En novembre 2023, la Direction de la Culture de Rennes Ville et Métropole dresse un état des lieux de ses engagements écologiques, déclinés en six axes allant de la sensibilisation des agents à la sobriété numérique, dans le cadre du Plan Climat Air Énergie Territorial visant −50 % d’émissions de GES d’ici 2030.
Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA (Claude, Anthropic) :
Contexte et cadre stratégique
La Direction de la Culture de Rennes Ville et Métropole s’inscrit dans une démarche de planification écologique portée par le Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET), dont l’objectif central est de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre par habitant d’ici 2030. Ce document, publié en novembre 2023, présente de façon non exhaustive les actions engagées en matière de transition écologique, avec la conviction que la culture constitue un levier puissant de sensibilisation et de transformation des pratiques. La démarche repose sur six objectifs structurants, déclinés à travers l’ensemble des équipements et services de la Direction.
Les six axes de la stratégie
La stratégie se déploie autour de six objectifs complémentaires, chacun articulant des actions déjà mises en œuvre et des perspectives à court terme :
| Axe stratégique | Champ d’action principal |
| 1. Prise de conscience collective | Sensibilisation des agents et des habitants ; formation, ateliers, programmation culturelle engagée |
| 2. Écoconception des œuvres et événements | Réemploi des scénographies, économie circulaire, limitation des déchets, circuits courts |
| 3. Bâtiments culturels écologiques | Sobriété énergétique, énergies renouvelables, matériaux biosourcés |
| 4. Mobilités culturelles décarbonées | Transports collectifs, mobilités douces, feuille de route décarbonation |
| 5. Sobriété numérique | Refonte des sites web, contenus low-tech, réduction de l’empreinte CO₂ du numérique |
| 6. Ralentissement et renoncement | Réduction du nombre d’expositions, mutualisation, allongement des durées de vie |
Axe 1 — Prise de conscience collective
La sensibilisation des 500 agents de la Direction constitue un pilier central. En 2023, plus de 380 agents (soit plus de 50 %) ont participé à une Fresque du Climat, et l’objectif est d’atteindre la totalité d’ici fin 2024. Des formations spécifiques ont été déployées (fresque de la mobilité culturelle, enquêtes sur les déplacements de publics) et des groupes de travail réguliers — les « Cafés Hulotte » — permettent le partage de bonnes pratiques. L’outil d’auto-diagnostic « Boussole », obligatoire pour tout dépôt de demande d’aide à la Direction, engage chaque acteur culturel dans une démarche d’amélioration continue.
À destination des habitants, plusieurs équipements programment des expositions et événements à forte dimension environnementale : l’Écomusée de la Bintinais sur la biodiversité et les paysages, Les Champs Libres avec le festival jeunesse Nos Futurs (depuis 2022), La Criée avec le cycle Festina Lente (2023-2024) sur les relations entre artistes et environnement. L’Assemblée des acteurs culturels rennais, réunissant plusieurs centaines de professionnels, a consacré ses sessions de 2019 et 2023 à ces enjeux.
Axe 2 — Écoconception des œuvres et événements
L’écoconception est intégrée à toute la chaîne de production culturelle. En amont, les lieux d’exposition favorisent le réemploi des scénographies, les matériaux certifiés (bois PEFC), et les peintures écologiques. Une ressourcerie commune aux équipements collecte les matériaux récupérés depuis 2016. Une clause d’écoresponsabilité est inscrite dans les cahiers des charges de scénographie. Le Musée de Bretagne vise 80 % de réemploi scénographique pour son exposition Carnavals (2025). L’Opéra a expérimenté une production intégralement durable en utilisant EDEOS, outil de calcul de l’impact environnemental des décors.
En aval, les établissements limitent activement la génération de déchets : braderies bisannuelles des bibliothèques (30 000 documents revendus, 3 000 donnés à des associations), don de matériaux aux étudiants des beaux-arts, opération « Torchons » aux Champs Libres pour remplacer le papier, bacs de récupération des documents de visite à la sortie des équipements. L’Opéra a distribué des gourdes réutilisables à l’ensemble de son personnel.
Axe 3 — Bâtiments culturels écologiques
Le secteur du bâtiment représente 45 % de la consommation énergétique nationale et 26 % des émissions de GES en France. La Ville et la Métropole de Rennes vont au-delà de la réglementation environnementale RE 2020 en privilégiant les matériaux biosourcés (bois, terre, chanvre) et les énergies renouvelables. Plusieurs résultats concrets sont déjà enregistrés :
| Équipement | Action réalisée | Impact |
| Opéra de Rennes | Arrêt ventilation nuit/week-end | -20 % consommation électricité |
| Champs Libres | Évolutions pratiques, sous-comptage, LEDs | -40 % ventilation/chauffage, -30 % électricité (depuis 2006) |
| Conservatoire – site Blosne | 700 m² de panneaux photovoltaïques | Production d’énergie renouvelable |
| Archives de Rennes | Films solaires, thermographie bâtiments | Réduction luminosité et chaleur |
En perspective, un nouveau bâtiment éco-responsable de 7 000 m² sera construit pour les réserves du Musée de Bretagne et de l’Écomusée de la Bintinais (géothermie, photovoltaïque, matériaux biosourcés, végétalisation). Les Champs Libres prévoient un objectif de 30 % d’économies supplémentaires sur leurs systèmes de climatisation.
