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  • Le métier de facteur et/ou restaurateur de pianos

    Le facteur et/ou restaurateur de pianos est maître de trois spécialités. Celle du bois, du métal et de la mécanique. Pour la fabrication des pianos neufs, les étapes sont confiées à chaque spécialiste mais, en restauration, l’artisan doit toutes les maîtriser, y compris l’harmonisation et l’accordage

    Emploi et débouchés

    Le secteur de la facture de piano, où les grandes manufactures ont pris beaucoup de place dès le XIXᵉ siècle, a beaucoup évolué. À partir de la Seconde Guerre mondiale, les ventes n’ont cessé de baisser en France, malgré un regain d’intérêt dans les années 70-80. Depuis les années 90, on observe une stagnation du marché. Le marché du piano français est aujourd’hui devenu un marché d’importations dominé par les pianos droits. Aujourd’hui il n’existe presque plus de fabrication de pianos français. Le plus important fabricant français, la marque Pleyel, a cessé sa production en 2014. Le reste de l’activité dans ce secteur se concentre sur la maintenance, la préparation (réglage,
    harmonisation et accord) et la restauration des instruments. La location de pianos de concert tend à prendre plus d’importance. Dans ce cas, la préparation des pianos nécessite entre quatre et six heures de travail pour régler, harmoniser et accorder le piano afin de l’adapter à la fois au pianiste et
    à la salle de concert. Les réalisations de pianos restent ponctuelles et s’effectuent sur commande pour des particuliers ou quelques écoles de musique.

    Devenir facteur et/ou restaurateur de pianos

    Formation initiale

    Niveau V

    • CAP assistant technique en instruments de musique option piano, 2 ans.

    Niveau IV

    • BMA technicien en facture instrumentale option piano, 2 ans.

    Niveau III

    • DMA facture instrumentale option piano, 2 ans.

    Formation professionnelle continue

    • Le CAP, le BMA et le DMA sont accessibles dans le cadre de la formation professionnelle continue. L’Institut technologique européen des métiers de la musique (ITEMM) au Mans propose un programme de stages courts pour les professionnels.
  • Le métier de facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en bois

    Le facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en bois est le spécialiste des instruments à anche simple comme la clarinette ou à anche double comme le hautbois, le cor anglais, le basson.

    Emploi et débouchés

    La facture d’instruments à vent en bois est souvent semi-industrielle, un certain nombre d’opérations s’effectuant en poste fixe (tournage, pointage…). Quelques grands noms dominent le marché (Buffet-Crampon, Marigaux, Rigoutat, Selmer…). La plupart de l’activité artisanale de restauration s’effectue
    dans des ateliers attenants aux magasins d’instruments. Dans son ensemble, la facture instrumentale française se concentre aujourd’hui surtout sur la lutherie de quatuor, les instruments à vent et leurs accessoires. Les facteurs d’instruments travaillent sans cesse à faire évoluer et à créer de nouveaux
    instruments. Les prototypes non aboutis constituent le « cimetière » que l’on retrouve dans de nombreux ateliers. Les facteurs peuvent désormais avoir recours à la modélisation numérique afin de concevoir ces nouveaux instruments (« aulochrome » constitué de deux saxophones ; « flûte électro-acoustique » …).

    L’utilisation d’un nouveau logiciel « Resonnans », mis au point à l’Université du Maine au Mans permet également de tester les caractéristiques acoustiques d’un instrument en cours de réalisation (création originale, reproduction…) ou d’un instrument à restaurer. Il est alors possible de simuler les rectifications. Cela pourrait permettre de raccourcir les phases de développement de prototypes et d’accélérer la mise sur le marché de nouveaux instruments. L’innovation offre effectivement une véritable alternative à la concurrence asiatique qui étouffe le secteur de la facture instrumentale. D’autre part, la facture asiatique se concentre sur le marché des débutants et des amateurs, ce qui laisse encore aux facteurs français la latitude de dominer le marché haut de gamme : 90% des musiciens professionnels joueraient des instruments français.

    En France, le marché des bois est actuellement stable et estimé à 17 500 000 € pour 35 000 unités. Les entreprises françaises sont exportatrices à plus de 75% et ont une position de tout premier rang au niveau mondial (source CSFI). Les facteurs d’instruments à vent sont amenés à travailler au contact de musiciens professionnels au sein d’orchestres classiques (hautbois, basson, flûte…), mais
    également de formations de jazz (clarinette, saxophone…) dont le courant a bouleversé la facture instrumentale au XXᵉ siècle.

