Auteur/autrice : emma@conservatoireaugmente.com

  • Le métier d’archetier

    L’archetier travaille des matériaux précieux et divers : l’argent, l’or, l’ivoire de mammouth, la nacre, le cuir de lézard, les bois de pernambouc, d’amourette et d’ébène. La baguette ainsi que la hausse sont profilées au rabot et au canif puis pourvues d’une mèche en crin de cheval qui mettra en vibration les cordes des instruments du quatuor.

    Emploi et débouchés

    On recense en France environ 70 archetiers, parmi lesquels une dizaine est spécialisée dans la fabrication d’archets baroques et moins de cinq sont à la fois archetiers et luthiers. Après une expérience d’au minimum cinq années au sein d’un atelier, les archetiers s’installent généralement à leur compte et exercent sous le statut d’artisan dans des ateliers le plus souvent unipersonnels. Ils assument alors toutes les fonctions de l’atelier : fabrication, entretien, restauration, éventuellement expertise, gestion, démarches commerciales, etc.

    La clientèle est majoritairement constituée de musiciens professionnels, de maisons de lutherie et parfois de particuliers, recherchant un archet de haute facture, les élèves en écoles de musique s’équipant plutôt d’archets d’étude de gamme inférieure et fabriqués industriellement. Les archetiers travaillent généralement sur commande, prenant en compte les demandes du client pour fabriquer un archet sur mesure adapté au jeu du musicien. L’archèterie française étant prisée par les virtuoses du monde entier, elle bénéficie, de fait, d’une clientèle internationale. Le marché de l’archèterie est directement lié à la politique économique culturelle : en effet, il peut souffrir de la baisse ou d’une non-réévaluation des salaires des musiciens et d’un taux de recrutement moins élevé dans les orchestres et ensembles musicaux.

    La profession rencontre des difficultés concernant l’approvisionnement en matières premières car certaines d’entre elles et notamment le pernambouc sont soumises à des règles strictes. Sensibilisés et préoccupés par la durabilité de la ressource en pernambouc, les archetiers se sont fédérés pour s’impliquer concrètement en faveur de la conservation et d’une utilisation durable et raisonnée de cette précieuse essence de bois. En 2000, l’Initiative internationale pour la conservation du pernambouc (IPCI) a ainsi été créée et la profession s’est alors mobilisée en s’engageant dans différentes actions menées pour la sauvegarde du pernambouc. Pour soutenir ce programme, 80% des archetiers du monde entier ont décidé de verser 2% de leur chiffre d’affaires à l’IPCI. Cependant, en septembre 2007, le Caesalpinia echinata a été inscrit à l’annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Ce classement n’interdit pas totalement l’approvisionnement en pernambouc mais le réglemente
    sévèrement. Ainsi, toute transaction nécessite un certificat de l’exportateur et de l’importateur garantissant la provenance du bois qui doit être issu d’une plantation respectant les principes de prélèvement durable. La CITES a également mis en place des quotas d’exportation afin de réguler le commerce international. Les archetiers qui, depuis plus de deux cents ans ont cherché en vain un bois de substitution au pernambouc présentant des caractéristiques similaires, sont désormais contraints d’utiliser les stocks existants jusqu’à épuisement de ceux-ci et sans pouvoir, pour le moment, les renouveler.

    Devenir Archetier

    Formation initiale

    Niveau V

    • CAP ouvrier archetier, 2 ou 3 ans.
    • En France, il n’existe pas d’école préparant au CAP ouvrier archetier. La formation peut toutefois se dérouler au sein d’un atelier auprès d’un maître archetier

    Formation professionnelle continue

    • Certains archetiers proposent des stages d’initiation aux techniques de l’archèterie et/ou de perfectionnements destinés à d’autres professionnels de l’archèterie ou de la lutherie
  • Le métier de facteur et/ou restaurateur d’accordéons

    L’accordéon est constitué de plusieurs milliers de pièces et de matériaux variés : bois (peuplier, cerisier, noyer), métal (aluminium, laiton ou acier), carton et satin. Le facteur et/ou restaurateur d’accordéons réalise, assemble et restaure les pièces.

