Non je faisais juste les réglages au début où on ne jouait presque rien. Soit le début soit les moments les plus forts ou les moins forts. Mais pas la pièce en entier non. Après la première fois on écoute et si le son est bon on fait juste des versions pour y aller.

En boucle ?

Oui, pour avoir une bonne version.

Et dès qu’il y en a une qui est bonne vous arrêtez ?

Ça dépend, toute seule je n’avais pas fait comme ça, j’avais fait plein de versions que j’avais d’ailleurs fait aussi sur plusieurs jours, pas les mêmes enregistrements. Mais avec un groupe c’était plus compliqué parce qu’on n’avait que ces heures-là pour se voir donc on a fait jusqu’à ce qu’on doive partir.

À la fin vous étiez fatigués ou ça allait ?

Ça va parce qu’on n’avait pas eu trop de temps. Donc ça va.

Et tu penses qu’en ayant eu quelqu’un avec vous ça aurait pris plus ou moins de temps pour faire les réglages ?

Ah, moins de temps.

Et plus ou moins de temps pour gérer la séance, conduire ?

Je pense moins de temps aussi parce qu’en fait ce qui est un peu embêtant, en tout cas en musique de chambre quand on a fait ça, c’est qu’il y en a un qui va écouter et puis moi qui suis accordéoniste je dois à chaque fois poser l’instrument, aller jusqu’à l’audio et remettre l’instrument, c’est un peu demandant quand même… Donc je disais à chaque fois aux autres qui n’avaient pas l’instrument d’aller voir eux. Au bout d’un moment il y a tout le temps quelqu’un qui me disait d’écouter aussi pour me dire si ça me plaisait, du coup il fallait quand même se lever et y aller. S’il y a quelqu’un à qui on fait confiance, je trouve que c’est clairement plus agréable.

Quelqu’un que tu connais ou tu ferais aussi confiance à quelqu’un que tu ne connais pas ?

Ça m’est un peu égal tant que la personne connaît bien le Zoom peut-être.

Et la musique, est-ce que tu attends des avis musicaux ou pas ?

Non, pas forcément, je ne crois pas ou en tout cas oui alors peut-être au niveau de la balance. Après ça c’est lui qui gère peut-être avec le Zoom en disant : « toi joue peut-être un peu plus et toi avance un peu plus ou un peu moins”.

Pendant le morceau ?

Non pour les réglages. Enfin peut-être que c’est musical du coup.

Et si vous aviez eu le choix par exemple pour la musique de chambre, vous l’auriez fait avec un ingénieur du son ou non ?

Ah oui.

C’était par simplicité ?

Parce qu’on ne voulait pas payer pour ça. Et c’est plus simple à organiser juste entre nous que d’organiser avec quelqu’un en plus. Et parce que je ne sais pas combien ça va coûter.

Si tu voulais tu saurais à qui demander ou pas pas ?

Pas vraiment. À la Haute École oui mais si c’est en dehors de la Haute École pas tellement.

Est-ce qu’il y a des projets que tu ferais plus toute seule et des projets que tu ferais plus avec un ingénieur du son ?

Oui, je dirais que ça dépend de la qualité de l’enregistrement que je veux avoir. Et ce que je fais de l’enregistrement après. Si c’est juste pour pouvoir participer à une masterclass je pense que mon Zoom est suffisant. Si c’est pour envoyer une improvisation à des compositeurs qui ont l’air de ne pas avoir de matériel, ça me parait aussi suffisant. Mais je ne sais pas, si c’est pour mettre une vidéo sur le site que j’aurais par exemple, là je pense que je ferais la chose différemment.

Et tu attendrais de l’ingénieur du son vraiment un travail du son et pas du tout une aide musicale ?

Je ne pense pas non.

Ni de te dire que tu es fatiguée, que tu as besoin d’une pause ?

Je ne serais pas contre mais j’imagine que je m’en rendrais compte moi-même. Je ne veux pas non plus que ce soit un truc où on ne se parle pas mais j’imagine qu’il fait le son et que moi je fais la musique.

Tu as besoin de t’enregistrer à quelle fréquence ? Pendant tes études ça t’arrive beaucoup ?

Oh non, vraiment pas beaucoup.

Tu as l’impression qu’à l’avenir ça va évoluer ?

Quand même plus, j’utilise mon Zoom régulièrement quand même, mais régulièrement c’est peut-être tous les trois mois. Je trouve que je l’ai rentabilisé parce que je l’ai quand même utilisé plusieurs fois.

Est-ce que ça te convient ou à terme tu penses acheter plus de matériel ?

Alors je réfléchis actuellement à une caméra pour pouvoir les mettre ensemble, le Zoom et la caméra, pour avoir une belle image. C’est vrai que pour les vidéos, là je suis en plein dans les concours d’entrée, ce n’est pas si grave mais je me dis qu’avoir une bonne caméra ça peut être pas mal pour après. Enfin je me dis que la Suisse c’est encore facile quand tu es chez toi, mais quand tu vas dans d’autres pays c’est peut-être bien d’avoir une qualité d’image en plus du son. Donc je suis en train de réfléchir à ça en ce moment.

Et ton casque c’est quoi comme casque ?

C’est un Bose. C’est pour le Bluetooth.

Tu l’as choisi ? Quels étaient tes critères ?

C’est d’être tranquille dans le train.

Donc réduction de bruit ?

Oui.

Est-ce qu’éventuellement, si tu avais accès à un petit module de formation pour savoir écouter, placer ton Zoom, est-ce que tu serais intéressée par ce genre de choses ?

Oui, j’en ai déjà fait un peu pour amplifier un concert live. C’est juste qu’on a fait ça sur trois jours et évidemment après tu oublies tout.

La formation de l’école ?

Oui. Mais franchement je ne saurais plus comment le faire. On a regardé les petites tables de mixage, je ne sais même plus comment le faire. Donc en soi oui à fond, je serais intéressée.

Quel genre de format tu trouverais intéressant ? Plutôt des cours en physique ou des vidéos sur Internet ou des applications ?

Je ne sais pas, peut-être moitié-moitié, quand tu as fini le cours tu as quand même un petit support si jamais tu as oublié justement. Que tu puisses avoir une vidéo ou

un dossier, quelque chose de très pratique qui peut vite réexpliquer comment refaire au cas où.

Donc d’abord avec quelqu’un et après avoir un support ?

Oui quand même.

Sur l’auto-enregistrement, le Zoom ou d’autres micros ? Est-ce que tu en aurais l’usage ou pas ?

Oui, j’avais aussi réfléchi une fois à m’acheter un micro voix, enfin avant je disais micro voix maintenant je sais qu’il y en a d’autres. Je ne saurais pas lequel prendre mais oui, je me dis que ça peut toujours être utile, mais pour l’instant je n’en aurais pas l’utilité. C’est juste que je me dis qu’il y aurait des trucs marrants à faire. Mais pour l’instant c’est tout.

Toi tu n’as jamais fait de post-production sur ton ordinateur ?

Ça m’est arrivé une fois sur iMovie pour me donner un petit peu de réverbération mais c’était vraiment nul.

Et avec ton Zoom tu t’enregistres des fois pour travailler ?

Non pas beaucoup et si je le fais je le fais avec mon téléphone.

Tu n’as pas tout le temps ton Zoom avec toi ?

Non.

Entretien n°4

Le 12/01/2023

Est-ce que tu peux te présenter rapidement ?

Je suis en dernière année de Bachelor en trompette à Lucerne, j’ai 19 ans.

Tu t’es déjà enregistré ?

Des examens pour des concours d’orchestre, pour le Verbier Junior11 l’année passée.

Donc tu as fait une fois ?

Oui j’ai fait une fois, c’est la seule fois. Ça s’est mal passé d’ailleurs. Je n’aime pas trop faire ça… Tu commences à faire ces vidéos et tu es content mais en même temps tu sais que tu peux faire mieux. À la fin ça a été mais tu es toujours un peu frustré.

Tu as l’impression d’y passer beaucoup de temps pour essayer de faire mieux ?

Oui et des fois tu as l’impression de perdre du temps parce que tu te concentres sur des trucs un peu… À la fin ça avait été mais ça m’a pris deux mois pour faire une bonne vidéo.

Et pendant deux mois, tu as enregistré tous les jours ?

Tous les deux ou trois jours. Je faisais un jour une vidéo puis le lendemain je travaillais, enfin je l’écoutais et je travaillais sur ça mais à la fin le rythme était quand même… J’en faisais beaucoup plus à la fin parce que je me disais qu’il ne me restait qu’une ou deux semaines. Mais c’est toujours comme ça, on se dit qu’on a le temps et puis finalement j’ai envoyé la dernière vidéo que j’ai faite parce que je me suis dit que c’était presque la meilleure.

Et les jours où t’enregistrais, tu enregistrais combien de temps ? Tu faisais une prise ?

Oui je faisais une prise ou deux ça dépendait. Il y a un jour où j’en ai fait trois mais je ne sais pas… Tu les fais et puis ce que tu as fait faux tu le fais juste mais après tu fais d’autres trucs. Et c’est un peu bizarre, c’est pour ça que je préfère aller en live parce que tu fais l’examen et c’est fini, tu n’as pas besoin de repenser à ça. Mais là tu te dis que tu peux toujours faire mieux. En vrai ce ne sera jamais parfait, il y a toujours quelque chose qui ne va pas.

En faisant une ou deux fois maximum tu ne te sentais pas trop fatigué à la fin ?

Non ça allait, il fallait que je travaille aussi mes autres trucs parce qu’il n’y avait pas que ça. Il fallait que je travaille pour les cours de trompette, je faisais ça en parallèle. Mais si le programme durait quand même 15-20 minutes où c’est non-stop, si tu fais deux fois c’est quand même… Aussi psychologiquement tu es un peu fatigué après mais ça va.

Tu faisais ça à l’école ?

Oui je faisais ça ici. Je faisais ça toujours le soir d’ailleurs. Je commençais à 17h. J’arrivais, je m’échauffais et je faisais une fois, je l’écoutais peut-être, et si je n’étais pas content et que je savais que je pouvais encore en faire une je faisais, sinon je travaillais le reste.

Du coup pendant la journée tu travaillais ta trompette ?

Oui j’avais mes cours aussi. Je savais que je devais le faire alors…

Comment tu choisissais les salles, tu faisais en fonction de quoi ?

C’était un peu ça le problème parce qu’il y avait encore plus de problèmes de salles que maintenant. La salle n’était pas mon premier critère. Parce que je sais que si tu joues bien et que tu n’es pas dans une bonne salle tu peux quand même le faire.

Après c’est sûr ça change, d’ailleurs ma meilleure vidéo était dans la grande salle d’orgue, peut-être que ça a aidé, peut-être pas, je ne sais pas. Mais c’est vrai qu’au début je les faisais dans des petites salles, enfin des salles moyennes. Après je me suis dit que j’allais prendre des salles plus grandes et je faisais dans des salles plus grandes.

Donc tu cherchais surtout ce qui était libre et tu faisais un peu en fonction ?

Oui.

Et du coup tu as fait comment, tu avais un Zoom ?

Oui j’avais une caméra, je ne connais pas la marque, et je la raccordais à un Zoom. C’était bien, la qualité était bien.

C’est ton matériel ?

C’était mon matériel, oui.

Est-ce que tu prenais du temps pour placer ton Zoom ? Comment tu faisais ?

Je prenais plus de temps pour régler le son que l’image. Il y avait des critères comme d’habitude. Je prenais le temps qu’il fallait pour régler le son, pour régler la prise de son tu sais ?

Le gain ?

Oui le volume voilà ! Et après c’était presque toujours réglé. Mais au début ce n’était pas très bien. Au début c’était nouveau le Zoom pour moi donc c’était un peu bizarre, je le mettais un peu trop fort en fait. Et quand tu mets trop fort après ça envoie, alors après je le réglais tout le temps pareil et à la fin c’était bien.

Et par rapport à toi tu le mettais proche, loin ?

Je le mettais assez proche mais pas en face de moi, un peu sur le côté.

C’est quoi assez proche, c’est un ou deux mètres ? Plus ? Moins ?

Oui 2 ou 3 mètres.

Sur une table ?

J’avais un trépied pour la caméra et le Zoom je le mettais sur une table.

Tu réglais le gain et après tu écoutais ton son avant d’enregistrer ou pas ?

Avant de faire une vraie prise ? Alors j’allumais et je jouais quelques mesures et après j’écoutais. Mais après je n’avais plus besoin de faire ça parce que je savais que c’était bien.

Ok donc à la fin des deux mois tu n’écoutais plus ? En écoutant tu changeais quoi, le volume ?

Le gain oui.

Est-ce que derrière tu as rajouté une réverbération ou fait quelque chose ?

Non. Je n’avais pas envie de faire des trucs parce que je ne savais pas si c’était permis. Non je n’ai rien fait.

Quand tu réécoutes la vidéo est-ce que tu reconnais ton son à toi quand tu joues ? Non. C’est ça qui me dérange un peu aussi parce qu’en vrai c’est dur de se rendre compte… On n’est pas des professionnels alors si c’est toi qui le fais c’est dur de reproduire ton propre son.

Tu trouves que c’est comment par rapport à ton son habituel ?

Le son était plus… maigre. Ce que tu joues reste comme ça, bien sûr mais ton son est encore plus… Surtout dans les petites salles au début, quand tu t’écoutes en jouant tu te dis “ah c’est cool”, après tu réécoutes la vidéo et tu te dis “ah oui c’est ça… bon on va refaire”.

Plus agressif ?

C’est plus agressif oui. C’est plus agressif et en même temps le son est moins beau.

Tu arriverais à le décrire plus ou pas ? À décrire ce qui ne te plaît pas dans le son ? Je trouve que ça altère beaucoup tes qualités. Si tu as des qualités que tu veux montrer quand tu es en live, il y a beaucoup de choses qui ne sont pas là en fait. Aussi ta présence, ce n’est pas que le son, c’est un tout. C’est ça qui me dérange un peu, mais le son ce n’est pas facile… Déjà la trompette ce n’est pas le même volume que tu as en son qu’en live. Il y a quand même une sacrée différence.

En même temps quand tu écoutes un enregistrement de trompette est-ce que tu as cette sensation de grosse différence ou pas ?

Non, là non justement quand c’est un bon enregistrement tu te dis que c’est bien. Tu reconnais quand même un bon son de trompette. Mais quand tu fais des trucs seul c’est plus dur… Parce que je sais qu’avec un Zoom c’est possible de faire quelque chose de bien. Mais quand tu es seul c’est compliqué.

Tu mets ça sur le compte de quoi ? Du matériel ?

Non pas du matériel, je ne le connaissais pas trop au début, maintenant ça va mieux. Parce que je vais enregistrer des fois pour m’écouter comme ça. Pour mon récital j’enregistrais. Je jouais le programme trois fois par semaine. Maintenant ça donne bien mais au début, c’était l’année passée, je venais de l’acheter. Il y a beaucoup de paramètres quand même quand tu lis la notice d’emballage, il y a beaucoup de choses que tu peux faire. C’est génial mais il faut savoir les faire.

Comment ça s’est passé pendant deux mois avec ton professeur, tu avais des cours à ce moment-là ? Il t’aidait, ou il te disait de faire d’une certaine manière ?

Je lui envoyais les vidéos. Il ne critique pas la vidéo parce qu’on fait avec ce qu’on sait faire et ce qu’on a.

Mais je veux dire psychologiquement, parce que deux mois c’est long, est-ce qu’il t’a aidé ou pas ?

Alors musicalement il m’aidait dans les choses qu’il fallait améliorer oui. Mais à la fin il en avait marre. En fait, j’ai envoyé la vidéo un jour avant la fin des inscriptions. À la fin il m’a dit “fais ce que tu peux” et ça avait bien donné mais oui avec le recul je me dis que j’aurais quand même pu mieux faire. Mais on ne peut jamais savoir.

Et tu penses que si tu avais travaillé pendant deux mois et que tu avais fait 3-4 jours d’enregistrement avant ça aurait été différent ?

Ça aurait été mieux je pense.

Maintenant tu ferais comme ça plutôt ?

Oui parce que là je me dis que j’ai quand même perdu beaucoup de temps et d’énergie en enregistrement. Au final j’avais 20 et quelques vidéos. Ça fait beaucoup. Et à la fin je les ai éliminées… Et puis tu es aussi moins concentré, tu te dis : “ah oui je peux refaire”. Oui je pense que maintenant je travaillerais… Enfin comme tout le monde, presque tout le monde fait comme ça en fait. Maintenant je travaillerais bien mon programme, quitte à le jouer en entier mais sans enregistrer. Et après j’enregistrerais, pas juste avant mais je ferai des jours intensifs comme ça avant. Et puis j’enverrai la meilleure. J’en ferais plus par jour que ce que je faisais.

Et est-ce que tu as déjà essayé de t’enregistrer avec quelqu’un comme si t’avais du public ?

Non.

Tu as toujours été tout seul ?

Oui, j’aurais peut-être dû faire comme ça, je ne sais pas. Mais toujours seul.

Et tu penses qu’être avec quelqu’un, soit quelqu’un d’extérieur soit avec un ingénieur du son, ça peut t’aider ?

Oui clairement, quelqu’un comme toi aurait pu quand même donner des conseils et ça change tout. Même quand tu as un bon musicien qui est là, il t’en donne. À mon avis ça changerait.

Est-ce que si tu devais le refaire tu travaillerais avec un ingénieur du son ou pas ?

Oui clairement.

Pour tout type de projet ?

Pour tout oui, pour tout. C’est toujours intéressant d’avoir des commentaires et des retours sur ce qu’on fait.

Donc tu attends vraiment de l’ingénieur du son un retour musical ?

Oui parce qu’il sait ce qu’il dit.

Et un son qui te ressemble plus ou pas ?

Oui… Avec un ingénieur du son est-ce que je retrouverais mon son de trompette ? Oui je pense quand même. Alors pas à cent pour cent c’est clair mais plus que ce que j’ai fait.

L’ingénieur du son a aussi d’autre matériel que le Zoom, est-ce que tu penses que ça aide beaucoup de changer de matériel ou pas ?

Peut-être oui peut-être.

Est-ce que toi tu serais prêt à acheter autre chose ou tu préfères rester au Zoom ? Si quelqu’un me conseille d’acheter autre chose, pourquoi pas investir un jour. Mais après je suis quand même content de ce que j’ai. Maintenant j’ai quand même de l’expérience avec ce genre de choses, tu apprends, tu vois des trucs. Mais je pense que si je devais changer un jour je changerais oui.

Pour l’instant tu n’en as pas l’utilité ?

Oui pour l’instant ça va. Et puis je ne fais pas ça chaque mois…

Tu t’enregistres à quelle fréquence ?

Ça dépend des périodes, là j’avais mon récital il y a trois jours… Je me suis enregistré trois fois par semaine durant un mois. Mais je fais l’erreur pendant mon travail sans récital de ne pas souvent m’enregistrer. Il faudrait le faire plus souvent je sais… mais ce n’est pas facile.

Donc tu n’as jamais fait de post-production… Et s’il y a un an tu avais eu l’occasion de travailler avec un ingénieur du son tu l’aurais fait ou pas ?

Oui clairement mais je ne connaissais pas encore d’ingénieur du son.

Et avec quoi tu as l’habitude d’écouter ? Par exemple le Zoom tu l’écoutais avec quoi ?

J’avais un casque que je prenais ici. Ça ou bien des écouteurs pas très bien d’ailleurs. Avec le temps je me suis dit que c’était mieux de prendre ça. Parce que les écouteurs avec fil, les petits, ça sonne quand même moins bien.

Tu as déjà fait les modules de cours d’enregistrement ?

Oui, en deuxième année, en septembre 2020. C’est un module Inhouse recording. C’était surtout pour nous apprendre les opportunités qu’on avait de faire de l’enregistrement de salle à salle dans l’école. Tu es dans la régie et tu peux t’enregistrer dans une salle. Après je n’ai jamais essayé de le faire ça parce que c’est compliqué quand tu dois réserver les deux salles et je me suis dit qu’il y a des gens qui en ont plus besoin que moi. Et c’est compliqué, franchement c’est compliqué.

Tu as des souvenirs de cours ou tout t’es sorti de la tête ?

Pas tout m’est sorti de la tête mais 95 %.

Qu’est-ce que tu as retenu ?

J’ai surtout retenu ce qu’on pouvait faire mais après ça allait très vite, c’était en suisse allemand alors c’était compliqué. D’ailleurs c’était ma 2e année je parlais encore moins bien que maintenant. Alors c’était dur et ce n’était que des suisses allemands qui parlaient entre eux et puis toi tu es là et tu ne comprends rien. Alors je faisais les exercices qu’ils nous demandaient. On devait s’enregistrer dans une salle et puis eux ils faisaient… mais c’était… je ne comprenais rien. Alors avec le recul je me dis qu’en français ça aurait été intéressant ce cours parce que c’est quand même bien fait ce qui est là. Mais non je ne saurais pas te dire un truc…

Et ils vous ont donné des fiches ou ce n’était que de l’oral ?