Axe 4 — Mobilités culturelles décarbonées
Les déplacements des œuvres, des artistes et des publics constituent la principale source d’émissions de GES du secteur culturel. La culture est la 3ᵉ cause de mobilité des Français, après le travail et les achats (rapport « Décarbonons la culture », The Shift Project, 2021). En réponse, la Direction de la Culture a élaboré en 2023 une feuille de route dédiée à la décarbonation des mobilités, déclinée pour chacun des neuf établissements en régie. Les dispositifs existants comprennent : le programme Sortez en bus ! (offre culturelle à prix réduit accessible en transports collectifs), l’acquisition de vélos-cargo, la dotation des agents en équipements vélo, et le développement du télétravail. Un service de pédibus pour les spectateurs de plus de 65 ans est proposé par le TNB. Des enquêtes de mobilité des publics seront réalisées et mises à jour tous les trois ans.
Axe 5 — Sobriété numérique
La culture représente le premier poste mondial de consommation de données, soit les trois quarts des émissions de CO₂ du numérique. Dans le cadre de la démarche « Numérique responsable » de Rennes Ville et Métropole, la Direction engage une refonte progressive de ses sites internet : Les Champs Libres ont adopté une approche éthique fondée sur la limitation des fichiers lourds, les contenus low-tech et l’affichage sobre des événements. La Criée et le Musée des beaux-arts sont en cours de refonte de leurs sites avec la sobriété numérique comme axe prioritaire.
Axe 6 — Ralentissement et renoncement
Sans remettre en cause les ambitions de la politique culturelle (accessibilité, ouverture, émancipation), les établissements s’engagent dans une logique de sobriété : réduction du nombre d’expositions temporaires et allongement de leur durée (les expositions de l’Écomusée durent une année entière), mutualisation des productions entre institutions (Musée de Bretagne / autres musées), co-production lyrique entre l’Opéra de Rennes, Angers Nantes Opéra et La Co[opéra]tive permettant 10 à 25 représentations là où une production classique n’en compte que 3 à 6. Des équipements à durée de vie plus longue remplacent progressivement les achats récurrents (vaisselle réutilisable, électroménager basse consommation).
Tableau récapitulatif — Chiffres clés
| Indicateur | Valeur / Résultat |
| Agents formés à la Fresque du Climat (2023) | > 380 agents (> 50 % de la Direction) |
| Objectif formation Fresque du Climat | 100 % des agents d’ici fin 2024 |
| Réduction consommation électricité – Opéra | -20 % (arrêt ventilation nuit/WE) |
| Réduction chauffage/ventilation – Champs Libres | -40 % depuis 2006 |
| Réduction électricité – Champs Libres | -30 % depuis 2006 |
| Panneaux photovoltaïques – Conservatoire Blosne | 700 m² |
| Nouveau bâtiment réserves – Musée de Bretagne | 7 000 m² éco-responsable (prévu) |
| Objectif réemploi scénographique – Musée de Bretagne 2025 | 80 % (exposition Carnavals) |
| Documents braderie bibliothèques | 3 000 donnés + 30 000 revendus |
| Représentations opéra mutualisé (vs classique) | 10–25 dates (vs 3–6 dates) |
| Culture : part de la consommation mondiale de données | ≈ 75 % des émissions CO₂ du numérique |
| Bâtiment : part des émissions GES nationales | 26 % des GES / 45 % énergie consommée |
Analyse critique et points de vigilance
Ce document révèle une stratégie cohérente et multidimensionnelle, articulant sensibilisation interne, transformation des pratiques opérationnelles et repositionnement programmatique. Plusieurs points méritent attention pour un regard académique ou professionnel :
- La démarche est encore largement déclarative et prospective : une majorité des actions futures repose sur des feuilles de route à décliner, sans indicateurs de résultat chiffrés et vérifiables à l’échelle de chaque établissement.
- L’absence de bilan carbone global de la Direction limite la possibilité d’évaluer la portée réelle des actions engagées et leur contribution effective à l’objectif de -50 % d’émissions par habitant d’ici 2030.
- La tension entre ambition culturelle et sobriété est explicitement assumée (axe 6), mais les arbitrages concrets — quelles expositions supprimer, quels artistes ne plus inviter de loin, restent implicites.
- La Boussole comme outil d’autodiagnostic est prometteuse, mais son caractère obligatoire ne garantit pas la qualité des données collectées ni leur exploitation systématique.
- Le volet mobilité des publics, identifié comme levier majeur, est encore peu développé opérationnellement, les enquêtes de mobilité n’étant qu’au stade de projection.