    Emploi et débouchés

    Début XXᵉ, l’engouement pour l’accordéon est si fort et le développement si rapide que la seule production française ne suffit plus à satisfaire les nombreuses écoles et sociétés d’accordéon, l’importation se fera d’Italie, berceau mondial de l’accordéon. C’est effectivement un Italien, Paolo
    Soprani qui fonde, en 1863, la première industrie de l’accordéon à Castelfidardo dans la région des Marches. En 1900, l’accordéon est le roi du genre « musette », il mène le bal à Paris et dans le monde entier. La production atteint son sommet vers 1950. Catalogué dans les années 70 comme « ringard », il disparaît de la scène. Heureusement vers les années 80 quelques grands noms comme
    Richard Galliano, Marc Perronne ont su démontrer au public toutes les possibilités de l’instrument. Plus récemment des compositeurs tels que Luciano Berio, David Venitucci, Bernard Cavana, Jacques Rebotier ont exploité le potentiel technique et expressif de l’instrument à travers des œuvres
    contemporaines, servies par des musiciens internationaux tels que Pascal Contet. Aujourd’hui, l’accordéon est largement utilisé aussi bien par des artistes variétés que par des groupes « alternatifs » ou des musiciens de jazz, voire par des groupes de rap.

    La production française est issue des manufactures et des ateliers indépendants. Trois principales fabriques : Maugein à Tulle, Cavagnolo à Beynost et Cadence à Sarlat, produisent quelques centaines d’instruments par an, chacun nécessitant plus de 100 heures de travail. Rares sont les manufactures
    qui désormais assurent la totalité de la fabrication de l’accordéon, elles font souvent appel pour certaines pièces à des fournisseurs étrangers (assemblage). L’entreprise Maugein est la seule à pouvoir présenter l’ensemble des métiers qui permettent la réalisation complète d’un accordéon.
    Créée en 1919, elle a cru dès ses débuts à l’accordéon chromatique tout en maintenant la fabrication des accordéons diatoniques. Elle emploie actuellement une quinzaine de personnes et exporte ses produits vers les marchés belges, hollandais, suédois, suisses, finlandais, allemands, espagnols, québécois, américains et japonais.

    Quelques facteurs (une dizaine environ) exerçant généralement seuls se consacrent à la fabrication d’instruments «sur mesure». D’autres petites structures (une centaine environ) font surtout de la maintenance, de l’accord et de la vente d’instruments.

    Un instrument de qualité coûte entre 2 000 et 3 000 euros, tandis qu’un accordéon haut de gamme peut être vendu entre 10 000 et 12 000 euros. Si la France a une bonne notoriété, l’Italie détient encore le monopole de la fabrication haut de gamme, même si une partie est de plus en plus sous-traitée dans les pays de l’Europe de l’Est et en Chine. Comme pour d’autres secteurs d’activité, l’Asie (notamment la Chine) détient l’essentiel du marché des instruments bas de gamme.

    Devenir facteur et/ou restaurateur d’accordéons

    Formation initiale

    Niveau V

    • CAP assistant technique en instruments de musique option accordéon, 2 ans.

    Niveau IV

    • BMA technicien en facture instrumentale option accordéon, 2 ans.

    Formation professionnelle continue

    • Le CAP et le BMA sont accessibles dans le cadre de la formation professionnelle continue. L’Institut technologique européen des métiers de la musique (ITEMM) au Mans propose un programme de stages courts pour les professionnels.
  • Le métier de facteur et/ou restaurateur de clavecins et épinettes

    Après avoir dessiné un plan, le facteur et/ou restaurateur de clavecins et épinettes le reporte sur le bois (tilleul, peuplier, épicéa, poirier). Il colle les différentes parties et réalise traçage et perçage des pointes de cordes avec précision. Il assure la qualité sonore et esthétique de l’instrument.

    Emploi et débouchés

    Les premiers clavecins sont fabriqués en Italie. Puis ils connaissent une évolution décisive dans les années 1580 à Anvers. Les instruments deviennent beaucoup plus solides et la décoration évolue. Le clavecin connaît son âge d’or aux XVIIᵉ et XVIIIesiècle. Puis le clavecin tombe progressivement dans l’oubli.