Non ce n’était que de l’oral. C’était deux week-end de suite, non un week-end complet samedi-dimanche. Je n’en pouvais plus, j’étais fatigué. Et c’était au début, je ne connaissais personne ici. Il y avait beaucoup de jazz en fait. C’était notre première semaine dans ce bâtiment et on ne se connaissait pas avec les jazz, si j’étais avec des gens de classique ça aurait été mieux mais j’étais là avec ma trompette, il fallait improviser… Alors je pense qu’il s’est amélioré le cours. Enfin je ne dis pas que ce n’était pas bien mais il s’est amélioré parce que des gens y sont allés et il parait que c’était bien. Avec ce cours tu as accès à des micros apparemment ?

Oui à du matériel.

Mais je n’ai jamais… On ne sait pas où c’est. Je sais que c’est sur Internet mais je n’ai jamais… je n’ai même pas pensé à ça parce que je savais que c’était compliqué. Toi tu sais comment ça marche ?

Non, je n’ai pas fait le module. Mais du coup qu’est-ce qui t’a poussé à acheter le Zoom ?

C’était un cadeau. Non ce n’est pas vrai, j’avais gagné un concours en Valais, j’avais gagné un bon de trois cents francs et il coûtait deux cent et quelques francs, je me suis dit j’achète ça et ça va servir. Et ça a servi.

Et niveau formation, si par exemple ils refaisaient la même chose en français, toi tu irais ?

Oui clairement parce que ça m’intéresse mais quand même avec un autre plan de formation, plan de du cours… J’attendrais qu’on reçoive un dossier, quelque chose d’écrit. Il y avait quelque chose d’écrit sur le tableau, une présentation Powerpoint. Et c’est les deux profs d’informatique, ils sont très gentils mais ils parlent vite suisse allemand alors je comprends le suisse allemand mais pas ce qu’ils disent, c’est compliqué. C’est des trucs qu’on ne connaît pas déjà en français alors en plus en suisse allemand…

Du coup tu attendrais de savoir comment utiliser ton Zoom ?

Mon Zoom et puis d’apprendre d’autres choses aussi. Parce que je sais qu’il y a plein d’autres micros, tout en fait… Aussi comment placer le micro. Enfin ils nous ont tout expliqué, c’est compliqué. On faisait de la pratique mais on a fait ça deux jours et après plus rien.

Si tu devais faire une formation là-dessus tu préférerais en physique ou par vidéo ?

En vrai.

Et acheter un livre par exemple ? Tu préfères passer par quelqu’un ?

Oui c’est mieux.

Tu n’as pas eu non plus besoin d’enregistrer pour rentrer dans des écoles ?

Non parce que j’ai eu la chance de rentrer avant le Covid et ça n’existait pas tellement avant. Je suis rentré en 2019. Là je vais faire des concours d’entrée en Suisse dans des Hautes Écoles et mon critère principal, parce que toutes les écoles me plaisent en général, mais mon critère principal c’est que si c’est en vidéo je n’y vais pas. Parce que je n’aime pas du tout. Alors c’était une expérience mais je ne la referai pas. Je voulais aller à Genève mais c’est par vidéo alors…

Et si un jour il y a un concours d’orchestre que tu rêves de faire par vidéo ?

Ah je le ferai bien sûr. Quand j’ai le choix je ne fais pas. Mais je sais qu’un jour ce sera la norme. Parce que maintenant ce sont des exceptions les hautes écoles qui ne demandent pas ça. Là je vais à Fribourg et ils ne demandent pas ça heureusement, mais c’est parce que le prof n’aime pas ça. Heureusement parce que je n’aime pas ça. Quand je suis sur Muvac et que je regarde les postes d’orchestre si c’est par vidéo je ne regarde même pas. Parce que je trouve que tu perds beaucoup de temps.

Tu te dis que ça va te reprendre deux mois ?

Oui.

Même si tu te dis que tu fais ça avec quelqu’un ?

Oui parce que finalement c’est toi qui fais 90 % du travail.

Tu ne te prépares pas pareil quand c’est par vidéo ou en vrai ?

Non.

C’est quoi la différence ?

Quand c’est en vrai tu fais encore plus de travail psychologique, enfin plus de travail mental, que tu n’as pas besoin de faire là.

Par rapport au stress ?

Oui parce que là tu n’as pas de stress, de ce côté-là c’est peut-être mieux. Mais moi j’aime bien ce stress de se dire que c’est maintenant que tu dois le faire, tu es capable de le faire et tu peux le faire. Mais là, à chaque fois que je fais une vidéo je me dis “oui, je la referai demain”.

Et justement travailler avec quelqu’un pour te dire qu’il n’est là qu’aujourd’hui ? Comme j’ai dit avant, si je devais le refaire je demanderais à quelqu’un de venir pendant 4 jours pour faire à fond parce que c’est mieux. C’est quand même plus efficace de travailler comme ça parce qu’à chaque fois, si tu te dis que pendant deux mois tu vas faire une vidéo tous les deux jours, je n’ai pas fait les calculs mais tu en as énormément et tu dois choisir. Si tu pouvais coller les mesures entre elles ça irait mais on n’a pas le droit de faire ça. Et c’est aussi le fait d’être seul, il n’y a pas de piano. Alors il y a certains concours où c’est avec piano mais la plupart du temps c’était seul. Tu dois enchaîner une pièce et plusieurs traits d’orchestre, 4 ou 5 traits d’orchestre. Si tu devais faire ça dans un récital ce ne serait pas très long, ce serait comme un concours normal. Mais si tu fais ça tu es seul, tu n’as personne qui t’écoute. Tu sais que tu vas l’écouter toi après. Moi j’aime bien ce stress de la scène. Je vis pour ça. Enfin j’aime bien me dire que maintenant je dois le faire et puis si je ne le fais pas ce n’est pas cool.

Tu aimes avoir un objectif précis ?

Oui mais là tu n’as pas d’objectif, tu as juste un objectif de faire une bonne vidéo mais tu te dis que tu as deux mois et après tu te retrouves trois jours avant et tu n’as rien. Alors non, si j’ai le choix je ne le fais pas.

Entretien n°5

Le 07/02/2023

Est-ce que tu peux te présenter rapidement ?

Je joue de la harpe et j’ai étudié à différents endroits, j’ai d’abord fait un Bachelor en Allemagne, après un Master performance à Londres et maintenant je fais un Master pédagogie à Lucerne. J’ai 26 ans.

Tu as le nom des écoles ?

Oui, en Allemagne c’était la Hochschule für Musik Karlsruhe et à Londres c’est le Trinity Laban Conservatory.

Tu as déjà une expérience, tu t’es déjà enregistré toi-même ?

Oui à cause du Covid j’ai dû faire plein d’enregistrements moi-même parce que les cours sont passés en live pendant le Master à Londres. Donc les examens et les auditions d’orchestre étaient par vidéo.

Donc à la fois pour ta prof, pour les concours d’orchestre et pour les examens ?

C’est ça oui.

Pendant toute la période du confinement ?

Oui quand ça a commencé, donc en mars 2020 jusqu’à la fin. Mon examen final c’était en juillet 2021 et là c’était encore des vidéos.

Depuis tu en as fait ou pas ?

Depuis j’en ai encore fait pour l’examen d’entrée que j’ai fait à Lausanne et Zürich, il fallait faire des vidéos. Et j’ai aussi enregistré des concerts, maintenant qu’il y a de nouveau les concerts, donc là c’est mon frère qui m’a aussi aidée à enregistrer.

À chaque fois que tu as un concert tu enregistres ou c’est de temps en temps ?

Non c’est de temps en temps. Là c’était un concert spécial où j’ai joué de la musique de chambre et c’était unique donc c’était pour avoir les morceaux.

Pour avoir une trace ?

Oui.

Si on retourne à Londres, comment tu faisais pour t’enregistrer là-bas ? Tu avais du matériel ? Tu avais quoi ?

Tout au début quand j’étais enfermée je n’avais rien, j’avais juste mon téléphone. Je faisais les enregistrements avec le téléphone et ce n’était pas très bien la qualité. Je me rappelle qu’on faisait aussi les cours par FaceTime, là on avait du mal à bien

avoir les sons aigus et tout le volume. Du coup après, quand j’ai pu rentrer chez moi, mon frère qui est dans le domaine du cinéma m’a conseillé de prendre deux micros, j’en mets un de chaque côté de la harpe. On a acheté les micros, c’était des Rode, quelque chose comme ça. Au début j’avais ces deux micros, je m’enregistrais avec ça et j’avais un une sorte d’appareil rouge où on branchait les micros et l’ordinateur.

Tu faisais avec quoi comme logiciel ?

Je ne sais plus, je sais que j’utilisais iMovie mais pour enregistrer je ne sais pas. Si tu as besoin je peux demander à mon frère, il doit savoir parce qu’il m’aidait toujours avec ces deux microphones

Donc comment ça marchait ? Tu les plaçais, tu écoutais ? Lui il était là dès le début pour t’aider ?

Il était là dès le début et il regardait quand je jouais le son le plus fort si ça ne saturait pas. Il m’aidait pour ça et après il partait.

Et est-ce que tu réécoutais pour voir si le son te plaisait ou pas ?

J’avoue que pas trop.

Et en réécoutant après est-ce que tu faisais un peu attention au son ou tu écoutais vraiment musicalement ?

J’écoutais surtout musicalement, j’étais très concentrée sur comment je jouais et si je faisais des erreurs. Je n’ai pas tellement fait attention mais je trouvais que c’était bien balancé.

Et comment tu faisais avec les deux micros, tu faisais un traitement ou tu prenais les deux sons et tu les superposais, est-ce que tu te rappelles ?

Il me semble que je les superposais.

Quand tu enregistres tu fais une prise et après tu écoutes ? Ou tu refais des prises jusqu’à être contente ? Comment ça se passe ?

Ça dépendait de mon humeur et de si j’étais stressée. Ça arrivait souvent que je joue plein de fois à la suite, jusqu’à ce que j’arrive à jouer une fois déjà sans fautes, après j’écoutais et je refaisais des prises.

Et par exemple quand tu as fait tes vidéos pour Lausanne ça t’a pris combien de temps ?

Pour Lausanne ce n’était plus avec mon frère, j’étais seule et j’avais une caméra Zoom avec les deux microphones au-dessus de la caméra. Là ça m’a pris… En fait j’ai fait chaque morceau séparément. Il y avait plusieurs morceaux à faire et j’avais plusieurs semaines pour le faire. Pour enregistrer un morceau ça devait prendre peut-être un jour ou deux.

Donc tu travaillais et quand tu te sentais prête tu enregistrais ?

Oui c’est ça, c’était plutôt vers le soir que j’enregistrais et je faisais plusieurs prises, ça pouvait durer une ou deux heures. Après, le lendemain si je me sentais de refaire ce morceau ou que j’avais l’impression que ce n’était pas tellement bien le jour d’avant, je refaisais ce morceau. Après je passais au suivant.

Mais tu travaillais tous les morceaux ensemble ?

Ça dépendait de la situation. Pour cette situation-là il y avait un morceau que je travaillais vraiment à fond une semaine peut-être et je travaillais encore un petit peu les autres. Le jour de l’enregistrement je ne travaillais que ce morceau et je l’enregistrais quand je me sentais bien.

Tu avais combien de morceaux ?

Je crois que c’était quatre morceaux.

Donc ça t’a pris un mois ?

Oui.

Et dans d’autres situations ?

Il y avait aussi la situation de l’orchestre, il fallait enregistrer plusieurs traits d’orchestre à la suite donc je les travaillais tous dans la même journée.

Tu as enregistré tout en une fois ?

On était obligés d’enregistrer tout sans couper.

Tu as pris une soirée, et en une soirée tu avais quelque chose qui te satisfaisait ?

Oui.

Pendant que tu faisais ces concours-là tu étais étudiante à Londres, est-ce que la professeure t’accompagnait dans ces enregistrements, tu lui envoyais ?

Je lui envoyais quand j’avais fait les enregistrements et elle écoutait. Aussi, quand je faisais les cours avec FaceTime ou Zoom et que j’étais chez moi en Allemagne j’avais les micros, donc là je ne sais pas comment c’était pour elle, si elle entendait à travers les micros, mais elle disait de les mettre plus loin ou plus près de la harpe pendant le cours pour l’enregistrement.

C’était une sorte de répétition pour enregistrer ?

Oui.

C’est elle qui t’a dit de te focaliser une semaine sur un morceau ?

Non ça c’est moi.

Et elle, elle n’a rien dit là-dessus ?

Non.

Pourquoi pour Lausanne tu n’utilisais plus les micros que tu avais achetés ?

Je ne sais pas, c’était plus simple pour moi en fait parce que c’est mon frère qui m’aidait à mettre la caméra avec les micros, à tout superposer. Et moi j’avais la caméra donc j’avais directement le son et l’image.

Et au niveau du son tu peux comparer ?

C’est quand même mieux avec les microphones qu’avec la caméra je pense mais c’était quand même de bonne qualité aussi.

C’est quoi pour toi qui caractérise la bonne qualité du matériel ?

Déjà que ça ne sonne pas métallique, que ce soit à peu près le son naturel qu’on entend soi-même quand on joue.

Quand tu t’enregistrais, tu étais tout le temps seule, il n’y avait jamais quelqu’un qui t’écoutait ou qui pouvait te guider ?

Non alors j’ai aussi fait des enregistrements dans un studio, où quelqu’un m’enregistrait mais en fait il ne me guidait pas.

C’était pour quoi ?

De nouveau c’est quand j’étais à Londres, on avait le droit d’enregistrer dans le studio pour ses examens. Je ne l’ai pas fait pour tous les examens, le studio n’était pas très libre puisque tout le monde voulait l’utiliser. Je l’ai fait pour deux morceaux. Là il y avait quelqu’un qui enregistrait et qui mettait aussi un peu de réverbération mais il ne disait rien.

Tu aurais aimé qu’il dise quelque chose ou pas ?

Oui peut-être.

Sur ce que tu faisais musicalement ou sur le son ?

Oui sur le son en fait.

Pour te dire de jouer plus d’une certaine manière ? Qu’est-ce que tu aurais attendu qu’il dise ?

Je ne sais pas, essayer plusieurs emplacements de microphones. Je ne sais pas si ça aurait été mieux plus loin ou plus près, on n’a pas trop essayé ça par exemple.

Et il t’a fait écouter, tu as validé ?

Oui.

Et après vous avez enregistré ?

Oui.

D’accord, donc peut-être que si tu avais dit que ça ne te plaisait pas vous auriez essayé ?

Oui.

Et c’est en temps limité ?

Oui, on avait le droit à 1h-1h30.

Tu avais combien de temps de programme ?

J’ai pris une heure pour un morceau, 10 minutes de morceau.

Et après c’est toi qui gérais comme tu voulais pour faire une pause ou enchaîner ?

Oui c’est ça. Après il m’a fait écouter, il m’a envoyé plusieurs versions et j’ai choisi.

C’était spécifique au Covid ou en temps normal dans cette école tu peux faire ça ? Oui, en temps normal tu peux enregistrer mais tu dois payer, ce n’est pas tellement, 20 francs pour une ou deux heures. Mais les enregistrements pour les examens étaient gratuits. Je ne sais pas si ce serait aussi gratuit hors covid. Je crois que c’était juste pour les examens internes.

Il y a un module de formation InHouse recording ici pour apprendre justement à utiliser des micros, est-ce que tu sais s’il y avait un équivalent à Londres ?

Je ne sais pas, ici je n’étais pas au courant donc là-bas je ne sais pas. Je crois qu’on avait juste eu des feuilles où il y avait écrit comment faire.

Tu pouvais emprunter du matériel ?

Oui je pouvais emprunter des caméras Zoom avec les microphones.

En Allemagne comment ça se passait quand tu devais enregistrer quelque chose ? Je n’avais pas encore fait d’enregistrement pendant les études de Bachelor. Si, j’avais fait un enregistrement, pour le concours pour faire un Erasmus et il y avait aussi un ingénieur du son, il a enregistré avec moi.

C’était dans l’école, dans le cadre de l’école ?

Oui.

Tu faisais une demande ?

Oui.

C’était pareil entre l’enregistrement en Allemagne et à Londres ?

Là ce n’était pas dans un studio mais dans une salle qu’on avait pour les concerts, donc il me parlait à travers un microphone.

Tu t’enregistres beaucoup pour travailler ou pas ?

Plutôt vers la fin, enfin vers la fin d’un morceau quand je le sais déjà plutôt bien et que je vais le jouer quelque part. Je l’enregistre pour voir si c’est vraiment comme j’ai l’impression que c’est.

Pour avoir un retour musical ?

Oui.

Et est-ce que parfois tu t’enregistres aussi dans le but de roder un concert par exemple ou de t’obliger à enchaîner ?

C’est vrai que je n’ai pas encore fait ça, mais j’ai remarqué que quand j’enregistre je suis plus stressée que si je n’enregistre pas, donc ce serait un bon truc à faire. Quand je joue pour moi et après quand j’allume l’appareil pour enregistrer je ne joue plus pareil. C’est comme si j’étais stressée de devoir jouer.

Est-ce que c’est le même stress que quand tu joues un concert ?

Pas tout à fait mais c’est une préparation.

Qu’est-ce qui est différent ?

Il n’y a personne donc c’est juste moi qui vais écouter après. Mais c’est quand même un peu comme s’il y avait quelqu’un. Ça met un peu la pression.

Est-ce que c’est une pression qui t’aide à jouer ou pas ?

Je pense que parfois ça ne m’aide pas, enfin c’est plutôt négatif, ça me stresse. Mais après quand j’essaye plusieurs fois et aussi quand j’écoute et que j’essaye d’améliorer ça m’aide, donc ça m’aide à mieux jouer.

Est-ce que quand tu joues pour t’enregistrer et que tu fais une erreur tu arrives à continuer ? Comment ça se passe ?

Je crois que je recommence. D’ailleurs je me rappelle qu’une fois on avait fait un concert online au conservatoire à Londres, donc c’était retransmis en direct. Il y a une autre harpiste qui a joué et elle a dit qu’elle avait tellement l’habitude de recommencer quand elle faisait une faute qu’elle avait aussi fait ça au concert.

Mais toi ça te gêne moins ?

Non non.

Est-ce que tu te prépares différemment pour un enregistrement et pour un concert ? Oui. Pour l’enregistrement déjà je ne fais pas tous les morceaux, pas tout le programme. Je suis vraiment concentrée sur un morceau. J’ai l’impression que comme je pense que je vais pouvoir recommencer plusieurs fois peut-être que je me prépare moins bien que si c’était un concert. C’est peut-être différent aussi si on fait un CD ou si c’est un enregistrement. En CD on n’a qu’un temps limité pour enregistrer ou alors si, on a tout plein de temps pour enregistrer.

Quand tu avais enregistré avec l’ingénieur du son en Allemagne il ne te faisait pas de retours non plus ?

Ça fait un peu longtemps mais il me semble qu’il me faisait des retours.

Musicaux ou sur le son ?

Je ne sais plus trop. Il me semble peut-être aussi musicaux, enfin de jouer plus ou moins fort, je ne sais plus.

Quand tu écoutes des enregistrements de harpe, est-ce qu’il y a des enregistrements où tu préfères le son et d’autres où tu aimes moins le son ou c’est quelque chose auquel tu n’es pas vraiment sensible ?

Sur les CD, entre les CD je n’ai pas vraiment remarqué de différence, enfin je n’ai pas vraiment fait attention. Mais par exemple si c’est un enregistrement d’un concert et un CD je préfère le CD parce que le son est plus beau.

Qu’est-ce qui fait que par exemple pour Lausanne, où tu enregistrais sans ton frère, tu as préféré travailler seule et pas avec un ingénieur du son ?

Je pense déjà au déplacement et au coût, et au fait de ne pas être limitée dans le temps aussi.

Il y a des projets pour lesquels tu préférerais travailler avec quelqu’un ?

Oui, pour enregistrer un CD, ou pour faire des bons enregistrements j’aimerais travailler avec quelqu’un.

Des enregistrements de concours, ou pour mettre sur internet ? Qu’est-ce qui fait que tu préfères faire un bon enregistrement ?

peut-être pour publier.

Pour les concours tu préfères faire seule ?

Ça dépend du concours aussi, si c’est un grand concours international je prendrais peut-être un ingénieur mais si c’est un concours d’entrée je ne pense pas. S’il y a beaucoup de gens qui peuvent l’écouter, j’aurais plus tendance à aller chez quelqu’un que si c’est juste pour un jury.

Les micros, tu ne t’en sers plus trop ?

Je vais peut-être de nouveau m’en servir mais pour l’instant non.

Tu as acheté un Zoom avec la caméra c’est ça ?

Oui, au concert que j’ai enregistré je n’ai pas mis les micros à côté, j’ai mis la caméra un peu loin derrière le public.

C’est ton frère qui t’a conseillé d’acheter le Zoom ?