    Devenir facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en bois

    Formation initiale

    Niveau V

    • CAP Assistant technique en instruments de musique, option instruments à vent, 2 ans

    Niveau IV

    • BMA Technicien en facture instrumentale, option instruments à vent, 2 ans

    Niveau III

    • DMA Facture instrumentale option instruments à vent, 2 ans

    Formation professionnelle continue

    • Le CAP, le BMA et le DMA sont accessibles dans le cadre de la formation professionnelle continue. L’institut technologique européen des métiers de la musique (ITEMM) au Mans propose un programme de stages courts pour les professionnels.
  • Le métier de facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en métal – chaudronnier

    Le facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en métal fabrique ou restaure des instruments à embouchure de la famille des cuivres, comme la trompette, le tuba, le cor, le trombone, et de la famille des bois comme la flûte traversière et le saxophone.
    Le chaudronnier est chargé de la confection de tous les instruments de la catégorie des cuivres. Il travaille les métaux en feuilles, auxquels il donne une forme cylindro-conique : trompette, trombone ou cor.

    Emploi et débouchés

    La facture d’instruments à vent en cuivre est souvent semi-industrielle, un certain nombre d’opérations s’effectuant en poste fixe. Quelques grands noms de la facture des vents occupent le marché : Antoine Courtois, Besson, Selmer… La plupart de l’activité artisanale de restauration s’effectue dans des ateliers attenants aux magasins d’instruments. Dans son ensemble, la facture
    instrumentale française se concentre aujourd’hui surtout sur la lutherie de quatuor, les instruments à vent et leurs accessoires. Le marché des instruments à vent en cuivre est dominé en entrée de gamme par les marques asiatiques. Les artisans français se placent quant à eux sur le moyen et surtout le haut de gamme, dans lequel leur savoir-faire est reconnu et apprécié des musiciens professionnels. En France, le marché des cuivres est actuellement stable et estimé à 8 400 000 € pour 12 000 unités. Les entreprises françaises sont exportatrices à plus de 90% et ont une position de tout premier rang au niveau mondial. Néanmoins, les facteurs de trompettes rencontrent une véritable concurrence d’entreprises artisanales allemandes et américaines bénéficiant d’une bonne réputation.

    Devenir facteur d’instruments à vent en métal

    Formation initiale

    Niveau V

    • CAP Assistant technique en instruments de musique option instruments à vent, 2 ans.

    Niveau IV

    • BMA Technicien en facture instrumentale option instruments à vent, 2 ans

    Niveau III

    • DMA Facture instrumentale option instruments à vent, 2 ans

    Formation professionnelle continue

    • Le CAP, le BMA et le DMA sont accessibles dans le cadre de la formation professionnelle continue. L’Institut technologique européen des métiers de la musique (ITEMM) au Mans propose un programme de stages courts pour les professionnels.
  • Le métier de facteur et/ou restaurateur de harpes

    Le facteur et/ou restaurateur de harpes réalise des instruments qui peuvent compter jusqu’à 1500 éléments. L’écartement et la tension des cordes, le bois de la table d’harmonie et de la caisse de résonance, mais aussi le poids, entrent en jeu dans la facture d’une harpe.

    Emploi et débouchés


    Jusque dans les années 1950, seule la harpe classique était jouée en France. Après avoir connu son apogée au Moyen Âge, la harpe dite celtique avait alors quasiment disparu en France et dans les pays celtes, comme en Irlande où Cromwell l’avait faite interdire au XVIIᵉ siècle. C’est en Bretagne, au
    début des années 50 que Jord Cochevelou, musicien et luthier amateur, a réintroduit, d’après les plans de Gildas Jaffrennou, la harpe celtique. Son fils, Alan Stivell, est considéré comme la cheville ouvrière de la renaissance de la harpe celtique. Harpiste, il a, par le succès de sa musique, suscité un regain d’intérêt pour cet instrument non seulement en Bretagne mais jusque dans les pays celtes et ailleurs dans le monde. La harpe celtique connaît aujourd’hui un engouement très fort. Elle est devenue partie intégrante de l’interprétation de musique celtique et folklorique et a également amené un développement de la harpe classique. Des écoles s’ouvrent et font apprécier l’instrument à un
    grand nombre d’amateurs. La plupart des jeunes débutent l’étude de la harpe sur la harpe celtique. Paradoxalement, on estime à moins d’une dizaine le nombre de facteurs de harpes celtiques en France. En dehors de l’entreprise Camac, il s’agit d’artisans indépendants. Ce sont les États-Unis et l’Allemagne qui en comptent aujourd’hui le plus grand nombre. Il en est de même pour la harpe à pédales. Alors que suite aux inventions du Français Sébastien Erard, la facture de harpes demeura longtemps une spécialité française, l’entreprise Camac installée dans la région de Nantes est aujourd’hui le seul facteur de harpes à pédales en France, et partage le marché mondial avec les harpes Salvi (italiennes) et Lyon&Healy (américaines).