    Dans les années 1950, la facture de clavecin connaît un renouveau. On redécouvre la musique ancienne, notamment baroque, ses techniques d’interprétation et de facture. Deux Américains, Hubbard et Dowd, ont particulièrement contribué à la redécouverte du clavecin. Ils entreprennent
    des recherches sur les clavecins anciens dans presque toutes les collections d’Europe et d’Amérique, établissent des relevés et des plans, construisent des prototypes…

    Malgré ce regain d’intérêt, la facture de clavecins demeure une activité confidentielle, entièrement artisanale et qui n’est pas véritablement organisée en secteur économique. On estime à seulement une vingtaine le nombre de facteurs de clavecins en France même si le développement des ventes de
    kits a fait naître des vocations. Ce sont des instruments coûteux (les prix pouvant varier de 10 000 à 30 000 €) requérant souvent un délai d’attente important. Un facteur de clavecins travaillant seul ne pouvant guère en livrer plus de deux par an.

    Devenir facteur et/ou restaurateur de clavecins et épinettes

    Il n’existe aucune formation initiale ni aucune formation professionnelle continue pour la facture de clavecins, hormis sur le terrain. Les apprentis passent en général par une formation de menuiserie-ébénisterie.

  • Le métier de facteur et/ou restaurateur d’instruments de musique mécanique

    Qu’il s’agisse d’orgues de Barbarie, de boîtes à musique ou de pianolas, le facteur et/ou restaurateur d’instruments de musique mécanique conçoit un mécanisme où des rouleaux à papier perforés se déroulent sur un cylindre et actionnent tuyaux d’orgues ou marteaux de carillons.

    Emploi et débouchés

    L’orgue de barbarie ou sa cousine l’organette à anches ne sont qu’une facette du monde merveilleux des instruments de musique mécanique. Tombés en désuétude depuis les années 30, ils font un come back dans les années 70 avec l’intérêt des collectionneurs américains pour tous les témoins de l’histoire des technologies. Aujourd’hui, les entreprises fabriquant ou restaurant des orgues à
    mécanique bénéficient d’une clientèle essentiellement privée. Les restaurations se font à l’initiative des collectionneurs ou particuliers. La commande publique reste rare.

    Pour le fabricant, la clientèle privée se compose soit de professionnels (restaurants, forains ou gens du spectacle), soit de particuliers qui réalisent un « rêve ». Il existe deux courants. L’un produit des organettes à anches au coût le plus bas possible pour répondre à un besoin de consommation immédiat du grand public. L’autre offre une large gamme de modèles d’orgues à tuyaux, construits à la commande. La diversité de la demande permet au facteur d’orgue à mécanique de concevoir des projets intéressants : des modèles de rue mais aussi de salon, de concert, de danse, de manège. Toutes spécialités confondues, il existe moins d’une dizaine d’ateliers professionnels en France. 40% de la production française part à l’export. Le métier se pratique en équipe ou bien seul. Il n’existe pas un seul atelier couvrant tous les besoins au niveau de la fabrication comme de la restauration.

    Aujourd’hui, la tendance est à la mixité des technologies. L’orgue à mécanique attire de nombreux musiciens arrangeurs qui enrichissent son répertoire et le renouvellent. C’est au facteur de concilier étendue de la gamme, richesse des timbres et mobilité, pour répondre à un nombre grandissant d’artistes et d’amateurs.

    Devenir facteur et/ou restaurateur d’instruments de musique
    mécanique

    Il n’existe aucune formation spécifique mais le métier demande de vastes connaissances qui peuvent
    se résumer ainsi :

    • Les bases : BEP/CAP menuisier ou ébéniste,
    • Les fondamentales : la facture d’orgues (organier, tuyautier, mécanicien),
    • Les environnementales : arrangement et informatique musicale,
    • Les optionnelles : réparateur de piano et accordéon.

    Il est important de signaler qu’il faut faire la tournée des grands musées d’Europe pour se former. Écouter des pièces exceptionnelles construites tout au long du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ par les grands ateliers de l’époque, étudier leur composition instrumentale, permet d’apprendre les différentes couleurs sonores appréciées à travers les pays d’Europe.

