Le métier de facteur et/ou restaurateur d’instruments traditionnels

Le facteur et/ou restaurateur d’instruments traditionnels analyse les mécanismes de fabrication du son et l’histoire de l’instrument (vielle, cornemuse…) pour restituer sonorité, esthétique et dimensions d’origine. Il peut faire évoluer la facture pour adapter l’instrument au répertoire contemporain.

Emploi et débouchés

La plupart de ces instruments sont peu à peu tombés dans l’oubli en fonction du changement du goût musical et des évolutions techniques. La musique du Moyen Âge est considérée avant tout comme une musique vocale. Mais l’abondance, dès le XIᵉ siècle, des représentations de vièles, de harpes, de percussions et divers aérophones atteste de l’importance des instruments dans la musique profane. Quelques-uns ont évolué de manière continue et sont considérés comme les ancêtres de nos instruments d’aujourd’hui. C’est le cas de la harpe, de la cornemuse, de la chifonie qui deviendra la vielle à roue. Héritier d’un instrument arabe, l’ud, le luth apparaît en Occident au XIIIᵉ siècle. Il y connaît une transformation qui marque un changement dans la fabrication des instruments : sa caisse est constituée d’un assemblage de côtes pliées au fer et assemblées. Les autres instruments à cordes sont monoxyles, c’est-à-dire creusés dans un bloc de bois, et le resteront encore jusqu’au XVe siècle. C’est au XVIᵉ siècle qu’apparaissent le violon et la viole sur ce principe de construction par assemblage de pièces préparées séparément. Ils diffèrent radicalement de leurs
prédécesseurs, la vièle, le rebec, la lira da braccio qui étaient monoxyles. Les instruments qui naissent à la Renaissance, période marquée par le grand essor de la musique instrumentale, apparaissent en familles, ou consorts, de la basse au soprano.

Certains instruments, après avoir connu une période faste où ils répondaient aux attentes des musiciens et de leurs auditeurs, sont tombés en disgrâce au profit d’autres instruments. La viole est supplantée par le violon dès le XVIIIᵉ siècle, mais tombe vraiment en disgrâce avec le Romantisme. Ils
ont été redécouverts à partir de la seconde moitié du XXᵉ siècle, les musiciens professionnels souhaitant rejouer avec des instruments contemporains les œuvres de Monteverdi, Bach etc. pour retrouver les sonorités d’origines.

Les instruments traditionnels ont connu un regain d’intérêt à partir des années 70, notamment grâce au mouvement folk. Dès 1976 sont organisées les premières Rencontres internationales de luthiers et maîtres sonneurs de Saint-Chartier, principalement dévolues aux musiques traditionnelles, avec la vielle à roue et la cornemuse comme vedettes. Depuis cette date, les facteurs d’instruments de musiques traditionnelles se sont multipliés, chacun œuvrant dans une spécialité. Répondant aux demandes d’une musique vivante, certains instruments traditionnels ont continué leur évolution et se sont franchement modernisés.

Devenir facteur et/ou restaurateur d’instruments traditionnels

Formation initiale

Niveau V

  • FCIL lutherie des instruments de musiques traditionnelles, 1 an (Lycée Georges Sand – La Châtre). Beaucoup de facteurs ont reçu une très bonne formation dans le domaine du travail du bois (tournage, marqueterie, ébénisterie, vernissage…) avant de passer à la fabrication de ces
    instruments.

Formation professionnelle continue

  • Quelques formations d’une durée variable permettent de suivre une initiation ou un perfectionnement dans la fabrication ou la restauration d’instruments anciens ou traditionnels.