Le métier d’interprète chorégraphique

Un duo de danseur classique

Un danseur ou une danseuse interprète des œuvres chorégraphiques, que ce soit en tant que soliste, au sein d’un corps de ballet, d’une compagnie de danse contemporaine ou d’un groupe de danse. Son rôle est de créer, d’interpréter ou de transmettre des chorégraphies à un public. Les interprètes chorégraphiques peuvent se spécialiser dans divers styles, du ballet classique aux danses contemporaines, urbaines ou populaires.  

Quotidien 

Le quotidien des danseuses et danseurs est rythmé par l’entraînement, les répétitions et les représentations. Une grande partie de leur temps est consacrée à l’entraînement individuel, indispensable pour entretenir la condition physique et affiner la technique. À cela s’ajoutent les répétitions collectives pour préparer les chorégraphies qui seront présentées sur scène. 
De plus en plus, ce quotidien inclut aussi des activités de médiation culturelle, d’enseignement ou de participation à des projets éducatifs. 

Types d’employeurs et d’employeuses 

Les danseurs et danseuses peuvent exercer dans des contextes variés et collaborer avec des structures multiples : 

  • ballets nationaux ou régionaux ; 
  • compagnies de danse contemporaine ; 
  • opéras ; 
  • compagnies de danse commerciale ou de variétés ; 
  • studios de production pour la télévision et le cinéma ; 
  • établissements d’enseignement (conservatoires, écoles de danse) ; 
  • travail indépendant ou freelance pour divers projets. 

Types de contrats 

Comme la plupart des artistes du spectacle vivant (musiciens et musiciennes, comédiens et comédiennes, techniciens et techniciennes du son et de l’image…), les danseurs et danseuses travaillent principalement sur des projets ponctuels et relèvent du régime d’intermittence du spectacle. Beaucoup complètent leurs revenus par l’enseignement dans des écoles de danse et conservatoires. 

Dans le domaine du ballet classique, seule une minorité bénéficie de postes permanents. On estime que moins de 10 % des artistes chorégraphiques occupent un emploi dit « permanent ». 

  • Ballets de la Réunion des opéras de France : les danseurs et danseuses relèvent de la fonction publique territoriale. Ils et elles sont recruté·es en CDD renouvelable d’une durée maximale de trois ans, souvent pour une saison. Ce n’est qu’au terme de six années sous CDD qu’un CDI peut être proposé (loi n°2005-843 du 26 juillet 2005). En pratique, le terme « permanent » désigne aussi bien les personnes en CDI que celles en CDD saisonniers. 
  • Centres chorégraphiques nationaux (CCN) : seuls quelques CCN comptent majoritairement des artistes en CDI (par exemple le Ballet Preljocaj, le Malandain Ballet Biarritz, le Ballet national de Marseille, le Ballet de l’Opéra national du Rhin, le Ballet de Lorraine, et le CCN de Rillieux-la-Pape). En décembre 2020, ces six structures employaient au total 131 danseuses et danseurs permanents. 
  • Opéra national de Paris : il s’agit d’un établissement public industriel et commercial (EPIC). Ses salariés et salariées relèvent du droit privé et les danseurs permanents sont recrutés en CDI. Outre l’Opéra de Paris, sept opéras en région disposent également d’un ballet permanent (Avignon, Bordeaux, Lyon, Lorraine, Rhin, Nice, Toulouse). 

En décembre 2020, on comptait 338 postes de danseuses et danseurs dans les ballets d’opéra, dont 154 à l’Opéra de Paris. En parallèle, près de 4 311 artistes chorégraphiques étaient indemnisés au titre de l’intermittence (annexe 10) au 31 décembre 2018. 

Compétences requises 

Outre l’excellence technique dans leur style de danse, les danseuses et danseurs doivent développer : 

  • une solide culture chorégraphique ; 
  • des capacités d’expression corporelle et de créativité ; 
  • des aptitudes au travail en équipe ; 
  • une discipline personnelle rigoureuse. 

De plus en plus, des compétences en communication et en gestion de projet sont également recherchées. 

Représentation des genres

Historiquement, la danse professionnelle a attiré davantage de femmes, en particulier dans le ballet classique. Mais cette tendance varie selon les styles et les contextes culturels. 

  • Danse classique : majoritairement féminisée. 
  • Danse contemporaine : répartition plus équilibrée, avec une volonté de parité dans de nombreuses compagnies. 
  • Danses urbaines et hip-hop : longtemps dominées par les hommes, elles connaissent une participation féminine de plus en plus importante. 

Défis du métier 

La carrière de danseuse ou de danseur peut être instable, avec des revenus irréguliers. Elle demande : 

  • une grande flexibilité ; 
  • la gestion du stress lié aux représentations ; 
  • une disponibilité importante pour les déplacements ; 
  • une résistance physique particulière, car la carrière chorégraphique est souvent plus courte que celle d’autres artistes du spectacle vivant. 

En résumé

Le métier de danseur et danseuse interprète est à la fois exigeant et gratifiant. Il associe passion artistique, rigueur technique et force physique, tout en demandant une adaptabilité constante face aux multiples réalités du spectacle vivant contemporain.