  • Le métier de facteur et/ou restaurateur d’instruments traditionnels

    Le facteur et/ou restaurateur d’instruments traditionnels analyse les mécanismes de fabrication du son et l’histoire de l’instrument (vielle, cornemuse…) pour restituer sonorité, esthétique et dimensions d’origine. Il peut faire évoluer la facture pour adapter l’instrument au répertoire contemporain.

    Emploi et débouchés

    La plupart de ces instruments sont peu à peu tombés dans l’oubli en fonction du changement du goût musical et des évolutions techniques. La musique du Moyen Âge est considérée avant tout comme une musique vocale. Mais l’abondance, dès le XIᵉ siècle, des représentations de vièles, de harpes, de percussions et divers aérophones atteste de l’importance des instruments dans la musique profane. Quelques-uns ont évolué de manière continue et sont considérés comme les ancêtres de nos instruments d’aujourd’hui. C’est le cas de la harpe, de la cornemuse, de la chifonie qui deviendra la vielle à roue. Héritier d’un instrument arabe, l’ud, le luth apparaît en Occident au XIIIᵉ siècle. Il y connaît une transformation qui marque un changement dans la fabrication des instruments : sa caisse est constituée d’un assemblage de côtes pliées au fer et assemblées. Les autres instruments à cordes sont monoxyles, c’est-à-dire creusés dans un bloc de bois, et le resteront encore jusqu’au XVe siècle. C’est au XVIᵉ siècle qu’apparaissent le violon et la viole sur ce principe de construction par assemblage de pièces préparées séparément. Ils diffèrent radicalement de leurs
    prédécesseurs, la vièle, le rebec, la lira da braccio qui étaient monoxyles. Les instruments qui naissent à la Renaissance, période marquée par le grand essor de la musique instrumentale, apparaissent en familles, ou consorts, de la basse au soprano.

    Certains instruments, après avoir connu une période faste où ils répondaient aux attentes des musiciens et de leurs auditeurs, sont tombés en disgrâce au profit d’autres instruments. La viole est supplantée par le violon dès le XVIIIᵉ siècle, mais tombe vraiment en disgrâce avec le Romantisme. Ils
    ont été redécouverts à partir de la seconde moitié du XXᵉ siècle, les musiciens professionnels souhaitant rejouer avec des instruments contemporains les œuvres de Monteverdi, Bach etc. pour retrouver les sonorités d’origines.

    Les instruments traditionnels ont connu un regain d’intérêt à partir des années 70, notamment grâce au mouvement folk. Dès 1976 sont organisées les premières Rencontres internationales de luthiers et maîtres sonneurs de Saint-Chartier, principalement dévolues aux musiques traditionnelles, avec la vielle à roue et la cornemuse comme vedettes. Depuis cette date, les facteurs d’instruments de musiques traditionnelles se sont multipliés, chacun œuvrant dans une spécialité. Répondant aux demandes d’une musique vivante, certains instruments traditionnels ont continué leur évolution et se sont franchement modernisés.

    Devenir facteur et/ou restaurateur d’instruments traditionnels

    Formation initiale

    Niveau V

    • FCIL lutherie des instruments de musiques traditionnelles, 1 an (Lycée Georges Sand – La Châtre). Beaucoup de facteurs ont reçu une très bonne formation dans le domaine du travail du bois (tournage, marqueterie, ébénisterie, vernissage…) avant de passer à la fabrication de ces
      instruments.

    Formation professionnelle continue

    • Quelques formations d’une durée variable permettent de suivre une initiation ou un perfectionnement dans la fabrication ou la restauration d’instruments anciens ou traditionnels.
  • Le métier de facteur et/ou restaurateur d’orgues

    Le facteur et/ou restaurateur d’orgues conçoit les instruments dans le respect des différents répertoires musicaux, classiques ou contemporains. Il travaille le bois du buffet, roule les plaques d’étain pour confectionner les tuyaux, crée les trompettes, les anches d’amour…

    Emploi et débouchés

    En 2017, la facture d’orgues compte environ 60 entreprises ou artisans (source : Groupement professionnel des facteurs d’orgues de l’Ameublement Français – GPFO) répartis sur l’ensemble du territoire national, avec une concentration plus importante en Alsace.