    Il n’existe pas plus de cinq à six facteurs de harpes classiques dans le monde. La moitié du chiffre d’affaires de Camac est réalisé à l’étranger : en Europe, aux États-Unis et en Asie. Les ateliers Camac, qui emploient une soixantaine de salariés, fabriquent approximativement 300 harpes de concert par an et 2000 celtiques alors qu’un facteur de harpe celtique indépendant n’en fabrique qu’une dizaine. Certaines sont sur mesure. Les prix oscillent entre 2000 et 2500 euros pour les premières ; et entre 12 000 et 40000 euros pour les secondes. En 2016, Camac a réalisé un chiffre d’affaires de 8,5 millions d’euros, en croissance de 10 %. Dans ses ateliers sont dessinées, forgées et soudées toutes les pièces de la mécanique des harpes et c’est auprès d’elle que beaucoup de luthiers de harpes celtiques se fournissent. La harpe est en constante évolution : il existe maintenant des harpes électriques portables, et même une harpe MIDI : il s’agit d’une harpe électronique, reliée à un système d’analyse de fréquence et conversion en données informatiques, qui élargit les possibilités musicales et l’univers sonore de
    la harpe.

    Devenir facteur et/ou restaurateur de harpes

    Formation

    • Il n’existe aucune formation initiale ni aucune formation professionnelle continue pour la facture de harpe. L’apprentissage se fait sur le terrain.
  • Luthier et/ou restaurateur d’instruments à cordes frottées

    Le luthier et/ou restaurateur d’instruments à cordes frottées crée et restaure violons, altos, violoncelles, contrebasses, violes de gambe. À l’aide de rabots, de gouges et de canifs, il travaille le bois d’érable pour la tête, le fond et les éclisses; l’épicéa pour la table d’harmonie et l’âme ; l’ébène pour la touche et les chevilles. Il utilise un vernis pour la finition.

    Emploi et débouchés

    Selon la Chambre syndicale de la facture instrumentale, le secteur de la facture instrumentale française regroupe près de 2500 entreprises : 700 entreprises sont à dominante artisanale (fabrication, réparation, restauration accord) et près de 1800 proposant une activité mixte, à la fois technique et commerciale. Le secteur est essentiellement représenté par des petites et moyennes entreprises dont la plupart (environ 60%) ne comptent pas de salariés. Selon un recensement réalisé par l’Institut technologique européen des métiers de la musique (ITEMM), plus de 400 luthiers étaient en exercice en 2009, majoritairement dans de très petites entreprises (1 à 3 personnes). Les entreprises se répartissent sur quatre activités dominantes : la vente, la réparation, la restauration et la fabrication qui reste une activité réservée à quelques entreprises spécialisées.

    La production asiatique d’instruments bas et moyens de gamme est très présente sur le marché intérieur (instruments d’études principalement). Mais la lutherie du quatuor française se caractérise par la fabrication d’instruments haut de gamme, reconnus et exportés dans le monde entier. Ces instruments sont généralement destinés aux musiciens expérimentés et aux concertistes.
    Berceau de la lutherie française, Mirecourt demeure le lieu de formation de référence avec son école nationale de lutherie. La majeure partie des entreprises est concentrée dans les zones urbaines ou périurbaines, à proximité des lieux d’apprentissage et de pratique des instruments.

    Devenir Luthier et/ou restaurateur d’instruments à cordes frottées

    Formation initiale

    Niveau V

    • CAP lutherie, 2 ans.
    • FCIL lutherie des instruments de musiques traditionnelles, 1 ans. (Lycée Georges Sand – La Châtre)

    Niveau III

    • CAP assistant luthier du quatuor, 2 ans.
    • DMA lutherie, 2 ou 3 ans.