En fait ils avaient ça au conservatoire donc j’ai essayé et j’aimais bien. Je n’avais rien pour comparer non plus mais je trouvais ça pratique d’avoir la vidéo et l’enregistrement, de ne rien devoir faire soi-même à l’ordinateur.

Donc avec ça tu es autonome, tu n’as plus besoin de ton frère ?

Oui, je suis indépendante, ça c’est pas mal.

Tu n’as pas vraiment envie de réinvestir dans du matériel, tu as tout ce qu’il te faut ?

Oui je pense.

Et tu es à l’aise avec, tu peux faire tout ce que tu veux, tu as l’impression de bien le maîtriser ?

Je ne sais pas.

Il y a des choses que tu as du mal à faire ?

Je me demande pour l’emplacement. Ou si on enregistre dans une chambre où on habite, dans laquelle le son est moins bien que dans une autre salle ou dans un studio.

Du coup ce n’est pas vraiment le Zoom, c’est plus de la prise de son. Tu as essayé justement de faire avec différents placements du Zoom ou pas ?

Oui, j’ai essayé un peu plus près, un peu plus loin. Je crois que c’était un peu mieux plus loin.

Parce qu’en général tu le places comment par rapport à la harpe ?

Un peu loin devant moi, à 3 ou 4 mètres.

En face, dans l’axe de la harpe ?

Comme c’était filmé j’étais un peu tournée pour qu’on me voit, dans l’axe de la caméra.

Et tu as remarqué beaucoup de différences quand tu as essayé les différents changements ?

Je n’ai pas trop remarqué.

Donc tu fais vraiment confiance à l’ingénieur du son quand tu travailles avec quelqu’un ?

Oui.

Si tu avais accès ici ou ailleurs à une petite formation sur le son, est-ce que ça t’intéresserait ?

Tu veux dire pour apprendre moi-même ? Oui ça m’intéresserait.

Tu attendrais quoi ? De voir les différentes salles et les placements si je reprends ce que tu as dit ?

Oui, et peut-être s’il y a des spécificités de la harpe, puisque c’est différent pour chaque instrument je pense. J’avais cherché sur internet comment enregistrer une harpe mais il n’y a pas tellement d’informations. Donc si quelqu’un est vraiment professionnel et sait ce qui est le mieux pour la harpe ça m’intéresserait.

Et vraiment apprendre à enregistrer au Zoom ou avec des micros aussi ?

Oui avec des micros aussi.

Même si tu ne t’en sers pas tant que ça ?

Oui, peut-être que je m’en servirais plus après.

Qu’est-ce que tu préférerais, quelque chose en présentiel, des vidéos, des tutos ou une fiche ?

Je préfère en présentiel parce que j’ai l’impression que c’est plus facile pour moi d’apprendre avec quelqu’un de présent.

Et quel temps tu serais prête à investir pour ça ?

Je ne sais pas.

Ici ils font une formation en un week-end, mais il y a d’autres endroits où c’est 2 heures par semaine, qu’est-ce que tu préférerais ?

Je ne sais pas, un week-end c’est pas mal je pense. Je ne sais pas ce qu’on ferait si c’était toutes les semaines. Je ne sais pas si on peut apprendre quelque chose d’autre à chaque fois ou si on fait la même chose.

Et est-ce que tu as déjà un peu retravaillé le son sur ton ordinateur après l’enregistrement ?

Non, moi-même je n’ai pas fait ça parce qu’on n’avait pas le droit et je ne saurais pas comment le faire. Donc ça m’intéresserait aussi, une formation sur comment savoir faire les effets, les réverbérations etc.

Et pour le plaisir tu fais des trucs aussi ou c’est vraiment quand tu en as besoin ?

Non je ne m’enregistre pas trop comme ça moi-même.

Entretien n°6

Le 07/02/2023

Est-ce que tu peux te présenter rapidement ? Où tu as étudié, ce que tu joues ?

Je suis flûtiste et j’étudie depuis cinq ans à la Haute école de Lucerne. J’ai fait le Bachelor et le master en pédagogie.

Tu as quel âge ?

J’ai 25 ans.

Tu t’es déjà enregistrée toi-même pour des projets ?

Oui, enfin c’est-à-dire des projets ? J’ai enregistré des choses genre Podium12 et je me suis enregistrée pour des auditions et des examens d’entrée.

Pour des écoles ou pour quels genres de choses ?

C’est là où le Covid a commencé, c’était super… Je voulais aller en Erasmus pendant mon master et je devais de toute façon faire des enregistrements, mais après tout a fermé donc j’ai dû faire des enregistrements toute seule, sans piano, dans ma chambre…

Tu avais combien de temps de programme à enregistrer ?

Je ne sais plus… Franchement ce n’était pas ma période… Comme pour beaucoup de gens je crois. Je crois que c’était trois pièces, il n’y avait pas de limite de temps et j’allais envoyer une pièce solo et deux pièces avec piano, mais du coup je n’ai envoyé que des pièces solo. Bien sûr ça n’a pas marché mais ça peut être beaucoup de choses, pas seulement le fait que je ne jouais pas bien du tout… J’ai enregistré Syrinx et Telemann et des pièces contemporaines et au final je ne sais plus ce que j’ai envoyé.

Tu devais enregistrer tout d’un bloc ou tu pouvais faire chaque pièce séparément ?

Non séparé. Et au final justement j’ai envoyé des trucs que j’avais fait à une audition avec mon téléphone, même pas bien joué. J’avais juste fait ça pour le réécouter, ce n’était pas du tout quelque chose que tu veux envoyer à des gens, mais au final j’avais envoyé ça aussi je crois.

Parce que tu n’étais pas contente de ce que tu avais ?

Oui parce que ce n’était que du solo. Et puis c’était tout fait dans le même état d’esprit de “je suis chez moi toute la journée et je ne vois personne, et je suis un peu déprimée mais j’essaie quand même de penser à mon futur”. C’était horrible maintenant que j’y repense. C’était un bazar dans ma chambre, c’était ici dans cet appartement. Tous les meubles étaient d’un côté, tu ne pouvais rien faire d’autre dans la chambre, tu ne pouvais qu’enregistrer. En plus il y aurait eu un coin de lit ça n’aurait rien changé. J’avais tout poussé pour qu’il y ait assez de mur blanc derrière moi. Pour qu’on voit mes pieds mais on ne voyait même pas mes pieds, ça n’aurait rien changé.

Tu te rappelles pour quelle école c’était ?

Oui, c’était pour les endroits les plus difficiles où obtenir une place, c’était Budapest, Berlin et Barcelone. Tu peux faire trois trucs, je ne sais pas si c’est partout comme ça mais dans cette école il y a une limite. Je crois que tu payes 200 francs et après tu peux envoyer au maximum dans trois écoles parce qu’il y a beaucoup de papiers…

Et depuis ça tu as dû t’enregistrer pour des concours, pour démarcher ?

J’ai fait Gustav Mahler13, et j’ai fait aussi pour un concours. J’ai dû faire deux mouvements de Bach.

Pour un concours d’orchestre ?

Non, c’est un concours.

Et tu avais tout fait toi-même ?

Oui.

Tu t’es déjà fait enregistrer par quelqu’un d’autre ?

Non jamais.

Et sonorisée par exemple pour des concerts ?

Oui, enfin c’est-à-dire ? Avec un micro ? Oui, par quelqu’un. Je ne ferais pas ça moi-même, parce qu’il faut savoir où mettre quel câble, et relier avec quoi, et après il faut que tu t’entendes de dehors, tu n’arrives pas à jouer et écouter. Alors que si tu t’enregistres tu peux jouer et ensuite réécouter. Quand j’enregistre c’est un Zoom, ce n’est pas un truc avec des micros, enfin pas des micros en plus que tu relies au Zoom.

Quand tu t’enregistres, comment tu procèdes ? Tu règles des choses, comment tu fais ?

Je mets en stéréo dans les réglages. Après je joue, je réécoute et je mets la limite, je ne sais pas comment ça s’appelle.

Le gain ?

Oui, mais je ne le fais pas très bien, c’est souvent un peu trop bas. J’aurais pu faire plus mais je n’ose pas parce que j’ai peur que ce soit trop. Je me dis que c’est mieux trop peu que trop. Mais d’ailleurs je crois que du coup j’ai des enregistrements qui sont beaucoup trop faibles.

Tu as toujours fait au Zoom, tu n’as jamais fait avec autre chose ?

Non, j’ai reçu le Zoom de mes parents l’année passée et avant j’avais un micro que tu mets sur le téléphone, sur l’iPhone.

Tu le branches ?

Tu le mets là où ça charge. J’ai commandé ça au début du covid et ça ne marchait pas du tout. C’était assez cher pour quelque chose que tu mets sur ton téléphone mais peut-être que j’aurais dû demander à quelqu’un parce que je ne savais juste pas du tout comment l’utiliser.

Comment as-tu choisi d’acheter ça ?

Je ne sais plus, j’ai lu des comparatifs en ligne, ça disait que c’était de bonne qualité et c’était dans mon budget. Je demande toujours à mon frère parce qu’il est très doué. Il a étudié la même chose. Du coup je l’ai commandé et ça ne marchait pas, il y avait toujours des fautes, des trucs qui sautaient ou des trous. Ce n’est pas super quand tu dois prouver que tu as tout enregistré d’un coup… donc c’est un peu triste. Il y avait une application exprès pour enregistrer et ça marchait moyennement bien. Tu pouvais faire les vidéos avec, mettre le micro et faire une vidéo, ce n’était pas de la bonne qualité, c’était super bas, vraiment pas très fort. J’utilisais ça pour envoyer des vidéos à mon prof pendant le Covid et il me disait : “c’est cool mais je n’entends pas trop ce que tu joues”. Là par contre il n’y avait pas de fautes, c’était très aléatoire, c’était quand tu mettais le micro sur le téléphone et qu’après tu faisais une vidéo. Mais depuis je me suis demandé si ce n’est pas un micro que les gens utilisent pour faire des podcasts, super proches. Je n’ai pas du tout acheté le truc fait pour ça.

Après tu as demandé à tes parents un Zoom pour Noël ?

Je ne leur ai pas demandé, ils m’en ont juste acheté un. Enfin, ce sont mes parents qui ont demandé à mon frère d’en acheter un.

Et maintenant tu préfères, c’est plus simple ?

Oui, ça marche surtout !

Et la vidéo tu la fais avec ton téléphone ?

Oui c’est plus simple. J’ai aussi un appareil photo mais je n’arrive pas trop à le régler. L’autre fois j’ai essayé en Salquin14 et je n’arrivais pas à faire en sorte qu’on ne ressemble pas à des fantômes, il y avait trop de lumière. Et surtout, si tu le règles à l’avance et qu’après tu l’éteins parce que tu ne joues pas en premier, si tu demandes à quelqu’un de faire les réglages il ne le fait pas. Donc je préfère l’iPhone, au moins tu peux faire un appui sur la personne et après c’est à peu près réglé. J’ai filmé d’autres gens aussi avec mon appareil, c’était pas mal.

Donc tu préfères quand c’est toi qui filmes avec l’appareil ?

Non mais ça c’est différent parce que c’était dans une autre salle. Les lumières étaient mieux, elles étaient partout.

Quand il y a assez de lumière c’est bien avec l’appareil photo mais sinon ça ne l’est pas ?

Oui. Sinon c’est possible mais je ne sais pas comment faire.

Est-ce que tu passes beaucoup de temps à t’écouter avant d’enregistrer ?

Non parce que je n’ai pas le temps, je fais tout à la dernière minute. Je ne suis pas organisée.

Tu as pris combien de temps pour faire tes vidéos pour les Erasmus ?

Alors je ne suis vraiment pas sûre. C’était très long mais ce n’était pas à cause de la technique. J’en ai fait le premier jour et après j’ai réécouté la qualité et ça allait. J’ai fait ce réglage et après j’ai passé trois autres semaines à déprimer parce que je ne sais pas faire de flûte.

Donc tu as passé trois semaines à t’enregistrer ?

C’était du 15 mars au 30 mars donc c’était deux semaines.

Pendant deux semaines tu enregistrais tous les jours ?

Oui je crois, je n’avais rien à faire et c’était mon seul but.

Et dans la journée tu passais combien de temps à faire ça ?

On ne savait pas trop encore à quel point les voisins toléraient donc je ne sais pas, je pense que je me disais : je vais travailler deux heures et à la fin je fais une prise et après j’en faisais trois parce que je n’étais pas contente, après il était tard, il n’y avait plus de lumière… Et j’en refaisais quand même.

Tu avais l’objectif d’en faire une par jour ?

Non, ce n’était pas aussi structuré dans ma tête.

Finalement tu étais contente ?

Non pas du tout.

Et au niveau du son, est-ce que tu étais contente du son ?

Je n’avais pas trop le choix… au final j’avais déjà ce micro qui ne marchait pas et du coup j’ai utilisé celui de ma coloc, elle a un Zoom aussi. Il a l’air très cheap mais il est bien. Du coup j’ai utilisé ça pour tout.

Tu as renoncé au micro ?

Oui parce que ça ne marchait pas. Mais je m’étais dit que dans ma chambre c’est là où l’acoustique sonne le mieux. Je ne me suis pas dit que je pouvais changer ça, j’aurais pu. Du coup c’est le son que c’est.

Mais quand tu l’entends est-ce que tu reconnais ton son ?

Bah oui.

C’est les mêmes défauts, les mêmes qualités ?

Je ne me suis pas demandé… Enfin je me suis demandé : ah ce sont mes défauts et mes qualités ?

Donc pour toi ce que tu entendais c’est vraiment ce que tu jouais ?

Je pense que c’est un truc objectif qui te redonne une idée. Ça l’est non ?

Tu travaillais avec ton prof en même temps, tu lui envoyais les vidéos au fur et à mesure ?

Non.

Tu étais vraiment toute seule ?

Oui.

Et en parallèle tu travaillais un programme pour ton professeur ou tu étais vraiment là-dessus ?

Non, au début on était tous un peu perdus. Je pense que mon prof a bien mis un mois aussi à réagir et à nous envoyer des mails.

Pour les autres concours c’était pareil ? Comment tu as fait pour Mahler ?

Là c’était mieux déjà, j’étais plus préparée, j’avais réservé une bonne salle. Non, je me souviens, j’ai aussi envoyé pour Moritzburg, je crois que c’est une académie. Et tu dois envoyer n’importe quelle pièce, ça c’est bien. C’est sympa ça ne te déprime pas. Du coup j’avais enregistré mais vraiment à la dernière minute dans une salle sans fenêtres au quatrième étage, mauvais côté. C’était horrible. Enfin c’est joli mais ça sonne comme ça sonne…

Donc après tu t’es dit que tu allais réserver une bonne salle ?

Et après pour Mahler j’ai fait avec Fanny15, on s’est un peu soutenues gegenseitig16 et on s’est motivées, on a réservé la salle 250 beaucoup de fois. Du coup j’ai fait là-bas.

Et elle le faisait aussi ?

Oui. On s’aidait parfois à être dans le plan, tu n’avais pas besoin de te filmer, de rentrer dans le cadre et de revenir pour regarder parce qu’il y avait une personne qui regardait si tu étais dedans. Enfin on était là 5 minutes.

Vous ne vous écoutiez pas du tout l’une l’autre ?

Si, parfois. Parfois non.

Est-ce que ça aide ou pas ?

Franchement, je n’ai jamais réussi à faire un enregistrement où je suis contente de la manière dont je joue, donc si quelqu’un écoute j’ai plus l’impression que c’est un concert, ça m’aide oui. Je l’ai fait une fois pour elle, je me souviens que ce n’était vraiment pas très bien la manière dont j’ai joué. Mais c’était mieux comme impression, c’était moins : “oh si je fais une faute là je m’arrête et je recommence” mais plutôt “je vais jouer pour elle toute la pièce”.

Oui, ça te pousse à ne pas t’arrêter ?

Oui.

Vous aviez fait sur une période de combien de temps à peu près ?

Je ne sais pas, je pense qu’en une semaine on a fait 2, 3 jours.

Donc parfois vous vous aidiez pour cette histoire de caméra, et parfois vous vous écoutiez mais peu.

Oui et on avait la salle d’à côté où l’une travaillait pendant que l’autre s’enregistrait et on échangeait. On le refait la semaine prochaine mais on upgrade en Salquin s’ils veulent bien nous laisser réserver parce que ce n’est pas gagné.

Donc vous refaites un concours ?

Oui, là on fait Cluj, mais cette fois on le fait toutes les deux. On va voir comment on fait, on n’a pas toujours le temps en même temps.

Et quand tu enregistres pour Cluj, Mahler ou ailleurs est-ce que ça te prend beaucoup de temps sur ton temps de travail à côté ? Est-ce que tu ne fais que ça ou tu as quand même des programmes à jouer à côté ?

Non, là non mais quand j’ai fait Mahler j’ai tout fait en même temps…

Tu t’en sortais ?

Non.

Donc tu as laissé un peu de côté ton travail pour te concentrer sur les enregistrements ?

Non parce que je devais tout faire en même temps mais du coup j’ai tout fait au minimum, j’ai tout fait un peu moyennement bien.

Ces enregistrements-là tu les as montrés à ton professeur ?

Non. Je n’en ai jamais montré à mon professeur. Tu sais pourquoi ? Parce que j’ai fait les enregistrements trop tard pour pouvoir en refaire et du coup si je lui envoie l’enregistrement que je vais envoyer ce n’est pas super. À part me dire de ne pas l’envoyer, il ne pourrait pas me donner de feedback. La seule fois où je lui ai demandé c’est quand j’ai enregistré Mozart pour un autre concours, j’en avais fait trois et je lui ai envoyé parce que je n’arrivais pas à choisir, je m’étais dit qu’ils étaient tous ok, que c’était le mieux que je puisse faire à ce moment-là.

Donc à chaque fois tu travailles le plus possible et tu enregistres quelques jours avant ?

Oui. Ou le jour même. Non quelques jours avant.

Quand tu te sens prête ?

Non quand j’ai la salle.

Tu n’as jamais retouché ton enregistrement après ?

Non c’est illégal. Non je n’ai jamais fait.

Tu penses que par exemple c’est interdit de changer juste le son de la salle ou ça fait partie des choses qu’on peut faire ?

Oui c’est probablement interdit mais je me dis qu’ils ne l’entendent pas. Si je savais comment faire je le ferais peut-être. Mais je crois que je préfère avoir une bonne salle dès le début. Mmh, quel monde de possibilités !

Quand tu enregistres au Zoom, tu écoutes avec quoi ? Un casque ? Des écouteurs ?

Sur l’ordinateur.

Tu transfères et tu écoutes ?

Oui ou parfois je peux mettre des écouteurs mais je n’en ai plus. Je n’ai pas de casque, je n’ai pas de très bons trucs pour écouter de la musique.

Donc ça veut dire que quand tu veux faire tes réglages tu enregistres, tu transfères sur ton ordinateur, tu écoutes et tu réenregistres ?

Oui, c’est pénible…

Comment tu places le Zoom dans la salle par rapport à toi ?

Un peu devant la caméra mais sans que ce soit dans le cadre. Donc 2, 3 mètres.

Face à toi ?

Oui, un peu plus bas que la caméra.

Sur une chaise par exemple ?

Oui, ou un lutrin, à la moitié de ma hauteur.

Et le Zoom tu en es contente, ça te convient ?

Oui.

Tu n’as pas besoin d’acheter autre chose ?

Non, je l’utilise pour faire ce genre d’enregistrements mais c’est souvent plus pour moi, par exemple pour les Podium. Je le pose quelque part, ce n’est pas forcément pour en faire quelque chose que je veux montrer à d’autres gens, à part quand je suis obligée parce que je dois faire des enregistrements pour des gens.

Et en musique contemporaine tu n’as jamais eu besoin d’enregistrer pour des compositeurs ?

Non. Une fois on a enregistré des bruits de papier pour une pièce. On a détruit un piano en papier. On a enregistré plein de bruits de papiers, on les a un petit peu manipulés et on les a mis sur un clavier. Après, pendant que je jouais au piano en papier, une autre personne jouait sur son clavier avec le bruit des papiers. Ça c’était avec son micro à lui. C’est lui qui a géré le son.

Et quand tu as fait le spectacle pour enfants avec les hamburgers17, il y avait du son dans la vidéo ?

Oui, j’ai aussi enregistré avec le Zoom.

Donc après tu as fait un petit peu de montage ?

Oui, sur Da vinci, directement avec la vidéo.

Donc tu n’as pas touché au son ?

J’ai fait des trucs basiques, mais ce n’était pas très professionnel. J’ai ajouté de la réverbération et j’ai retourné, enfin mis à l’envers. C’est tout, sinon j’ai découpé dans tous les sens. C’était difficile parce qu’ils avaient fait des petits bruits comme taper sur des tables et ils faisaient tout ça dans une même pièce. Ils faisaient des petites pièces d’une minute. Pour la toute première, j’ai enregistré tous les sons de la pièce séparément. Du coup ils étaient censés jouer en rythme mais ce n’était pas pareil… C’est le seul morceau pour lequel j’ai fait ça, pour le reste on n’avait pas le temps donc j’ai juste essayé d’être proche.

