Un ou une instrumentiste interprète des œuvres musicales, en tant que soliste, au sein d’un ensemble, d’un groupe ou d’un orchestre. Son rôle est de créer, d’interpréter ou de transmettre de la musique à un public.
Quotidien
Le quotidien des musiciens et des musiciennes est rythmé par la pratique, les répétitions et les représentations publiques. Une grande partie de leur temps est consacrée à l’entraînement individuel, indispensable pour maintenir et développer les compétences, ainsi qu’aux répétitions collectives en vue des concerts.
De plus en plus, cette activité inclut aussi la médiation culturelle, l’enseignement ou la participation à des projets éducatifs.
Types d’employeurs ou d’employeuses
Les interprètes peuvent exercer sous des statuts variés et collaborer avec des structures très diverses :
- orchestres symphoniques ou philharmoniques ;
- ensembles de musique de chambre ;
- groupes de musique populaire, de jazz ou de musiques actuelles ;
- établissements d’enseignement (conservatoires, écoles de musique) ;
- travail indépendant ou en freelance ;
- sociétés de production audiovisuelle.
Types de contrats
La majorité des instrumentistes — tout comme d’autres artistes du spectacle vivant (danseurs et danseuses, comédiens et comédiennes, acteurs et actrices, techniciens et techniciennes du son et de l’image…) — travaillent sur des projets ponctuels et relèvent du régime d’intermittence du spectacle pour leur protection sociale.
Parmi les instrumentistes classiques, seule une minorité (environ deux mille personnes, soit un quart du total) occupe des postes permanents dans des orchestres. Beaucoup d’artistes intermittents et intermittentes complètent leurs revenus en enseignant dans des écoles de musique et conservatoires ou en donnant des cours particuliers.
Au sein des orchestres, plusieurs statuts coexistent selon la structuration et le financement :
Orchestres nationaux
- statut : agents et agentes contractuels de l’État
- employeur : ministère de la Culture
- exemples : Orchestre de Paris, Orchestre national de France
Orchestres régionaux ou municipaux
- statut : agents et agentes territoriaux (fonction publique territoriale)
- employeur : collectivités territoriales (régions, départements, municipalités)
- exemples : Orchestre national de Lyon, Orchestre philharmonique de Strasbourg
Orchestres en régie personnalisée
- statut : salariés et salariées de droit privé
- employeur : établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC)
- exemple : Orchestre national de Lille
Orchestres associatifs
- statut : salariés et salariées de droit privé
- employeur : association loi 1901
- exemple : Orchestre national des Pays de la Loire
Opéras nationaux en région
- statut : variable selon la structure juridique (EPIC, régie municipale, etc.)
- employeur : l’Opéra lui-même
Orchestres et ensembles spécialisés (réseau FEVIS, notamment)
- statut : intermittents et intermittentes du spectacle
- employeur : souvent une association loi 1901
- exemples : Les Talens Lyriques, Les Arts Florissants
Dans tous ces cas, les musiciennes et musiciens peuvent bénéficier de contrats à durée indéterminée (CDI) après concours et période probatoire (de 3 mois à un an). Pour les agents et agentes territoriaux, la titularisation se fait après une période probatoire de 3 ans maximum et l’accès au CDI intervient généralement après 6 ans d’ancienneté.
Les conditions de travail, les grilles salariales et les avantages diffèrent selon les statuts : par exemple, les musiciens et musiciennes de la fonction publique territoriale relèvent d’une grille indiciaire spécifique, tandis que celles et ceux des orchestres associatifs dépendent de conventions collectives particulières. Même dans un orchestre permanent, il est courant d’avoir des engagements ponctuels (par saison ou par production) en complément du noyau fixe.
Cas particulier : l’Orchestre National de Jazz (ONJ)
L’ONJ se distingue par son fonctionnement :
- modèle : orchestre en résidence, et non formation permanente ;
- type de contrat : engagement sous le régime de l’intermittence du spectacle ;
- durée : mandats de deux ans, liés à la direction artistique en place ;
- engagement : séries de concerts, répétitions et enregistrements, sans exclusivité ;
- employeur : l’association ONJ ;
- renouvellement : à chaque nouvelle direction, une équipe peut être recomposée.
Compétences requises
Au-delà de la maîtrise technique de leur instrument, les musiciennes et musiciens doivent développer :
- une solide culture musicale ;
- des aptitudes d’écoute et de travail en équipe ;
- une grande discipline personnelle ;
- des compétences en communication, en gestion de projet et en technologies musicales, de plus en plus recherchées.
Représentation des genres
Historiquement masculin, le métier de musicien et musicienne d’orchestre se féminise progressivement. Ainsi, il a fallu attendre 1997 pour qu’une femme intègre l’orchestre philharmonique de Vienne. Certains instruments demeurent très marqués par des stéréotypes : les cuivres, les percussions et la contrebasse restent très masculinisés, tandis que la harpe attire encore peu d’hommes.
En 2023, en France, 38 % des musiciennes et musiciens permanents dans les orchestres sont des femmes.
L’Association française des orchestres (AFO) publie depuis 2001 des études sur l’évolution de la place des femmes dans les orchestres, au sein de l’Observatoire de l’égalité des genres : france-orchestres.com/egalite-des-genres.
Défis du métier
La vie professionnelle des musiciennes et musiciens reste souvent instable, avec des revenus variables. Elle exige :
- la gestion du stress lié aux représentations ;
- une disponibilité importante pour les déplacements ;
- une capacité à faire face à une forte concurrence, notamment dans le domaine classique.
En résumé
Être musicien ou musicienne interprète est un métier exigeant mais passionnant. Il combine rigueur technique, créativité artistique et adaptabilité face aux multiples réalités de l’industrie musicale contemporaine.