    Formation professionnelle continue

    • Des formations non diplômantes, de courte durée ou sous forme de cours à l’année, permettent de suivre une initiation, une formation complète ou un perfectionnement.
  • Le métier de luthier et/ou restaurateur de guitares

    Le luthier et/ou restaurateur de guitares fabrique, répare et restaure des guitares acoustiques, électriques et des basses. Pour la réalisation de l’instrument, il choisit les bois de résonance (épicéa, cèdre…) et de tonalité (ébène, acajou…) qui vont déterminer la couleur sonore de l’instrument

    Emploi et débouchés

    En 2017, on peut estimer le nombre de luthiers de 400 à 500. Ce sont généralement de très petites entreprises dont 60% n’ont pas de salarié. Pour une grande partie d’entre elles, l’entretien, la réparation et la vente constituent la majeure partie du chiffre d’affaires. La fabrication en tant que telle, ou la restauration d’instruments anciens, ne concernent qu’une minorité d’entreprises spécialisées. Elles nécessitent des savoir-faire qui ne s’acquièrent qu’avec une longue expérience professionnelle et technique. La réputation d’un luthier se construit souvent par le bouche-à-oreille, les rencontres avec les musiciens et sa capacité à mettre en œuvre leur souhait et leurs exigences. Qu’il s’agisse de guitare acoustique ou de guitare électrique, la guitare fait l’objet de recherches permanentes de la part de nombreux luthiers soucieux d’optimiser l’instrument tout en préservant une grande tradition de facture. D’ailleurs, les luthiers en guitare français, possesseurs d’importants savoir-faire, occupent une bonne place sur le marché haut de gamme mais la concurrence des firmes américaines et japonaises reste féroce.

    Devenir luthier et/ou restaurateur de guitares

    Formation initiale

    Niveau V

    • CAP assistant technique en instruments de musique option guitare, 1 ou 2 ans

    Niveau IV

    • BMA technicien en facture instrumentale option guitare, 2 ans

    Niveau III

    • DMA facture instrumentale option guitare, 2 ans

    Formation professionnelle continue

    • Le CAP et le BMA sont accessibles dans le cadre de la formation professionnelle continue. Des formations courtes non diplômantes permettent de suivre une initiation à la facture de guitares
  • Le métier de bibliothécaire d’orchestre 

    Un ou une bibliothécaire d’orchestre — ou plus simplement une personne chargée de la bibliothèque musicale d’un ensemble — joue un rôle essentiel dans le fonctionnement et la préparation musicale. Ce terme est utilisé dans le monde de la musique classique pour désigner celles et ceux qui gèrent la bibliothèque musicale d’un orchestre, préparent les partitions et collaborent étroitement avec la direction musicale ainsi qu’avec les musiciennes et musiciens pour assurer le bon déroulement des répétitions et des concerts. 

    Quotidien 

    Le quotidien d’un ou une bibliothécaire d’orchestre est centré sur la gestion et la préparation des partitions. Une grande partie leur temps de travail est consacrée à l’organisation et au catalogage de la bibliothèque musicale, à la préparation des parties individuelles pour les instrumentistes, à l’annotation des partitions selon les indications de la cheffe ou du chef d’orchestre, à la recherche et à l’acquisition de nouvelles partitions, et à la coordination avec les éditeurs. Les bibliothécaires assistent également aux répétitions pour s’assurer que chaque musicienne et chaque musicien dispose du bon matériel, répondent à leurs besoins, restaurent et entretiennent les partitions anciennes, et gèrent les droits d’auteur ainsi que les licences nécessaires à l’utilisation des œuvres. 

    Types d’employeurs 

    Les bibliothécaires d’orchestre peuvent travailler pour : 

    • orchestres symphoniques ; 
    • orchestres de chambre ; 
    • opéras ; 
    • ensembles spécialisés (musique contemporaine, baroque, etc.) ; 
    • conservatoires et écoles de musique. 

    Types de contrats 

    • bibliothécaires permanents 
      Statut : contrat à durée indéterminée 
      Employeur : grands orchestres, institutions musicales importantes 
    • bibliothécaires à temps partiel 
      Statut : contrat à durée déterminée ou temps partiel 
      Employeur : orchestres régionaux ou ensembles de taille moyenne
    • bibliothécaires freelances 
      Statut : consultants indépendants 
      Employeur : divers orchestres ou festivals pour des missions spécifiques

    La plupart occupent des postes permanents au sein d’orchestres, mais certaines et certains travaillent pour plusieurs ensembles à la fois. 

    Compétences requises 

    Les bibliothécaires d’orchestre doivent avoir une connaissance approfondie du répertoire, de la notation musicale et des pratiques d’interprétation. Ils et elles doivent faire preuve d’excellentes compétences organisationnelles, savoir gérer des bases de données et être très minutieux ou minutieuses. Une formation musicale solide (souvent un diplôme en musicologie ou en interprétation musicale) est généralement requise, ainsi qu’une expérience significative dans le milieu orchestral. La maîtrise des logiciels de notation et de gestion de bibliothèque est essentielle, de même que des compétences en restauration de documents pour préserver les partitions anciennes. 