Comment tu as fait après au montage, tu as découpé ?

Il y a des sons qui se sont un peu perdus. Oui, j’essayais de découper et de les mettre beaucoup plus fort. Mais c’était très mal fait cette vidéo, il y a beaucoup de choses où j’étais dans le rouge à la fin.

Ça saturait ?

Oui. Mais si ça ne saturait pas tout était trop bas, donc je me suis dit que je m’en fichais, que ça allait saturer. J’ai exporté comme ça et ça allait. Mais je crois que le technicien a mis une limite dessus au concert. Et c’était trop bas d’ailleurs, mince, je me rends compte que tout était à cause de ça.

Comment as-tu appris à faire ça sur Da Vinci Resolve ?

Je n’ai pas appris… Quand on a fait les bruits de papier, Grégoire18 nous a montré pendant 20 minutes des choses basiques qu’on pouvait faire. Mais ça c’était dans un autre logiciel que j’ai toujours, je ne sais plus le nom.

Tu ne te sers plus de ce logiciel maintenant ?

Non parce que c’était compliqué… Si, un petit peu pour les bruits de papier. Mais je n’ai pas trop compris. C’était juste pour le son, pour moi c’est plus pratique d’utiliser vidéo et son en même temps.

Et si tu as des traitements à faire pour le son tu le ferais sur Da Vinci Resolve ou dans l’autre logiciel?

Peut-être dans l’autre. Mais j’ai aussi Audacity.

Tu t’en sers ?

J’ai fait des trucs dans Audacity à l’école. J’ai fait mon travail de Maturité. Mon projet de fin de lycée. J’ai fait ça dans Audacity. C’était un livre audio avec de la musique de Schubert.

Donc tu as pris des enregistrements qui existaient ?

Oui et j’ai mis ensemble avec une histoire que ma prof de flûte à bec a gentiment lue. Mon frère m’a donné son micro et son… Je ne sais pas, c’était compliqué il y avait beaucoup de boutons.

La carte son ? Tu branchais le micro dedans ?

Oui. Le son était bien à la fin. Tout était très bien sauf l’histoire, j’ai tout réussi toute seule. Les enregistrements je ne m’en souviens pas, je ne sais pas si ça sonnait plus professionnel. Ce n’était pas du tout légal aussi je pense. J’ai fait avec Audacity, tu peux enregistrer le son de l’ordinateur et après j’ai juste joué sur Spotify. Et je me demande s’il n’y avait pas quelque chose pour avoir une meilleure qualité. J’aurais pu télécharger depuis Youtube. Ce n’était pas très professionnel comme projet. Est-ce que c’est bien Audacity ? Pour moi c’était bien. Mais pour faire des choses plus compliquées c’est bien ?

Tu deviens limitée à partir d’un moment… Et quand tu t’enregistres pour travailler c’est vraiment pour écouter musicalement ce que tu fais ?

Oui, je fais souvent avec mon téléphone, je n’ai pas toujours le Zoom avec moi.

Tu fais ça souvent ?

Oui, tous les jours. Non, j’ai un peu des périodes. Par exemple hier j’ai l’impression de n’avoir fait que ça mais parfois je me dis que j’ai besoin de distance et je n’écoute pas trop. Mais ça m’aide beaucoup. Parfois j’ai l’impression que je m’écoute plus objectivement. Quand je joue j’entends ce que je veux entendre et du coup quand j’écoute l’enregistrement j’entends ce que j’ai fait et pas ce que j’ai voulu faire.

Et ça t’aide aussi à filer un programme ? Par exemple avant ton Abschluss19 ?

Oui j’en ai fait parfois mais je n’ai souvent pas réécouté. Parce que c’est beaucoup. Je m’enregistre pour me dire je vais faire ça d’un coup. Mais justement par exemple avant mon Abschluss, je n’ai pas fait tant que ça d’enregistrements. À un moment, je me suis dit qu’il n’y avait plus le temps de se frustrer par rapport à ça.

Est-ce qu’il y a des projets pour lesquels tu ferais appel à un ingénieur du son ?

Oui, bien sûr, si je voulais faire un truc pour mettre sur Youtube, ou si c’est quelque chose pour me faire de la pub bien sûr. Ce qu’il faut que je fasse une fois dans ma vie.

Pour des concours tu préfères toujours faire ça seule ?

Oui.

Quelle est la différence d’enjeu pour toi, d’enregistrer avec quelqu’un ?

C’est vrai… Je ne sais pas. Jusqu’à maintenant quand je me dis que je vais faire un concours je ne me dis jamais assez à l’avance que je vais être prête, faire ça bien, avoir mon ingénieur du son organisé pour ce jour-là. Je me dis plutôt : “ah mince il y a des deadlines, bon j’ai déjà joué cette pièce, ok”. Je ne me suis jamais dit : “oh là ça va être tellement bien”, peut-être que je ne me suis jamais dit que je pouvais gagner le concours. J’envoie des enregistrements en mode j’ai essayé. Du coup si un jour je suis vraiment prête… Mais peut-être que je ne le serai jamais parce que c’est juste ma personnalité qui est comme ça.

Alors que pour mettre sur Youtube ?

Ce serait la même chose, si je m’enregistrais pour un concours en sachant que je montre tous mes meilleurs côtés ce serait la même chose que si je voulais mettre sur Youtube.

Donc quand tu prépares un concours tu vois un programme et tu te dis que tu as déjà joué les pièces et tu les reprends ?

Oui.

Il n’y a pas de concours où tu te dis : “il y a ça et j’y vais” ?

Non, mais ce serait peut-être mieux comme stratégie. Je n’ai pas l’impression d’avoir eu un moment dans ma vie avec suffisamment de temps pour me dire que j’allais faire un concours. Ce n’est jamais un objectif de temps dans ma vie.

Et à l’inverse, tu t’enregistrerais seule pour mettre sur Youtube ?

Je crois que je ne le ferais pas.

Par souci de…?

Parce que si ce n’est pas parfait je ne vais pas mettre sur Youtube. Je me dis que je n’ai pas l’oreille pour écouter les qualités. Si tu me demandes avant ton concert d’aller dans la salle pour dire s’il faut que tu ouvres ou que tu fermes le piano, il vaut mieux demander à quelqu’un d’autre. J’ai l’impression que je me dis toujours que c’est bien, et je ne me demande pas ce qui pourrait être mieux. Si on n’entend pas trop je me dis que ce n’est pas grave, que je vais mieux écouter. Et pour ça, un ingénieur du son va dire de jouer plus fort, de fermer le piano ou d’augmenter le volume, je n’ai pas l’estime pour ça.

Ça t’arrive d’écouter sur Youtube des vieilles versions d’un morceau que tu cherches et de trouver que le son n’est vraiment pas bien ?

Oui, mais si c’est vieux…

Le son ce n’est pas un critère d’écoute pour toi ?

Que le son soit bien ? Non. Je pense que je clique sur des choses où je me dis que le son va être bien, tu sais, quand c’est bien filmé. Je ne sais même pas si je m’en rendrais compte. Si c’est bien filmé, je suis très visuelle, et qu’ils ont juste posé un Zoom je me dirais que c’est un bon enregistrement.

Et à l’inverse, est-ce que ça te gêne quand tu te filmes pour des concours et qu’on voit un microphone à l’image ?

Non, si c’est bien fait non. Enfin oui ça me gêne beaucoup si tu voies que la personne a juste posé son téléphone sur son lit. C’est mon occupation préférée de juger les gens sur leur incapacité à faire un cadre, c’est fou, ce n’est pas compliqué. Mais vraiment des choses basiques, comme mettre en horizontal.

Quand tu écoutes des grands flûtistes ou des flûtistes moins avancés, est-ce que tu entends entre eux une différence de son ? Tu te dis que certains musiciens ont un son incroyable ?

Oui. Parce que c’est contradictoire ?

Non mais c’est pour voir : est-ce que ton critère c’est le son de l’instrumentiste, et que tu n’écoutes pas vraiment le son de l’enregistrement, ou est-ce que tu n’écoutes pas le son du tout ?

Je ne sais pas. C’est intéressant. Je ne sais vraiment pas.

Quand tu enseignes, et qu’un enfant a un son immonde, comment fais-tu pour qu’il l’améliore ?

Je fais des exercices. Il faudrait qu’ils écoutent plus de flûtistes, je n’y ai jamais pensé. Je vais faire ça la semaine prochaine. Je ne sais vraiment pas, il faut que tu sois un peu curieux et que tu ailles écouter des trucs sinon tu n’as pas vraiment d’idée de quel son tu pourrais avoir. Moi ça m’énerve parce que si tu n’es pas curieux je ne peux pas l’être à ta place. Mais je ne sais pas si j’ai un idéal, j’ai mon idéal du son que je veux pour moi avec ma flûte mais chez les autres je ne me demande pas si ça pourrait être beaucoup mieux.

Ça ne t’intéresse pas vraiment ?

Si, c’est quelque chose qui m’intéresse.

Mais instinctivement tu ne te poses pas la question ?

Non mais j’ai l’impression qu’à la flûte et sûrement à tous les instruments ce n’est pas seulement quel son tu arrives à avoir, c’est quel son tu arrives à avoir malgré tout ce que tu dois jouer. Et du coup il y a beaucoup trop de critères et quand quelqu’un a un beau son c’est que techniquement et musicalement la personne arrive super bien à balancer le tout.

Donc le son c’est un peu le dernier critère, il faut que tout le reste soit parfait ?

Oui et du coup y’a des sons différents mais c’est à cause des personnes et des flûtes différentes. Tu as juste le meilleur son que tu puisses faire avec cette flûte. Je ne sais pas si c’est la réponse que je donnerai demain…

Est-ce que toi tu as déjà fait le module de formation InHouse Recording à l’école ?

Non, j’aurais pu, ça aurait été utile.

Tu regrettes ?

Je me dis qu’en général dans mes études j’ai fait beaucoup de trucs intéressants et créatifs et peu de choses où je me suis demandé ce qui serait utile pour mon futur. Mais partout, que ce soit enregistrement ou comment payer ses impôts ou Probespiel training20… C’est fonctionnel et je ne suis pas une personne fonctionnelle.

Et si tu avais accès à quelque chose pour te former maintenant tu le ferais ou pas ? Probablement pas parce que je n’ai pas appris de mes erreurs… Mon futur est ouvert à beaucoup de possibilités, je ne sais pas, je vais réfléchir. Peut-être que je vais aller voir mon frère et lui demander s’il veut tout m’expliquer sur comment s’enregistrer. Il va me dire qu’il n’a pas le temps.

Et pour toi c’est rédhibitoire quand tu vois un concours par vidéo, tu ne te dis pas “ah non je ne le fais pas” ?

Si, j’ai la flemme, mais aujourd’hui tous les concours sont par vidéo, enfin il y en a très peu où ça ne l’est pas si tu veux rester ouvert à cette activité.

Et pour revenir à comment tu prépares les concours, quand tu prépares un concert par exemple ça n’a rien à voir ou c’est un peu pareil ?

Non, ça n’a rien à voir.

Tu te prépares comment pour un concert ?

Je pense beaucoup plus à ce moment, comment je vais devoir être à ce moment-là et je me prépare. J’aime bien toujours jouer par cœur, je me prépare à ne pas avoir de trou de mémoire. Je me prépare à comment je vais être. Je me prépare physiquement à pouvoir jouer le programme en entier plusieurs fois à la suite. Je me prépare à comment je vais me sentir entre les pièces. Oui, je me prépare complètement différemment. Peut-être que je devrais me préparer un peu pareil.

Comment tu fais, j’imagine que tu te prépares en enchaînant tout pour la fatigue ? Comment tu te prépares à ce que tu vas faire entre les pièces ?

En enchaînant les pièces. Là je pense à mon récital parce que c’est le plus récent, par exemple le point critique c’était le changement entre flûte moderne et traverso.

Donc je travaillais en alternant les deux. Après il y avait de l’improvisation donc c’est différent de tous les autres concerts que j’ai fait dans ma vie. Mais c’est important de savoir ce qui va venir après quoi et dans quel état d’esprit être après.

Et justement pour faire un enregistrement tu fais moins de filages pour te préparer ? Non, je n’en fais pas du tout. Mais je pense que j’ai dû faire moins d’enregistrements où il y avait plusieurs pièces à la suite. Je me dis qu’il faut juste que je survive à ce truc.

Quand tu as plusieurs pièces à enregistrer comment tu fais ? Tu fais plusieurs fois une pièce puis plusieurs fois l’autre ou tu fais tout ?

Non, je fais plusieurs fois la pièce jusqu’à ce que je sois obsédée et que je me dise qu’il faut changer.

Tu commences par la même ou tu alternes ?

Non je crois que j’alterne.

Entretien n°7

Le 08/06/2023

Tu peux te présenter ?

Je suis étudiant en deuxième année de Licence en basson français au Conservatoire National de Lyon. J’ai 24 ans.

Qu’est-ce que tu as comme expérience d’enregistrement, que ce soit seul ou avec quelqu’un ?

En auto-enregistrement, par rapport à tout ce qui a été confinement et covid j’ai eu mes vidéos de concours pour le premier tour il y a deux ans pour les concours de Paris et de Lyon. Ensuite, un projet de musique de chambre où on a monté un arrangement de Pierre et le Loup pour quintette à vent, et on a enregistré chacun dans notre coin nos parties instrumentales qui ont été ensuite collées les unes aux autres et mises sur un fichier vidéo. Et après, régulièrement mon prof me demande de m’enregistrer, justement suite au travail de préparation de vidéos de concours pendant le covid. Sachant qu’il me préparait déjà, même avant que j’envoie les vidéos au concours. Il me demandait de lui envoyer des vidéos pour avoir un suivi régulier de mon évolution pendant le covid, vu que je ne pouvais pas aller prendre de cours avec lui à Lyon.

Quand tu parles du quintette, le but c’était vraiment de mettre sur internet ou c’était pour démarcher ?

Oui on a mis une vidéo sur Youtube. C’est juste pour ça. Ce n’est pas grandiose, c’était un projet de confinement quoi.

Et depuis que tu es au CNSM ?

De temps en temps Philipp21 me demande de m’enregistrer et d’écouter, voire de lui envoyer des enregistrements ou de lui faire écouter mon travail personnel, que ce soit déjà pour juger de la qualité de mon travail en autonomie, ou pour avoir quand même un suivi pédagogique quand j’ai quelques cours qui sautent pour des raisons de tournée de son côté à Radiofrance ou de sessions d’orchestre de mon côté.

Donc à chaque fois que vous n’avez pas de cours ensemble tu fais une vidéo ?

Ce n’est pas régulier, des fois il expérimente un peu. Il a développé ça avec le covid je pense justement, le fait de devoir évaluer le travail des élèves par vidéo plutôt que par un cours particulier. Je crois qu’à Lyon ils ont dû notamment faire des cours en visio et que c’était un peu compliqué. Le problème c’est que forcément, avec les restrictions de qualité visio ou audio qu’on a par les logiciels de discussion c’est un peu compliqué de pouvoir faire pleinement un travail pédagogique.

Et pour des académies d’orchestre ou des stages tu as fait ?

Non.

Ce que tu fais en ce moment c’est vraiment pour travailler ?

Oui.

Tu dirais que tu fais ça tous les combien ?

Ça dépend. Peut-être une journée ou deux de travail dans le mois. Ce n’est pas régulier. En fait le but c’est de mettre en place des réflexes d’écoute active. L’avantage de l’enregistrement pour le travail c’est que ça permet de prendre du recul sur ce que l’on fait et d’avoir déjà une oreille extérieure, notamment dans le cadre d’une pratique d’un instrument à vent. On a une perception de l’instrument qui est très faussée par rapport à l’auditeur. Là où il y a juste le son de notre instrument, nous on entend principalement la réverbération de l’instrument dans le corps. On a une écoute interne ce qui est très perturbant, je pense qu’il doit y avoir des harmoniques qui changent. La justesse on ne l’entend pas exactement pareil. Et en plus ça permet aussi de prendre du recul. Quand on s’écoute sans jouer on n’est plus en train de se concentrer sur des paramètres techniques instrumentaux, on écoute juste ce qu’il y a par rapport à la musique et la représentation qu’on en a. Du coup c’est plus facile de dégager des objectifs et des paramètres de travail. Enfin de vraiment identifier ce qui pêche de manière récurrente, pour qu’une fois que c’est dégagé ça devienne intégré au travail sans enregistrement.

Ça tu le fais quand ton prof te le demande, mais est-ce que tu le fais aussi pour toi ?

Oui ça m’est arrivé puisqu’il y a une application que j’ai achetée. Elle est gratuite mais je l’ai achetée pour avoir plus de paramètres. C’est sur l’Iphone, elle s’appelle Andante. En gros dans l’application tu peux lancer une session de travail et quand tu lances ta session, l’application a plein d’items. Tu as métronome, accordeur et notamment enregistreur, et à la fin de ta séance de travail tu peux prendre des notes dessus. C’est un peu bête, tu n’as pas besoin d’un téléphone pour ça mais au moins ça permet de classer par jour. Tu mets ton niveau de satisfaction, et surtout tu prends tes notes par rapport à ce que tu as ressenti. Après tu peux réécouter, prendre des notes aussi par rapport à ce que tu penses et ça archive. Donc tu peux avoir un suivi de ton travail et c’est bien pour ça. Des fois, quand je me mets à travailler avec l’application, j’essaye de ne pas m’en servir parce que c’est vrai que je ne suis pas forcément pour l’usage d’applications dans le travail régulier. Ça permet de voir où tu en es, notamment quand tu commences à travailler une pièce pour vérifier si tu n’es pas en plein contresens ou si tu ne pars pas dans des directions qui ne sont pas saines. Et aussi pour pouvoir comparer à des enregistrements. Ce qui est bien c’est par exemple quand j’ai travaillé pour le concours d’orchestre que j’ai fait, et qu’il fallait que je monte le concerto de Mozart, il n’y a pas l’orchestre mais tu entends ta partie de basson et tu peux aller prendre des enregistrements de solistes sur internet pour comparer leurs idées musicales, juste pour faire de l’écoute comparée.

Donc tu t’en sers à la fois pour la musique, et tu disais aussi pour la justesse ?

Oui pour la justesse et aussi j’ai remarqué pour la précision rythmique. J’ai un défaut à l’instrument, en formation musicale de manière générale je suis plutôt très bon et très précis rythmiquement et peut-être que c’est à cause d’une raison digitale, je ne sais pas, je creuse encore là-dessus, j’ai tendance à être parfois un peu flou rythmiquement. Mon professeur notamment part du principe que pour lui la première chose qui cadre le rythme c’est aussi la manière de souffler. Enfin par rapport à tout ça, des fois tu n’as pas l’impression de ne pas être précis et quand tu écoutes un enregistrement dans un trait, tu entends clairement que le trait n’est pas précis. Ça aide beaucoup à la précision rythmique.

Tu connais NoMad Play ?

Oui, le conservatoire de Chalon où j’étudiais avant de rentrer à Lyon, en classe préparatoire, nous avait chopé des abonnements pendant la période covid. Le problème c’est que je m’en suis très peu servi puisque étant bassoniste, l’offre Nomad Play était très restreinte pour le basson. Tu as Mozart, Saint-Saëns et c’est terminé. Il y a aussi un autre problème. Ce qui était bien dans les deux pièces c’est qu’il y avait Saint-Saëns et que c’est souvent un imposé, c’est ce que j’ai joué au second tour de Lyon. Le problème c’est que, surtout pour de la musique romantique, ça joue bêtement en rythme et que la sonate de Saint-Saëns au basson bêtement en rythme ce n’est pas top.

Tu disais que tu fais beaucoup de concours d’orchestre en ce moment ?

Justement j’ai passé mon premier concours d’orchestre il y a un mois.

Donc c’était tout en présentiel ?

Oui.

Et les vidéos c’était vraiment pour t’entraîner ?

C’était juste mon prof qui me demandait d’écouter Mozart parce que j’avais tendance, en début de travail justement, à partir sur des directions personnelles qui n’étaient pas forcément très académiques disons, ce qui peut poser problème dans un concours d’orchestre, notamment sur une pièce comme Mozart. Je sais qu’en basson ça peut se faire beaucoup les concours sur vidéo, mais je ne suis pas trop concerné parce que je ne postule qu’en France avec le basson français. Par contre, je sais qu’il y a beaucoup d’orchestres à l’étranger, notamment des grosses formations, qui font des premiers tours sur vidéo encore aujourd’hui. J’ai eu des camarades de classe qui s’enregistraient, et je sais que pour eux ça pouvait être un bon exercice parce que ça exige de se réécouter, un peu comme un concours de CNSM. Mais c’est un peu bizarre pour un concours d’orchestre. Encore, sur un concours de CNSM ça permet de contrôler un niveau technique, on demande surtout sur un premier tour, littéralement une admissibilité, de voir si tu valides les items qu’une institution estime nécessaire avant de rentrer, mais alors pour un orchestre c’est un peu bizarre et des fois ils prennent des gens en vidéo et puis une fois que tu arrives sur place, tu ne corresponds pas du tout au profil qu’ils recherchent.