    Les ateliers sont constitués en moyenne de deux à quatre ouvriers (le plus important en a une quinzaine). Pour répondre à certaines commandes complexes, les entreprises sont amenées à se regrouper ponctuellement. Environ 70% des entreprises ont un chiffre d’affaires de plus de 75 000
    euros. La fabrication d’un orgue peut nécessiter de 3 000 heures (petit orgue de 10 jeux) à 30 000 heures de travail. Une restauration dure quant à elle de 1 à 4 ans et nécessite de 5 000 à 20 000 heures de travail. L’entretien des orgues anciennes ou historiques constitue désormais l’essentiel de l’activité. Seule la moitié des entreprises exerce réellement une activité de création ou de
    restauration des instruments. La fabrication d’orgues de salon est aujourd’hui concurrencée par les instruments électroniques.

    La redécouverte de l’orgue néoclassique et la maîtrise de la restauration des orgues classiques d’Ancien Régime comme des orgues d’esthétique romantique permettent aux facteurs d’orgues de répondre à des commandes de construction ou de restauration d’instruments similaires à l’étranger.
    D’autres perspectives de développement s’ouvrent à l’international avec la construction d’orgues neufs pour des salles de concert et des conservatoires. Le poids de l’export représente aujourd’hui 16% du chiffre d’affaires de la facture d’orgues.

    L’ouverture du marché conduit également à l’attribution de marchés publics français aux entreprises européennes voisines. La facture d’orgue doit faire face à une évolution de son environnement et de ses marchés. Les entreprises du secteur sont confrontées à plusieurs défis : maintenir et transmettre les savoir-faire traditionnels et complexes, s’adapter aux évolutions des métiers, favoriser
    l’innovation (développement du 3D) mais également développer leurs marchés (marketing, rationalisation des fournitures, export…).

    En France, les collectivités publiques sont les principaux propriétaires des biens immobiliers et mobiliers (dont les orgues) contenus dans les édifices du culte, biens grevés, pour ceux présents avant la loi du 9 décembre 1905 concernant la Séparation des Églises et de l’État, d’une affectation légale au culte gratuite, permanente et prééminente. Il en est de même pour la propriété des orgues
    dans des édifices civils non cultuels (conservatoires, salles de concert).

    Les communes ont la charge financière de la conservation de ce patrimoine. La commande publique représente près des deux tiers du chiffre d’affaires de la profession qui s’élève à plus de 20 millions d’euros par an. Cette part importante fragilise le secteur en même temps qu’elle le fait vivre, les entreprises étant fortement soumises à de possibles restrictions budgétaires. L’État, par l’intermédiaire du ministère de la culture, certaines régions et départements accordent des subventions aux communes.

    Au sein du ministère de la culture, la direction générale des patrimoines soutient, à travers les directions régionales des affaires culturelles (conservations régionales des monuments historiques), la politique d’entretien et de restauration sur les orgues protégées au titre des monuments historiques en raison de leur intérêt historique, artistique et technique. Le code du patrimoine encadre les procédures. La direction générale de la création artistique (délégation musique) accompagne les projets de création d’orgues neuves et peut soutenir les travaux sur les orgues non protégées. Par ailleurs, le secteur a bénéficié d’une politique active de mécénat développée ces dernières années. En complément de l’État et des collectivités territoriales, de nombreux projets de
    restauration ou relevant de la création ont bénéficié de l’aide de la Fondation du patrimoine.

    Devenir facteur et/ou restaurateur d’orgues

    Formation initiale

    Niveau IV

    • Bac Pro Artisanat et métiers d’art facteur d’orgues option organier, 3 ans –
    • Bac Pro Artisanat et métiers d’art facteur d’orgues option tuyautier, 3 ans –
  • Le métier de facteur et/ou restaurateur de percussions

    Elles sont membranophones (tambour, timbale), métalliques (carillon, gong, cymbale) ou en bois (maracas, congas). Outre leur exécution, le facteur et/ou restaurateur de percussions règle leur sonorité selon un accord donné et en fonction de la tension qu’ils peuvent supporter.

    Emploi et débouchés

    Les instruments à percussion, et plus particulièrement les idiophones, sont considérés comme les premiers instruments de musique. La subdivision des percussions en idiophones et membranophones a été définie par la Systematik der Musikinstrumente de Hornbostels-Sachs en 1914. Cette classification a été critiquée, notamment par André Schaeffner (ethnomusicologue et conservateur au Musée de l’Homme jusqu’en 1965), pour qui la catégorie des idiophones équivaut à un fourre-tout. Mais elle reste aujourd’hui la plus couramment utilisée.