Est-ce que si tu vois un concours avec un 1er tour par vidéo ça te freine ou tu t’en fiches ?

Je ne me suis pas réellement posé la question, ça peut entre guillemets être un atout. C’est ce qui s’est passé notamment dans les CNSM pendant qu’il y a eu le covid, je pense que ça a aussi beaucoup encouragé l’inscription de candidats de l’étranger parce que ça évite un déplacement, ça évite de t’embêter. Au moins tu sais que tu travailles sur place et ça ne te coûte rien de monter un programme de premier tour. Ça va beaucoup écrémer en plus.

Quand tu t’enregistres pour ton concours d’orchestre, est-ce que tu ressens une différence quand tu joues pour ta vidéo ou pour des gens ? Est-ce que psychologiquement tu es dans le même état ?

Ça varie au fur et à mesure de la séance de travail. Notamment quand il faut envoyer la vidéo. Au début tu y vas spontanément. Tu te réécoutes et tu identifies des problèmes. Quand c’est des problèmes musicaux encore ça va mais quand c’est des problèmes techniques… Enfin quand je dis musicaux c’est de musicalité. Quand c’est des problèmes techniques ou de trucs qui accrochent ou qui ne sont pas tip top, le problème c’est qu’au fur et à mesure de l’enregistrement soit tu ne te focalises que là-dessus et tu oublies d’autres choses, soit au contraire tu te stresses, et moi et ça m’arrive beaucoup. Je stresse de plus en plus et je sais qu’il ne faut pas que je fasse des séances d’enregistrement trop longues parce qu’à la fin ça a un effet plus destructeur qu’autre chose, je me crispe et j’intègre la crispation dans le travail. Ça a pu arriver sur des enregistrements de concours notamment.

Quand tu dis que tu stresses au fur et à mesure c’est de l’enregistrement ou de la séance globale ?

Les deux. C’est le stress de ne pas avoir d’enregistrement que j’estime potable personnellement, et le stress d’arriver à jouer. Parce que disons que quand tu joues devant des gens, tu joues et puis ça passe, enfin ça s’enchaîne et tu ne t’arrêtes pas sur un truc. En enregistrement tu graves tout et tu peux revenir en arrière et t’arrêter bêtement sur un truc, c’est hyper exigeant. Je sais que ça été le cas de certains jurys au concours et ça te donne le stress de ne rien mettre à côté, alors que ça peut arriver d’en mettre une, ce n’est pas forcément stressant. Ça enlève de la spontanéité je trouve.

Comment se déroule ta séance d’enregistrement ?

Quand je suis vraiment dans le cadre d’une séance purement de travail, par exemple sur une gamme, ça m’est déjà arrivé. Tu travailles ta gamme, tu enregistres au fur et à mesure. Je travaille un intervalle précisément et au bout d’un quart d’heure je m’enregistre et j’écoute. J’identifie des trucs, je refais mieux, je réenregistre et après je monte le tempo. Quand c’est juste pour surveiller un paramètre ça marche plutôt bien. Pour les gammes par exemple c’est très bien. En fait c’est plus un outil plutôt qu’un truc que tu gardes, comme une sorte de troisième oreille. Dans le cadre d’un enregistrement, par exemple pour envoyer à mon prof, c’est bêtement le téléphone sur le pupitre et puis la partition. Je commence mon filage et soit ça se passe bien et j’écoute, soit il y a quelque chose qui ne se passe pas bien, je coupe directement et je réenchaine, je réenchaine, je réenchaine, je prends des pauses. Des fois ça va vers le mieux, des fois ça ne va pas vers le mieux. Je sens quand je sature, je pose et après j’enlève l’enregistrement, je refais calmement et j’essaye de prendre du recul, du calme. Des fois je me remets à enregistrer et ça se passe bien. Dans le cas d’un enregistrement, pour avoir quelque chose de concret, je n’ai pas encore trouvé de méthode fiable. Par exemple, je sais que dans le cadre de mes vidéos de concours ça avait bien marché pour Lyon, mes vidéos étaient très très bonnes. Je n’arrivais à rien au niveau enregistrement, j’avais fait des enregistrements avec ingénieur du son. Au final pour Lyon le règlement exigeait un enregistrement téléphone et les meilleures vidéos que j’ai faites, celles que j’ai envoyées, c’était quand j’étais en train de travailler dans ma salle, ça se passait très bien, je me suis dit tiens je vais mettre le téléphone, on va enregistrer un coup et on va voir. J’ai fait, j’ai joué comme quand je travaillais, en fait j’oubliais la présence du téléphone et là ça a très bien marché. Je pense que l’enregistrement ça marche bien à partir du moment où tu arrives à oublier qu’il est là. Tu joues comme si tu jouais devant des gens. Je pense que c’est pour ça qu’on demande d’enregistrer.

Et pour le contexte, toi quand tu as passé Lyon c’était uniquement par vidéo ?

Lyon comme Paris, d’ailleurs c’était le même programme au premier tour sur vidéo. Je n’ai pas envoyé les mêmes vidéos. Et après tu étais convoqué ou non au second tour, en présentiel.

Et pour Lyon tu avais anticipé ? Tu avais commencé par enregistrer Paris ?

Oui parce que le concours tombe après. En gros, le programme de Lyon était tombé juste avant de passer le second tour de Paris. Donc j’avais déjà monté le programme, j’avais déjà envoyé des vidéos. Je crois qu’il y avait un mois d’écart. J’avais envoyé des vidéos à Paris, de pas très bonne qualité et mon prof de Lyon qui me préparait pour le concours de Lyon, il restait 2-3 semaines, m’avait demandé de les améliorer. Et c’est ce que j’ai fait et je les ai envoyées ensuite. Après il y a eu le second tour de Paris et le second tour de Lyon en présentiel sur des programmes différents.

Tu disais que tu as fait avec un ingénieur du son ?

Oui pour Paris, j’avais des ingénieurs du son. Il n’y avait pas de restrictions d’enregistrement. C’est un peu compliqué les séances d’enregistrement comme ça parce qu’il y a vraiment le stress de la prise. D’autant plus que, tu vois quand je sors mon téléphone comme j’ai fait pour Lyon, tu prends ton téléphone et tu le sors n’importe quand. Si tu es content de ta séance de travail, tu te dis que si ça se trouve, ça vaut le coup que je m’enregistre. Tu mets le téléphone sur le pupitre, tu enregistres, ça marche. Dans l’autre sens avec un ingénieur du son tu sais que des séances tu n’en as pas tant de prévues que ça parce qu’ils ne sont pas forcément disponibles, ce qui est normal. Tu as une séance d’une certaine durée, plus ta séance passe plus tu stresses de te dire est-ce que je vais avoir un truc convaincant à l’issue de ces, admettons, trois heures d’enregistrement. C’est un exercice et je pense que ça doit être pareil pour un musicien studio pour un CD. Je pense que c’est des trucs sur lesquels on n’est pas formés, surtout à l’époque covid on n’était pas formés à ça et c’est vrai que ça joue pour certains. Surtout dans mon cas où c’était la première fois que ça se produisait. Je pense que ça peut en gêner plus d’un.

Tu penses que maintenant, j’imagine que tes méthodes de travail ont évolué depuis, tu arriverais mieux à préparer une séance avec un ingénieur du son pour que ça se passe mieux ? Ou tu préfères quand même faire seul ?

Je pense que je serai plus préparé parce que là où à l’époque c’était : je travaille, on va enregistrer avec l’ingénieur du son et voir ce que ça donne, puis on va retravailler derrière et réenregistrer derrière. Je pense que là je ne m’y prendrais pas du tout de la même manière. Je pense que l’échéance ingénieur du son je prendrais ça comme si c’était un concert, une date butoir. Qu’en fait il n’y ait pas de travail derrière et que tu joues comme si c’était le concours, et pas comme si on allait voir et écouter. Non, vraiment prêt quoi.

C’est la seule fois où tu as enregistré avec des ingénieurs du son ?

J’ai déjà fait des enregistrements de projets d’ingénieurs du son pour Paris.

Donc ce n’était pas pour toi, c’était pour eux ?

Oui et à titre personnel des enregistrements d’ensemble de musique de chambre pour à la base préparer un CD. C’est tombé à l’eau parce qu’on s’est rendus compte qu’il y a eu des problèmes d’enregistrement, de travail et de qualité musicale. Et des problèmes d’enregistrement : louer un gîte à 1 km d’une ligne TGV ça peut pourrir un enregistrement. Surtout quand c’est la ligne Paris-Lyon.

Et ce CD c’était dans quel but ?

Pour avoir des goodies à filer avec les concerts de musique de chambre. Mais de toute façon le groupe est tombé à l’eau et le CD lui-même aussi, ce n’est pas plus mal.

Quand tu parlais de tes gammes tu disais que l’enregistrement te permettait de surveiller certains paramètres, est-ce qu’une fois que tu as identifié ces paramètres avec l’enregistrement tu les entends quand tu joues ?

Oui. Du coup en plus tu peux cumuler le métronome du logiciel avec l’enregistrement et tu superposes. En fait, si je lis pour la dernière gamme par exemple, je remarquais des notes qui craquaient de manière régulière et pourquoi. Par exemple, tu sais qu’au basson admettons tu as fait ta gamme, tu as des sol# qui craquent, mais là tu entends que cette note craque de manière récurrente quand elle vient de telle ou telle note, donc ça te permet d’identifier un problème, pas juste ça craque mais pourquoi. Donc tu prends note et ensuite tu corriges et il n’y a plus. Ça permet aussi des fois de voir dans mon cas des problèmes de conduite d’air dont tu ne te rends pas forcément compte. Tu souffles et des fois tu ne sais pas si c’est bien conduit. C’est plus facile de s’en rendre compte quand tu prends du recul.

Et la qualité audio de ton téléphone te suffit pour entendre la conduite d’air par exemple ?

Oui. J’ai de la chance d’avoir un téléphone qui enregistre bien. J’avais eu un téléphone un peu plus vieux quand j’ai préparé Lyon, le micro ne devait pas être mauvais. Mon iPhone 10 avait un meilleur rendu que le Zoom, les deux ont servi en simultané. Le problème c’est que le Zoom c’est le genre de micro où si tu ne t’en sers pas dans de bonnes conditions le rendu est moins bon. L’avantage du téléphone c’est que c’est un peu moins capricieux sur les conditions d’enregistrement. Tu as toujours un truc à peu près lissé, je pense qu’il y a tellement de compression là-dedans que tu entends bien. Ce n’est pas forcément incroyable mais ça te permet d’avoir une bonne vision. Ce n’est peut-être pas fidèle à l’acoustique de ta salle mais au moins ça te permet d’avoir une bonne perception de ton instrument.

J’ai vu qu’au CNSM de Lyon ils ont un module de cours sur la prise de son. Est-ce que toi tu l’as fait ou pas ?

Module sur la prise de son ? Le fait qu’on puisse demander à un ingénieur du son du conservatoire de nous enregistrer ? On pouvait, mais il est parti à la retraite. C’est compliqué mais on peut, normalement ils ont quelqu’un. Il y a un régisseur ingénieur du son à qui on peut demander d’enregistrer, à partir de la 3e année, une ou deux fois par an pour des concours. Du coup moi je suis pas encore en 3e année. Pour le cours je n’en ai jamais entendu parler. Tu as une plaquette récente ? Des fois ce genre de truc c’est uniquement pour les étudiants en composition.

Là c’est obligatoire pour les étudiants en composition mais ouvert pour les autres disciplines.

C’est quelque chose qu’on prend en option, c’est en UV4. Quand tu es bassoniste, tu as le basson baroque qui te tend les bras en UV4. On s’arrache les créneaux donc j’ai préféré privilégier le basson baroque.

Tu enregistres avec ton téléphone, tu n’as pas un Zoom ou autre chose ?

Non.

Quand tu réécoutes tes enregistrements, tu écoutes avec quoi ? Directement sur le téléphone ?

En général avec des écouteurs… Ou un casque mais pas avec le haut-parleur, ce n’est vraiment pas terrible. Le but étant quand même de faire un travail sur la qualité du son et la justesse… D’ailleurs le fait de m’enregistrer m’a beaucoup fait progresser. C’est pour ça que mon prof m’aiguillait beaucoup là-dessus, parce qu’il a vu qu’étonnamment, par rapport à beaucoup d’élèves, j’ai énormément progressé pendant le covid sans avoir de cours grâce aux enregistrements de concours qui me permettaient d’avoir des repères. Donc pour lui c’est le fait que j’avais une vraie

prise de conscience sur mon son et j’ai beaucoup, beaucoup rectifié ma qualité de son, l’esthétique du son, grâce aux enregistrements.

Pour Lyon tu disais que tu t’étais enregistré pendant une séance de travail, mais tu avais quand même anticipé ta tenue ?

Je n’étais pas en tenue de concert. Je n’étais pas mal habillé. Je ne sais même plus mais je crois que je m’étais dit que pendant une semaine il fallait que je produise des vidéos donc je m’étais débrouillé pour être toujours plus ou moins en tenue et travailler en tenue.

Donc tu n’avais fait qu’une fois, tu as travaillé, tu t’es dit c’est bien, tu as enregistré et c’était bon ? Ou tu as fait ça plusieurs jours d’affilée ?

Non, j’avais plusieurs pièces à enregistrer. Il y avait un Vivaldi et une pièce moderne du 20e siècle. Le Vivaldi n’a jamais été très problématique, c’était la pièce moderne… Elle fait 5 ou 6 mouvements et les plus difficiles sont les derniers. Ce qui fait que c’est assez frustrant à enregistrer parce que tout le début se passe très bien, mais tu lâches des trucs immondes en toute fin et tu es obligé de te retaper les 10 minutes. En fait j’arrivais toujours à produire des versions très bonnes mais toujours avec des erreurs qui ne passent pas en concours, vraiment le truc éliminatoire. Donc j’ai fait la très bonne version, ça passait tout seul. Pour moi ça a été vraiment très bien et je sais que mes vidéos ont été très bien reçues par le jury. Mais en gros cette fois-là c’était une sorte d’état de grâce. Donc tu te dis, est-ce que je vais vraiment me fatiguer à essayer de produire mieux ? Je pense que la vidéo est très bonne et qu’il faut peut-être maintenant se mettre à assurer le programme du second tour qui est en présentiel.

Tu avais déjà fait d’autres jours avant ou c’était vraiment ce jour-là coup de chance ? J’avais des trucs presque bons, c’est juste que ce coup-là c’était vraiment au-dessus. Mais je n’en ai pas refait après. Disons que ce n’était pas un coup de chance, ça fait partie de la progression de ce qu’il y avait avant.

Comment tu gérais, ça c’était sur une semaine en gros ?

Le problème qu’il y avait avec ces enregistrements, si je ne dis pas de bêtises c’est que le premier tour de Lyon est arrivé avant le second tour de Paris, qui était le concours que je visais. Il fallait que je monte des bonnes vidéos pour Lyon mais il fallait que je monte un programme donc j’essayais de ne pas trop perdre de temps avec ça.

Comment tu gérais avec ton travail pour Paris en même temps ?

Sur des journées de travail type de 5-6h, avec des sortes de petits services de 2h30 par demi-journée. Tu consacres une demi-journée à ton programme de premier tour et une demi-journée à ton programme de second tour.

Sur ta séance tu commençais par travailler et à la fin tu te disais je suis prêt, je vais enregistrer ?

Non, je chauffais l’instrument et j’enregistrais directement pour avoir un enregistrement à froid dans des conditions de concours. Je ne me fatigue pas trop à jouer, je fais une gamme pendant 15-30 minutes et je passe. J’avais des enregistrements pas mal. Après je retravaillais certains paramètres. Le paramètre en question était réglé mais le reste de l’enregistrement n’était pas forcément bon. Et dans le cas où j’ai eu un bon enregistrement c’est que j’avais fait une bonne séance de travail. J’ai dû faire mon premier enregistrement, très bonne séance de travail, pause, 30 minutes pour déchauffer, enregistrement et ça s’est très bien passé.

C’était le jour où ça marchait. Les autres jours tu réécoutais à chaque fois juste après l’enregistrement ?

Oui, pour comprendre quand même pourquoi ça marche, pourquoi ça ne marche pas, essayer de peaufiner le travail. Pas faire des enregistrements pour faire des enregistrements, ce qui est bête parce qu’au final tu as un truc qui ne va pas te servir et si tu ne t’en sers pas au moins pour rectifier le tir tu as juste perdu ton temps.

Est-ce que tu te poses la question de t’acheter du matériel ou tu n’en as pas l’utilité ? Non. Éventuellement je sais qu’ils font des micros pour le téléphone que tu branches juste à ton port lightning pour l’iPhone. Je ne sais pas comment ça marche, si c’est de bonne qualité mais éventuellement il y a ça. Je ne suis pas trop confronté à un usage plus professionnel de l’enregistrement que ça et dans le cadre d’un support supplémentaire de travail mon téléphone fait amplement l’affaire.

Tu n’es jamais passé par un logiciel de son, ou même de vidéo pour recoller ensemble ? Tu as toujours tout fait avec ton téléphone ?

Oui.

Tu places comment ton téléphone par rapport à toi ?

Quand c’était pour des vidéos de concours assez loin sur un trépied pour filmer en même temps. Quand c’est pour travailler je le mets sur le pupitre en faisant attention à le mettre sur le côté, à l’horizontale et pas à la verticale. En gros, si je le mets à la verticale les micros qui sont en dessous sont en appui sur le pupitre donc c’est étouffé. Et j’essaye de bien me reculer parce que vu que le basson ça projette dans tous les sens, si je suis trop près il n’y a que certaines harmoniques qui passent et les fuites d’air… Mes profs m’ont toujours dit que pour enregistrer un basson il faut que tu prennes le plus d’espace possible.

Et tu as dû faire des réglages sur ton téléphone, il y a un auto gain ou tu n’as rien fait ?

Non, rien de particulier.

Comme tu dis, la dynamique est compressée ?

Oui, je pense. Tu parles justement des dynamiques, les nuances ce n’est pas du tout un truc que j’évalue. Déjà ce n’est pas le but dans mon travail et je ne pense pas que le téléphone puisse aider à ça.

Et tu reconnais ton son ou pas ?

Oui mais ça justement c’est le travail que veut mon prof. Il veut que je me forge un son et ça je n’y suis pas encore. Pas vraiment on va dire.

Tu t’es habitué à ce son que tu entends mais ce n’est pas forcément ce que toi t’entends quand tu joues ?

Je n’ai pas un son fixe, j’ai changé d’instrument il y a peu de temps, j’ai changé de marque et mon prof me fait changer d’esthétique donc je n’ai pas une base stable sur laquelle je peux me reconnaître.

Et est-ce que tu as des références de son d’autres gens ? Ou d’enregistrements ? J’ai essayé d’écouter le son des enregistrements d’orchestre de mon prof. Déjà quand je veux travailler une esthétique de son au basson je vais essayer de chercher le peu d’enregistrements qu’il y a sur internet, d’orchestres avec un basson français mais c’est très ciblé sur la problématique d’un instrument.

Tu entends des différences de son entre les bassons français ?

D’un musicien à l’autre ? Pas tellement parce que ça s’uniformise beaucoup. Surtout qu’on joue tous la même marque et que chez Buffet-Crampon la qualité et le défaut c’est que c’est très neutre. Ça lisse beaucoup les personnalités de son, c’est hyper académique, c’est pareil pour les clarinettes. Donc au moins l’avantage c’est que tu sais qu’on ne va pas te reprocher des défauts mais j’estime qu’on va te trouver moins de qualités individuelles, sauf chez certains rares excellents musiciens. Mon professeur tu le reconnais parce que lui c’est un peu un cas à part.

Quand tu enregistrais par exemple avec les ingénieurs du son tu les connaissais d’où ?

C’était les étudiants en prépa son à Chalon-sur-Saône qui étaient en train de préparer les concours pour la Formation Supérieure aux Métiers du Son. C’était avec les micros à la fois du conservatoire et de Nicéphore Cité. Il y a eu en plus des problèmes de quels micros utiliser, de réglages. C’était des premières années qui m’enregistraient à l’époque et qui n’avaient pas forcément la même expérience des micros et des réglages. Et au final il y a eu beaucoup de problèmes de comment régler les micros.

Et toi le son te plaisait ?

La reconnaissance d’une bonne esthétique de son n’a jamais été mon fort donc j’ai laissé mon professeur faire.

Est-ce que tu as l’impression quand tu joues pour un micro d’adapter ton son ? Il y a quelque chose qui change ou tu joues vraiment pareil et ça ne change rien ?

À la base je ne change pas et justement quand tu fais des enregistrements pour un ingénieur du son tu t’adaptes par rapport à ce que perçoit le micro sur le rendu studio.

Tu adaptes quoi par exemple ?

Tu peux adapter ta manière de timbrer, ta justesse sur certaines notes. Il y a des fois des harmoniques qui passent ou qui ne passent pas, donc en fonction, en changeant ton placement, ta longueur de note forcément, en fonction de la réverbération qui est prise par le microphone, tu augmentes tes attaques pour détacher. Un peu comme si tu t’adaptais à une acoustique quand par exemple tu fais des répétitions d’orchestre, que tu es dans une acoustique avec telle réverbération ou qu’il n’y en a pas justement et que tu te retrouves à jouer dans une église qui a 10 secondes de réverbération. Dans ton expérience de musicien tu apprends à adapter ton attaque et c’est un peu pareil avec un micro.

C’est avec les micros, mais toi avec ton iPhone tu as moins cet enjeu j’imagine ?

Quand je m’enregistre avec mon téléphone, déjà quand c’était pour le CNSM de Lyon, le fait que tout le monde doive faire un enregistrement téléphone, tu savais que dans l’évaluation des vidéos il y avait certains paramètres qui étaient de fait éliminés, donc tu enlevais ça. Sinon quand je me sers de mon téléphone c’est plus pour travailler le contrôle d’homogénéité de son, je vais vraiment voir si chaque note est timbrée de la même manière. Et aussi le travail de la régularité rythmique, de la justesse mais pas forcément des paramètres plus fins et plus précis, vraiment de l’écoute de base on va dire.

On a déjà un peu parlé, comment tu te sens quand tu joues pour du public ou quand tu joues pour un enregistrement ?

De toute façon, que ce soit avec du public ou avec un micro, j’ai une fâcheuse tendance à être un énorme stressé, donc forcément le fait d’avoir du public et surtout un micro ne m’aident pas quand j’en prends conscience.

Donc dans les deux cas c’est pareil ?

Oui. Ce n’est pas forcément le même stress. Il y en a un où c’est vraiment le stress d’en mettre une à côté et l’autre où c’est le stress de ce que je peux dégager. Je sais que dans une performance live il peut se passer des choses et que le but c’est soit que ça ne se remarque pas, soit tant pis. Mais ça ne m’affecte pas. L’autre c’est qu’il n’y ait rien qui aille à côté.

Et tu arrives à te libérer musicalement pendant l’enregistrement ou tu es vraiment coincé ?

Ça dépend de mon état physique, de mon état de fatigue et de mon état mental au moment de la prise. Mais comme à un concert en fait. Si tu arrives sur scène et que tu sais que tu es préparé, que physiquement tout va bien et que tu as mangé, que tu te sens bien, tu stresses moins que si tu as eu ton train en retard et que tu es en stress ou que dans ta vie ça ne va pas, tu es naturellement plus crispé, forcément ça joue aussi.

Est-ce que le lieu, la salle, c’était un critère important pour toi pour enregistrer Lyon ?

Disons que j’étais au conservatoire de Chalon, donc forcément j’étais dans des salles qui avaient une bonne acoustique. Et je m’arrange toujours quand je travaille à Chalon pour être dans des salles avec une acoustique qui marchait bien pour le basson. Là où par exemple quand je m’enregistre pour le travail à Lyon, déjà quand on connaît la problématique d’avoir des salles de travail en tant qu’instrumentiste, que ce soit à Paris ou à Lyon, tu te contentes de ce que tu as. Dans notre cas, à Lyon tu te contentes des box du 4e étage qui résonnent à mort. Ce qui fait que de toute façon tu n’as pas le choix et tu fais avec.

Tu disais que tu préférais la spontanéité de t’enregistrer seul par rapport à faire ça avec quelqu’un ?

Pour le travail ça va, sauf si c’est pour envoyer une vidéo à mon professeur parce qu’il y a forcément un côté bon élève qui n’a pas envie de se faire engueuler et qui a peur d’envoyer n’importe quoi. Mais si c’est juste pour du travail, et c’est ce que demande mon prof, il n’y a pas ce soucis là. Par contre ça peut être le travers d’un enregistrement de concours, et justement ce qui était bien avec ma prise envoyée à Lyon c’est que c’était dans la spontanéité mais que si tu cherches à vouloir absolument le truc parfait, que ça provient du fait que tu aies passé les deux heures avant à faire des prises qui étaient plus ou moins bonnes, forcément ça va peut-être s’orienter vers un truc un peu plus scolaire.

Que si tu fais avec quelqu’un ?

Oui. Enfin si tu fais devant public. Et je pense que si tu leur files le même programme pendant deux heures et qu’ils te corrigent, à la fin tu obtiendrais cette même bouillie scolaire. C’est plus le contexte du micro que le micro en lui-même.

Et la présence de quelqu’un, le fait d’avoir quelqu’un qui t’écoute, est-ce que ça t’aide ou ça rend les choses plus dures ? Dans le contexte d’enregistrer avec quelqu’un pour un concours.

Non. Si j’enregistre avec un micro ou quelqu’un derrière le micro ça ne me change pas forcément. De toute façon le problème est le même, c’est qu’il y a un micro qui t’enregistre et que tu dois l’envoyer à la fin. Pour moi c’est plus le truc qui peut intervenir.

Et le fait que quelqu’un puisse te donner un feedback ?

Ça ne me stresse pas, au contraire. Je le prends juste comme étant une aide dans le bon sens. C’est l’aide qui est là pour m’éviter d’écouter la vidéo. C’est un gain de temps. Si, justement, tu choisis une personne qui a un bon avis là-dessus, ça t’évite de perdre ton temps à réécouter ce que tu as fait. Du coup tu es deux fois plus efficace.

Est-ce que ça t’aide aussi que la personne te dise que tu es fatigué, qu’il faut faire une pause, ou ça tu arrives à le gérer toi-même ?

En général, quand ça arrive la personne ne prend pas l’initiative. Elle me confirme que je le sens venir et je demande conseil. De toute façon ce n’est pas dur au basson, quand tu commences à être fatigué tu as les lèvres qui n’y arrivent plus. En fait, ce que tu fais n’est plus bon parce que tu as une fatigue qui influe sur la justesse. Si tu ne tiens plus ton anche, tu vas avoir un autre muscle de la bouche qui va vouloir compenser, du coup pas de la même manière, et si tu tiens plus ou moins ton anche tu vas être plus ou moins haut et tu perds en stabilité de justesse, donc la fatigue ça se paye.

C’est toujours la fatigue physique qui arrive avant la fatigue mentale ?

Oui, en général.

Et financièrement, tu les avais payés les ingés son ?

Non.

C’étaient des étudiants ?

Oui.

Pour toi c’est un frein ou pas de devoir payer les gens si tu as besoin de faire une vidéo ?

Je pense que si j’ai besoin de faire une vidéo pour un concours international par exemple, comme ça peut arriver pour des cordes, ou un concours de musique de chambre, ça dépend du prix. Mais tout comme un musicien est content d’être payé, de cachetonner quand on joue, je comprends qu’un ingénieur du son qui consacre du temps de présence soit rémunéré. Ce n’est pas forcément un frein, ça dépend, c’est comme justement en fonction du niveau d’importance de ton concert tu vas être plus ou moins payé, c’est pareil. Si c’est pour un petit enregistrement sans importance je ne vais peut-être pas demander à un ingénieur du son de venir ou d’être payé. Je pense que je lui demanderais plutôt de ne pas venir parce que je comprends qu’il veuille être payé. Mais pour un CD ou une préparation de gros concours, s’il a d’autant plus un rôle de direction artistique, pour moi c’est du même enjeu que le rôle du musicien en lui-même.

Donc pour toi faire appel à quelqu’un ça dépend surtout de l’enjeu. Si tu veux enregistrer avec quelqu’un, est-ce que tu sais à qui demander autour de toi ?

L’avantage d’être passé par Chalon et de connaître les prépa son qui remplissent allègrement les promos de Louis-Lumière et du CNSM, et d’avoir été présent à Chalon depuis maintenant une dizaine d’années, c’est que ça en fait des gens à contacter, j’ai cette chance-là.

Tu ne passerais pas par l’ingénieur du son du CNSM de Lyon du coup ?

C’est galère, tu es obligé de booker six mois à l’avance et tu as des créneaux hyper courts, dans un CNSM qui n’est pas forcément adapté pour. Ce n’est pas hyper pratique. Là où je sais qu’en passant par un ingénieur du son de Paris tu peux avoir des locaux peut-être plus adaptés.

Tu avais envoyé plusieurs vidéos à ton prof pour Lyon ? Comment ça s’était passé ?

Philippe me demandait même des vidéos de travail, il me demandait de lui envoyer une vidéo tous les trois jours, c’est sa méthode. Du coup comme pour mon prof particulier, qui est son collègue à l’orchestre, je lui envoyais des vidéos et il me faisait des feedbacks. Philippe s’enregistrait lui-même sur le programme puisque c’étaient des pièces qui avaient très peu de versions, comme ça j’avais une version, en plus sur le basson français, que j’imitais au final. Parce qu’il trouve que je suis notamment bon sur le fait de recopier un geste musical. On a beaucoup travaillé comme ça par échange de vidéos.

Oui parce qu’en même temps vous n’aviez plus de cours en présentiel.

Non. Sachant que ce n’était pas mon prof aussi. C’est une tradition chez les bassonistes en France, dans les deux CNSM, de prendre les élèves qui préparent les concours gratuitement et de leur faire tout un suivi.

Est-ce que toi, si jamais tu avais accès à une formation sur le son dans ton école ça t’intéresserait ou pas ?

Pas forcément, parce que soit mes conditions d’enregistrement me suffisent, soit il y a des gens qui seront plus qualifiés que moi avec ma formation. Donc autant faire directement appel à des gens qualifiés.

Entretien n°8

Le 19/06/2023

Est-ce que tu peux te présenter ?

J’étudie actuellement la direction d’instruments à vents à la Haute École de Lucerne. Avant j’ai étudié le saxophone à la Haute École de musique de Lausanne. J’ai étudié en parallèle quand j’étais à Lausanne aussi la direction d’orchestre, c’était un double cursus que j’ai fait. Et puis je joue du saxophone et je dirige, c’est mon activité principale. Je dirais que je dirige plus que ne je joue maintenant. Je pense que je suis plus à 80% de direction et 20% de musique effective à l’instrument. Je dirige des orchestres, des chœurs, des ensembles à vent, plein de trucs.

Tu étais en classique ou en jazz en saxophone ?

J’ai fait les deux. J’ai commencé par le jazz et j’ai fait classique après. J’ai fait les deux à Lausanne.

Tu es en master maintenant ?

Non, je refais un bachelor ici.

Tu as déjà fait des enregistrements, est-ce que tu peux expliquer les différents projets que tu as fait ?

Il y a déjà les enregistrements de vidéos d’entrée qui est le premier truc que j’ai dû faire et qui consistaient à faire des vidéos pendant la période covid. Dans le cadre de mes études je n’en ai pas fait beaucoup plus que ça, par contre ce que j’ai fait beaucoup c’est des enregistrements en studio et j’ai aussi dû faire des enregistrements vidéo quand je dirigeais l’orchestre pour participer à des masterclasses. J’ai beaucoup plus fait ça que des enregistrements vraiment dans le cadre de mes études. À Lausanne en jazz on avait tout un cours de musique assistée par ordinateur donc là on a pas mal enregistré en studio, c’était assez intéressant.

Donc les vidéos d’entrée tu as fait ça en 2020 ?

Pour Lucerne. En fait, avant, on ne devait pas faire de vidéos, c’était la nouveauté covid donc j’ai dû faire ça en 2020 oui.

Tu n’avais fait que Lucerne ?

Oui, j’ai enregistré des vidéos seulement pour Lucerne. Cette année-là, je n’ai fait que Lucerne et je suis rentré ici. C’étaient des vidéos où on devait diriger en fait. Il y avait une répétition et un concert, on devait se filmer en répétant avec l’orchestre et en faisant une œuvre de A à Z en version concert, ou un mouvement, je ne me rappelle plus.

Comment tu faisais avec le covid pour répéter avec un orchestre ?

En Suisse on avait quand même la possibilité, en tout cas à cette période-là précisément de pouvoir le faire. Je me rappelle qu’il y avait les cordes avec les masques et les vents qui devaient être à distance. C’était assez compliqué pour placer les micros.

Pour ça tu as fait appel à quelqu’un pour le faire ?

Non, je l’ai fait moi.

Comment ça s’est passé ? On peut commencer par la technique.

Alors les enregistrements d’orchestre, je dirais que j’en ai bien fait une quinzaine maintenant, donc je commence à connaître un tout petit peu. Je ne parle vraiment que pour moi, je n’ai rien fait de professionnel. Je te parle de devoir enregistrer quelque chose de précis pour pouvoir participer à une masterclass ou à un cours. Dans ce cadre-là j’en ai fait pas mal. Ça devient toujours mieux. Sinon en termes techniques j’utilise Protools par principe, c’est là-dessus que j’ai étudié à Lausanne. Comme micros j’avais des AKG C414 pour les cordes et les bois. Sinon j’avais mis des micros d’ambiance, j’avais mis des Shure KSM141.

Tu as une carte son ?

Oui, j’avais une carte son. C’est toujours du matériel que j’empruntais, ce n’est pas le mien. J’avais un copain ingénieur du son qui me prêtait son matériel.

C’est lui qui te conseille les micros aussi ?

Oui en fait il était assez cool parce qu’il savait bien que ça ne devait pas être quelque chose de professionnel, du coup il me conseillait et il me disait comment les placer. Après j’ai fait moi et j’ai appris un peu sur le tas.

Comment tu places les micros ?

Chez les cordes et les bois j’utilise les mêmes micros et je les mets à peu près la même chose, parce qu’ils n’ont pas la dureté des cuivres et percussions vu que ce ne sont pas des micros dynamiques, je veux dire qu’il faut quand même faire un peu attention, et puis ça ne sonne pas terrible sinon. Du coup je les mets relativement proches en fait, enfin dessus.

Par exemple sur les cordes ?

Oui j’en mets un par registre. Je revenais un peu au vieux système d’orchestre européen, je mettais 1ers violons à gauche et 2nds à droite pour que ça ne se noie pas trop et je trouvais que c’était plus facile à mixer après.

Donc tu as cinq micros cordes ? Et les bois ?

Les bois je mettais aussi par famille d’instruments.

Et cuivres et percussions rien ?

Si, c’était pris par les micros d’ambiance. J’en mettais pas mal, des espèces d’overheads par-dessus. Pour la percussion, s’il y avait des claviers je mettais sur les claviers, sur les timbales, sur tout. Sinon le reste j’avoue que c’était plus anecdotique. Ce qui était important pour moi ce n’était pas vraiment qu’il y ait une très grande qualité du son, c’était juste que ça sonne à peu près bien. Parce que c’est toujours compliqué quand tu fais de la direction, le but c’est aussi qu’ils voient que quand tu diriges ça sonne bien. Et c’est clair que si tu enregistres à l’iPhone tu prends un peu des risques.

Tu as vraiment des micros par instrument ? Est-ce que tu mets des micros un peu globaux aussi ? Tu parlais d’ambiances.

Oui, ça je mettais. Généralement j’enregistrais soit dans une salle de répétition soit sur une scène donc je mettais vraiment des espèces d’overheads croisés, assez en hauteur, présents dans la salle. Je n’ai pas fait ça tout le temps, je l’ai peut-être fait les dernières fois.

Comment ça se déroule ?

Quand je l’ai fait, généralement ce sont des orchestres que je dirige avant donc je prends une heure de la répétition pour faire ça. Ils sont au courant, ça peut être un accord qu’on a où je leur offre 3-4 répétitions qu’ils n’ont pas besoin de me payer par exemple. On fait des lectures et ensuite on enregistre. Après c’est moi qui fais tout puisque sinon ça me coûterait trop cher.

Tu es à la place du chef et tu as ton ordinateur à côté ?

Oui. Ça, c’est dans le cadre où je dois avoir des œuvres précises pour les masterclasses. Il y a d’autres trucs où tu dois juste envoyer des vidéos où tu diriges déjà. Là il y a eu des concerts qui étaient enregistrés du coup ce n’est pas moi qui me suis occupé de ça.

Tu as fait combien de fois pour les masterclasses ?

Une dizaine de fois je pense. Pour des masterclasses, des workshops, des cours, des retours de profs. Par exemple après les masterclasses je garde des contacts avec les professeurs donc des fois je leur envoie des vidéos et ils me font un retour. Des concours aussi.

Et ça tu ne le fais plus ? Tu parles au passé.

Là j’ai fait une pause, je pense que ça fait une année que je n’ai pas refait de masterclass, je n’ai pas prévu d’en faire cet été. Mais je pense que l’année prochaine ça va repartir.

Si on reste dans la partie technique, comment tu rééquilibres toutes tes pistes ? Honnêtement c’est un truc que je n’ai pas trop fait moi-même. J’utilise Protools et je fais le strict minimum que je sais faire. Je règle les balances, je fais plein de trucs. Parfois je peux mettre un peu de réverbération. Je fais vraiment du mix très simple. Après je ne le fais pas dans le détail, j’ai un copain qui fait ça très bien à qui j’envoie les sessions Protools. Je fais un mix, je fais mes cuts, je mets la réverbération qui me plaît et je règle un peu la balance et les choses comme ça, mais je ne fais pas de mastering et je ne fais pas un mix poussé du tout parce que je sais pas le faire.

Tu fais une balance globale mais pendant le morceau tu ne touches rien ?

Exactement.

Et tu répartis dans l’espace aussi ?

Oui.

Après il te renvoie un audio mixé et toi tu colles sur ta vidéo ?

Voilà. Généralement aussi, en tout cas les dernières fois, je m’étais mis un micro pour qu’on m’entende si je devais faire des versions de répétitions. Je mettais sous le lutrin.

Tu as toujours fait comme ça ?

Disons qu’au début j’avais moins de micros, moins de matériel. En fait je remarque que plus tu investis de temps pour faire quelque chose de bien, et plus ils ont l’impression que tu es motivé. C’est à double tranchant j’ai l’impression. C’est comme si tu te présentes dans une école avec un super truc ils vont se dire : “ah ok il est motivé pour faire quelque chose”.

Donc tu arrives à une grosse dizaine de micros ?

En tout oui. La dernière fois j’avais 18 entrées, quelque chose comme ça.

Et c’est quelque chose que tu aimes bien faire ?

J’aime bien faire tout jusqu’au moment où je suis sur Protools.

Donc installer les micros ?

Oui. Peut-être aller chercher des références de micros. Du coup j’ai un peu fait à Lausanne mais c’était vraiment juste de la surface quoi. J’aime bien aller regarder des vidéos sur Youtube, écouter des podcasts sur comment placer un micro, des trucs comme ça. Cet aspect-là me plait assez bien, après pour le reste je ne suis pas très à l’aise dans le travail derrière l’ordinateur.

Pour la post-production ?

Oui.

Quand tu fais la post-production, tu écoutes avec quoi ?

Alors j’ai des enceintes mais passives, qui sont branchées à mon ordi. À un moment j’étais au casque Bluetooth, pas fou, dans le sens où ça filtre quand même beaucoup par principe, vu que c’est Bluetooth, c’est actif. Je ne connais plus les références.

Tu as acheté les enceintes pour ça ?

Oui et aussi parce que je fais de la composition et d’autres trucs donc c’est bien d’avoir des bonnes enceintes.

Pour filmer tu utilises quoi ?

Je crois que c’est une Canon, une caméra.

Et c’est toujours en plan fixe ?

Oui.

Si on parle plus de la séance d’enregistrement, comment ça se passe, comment tu gères ça ?

Avec l’orchestre généralement ça se passe très bien, parce que je sais exactement ce que je dois faire. Donc si je dois faire une version concert et qu’une prise n’est pas bonne j’arrête tout de suite. Même si je ne trouvais pas bien la première note, on arrête. C’est le principe d’une session studio même si ça n’a rien à voir avec une session studio. J’ai pu vivre des sessions studio mais pas forcément dans le cadre d’une masterclass. J’imagine que ta question c’est de savoir comment ça se passe au niveau du ressenti.

Dans un premier temps dans l’organisation de ta séance. Tu dis que tu dois enregistrer un filage et une partie de travail, comment tu gères ça ?

Quand je devais faire les deux généralement la partie de travail est entre guillemets biaisée parce que j’ai préparé ma répétition. Donc je devais faire une répétition de vingt minutes. En fait ils n’avaient pas besoin de bien jouer, au contraire. J’exagère un peu mais moins bien ça joue plus il y a l’effet “waow” donc si à la fin de tes vingt minutes tu as décidé de ne travailler que quinze mesures, ou même moins, cinq mesures. Si ces cinq mesures ont fait “wow” c’est ça qui est intéressant, en tout cas dans ce cadre-là. Ça ne demande pas beaucoup de préparation pour eux en tout cas. Ce que je faisais tout le temps, c’est que je commençais par les versions de concert, c’est quelque chose qui demande plus de concentration et il faut être un peu plus réveillé des deux côtés. Ensuite je faisais la partie répétition parce qu’ils doivent juste faire comme d’habitude.