    En France, on compte peu de facteurs de percussions (cinq environ). Certains se sont spécialisés dans la confection de batteries. Généralement, leur activité ne se limite pas à la fabrication de percussions. Ils peuvent travailler en ébénisterie ou menuiserie, fabriquer d’autres instruments, ou encore proposer une gamme plus large d’accessoires (pour le transport des instruments par exemple). Un facteur se différencie du technicien car son métier ne consiste pas en l’assemblage d’éléments importés, mais en la construction totale de l’instrument. Certaines percussions sont traditionnellement fabriquées dans leur pays d’origine, comme la cymbale en Turquie ou le djembé en Afrique.

    Devenir facteur et/ou restaurateur de percussions

    Formation

    Il n’existe pas de formation spécialisée dans les instruments à percussion. Une formation de chaudronnier, de menuisier ou d’ébéniste peut servir de base

  • Le métier de facteur et/ou restaurateur de pianos

    Le facteur et/ou restaurateur de pianos est maître de trois spécialités. Celle du bois, du métal et de la mécanique. Pour la fabrication des pianos neufs, les étapes sont confiées à chaque spécialiste mais, en restauration, l’artisan doit toutes les maîtriser, y compris l’harmonisation et l’accordage

    Emploi et débouchés

    Le secteur de la facture de piano, où les grandes manufactures ont pris beaucoup de place dès le XIXᵉ siècle, a beaucoup évolué. À partir de la Seconde Guerre mondiale, les ventes n’ont cessé de baisser en France, malgré un regain d’intérêt dans les années 70-80. Depuis les années 90, on observe une stagnation du marché. Le marché du piano français est aujourd’hui devenu un marché d’importations dominé par les pianos droits. Aujourd’hui il n’existe presque plus de fabrication de pianos français. Le plus important fabricant français, la marque Pleyel, a cessé sa production en 2014. Le reste de l’activité dans ce secteur se concentre sur la maintenance, la préparation (réglage,
    harmonisation et accord) et la restauration des instruments. La location de pianos de concert tend à prendre plus d’importance. Dans ce cas, la préparation des pianos nécessite entre quatre et six heures de travail pour régler, harmoniser et accorder le piano afin de l’adapter à la fois au pianiste et
    à la salle de concert. Les réalisations de pianos restent ponctuelles et s’effectuent sur commande pour des particuliers ou quelques écoles de musique.

    Devenir facteur et/ou restaurateur de pianos

    Formation initiale

    Niveau V

    • CAP assistant technique en instruments de musique option piano, 2 ans.

    Niveau IV

    • BMA technicien en facture instrumentale option piano, 2 ans.

    Niveau III

    • DMA facture instrumentale option piano, 2 ans.

    Formation professionnelle continue

    • Le CAP, le BMA et le DMA sont accessibles dans le cadre de la formation professionnelle continue. L’Institut technologique européen des métiers de la musique (ITEMM) au Mans propose un programme de stages courts pour les professionnels.
  • Le métier de facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en bois

    Le facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en bois est le spécialiste des instruments à anche simple comme la clarinette ou à anche double comme le hautbois, le cor anglais, le basson.

    Emploi et débouchés

    La facture d’instruments à vent en bois est souvent semi-industrielle, un certain nombre d’opérations s’effectuant en poste fixe (tournage, pointage…). Quelques grands noms dominent le marché (Buffet-Crampon, Marigaux, Rigoutat, Selmer…). La plupart de l’activité artisanale de restauration s’effectue
    dans des ateliers attenants aux magasins d’instruments. Dans son ensemble, la facture instrumentale française se concentre aujourd’hui surtout sur la lutherie de quatuor, les instruments à vent et leurs accessoires. Les facteurs d’instruments travaillent sans cesse à faire évoluer et à créer de nouveaux
    instruments. Les prototypes non aboutis constituent le « cimetière » que l’on retrouve dans de nombreux ateliers. Les facteurs peuvent désormais avoir recours à la modélisation numérique afin de concevoir ces nouveaux instruments (« aulochrome » constitué de deux saxophones ; « flûte électro-acoustique » …).