C’est sur combien de temps, un service de 3h ?

Oui, généralement ça me prenait un peu moins, 2h-2h30. Généralement les répétitions chez nous c’est plutôt 2h, maximum 2h30.

À la fin tu arrives toujours à obtenir quelque chose qui te plaît ?

Oui, ça me satisfait dans le sens où, de nouveau, je sais déjà que ce que je fais est au-delà de ce que généralement les gens demandent pour présenter normalement à une masterclass. Ils ne demandent pas du tout d’avoir un enregistrement professionnel. Il y a beaucoup de gens qui envoient juste un Zoom posé sur un lutrin ou des trucs comme ça. Au-delà de ça, ce n’est pas forcément ce qui les intéresse beaucoup, je crois que c’est plus la technique de travail que la qualité de l’enregistrement. Mais comme je disais avant, j’ai l’impression que c’est un plus, parce qu’ils sentent que si tu fais ce travail-là, c’est que tu as vraiment envie de le faire.

Et au niveau de la qualité musicale, tu arrives à trouver ton compte en 2 heures ? Avec l’orchestre, si vraiment je viens de commencer à lire, généralement jamais, c’est impossible. Si je dois faire un filage d’un mouvement de 8-9 minutes je prends déjà 1h pour faire entre guillemets la partie répétition. En juste 1h je n’arrive pas à faire un truc qui me satisfait. Donc non.

Comment tu fais du coup ?

Je garde la meilleure version. Je ne peux pas faire de service en plus.

Tu disais que pour les musiciens ça ne change rien de faire l’enregistrement, est-ce que pour toi, dans ton état d’esprit ça change quelque chose ou pas ?

Moi ça me change. De toute façon je pense qu’il y a un truc stressant de manière générale parce qu’on a l’impression qu’il y a quelque chose qui reste tout le temps. Ça c’est pour tous les enregistrements que j’ai fait, puisque j’ai fait du studio avec des trucs rock, funk, de la chanson etc. De manière générale on a l’impression que quand on appuie sur rec c’est stressant. Pour moi, il y a aussi un côté où je ne suis plus tout à fait naturel quand je fais ça. J’ai l’impression de devoir être une espèce de carte postale, je dois pouvoir montrer tout ce que je sais faire. Par exemple, pour aller dans une masterclass où je dois faire une répétition, j’ai l’impression que je dois travailler et le geste, et l’intonation, et la musicalité, et le son… Du coup j’ai toujours ces petites cases qui me disent n’oublie pas de faire ça. En tant que chef il y a quand même pas mal de trucs à faire, il y a mille facettes d’un chef et c’est toujours intéressant de pouvoir montrer tout ce que tu sais faire. Cet aspect-là je l’appelle carte postale, c’est une espèce de checklist et puis il y a une espèce de règle à suivre. Si tu commences ta répétition et que c’est un chantier phénoménal ça ne sert à rien de parler de la grande musicalité. Il y a aussi un ordre des choses à faire. Donc de ce point de vue-là je suis un peu plus robotique que ce que je ferais en répétition normalement.

Et sur un filage ?

Sur le filage, je pense que je ne suis pas tout à fait naturel non plus, dans le sens où j’ai aussi envie d’être une carte postale du chef et du visage aussi. Du coup, je sors un peu de ma trousse à outils les choses que j’ai.

Oui du coup ça te change, le public d’habitude ne voit pas ton visage ?

Oui exactement. Ça a arrêté de me stresser puisque je le fais même pour moi tout le temps, j’enregistre mes répétitions et je les reregarde pour me faire une autocritique, donc je n’ai aucun problème avec le fait de me voir. Je n’aime pas ça, comme tout le monde j’imagine, mais ça ne m’énerve plus parce que je le fais hyper régulièrement.

Et le fait de faire ça régulièrement ça t’aide à faire abstraction ou pas ?

Oui complètement. Je pense vraiment que deux fois par mois j’enregistre mes répétitions pour les revoir, pour moi. C’est juste pour voir comment je travaille, s’il y a des choses à changer dans le geste, dans la manière de travailler etc.

Tu sens une différence entre quand tu joues et quand tu diriges ? Est-ce que c’est le même état d’esprit ?

Non ce n’est pas pareil. Quand je joue je suis très rivé sur le son que je produis, tandis que quand je dirige, j’essaye déjà de faire attention à ne pas faire de bruits autres que rien. Parce que c’est vrai que des fois tu réécoutes, et tu t’entends chantonner, ou faire du bruit avec les pieds, il peut y avoir plein de choses. En fait tu ne produis pas de son donc tu n’es pas du tout dans la même logique quand même.

Mais tu produis le son de l’orchestre en même temps…

Oui. Je m’imagine en train de m’enregistrer avec mon instrument, je serais vraiment très très concentré sur la projection. Tandis que quand je dirige, je ne parle vraiment que du cadre d’enregistrement de masterclasses, je fais plus attention à ce que je dégage.

Si l’on revient au saxophone, en classique tu n’as jamais eu besoin de faire des enregistrements ?

Si, j’en ai fait pour de la radio, pour des trucs comme ça. En Suisse c’est la Radio Télévision Suisse, la RTS, et je jouais dans pas mal d’émissions, généralement ce n’était pas moi qui m’occupais du son, forcément. Mais sinon on a déjà enregistré des quatuors nous-même ou des trucs comme ça, pour pouvoir aussi participer à des concours. Je crois que ce n’est jamais vraiment moi qui me suis occupé de faire ça.

Et en jazz tu as fait du studio ?

Oui, là en jazz ou autre j’ai vraiment fait des sessions de studio. Chacun est dans sa

box.

Au casque ?

Oui.

En jazz c’était toujours dans le cadre de l’école ?

Non, en pur jazz, je n’ai jamais enregistré en quintet par exemple, j’ai plus enregistré de la section big band ou des sections de cuivres pour des chanteurs ou des groupes, ou même des groupes à nous. On a eu des groupes avec seulement des cuivres, on avait fait des reprises ou des choses comme ça. Pour ça c’était facile parce qu’on était entre nous.

Tu ressens quoi comme différence ? En saxophone tu as toujours fait enregistrer par quelqu’un et en direction tu as toujours enregistré toi-même… Est-ce que tu ressens une différence entre enregistrer seul et avec quelqu’un, même si les domaines sont différents ?

En direction j’ai déjà fait des sessions studio aussi, mais ce n’était pas du tout dans un cadre scolaire. Au brass band où je dirige maintenant on vient de faire un enregistrement pour sortir un album puisqu’on a fait des créations avec un compositeur anglais, du coup on a enregistré ces pièces. Ce n’était pas du tout une session studio, puisqu’on était dans notre salle de répétition, c’est la radio qui est venue enregistrer ça. Je pense que ce n’est pas du tout pour transmettre mais ils ont dû mandater la radio pour enregistrer. Mais du coup je n’ai pas du tout eu besoin de m’occuper de ça, il y avait quelqu’un qui était derrière sa console avec le casque. S’il entendait quelque chose qui ne lui plaisait pas il pouvait aussi couper. Moi je pouvais couper quand ça ne me plaisait pas. Le compositeur pouvait couper quand ça ne lui plaisait pas. Mais je ne me suis pas du tout occupé de l’aspect technique.

Et travailler avec plusieurs personnes pour faire la direction artistique ça te change quoi ?

Au début, je n’aimais pas trop ça par un truc d’égo bête, dans le sens où j’avais parfois l’impression qu’on pouvait ne pas tirer la même corde du tout. Et en fait avec le temps je me suis rendu compte qu’il faut toujours écouter l’ingénieur du son. Si, par principe, il a décidé qu’il fallait couper parce qu’il entendait des pieds il fallait le faire. Même parfois il y a eu des ingénieurs qui m’ont dit qu’il fallait que ce soit plus piano ou plus forte et en fait ils ont tout le temps raison.

Est-ce qu’ils apportaient des éléments que toi tu n’entendais pas ?

Oui clairement. Ça peut aussi être tout d’un coup une note qui a craqué et que toi tu n’as pas entendu parce que tu es dans le truc. Cela dit j’ai aussi dirigé l’orchestre, on avait fait un CD, on avait aussi laissé aux musiciens le droit de couper s’ils voulaient, si quelque chose n’avait pas marché, puisqu’on était en orchestre de chambre on devait être 23 ou 24. S’ils avaient vraiment planté un truc et que personne de nous n’avait entendu ils pouvaient dire : “on refait pour moi”.

Ils ne disaient pas à la fin de la prise ?

Non, ils disaient tout de suite comme ça on ne perdait pas de temps, on refaisait.

Et comment tu gères la séance d’enregistrement. Tu fais d’abord une grande prise ou tu prédécoupes ?

Là par exemple c’était facile avec le compositeur anglais, on avait des pièces qui duraient entre 5 et 10 minutes, ce n’était pas une pièce de 40 minutes. Donc c’était facile, on a fait 4-5 versions entières et ensuite après on a fait des découpages, qui étaient déjà prédéfinis. Évidemment tu joues toujours 2 mesures après et tu reprends 2 mesures avant. On faisait vraiment 25 mesures, on va deux mesures plus loin, on arrêtait, et ensuite quand on reprenait pour faire de 25 à 50 on reprenait à 23.

Si on revient à ta formation, tu as fait un cours de MAO, c’était obligatoire ?

C’était obligatoire pour tout le monde. Ils obligeaient aussi les logiciels sur lesquels on devait travailler. C’est à dire qu’on avait aussi des cours d’écriture de partition donc on était obligés de travailler sur Sibelius. On était obligés de travailler sur Protools etc.

Quand tu enregistres sur Protools, tu as une version achetée ?

À Lausanne ils nous avaient obligés à devoir payer notre Protools mais on avait un rabais étudiant, j’avais payé ça 150 CHF. Donc depuis ce jour-là je l’ai.

C’étaient quoi les objectifs de ce cours ?

Je pense que c’était un peu de la vulgarisation, puisqu’il y en a qui venaient déjà avec un joli bagage. En jazz beaucoup plus qu’en classique, il y a des étudiants qui peuvent venir avec pas mal d’expérience. Il y a des étudiants qui avaient déjà 30 ans, donc ils avaient déjà des grosses expériences de studio. Il y avait même dans ma volée un mec qui était ingénieur du son. Du coup on partait tous avec des niveaux… Moi typiquement je n’avais jamais fait ça, faire du Protools vraiment poussé. On a appris à faire de la composition, de la MAO, en MIDI. On est restés très en surface mais sur beaucoup beaucoup de trucs. C’était sur un an, on avait 2h par semaine. Mais on allait voir un peu partout, on avait fait des sessions studios. On avait pris des trucs connus, on devait faire des cover et le but c’était juste d’organiser une session studio et de se dire : “ok on s’organise, comment ça marche ? Tout bêtement, comment ça fonctionne ?”.

Et vous avez appris les différents micros ?

Oui.

Vous avez écouté différents micros sur un même instrument ?

Ça non. C’était plutôt : c’est comme ça que ça doit se faire. Ce n’était pas : c’est comme ça parce que vous pouvez venir écouter la différence pour vous rendre compte. C’est comme les histoires d’enceintes. Moi j’ai acheté des enceintes passives un peu par principe parce qu’on avait un prof qui nous avait dit que les enceintes actives c’était nul. Mais est-ce que j’ai vraiment vérifié… Je le crois.

Vous avez appris à écouter, à entendre un enregistrement ?

Ça on a eu. Ce n’était pas forcément écouter différents enregistrements mais c’était écouter où ça en était dans le processus. Par exemple quand on venait d’enregistrer, ensuite après un mix, après un mastering. Plutôt dans le sens de qu’est-ce qu’une étape peut apporter à un enregistrement, que vraiment écouter des qualités d’enregistrement.

Tu t’en sers quand tu fais tes enregistrements d’orchestre ?

Pour les masterclasses vraiment très peu. Mais par contre j’entends puisque j’ai fait pas mal de trucs pop et j’ai pas mal de groupes où j’entends vraiment la différence et j’arrive à dire ce que je trouve bien ou pas dans un mix ou dans un mastering par exemple.

Et sur du saxophone, est-ce que tu as des sons de référence de saxophonistes qui te plaisent ? Par exemple si tu enregistres et qu’on te fait écouter ton son est-ce que ça te choque ou est-ce que tu sais dire ce qui te plaît ou pas précisément ?

Oui. Déjà avec le temps je me suis rendu compte que le micro et la manière dont il était positionné ça faisait déjà tellement. Après je pense qu’on a déjà tous nos références de ce qu’on aime ou pas. Ça dépend aussi du style que je joue. Mais ça j’ai appris aussi à régler moi. C’est vrai que j’ai fait des sessions studio où j’ai vu un ingénieur du son qui m’a mis un micro n’importe comment et du coup je le replaçais.

Là tu estimes que tu sais faire tout ce que tu as besoin de faire en son ?

Je pense que ce que je pourrais faire de mieux et ce qu’il faudrait vraiment que je fasse c’est gérer Protools. Enfin dans le sens vraiment aller plus loin dans Protools.

Qu’est-ce qu’il te manque ?

Je pense que ce serait vraiment de faire un truc professionnel et aller chercher le détail. Mais je pense que je n’ai pas forcément l’oreille et les outils pour faire du mix. Je crois que le mastering ça ne m’intéresse pas vraiment. Pour vraiment faire du mix et juste me rendre compte de ce que je pourrais faire pour que ça sonne comme je veux. Des fois je me dis qu’il manque un truc mais quoi…

Est-ce que si tu avais accès à une formation, même si tu as déjà fait, tu le ferais ou ça te prend trop de temps ?

Ça dépend de ce que c’est comme formation. Je pense que ce dont j’aurais besoin ce serait juste d’avoir quatre, cinq fois 2h avec quelqu’un qui s’y connaît vraiment, que je puisse venir avec mes trucs et que je puisse dire là ça ne me plait pas à cause de ça, comment je pourrais faire pour régler ce problème, plus que pour avoir une énième introduction à Protools, chose qu’on a ici par exemple et qui était vraiment très longue. Je pense que si je le faisais je ne ferais pas un cours, j’irais voir un copain ou une copine et ce serait plus dans ce sens-là.

Donc plus avoir quelqu’un à disposition que vraiment avoir des cours.

Oui je pense.

Et pour ta documentation personnelle ou pour les réseaux sociaux tu ne fais jamais d’enregistrement ?

Non. Pour les réseaux sociaux… Je ne sais pas si je dois le dire parce que je ne voulais pas que ça se sache mais si tu fais ça… J’ai un compte Instagram où on ne voit pas mon visage, où je poste soit des répétitions soit des bouts de concerts de chefs d’orchestre que je trouve intéressants. Du coup ça m’arrive parfois, si ce sont des vidéos que j’ai prises sur Youtube par exemple, ou des passages qui ne sont vraiment pas fous de remixer un peu derrière aussi. Ce n’est pas pour faire ma pub, juste pour le plaisir. Après je le publie sur ce compte.

Et tu fais pas mal de création, de composition ?

Oui ça m’arrive. J’ai eu il y a une année pas mal d’activités par rapport à ça, pas mal de commandes où je devais écrire des trucs. Cette année un peu moins, ça ne me prend pas beaucoup plus de temps que ça. Mais je pense que j’écris un jour par semaine, je prends du temps pour composer.

C’est 100% de la musique assistée par ordinateur ?

Non c’est 100% musique classique. Donc si je compose c’est parce que j’ai reçu une commande et du coup c’est voué au live, pas du tout à faire de la MAO. Je ne fais pas d’électro ou de trucs comme ça. Par contre ce que je fais tout le temps c’est que je fais une version MIDI de mes pièces, soit pour pouvoir envoyer à la personne qui me l’a envoyée, pour qu’il puisse se faire une idée de ce qu’il a payé, ou alors ça peut être aussi pour moi des fois. Maintenant ça peut être assez cool ce qu’on peut faire avec un autre performer. Aussi pour me rendre compte de si l’idée est bonne, des trucs d’orchestration des fois. Des fois j’écris pour l’orchestre et j’ai une idée et je me dis “bon en fait ce n’est pas fou”. Pour ça je suis sur Sibelius et j’ai un autre performer, ensuite ça peut m’arriver de le rentrer sur Protools si j’ai envie de faire un mix après, mais sinon non.

Tu as acheté une banque de sons ?

Oui je l’ai achetée.

Sibelius tu l’as aussi acheté quand tu étais à Lausanne ?

Oui.

Ton ordinateur tu l’as acheté spécifiquement pour ça ?

J’ai une tour à la maison. Ça c’est une tablette que j’utilise pour me déplacer.

Tu ne joues plus de saxophone, tu n’enregistres plus ?

Non, j’ai fait une session studio il y a deux semaines donc je joue encore et j’enregistre. Il ne faudrait pas que je le dise mais je ne travaille plus mon instrument. Je cachetonne mais je ne vais jamais faire un concours de saxophone. Je ne travaille plus pour moi, je travaille pour un projet, si je dois jouer je vais travailler mon instrument pour que ça marche mais je ne vais jamais prendre 2h pour travailler ma technique. C’est un truc que je n’aime plus faire. Je pense que j’ai un espèce de rapport conflictuel avec l’instrument.

Les microphones que tu utilises c’est toujours à quelqu’un d’autre ?

Oui et non. Moi j’ai des micros dynamiques quand même à la maison, j’ai des Shure SM58, des Sennheiser MD421 et MD441 et sinon si je dois utiliser des statiques, je n’ai pas les moyens déjà, mais au-delà de ça, soit je les loue, soit je demande à un copain qui a quelque chose de bien.

Les dynamiques tu t’en sers pour quoi ?

Je m’en sers de moins en moins mais je les ai utilisés par exemple pour enregistrer des quatuors de saxophone, ce n’était pas fou. Mais je les utilise des fois pour enregistrer des bêtises avec des copains ou parfois j’aime bien quand je fais de la MAO enregistrer n’importe quoi, des bruits. Et sinon je les utilise un peu pour la scène.

Tu n’investiras pas dans des statiques ?

Non, je ne pense pas.

Et en vidéo ?

C’est la caméra de ma copine.

Quand tu as acheté les micros on te les a conseillés ? Pourquoi ces micros ?

Mon copain ingé son m’avait dit : “tu verras ça, c’est bien pour les cordes” mais pourquoi… Si tu veux à nouveau la référence il m’avait donné des AKG C414. Pourquoi il m’a donné ça, je ne peux pas te le dire…

Mais les dynamiques que tu as achetés ?

Je pense que quand je suis allé au magasin j’ai demandé des choses et ils m’ont dit : “ah il faut que vous achetiez ça, c’est un peu la référence”. Ou peut-être que j’étais allé sur internet. Parce que c’était un peu les micros qu’ils conseillaient par défaut.

Les enceintes tu as choisi comment ?

En fait, à la base quand j’étais à Lausanne je faisais tout au casque. J’avais mon casque Bose avec le Bluetooth qui se connectait à l’ordinateur. Bon, déjà je me suis rendu compte que ça me faisait assez mal à la tête si je faisais une session de 3h d’ordinateur, après je ne sais pas si c’était à cause du Bluetooth ou juste si c’est parce que c’était au casque. Et puis c’est quand même un confort d’avoir des enceintes. Quand je me suis dit que ce serait bien d’avoir des enceintes, je me suis rappelé de ce prof qui disait qu’il fallait prendre plutôt des enceintes passives, ne serait-ce que parce que le son n’est pas filtré. Je crois que c’est un copain qui me les avait conseillées. Il les avait achetées, il avait ça et c’était un bon rapport qualité prix. Mais de nouveau je n’ai plus la référence.

Tu n’as jamais acheté de Zoom ou de choses comme ça ?

Si, j’ai un Zoom. Pour les répétitions, quand je filme et que j’enregistre les répétitions pour moi, pour me faire un retour, j’utilise un Zoom.

C’est un Zoom qui fait caméra ?

Oui. C’est un H1N ou quelque chose comme ça. Des fois j’utilise des Zoom si j’ai envie d’entendre. Des fois quand je prépare un concours d’orchestre j’enregistre et je branche deux micros dans le Zoom, juste pour ne pas avoir qu’un son Zoom mais aussi faire un retour à l’orchestre de ce qui marche ou pas. Donc ça peut m’arriver aussi. Dans le contexte où on a une échéance avec un orchestre pour un concours, pas un concours de direction pour moi mais pour l’orchestre, des fois je réécoute à la maison et je leur refais un feedback. Je gagne du temps, ça fait une double répétition.

Le Zoom tu l’avais acheté au début de tes études ?

Oui. Même avant. Je me rappelle que je m’étais amusé à m’enregistrer ou à me filmer mais pas dans le cadre musical. Pour me filmer avec des amis en train de jouer, tu sais, tu fais un podcast.