    L’utilisation d’un nouveau logiciel « Resonnans », mis au point à l’Université du Maine au Mans permet également de tester les caractéristiques acoustiques d’un instrument en cours de réalisation (création originale, reproduction…) ou d’un instrument à restaurer. Il est alors possible de simuler les rectifications. Cela pourrait permettre de raccourcir les phases de développement de prototypes et d’accélérer la mise sur le marché de nouveaux instruments. L’innovation offre effectivement une véritable alternative à la concurrence asiatique qui étouffe le secteur de la facture instrumentale. D’autre part, la facture asiatique se concentre sur le marché des débutants et des amateurs, ce qui laisse encore aux facteurs français la latitude de dominer le marché haut de gamme : 90% des musiciens professionnels joueraient des instruments français.

    En France, le marché des bois est actuellement stable et estimé à 17 500 000 € pour 35 000 unités. Les entreprises françaises sont exportatrices à plus de 75% et ont une position de tout premier rang au niveau mondial (source CSFI). Les facteurs d’instruments à vent sont amenés à travailler au contact de musiciens professionnels au sein d’orchestres classiques (hautbois, basson, flûte…), mais
    également de formations de jazz (clarinette, saxophone…) dont le courant a bouleversé la facture instrumentale au XXᵉ siècle.

    Devenir facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en bois

    Formation initiale

    Niveau V

    • CAP Assistant technique en instruments de musique, option instruments à vent, 2 ans

    Niveau IV

    • BMA Technicien en facture instrumentale, option instruments à vent, 2 ans

    Niveau III

    • DMA Facture instrumentale option instruments à vent, 2 ans

    Formation professionnelle continue

    • Le CAP, le BMA et le DMA sont accessibles dans le cadre de la formation professionnelle continue. L’institut technologique européen des métiers de la musique (ITEMM) au Mans propose un programme de stages courts pour les professionnels.
  • Le métier de facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en métal – chaudronnier

    Le facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en métal fabrique ou restaure des instruments à embouchure de la famille des cuivres, comme la trompette, le tuba, le cor, le trombone, et de la famille des bois comme la flûte traversière et le saxophone.
    Le chaudronnier est chargé de la confection de tous les instruments de la catégorie des cuivres. Il travaille les métaux en feuilles, auxquels il donne une forme cylindro-conique : trompette, trombone ou cor.

    Emploi et débouchés

    La facture d’instruments à vent en cuivre est souvent semi-industrielle, un certain nombre d’opérations s’effectuant en poste fixe. Quelques grands noms de la facture des vents occupent le marché : Antoine Courtois, Besson, Selmer… La plupart de l’activité artisanale de restauration s’effectue dans des ateliers attenants aux magasins d’instruments. Dans son ensemble, la facture
    instrumentale française se concentre aujourd’hui surtout sur la lutherie de quatuor, les instruments à vent et leurs accessoires. Le marché des instruments à vent en cuivre est dominé en entrée de gamme par les marques asiatiques. Les artisans français se placent quant à eux sur le moyen et surtout le haut de gamme, dans lequel leur savoir-faire est reconnu et apprécié des musiciens professionnels. En France, le marché des cuivres est actuellement stable et estimé à 8 400 000 € pour 12 000 unités. Les entreprises françaises sont exportatrices à plus de 90% et ont une position de tout premier rang au niveau mondial. Néanmoins, les facteurs de trompettes rencontrent une véritable concurrence d’entreprises artisanales allemandes et américaines bénéficiant d’une bonne réputation.

    Devenir facteur d’instruments à vent en métal

    Formation initiale

    Niveau V

    • CAP Assistant technique en instruments de musique option instruments à vent, 2 ans.

    Niveau IV

    • BMA Technicien en facture instrumentale option instruments à vent, 2 ans

    Niveau III

    • DMA Facture instrumentale option instruments à vent, 2 ans

    Formation professionnelle continue

    • Le CAP, le BMA et le DMA sont accessibles dans le cadre de la formation professionnelle continue. L’Institut technologique européen des métiers de la musique (ITEMM) au Mans propose un programme de stages courts pour les professionnels.