Quand tu fais toutes tes installations de micros tu as déjà eu des problèmes techniques ? Comment tu gères ?

Plein de fois, je gère très mal. Je gère surtout mal parce que ça me prend un temps fou pour savoir où est le problème. Mais ça c’est aussi un problème de formation j’imagine. Mais entre savoir si c’est le câble, le micro, l’entrée XLR ou si c’est juste que Protools ne s’est pas bien lancé… Des fois je me prends la tête, c’est assez compliqué. Je pense qu’avec l’expérience ça va mieux. Enfin j’ai l’impression d’avoir de moins en moins de problèmes, ou en tout cas peut-être que j’en ai autant qu’avant, mais je les règle plus vite. Si tu me voyais à l’œuvre je pense que tu trouverais ça catastrophique.

C’est quand tu installes ou quand tu es face à l’orchestre ?

Non quand j’installe. Généralement j’y vais quand même bien à l’avance. Si je dois faire mon installation, c’est prêt quand ils arrivent.

Tu installes combien de temps avant ?

Ça peut m’arriver d’aller 2-3h à l’avance.

Et tu es tout seul ?

Oui. Il y a aussi un truc quand tu es tout seul, il faudrait peut-être que j’arrête mais je trouve ça plus cool d’avoir le temps et de faire seul. Tu sais où tu as mis quelle entrée et quel truc. Je vois sur scène des fois quand on fait des lives. J’ai fait pas mal de scènes où tu as l’ingénieur du son qui est derrière la table et l’autre qui dit : “ah j’ai mis ça en 13 mais il n’y a rien dans le retour”. Des fois j’ai l’impression que c’est prise de tête et que s’il y en avait un qui avait fait ça tout seul ce serait tellement plus simple parce qu’il sait ce qu’il a fait. Mais c’est clair que ce n’est pas comme ça que ça marche sinon on n’aurait jamais le temps. Mais disons que j’aime bien le faire parce que je sais ce que j’ai fait, je sais où il pourrait y avoir un problème au lieu de devoir tout repasser derrière.

Tu installes, tu vérifies que tout marche, et après tu prends un petit temps avec l’orchestre ?

Oui je fais un sound check, ça ne prend pas très longtemps.

Comment tu gères ta caméra, elle est en face de toi, loin ? Tu la coupes ou tu la laisses tout du long ?

Non je filme tout du long.

Et après comment tu mets le son et la vidéo ensemble ?

J’utilise Microsoft Clipchamp. C’est le logiciel vidéo de base sur tous les Microsoft, sur les PC.

Comment tu synchronises ?

Je fais des claps à chaque fois.

C’est quoi pour toi, quand tu entends tes enregistrements ou d’autres enregistrements sur internet, les critères d’un bon son d’orchestre ? Ou plus simplement, qu’est ce qui fait que tu te dis que tu aimes bien ou pas ?

Je pense qu’il y a plusieurs critères différents suivant le type d’orchestre. Si c’est un orchestre symphonique, je vais vraiment plus me concentrer sur comment ils ont géré les cordes. Parce que c’est quand même la colonne vertébrale de l’orchestre.

Si je devais être avec une harmonie par exemple, un ensemble à vents, plutôt le parterre clarinettes et bois. Et puis avec un brass band, plutôt les cornets et les euphoniums. De manière générale, plutôt les musiciens qui sont assez proches du chef, je pense que c’est un peu la charnière. Après techniquement, je suis incapable de te dire pourquoi un enregistrement me plaît ou pas.

Donc quand tu dis les musiciens proches du chef, tu essayes de retrouver le son que tu entends de ta place ?

Sûrement. Il y a surtout un truc de balance générale. Par exemple dans les vieux enregistrements c’est vraiment flagrant, ça s’entend qu’ils ne mettent les micros vraiment que pour les cordes et que la petite harmonie au-dessus galère. Maintenant ça a quand même évolué, forcément, et la balance est réussie du coup. Mais je dirais que si tu as des vents qui ne sont pas très bien mixés ce n’est vraiment pas fou mais c’est vivable. Si tu as des cordes qui sont vraiment mal faites c’est juste imbuvable. Je ne sais pas comment dire, mais il y a un truc de qualité de base. C’est terrible à dire puisque je joue d’un vent, mais le son de l’orchestre est géré par les cordes quand même.

Est-ce que ça sonne pareil pour toi quand tu es à la place du chef et quand tu réécoutes ?

Pas du tout.

Qu’est-ce qui change ?

Il y a deux trucs. Déjà je n’entends pas la même chose si je suis à la place du chef ou si je suis 4 mètres derrière dans la salle. J’ai fait pas mal de fois où j’étais assistant et je me disais : “wow c’était la folie”, il y a des fois où tu te retrouves devant un pupitre, et des fois tu te retrouves 15 mètres derrière pour donner un feedback au chef. Donc ça, c’est déjà une grosse différence. Et puis celle de l’enregistrement est terrible, dans le sens où elle est révélatrice. Elle met en lumière ce que tu n’entends pas. Des fois elle est méchante, dans le sens où elle n’est pas réaliste en qualité de son effective, parce que ça filtre quand même. On ne peut pas tout capter avec des micros.

Ça filtre quoi ?

Je pense que dans l’extrême aigu et dans l’extrême grave il y a trop peu d’informations. Même si j’ai entendu plein de choses sur le fait que ce soit en train de se compenser. Mais au-delà de ça, il y a quelque chose de l’ordre de l’impalpable, des résonances, des vibrations, des énergies. Je ne suis pas tellement dans ce mood-là mais quand même, il y a quelque chose qui fait que l’enregistrement, forcément par principe ça ne va pas… Parfois c’est révélateur, parce qu’il y a en effet des choses qui n’ont pas marché, mais il y a plein de fois où tu te dis que c’était super et ce n’est pas que ça sonne faux ou que le son qui a été diffusé est mauvais, mais il n’y a pas le truc “wow” alors qu’en live il y avait le truc “wow”.

Pour toi c’est lié aux micros ? Est-ce que ça met en avant d’autres défauts ou c’est juste cette sensation physique de présence de l’orchestre et de résonance ?

Je pense qu’il y a aussi quelque chose de spirituel dans la performance. Il y a un espèce de dépassement de quelque chose, que quoi que tu fasses, il y a de toute façon des millions d’informations que tu vas vivre dans la performance que tu ne vivras pas dans la prise de son. Même si je suis le premier à consommer mille enregistrements et que j’adore ça et que je continuerai à adorer ça, il y a forcément quelque chose qui est de l’ordre de l’impalpable.

Ça c’est vraiment par rapport à un auditeur qui entend un concert enregistré ?

Ou même pour les musiciens.

Quand tu diriges, tu sens la différence dans ce que les musiciens donnent en enregistrement et en concert ? Par exemple, entre un filage enregistré et un concert, tu sens une différence dans ce que les musiciens jouent ?

Oui. En fait c’est peut-être de ma faute du coup. Je pense que je n’adopte pas le même comportement d’irradier ou de transmission d’énergie, ou même de transmission tout court quand j’enregistre que quand je suis en concert. Il y a sûrement moins l’aspect performance artistique et plus l’aspect performance technique.

Quelle en serait la cause ?

Si j’ai envie qu’artistiquement ce soit génial ça veut dire que je suis prêt à laisser tomber des trucs techniques de base qui seront moins bien pour la performance. En concert zéro problème, je m’en fiche complètement. Tandis que quand j’enregistre ça m’embêterait d’entendre que la technique n’ait pas marché, même si l’artistique est fou. C’est un peu comme si tu as deux jeunes musiciens et que tu dois dire quel est le meilleur, qui est le premier et qui est le second. Tu mets celui qui a fait la plus belle musique ou celui qui a les meilleures qualités techniques ? C’est la question bête, mais est-ce que tu vas privilégier celui qui a peut-être travaillé beaucoup plus son instrument, donc il a plus de technique mais sur le moment il n’a rien compris à la pièce, donc artistiquement c’était vraiment nul, ou alors tu vas privilégier celui qui a tout compris. C’est un débat sans fin j’imagine mais du coup quand j’enregistre j’ai ce problème et je me dis qu’il faut que ce soit super techniquement et moi aussi, il faut que je sois une très belle carte postale de ce que je sais faire et de ce que l’orchestre sait faire et du coup je ne vais jamais aller aussi loin dans mes choix artistiques.

Et d’un autre côté tes choix artistiques tu les montres pendant la séance de travail ?

Oui beaucoup plus.

Donc tu préfères privilégier la technique au filage et l’artistique au travail à côté ?

Oui.

On repart sur autre chose, est-ce que des fois tu as l’impression d’adapter, plutôt quand tu joues, ton mode de jeu au fait d’enregistrer ou pas ?

Je ne pense pas.

Tu disais que tu avais plutôt tendance à bouger le micro ?

C’est ça oui. Quand je joue, vraiment pas. Après, quand je dirige là oui, dans le cas où je dois faire mon histoire de carte postale.

Non plutôt dans le son.

Alors là vraiment pas, je joue comme d’habitude et je sais que je peux sonner comme ça, donc je sais qu’il faut qu’on fasse ce qui doit être fait pour que ça sonne comme ça.

Et en saxophone tu t’enregistrais pour travailler ou pas ?

Oui je l’ai fait, de plus ou moins bonne qualité. Mais ce n’était pas tellement pour travailler mon son, c’était peut-être plus pour me mettre une pression et me réécouter techniquement. Des fois j’avais un doute de l’ordre de l’interprétation, je m’enregistrais, je laissais une semaine à vide et je me réécoutais au bout d’une semaine pour ne pas que ce soit chaud. Je me disais : “mon dieu…”.

Quand tu dis pour te mettre une pression, comment tu te sens quand tu dois jouer pour un enregistrement, même pour travailler, est-ce que ça te perturbe ou pas ?

Je pense qu’il y a un truc humain, c’est qu’on n’a pas envie de perdre de temps donc on a envie que ce soit parfait dès la première, ce qui n’arrive jamais. Du coup, je pense que juste ça, ça amène du stress de se dire j’ai prévu 30 minutes pour faire ça et en fait on y passe 1h. C’est plus cette pression-là que la pression de me filmer.

Donc ça te prend souvent plus de temps que ce que tu prévois ?

Généralement oui. Mais des fois il y a des bonnes surprises.

Et justement par rapport à ça, quand tu fais avec l’orchestre, est-ce que des fois tu as l’impression de perdre du temps aussi ? Tu disais que dès que quelque chose ne te va pas, tu coupes. Est-ce que tu arrives à aller au bout des choses ? Comment tu le gères ?

En fait c’est la même problématique qu’en répétition, sauf qu’en répétition tu peux toujours dire qu’on verra ça la semaine prochaine, mais là tu ne peux pas. Si tu as vraiment buté sur un truc qui de toute façon ne va pas être réglé sur le moment tu dois faire avec. Mais je dirais que l’enregistrement de la répétition ne change rien, dans le sens où en tant que chef, tu dois juste trouver. Si tu veux régler le problème directement, que ça ne marche pas, que tu prends un chemin détourné pour essayer de régler le problème, que ça ne marche toujours pas et que tu reprends encore un autre chemin de manière à essayer d’être pédagogue, c’est exactement le même travail qu’en répétition, la problématique de l’enregistrement n’est pas différente.

Du coup quand c’est comme ça, tu envoies ça dans l’enregistrement ?

Oui, de toute façon ce ne sera jamais parfait.

Et sur les filages, est-ce que c’est comparable à ce que tu disais quand tu joues au saxophone, que tu ne veux pas perdre de temps et que du coup tu t’acharnes des fois ?

Là, je pense que c’est différent parce qu’il y a un délai. Dans le sens où en 2h30 il faut que ce soit dans la boîte. Donc je m’en rends assez vite compte si ça devient de l’acharnement ou pas, et je pense que de toute façon, à son niveau on a toujours quelque chose qui ne nous plaît pas. Après il y a différentes problématiques, si c’est vraiment la catastrophe, là ça devient compliqué. Même si c’est vraiment la catastrophe ce n’est pas compliqué, je pense qu’il faut faire avec.

Donc si on résume, le fait d’avoir une deadline précise, ça t’aide à faire le tri et à te dire bon c’est raté mais c’est moins grave ?

Oui clairement.

Quand tu fais tes checks de gain, tu as ton casque pour écouter ? Tu replaces tes micros ?

Oui, si, si.

Qu’est-ce que tu changes ou qu’est-ce qui te fait dire que tu vas bouger ton micro ? Beaucoup de choses, le son de manière générale. Je ne parle pas du volume, quand je dis le son je parle de comment ça sonne, en fonction de comment est la salle. Par exemple si j’ai une salle qui résonne très peu, je vais plutôt m’éloigner un peu. Enfin ça dépend de si j’ai des micros qui sont très directifs.

Donc tu prends ton temps quand même avec l’orchestre ?

Je dirais que je ne prends jamais plus de 30 minutes.

Tu arrives toujours à être satisfait ?

Je crois que je suis vite satisfait, aussi parce que je me dis que ce n’est pas professionnel. Je sais que de toute façon, c’est déjà beaucoup mieux que ce que 95% des gens font pour cette échéance-là. Si je devais mettre cette vidéo sur Youtube par exemple, je pense que je serais beaucoup plus pointilleux.

Si tu devais mettre sur Youtube tu passerais par quelqu’un ou tu ferais pareil ?

Non, je passerai par quelqu’un.

Il y a des enjeux pour lesquels tu passerais plutôt par quelqu’un que d’autre ?

Je pense qu’à partir du moment où ça ne me concerne pas moi et quelqu’un d’autre dans un cadre pédagogique, je le ferais passer par quelqu’un d’autre. Quand je dis cadre pédagogique c’est moi, un prof ou un copain qui me fait un retour, ce cadre-là. Si ça devient de l’ordre du cadre artistique, c’est-à-dire qu’on va faire quelque chose d’artistique avec ça, là je ne le ferais pas moi-même. J’aurais trop peur que ce ne soit pas de qualité. Ou en tout cas que ce soit trop tard, dans le sens où mal placer un micro, tu peux faire ce que tu veux au mix ça peut vite devenir compliqué.

J’imagine que des, fois tu as des salles qui ne sonnent pas bien, comment tu gères ça ?

Tout à fait, très mal. Moi je ne sais pas le faire. Je sais que maintenant tu peux beaucoup tricher quand même avec Protools, mais je dirais que ma solution la plus simple c’est que j’ai 4-5 salles qui ne sonnent pas trop mal. J’en ai une dizaine où je veux être sûr de ne pas aller du tout. Une fois que j’y suis, je dois régler le problème avec des positions de micros, des trucs techniques, je n’aurais pas les capacités.

Vu que c’est 2h-2h30 tu ne ressens pas trop de fatigue ?

Généralement je suis crevé après, mais sur le coup ce n’est pas un problème. Je pense que je ne suis pas plus fatigué qu’après une répétition normale, si ce n’est que j’y étais 2h avant la répétition pour tout installer et que j’y serai 1h après pour tout désinstaller.

Et concrètement tu es aussi tout seul à décharger ta voiture ?

Généralement oui, ça peut arriver que j’aie un copain qui vienne m’aider. Mais de nouveau, pour ça, je suis assez bien tout seul.

Quand tu prépares ta séance de répétition, tu te prépares différemment pour quelque chose que tu vas enregistrer et quelque chose que tu vas diriger ou pas ? Dans ton travail personnel.

Je prépare différemment parce que ce n’est pas une question d’efficacité, mais si je parle d’une séance d’enregistrement de masterclass, c’est toujours ce même truc où je sais que j’ai des critères et qu’il faut que je fasse tout travailler. Après, je crois que la dernière séance où on a enregistré pour ce compositeur anglais, je me suis préparé normalement. Ce n’est pas que je me prépare mieux, c’est juste que j’appelle ça une répétition post-it. Pour la masterclass j’ai entre guillemets des post-its, j’ai déjà des remarques prédéfinies. C’est de la poudre aux yeux. Par contre le geste je le travaille toujours pareil.

Tu arrives aussi prêt à un concert et à un enregistrement ?

Oui.

Le fait de passer par quelqu’un ou de le faire toi-même c’est vraiment une question d’enjeu ?

Clairement.

Ce n’est pas une question financière ou de gain de temps ?

C’est clairement une question d’enjeu, ce n’est pas une question financière puisque si je devais faire un vrai truc, j’imagine que je trouverais les moyens de le faire, je ferais des demandes de subvention. C’est de toute façon un gain de temps puisque je perdrais un temps fou à le faire moi.

Et pourquoi par exemple tes vidéos de masterclass tu choisis de les faire tout seul ? Ça se confirme, c’est que ça me permet de ne pas avoir besoin de faire des demandes de subvention pour faire des vidéos de masterclass. De gagner du temps peut-être dans l’organisation quand même, parce que si tu dois engager quelqu’un, régler tout avec lui ou avec elle, j’ai l’impression que je perdrais plus de temps que de tout faire moi-même et je me connais. C’est sûrement faux, parce si tu le fais une fois avec la personne, je pense qu’après tu peux le faire plein de fois et ça marcherait. C’est juste la première fois où il faudrait qu’on se mette d’accord sur quels seraient les enjeux, même s’il n’y en a pas tellement.

Quand tu enregistrais pour travailler le saxophone c’était avec ton Zoom ?

Oui, généralement c’était avec le Zoom, en tout cas au début. Après, des fois je me mettais juste un micro, un dynamique, juste pour pouvoir avoir au moins du plaisir à m’écouter.

Remerciements

Je souhaite remercier chaleureusement toutes les personnes qui m’ont aidée dans l’élaboration de ce travail.

C’est pour moi l’occasion de remercier toute l’équipe pédagogique de la FSMS, Denis Vautrin, Catherine Barbe, Muriel Charpentier-Leroy, Justine Huet, Virginie Evennou, Alexis Ling qui par leur énergie et dynamisme entretiennent un cadre d’études formidable et une formation riche et stimulante.

Un grand merci à l’équipe mémoire qui a su me guider pas à pas malgré la distance, Corsin Vogel, Valentin Bauer, Jean-Pascal Jullien.

Merci aux enseignants qui depuis le début de mes études m’ont transmis leur passion et leurs connaissances aussi bien sonores que musicales : Guillaume Dulac,  Sebastien  Tondo,  François  Eckert,  Jean-Christophe Messonnier, Jean-François Boukobza, Yves Balmer, Anne Bassand, Thomas Ospital…

Merci à mes compagnons de la promotion 2018 : Clémentin, Jean-Baptiste, Léo, Rémi, Léonard, Jean et Alexandre, mais aussi à tous les autres étudiants FSMS qui m’ont embarquée dans de merveilleuses aventures.

Un immense merci à mes parents pour leur aide et leur soutien sans faille dans tous mes projets.

Merci à tous les participants interviewés qui se sont prêtés au jeu et qui ont enrichi mes réflexions, et merci à Raphaëlle, grâce à qui l’idée de ce sujet a germé.

Merci à la Haute École de Lucerne, où j’ai rédigé la plus grande partie de ce mémoire, et à toutes les formidables rencontres que j’y ai faites, qui m’ont aidée et soutenue à travers une première année riche en émotions.

Enfin, merci une nouvelle fois à mes parents ainsi qu’à Aude pour la relecture de ce travail.

Notes

  1. Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse ↩︎
  2. Haute École de Musique ↩︎
  3. Musique Assistée par Ordinateur. ↩︎
  4. Dans l’établissement concerné, l’UV4 correspond à un enseignement au choix de l’étudiant. ↩︎
  5. Travail en autonomie obligatoire à réaliser à la fin des études secondaires en Suisse. Il fait l’objet d’un rendu écrit ainsi que d’une présentation orale et peut prendre plusieurs formes, par exemple une recherche scientifique ou bien une création artistique. (DFAC, 2023) ↩︎
  6. Pour garantir l’anonymat, les prénoms ont été modifiés. ↩︎
  7. Flûtiste qui forme un duo avec la participante. ↩︎
  8. Enseignants du cours In House Recording. ↩︎
  9. Salle d’ensembles. ↩︎
  10. Salle d’ensembles. ↩︎
  11. Académie d’orchestre du Verbier Festival. ↩︎
  12. Auditions publiques. ↩︎
  13. Académie d’orchestre ↩︎
  14. Salle de concert de la Haute École de Lucerne. ↩︎
  15. Une amie de la participante. ↩︎
  16. Ensemble. ↩︎
  17. Spectacle hybride entre musique, théâtre, projection sonore et vidéo à destination d’un public d’enfants, créé et interprété par la participante en 2022 à la Haute École de Lucerne. Pour la bande sonore, la participante a enregistré des rythmes réalisés par les enfants des écoles de Lucerne. ↩︎
  18. Réalisateur en Informatique Musicale et enseignant de la Haute École de Lucerne. ↩︎
  19. Récital de fin de Bachelor ou de Master. ↩︎
  20. Entraînement aux auditions d’orchestre. ↩︎
  21. Professeur d’instrument de l’étudiant. ↩︎