    Représentativité des genres 

    Le métier de bibliothécaire d’orchestre bénéficie d’une bonne mixité. 

    Défis du métier 

    Cette activité peut être exigeante, avec des horaires irréguliers (soirées, week-ends) et des pics d’intensité avant les concerts. La pression pour fournir des partitions parfaitement prêtes dans des délais serrés est forte. La gestion des demandes parfois divergentes des cheffes ou chefs d’orchestre et des musiciennes et musiciens requiert d’excellentes qualités diplomatiques. L’évolution des technologies de notation et de gestion de bibliothèque impose une formation continue et une adaptation permanente. 

    En résumé

    Le métier de bibliothécaire d’orchestre est à la fois techniquement exigeant et musicalement passionnant. Il combine une expertise musicale approfondie avec des compétences en organisation et en gestion, ainsi qu’un sens de l’écoute et une forte capacité d’adaptation. 

  • Le métier de directrice ou directeur artistique pour un enregistrement de musique classique 

    Une directrice ou un directeur artistique en musique classique supervise l’ensemble du processus créatif d’un projet d’enregistrement. Véritable oreille extérieure, son rôle pendant une session est d’annoter la partition en anticipant les choix de prises pour le montage, de conseiller et d’accompagner les interprètes dans leurs choix d’interprétation, et de veiller au bon déroulement des séances. Elle ou il est responsable de la qualité artistique et de l’intégrité de l’interprétation musicale, en s’assurant que l’enregistrement final respecte les plus hauts standards de l’industrie de la musique classique. 

    Quotidien

    Le quotidien des directrices et directeurs artistiques est centré sur la préparation et la conduite de sessions d’enregistrement. Leur travail inclut : 

    • la planification détaillée des sessions, 
    • la collaboration étroite avec les interprètes et parfois avec la cheffe ou le chef d’orchestre, 
    • la supervision des prises de son, 
    • l’écoute critique et le suivi artistique des enregistrements. 

    Types d’employeurs et d’employeuses 

    Ils et elles passent également du temps à discuter des interprétations avec les musiciens et musiciennes, à travailler avec les ingénieures et ingénieurs du son sur la qualité sonore, et à superviser ou réaliser le montage et le mixage final. 

    Les directrices et directeurs artistiques en musique classique peuvent exercer pour : 

    • des labels spécialisés (Deutsche Grammophon, Harmonia Mundi, Naxos, etc.), 
    • de grandes maisons de disques avec divisions classiques (Sony Classical, Warner Classics, etc.), 
    • des orchestres et ensembles produisant leurs propres enregistrements, 
    • des sociétés de production musicale spécialisées, ou travailler comme indépendants et freelances. 

    Types de contrats 

    Les statuts varient selon les contextes : 

    Directrices et directeurs artistiques salariés 

    • statut : contrats longs (CDI ou CDD) 
    • employeurs : grands labels de musique classique 

    Directrices et directeurs artistiques freelances 

    • statut : travailleurs indépendants 
    • employeurs : labels, orchestres ou divers projets d’enregistrement 

    Directrices et directeurs artistiques-interprètes 

    • statut : variable (contrat par projet, indépendant) 
    • employeurs : sur leurs propres projets d’enregistrement ou en collaboration avec d’autres artistes 

    La majorité des directrices et directeurs artistiques en musique classique travaillent en freelance, sur une base projet par projet, même si certains postes permanents existent au sein des grands labels. 

    Compétences requises

    Ces professionnelles et professionnels doivent posséder : 

    • une formation musicale approfondie, 
    • une excellente connaissance du répertoire classique et des pratiques d’interprétation, 
    • une compréhension des techniques d’enregistrement et de production audio, 
    • des compétences en gestion de projet, en communication et en diplomatie, 
    • une solide culture de l’histoire de la musique et des enregistrements de référence. 

    Représentation des genres 

    Traditionnellement, les postes de direction artistique dans la musique classique ont été majoritairement occupés par des hommes. 

    Situation actuelle

    La représentation des femmes progresse, notamment dans les labels indépendants et les projets contemporains, mais dans les grands labels classiques traditionnels, les postes restent encore majoritairement masculins. 

    Initiatives pour le changement 

    Des organisations comme Women in Music et Keychange œuvrent à promouvoir l’égalité des genres dans l’industrie musicale, y compris dans le secteur classique. 

    Défis du métier 

    La profession de directrice ou directeur artistique en musique classique implique : 

    • une grande précision et une forte concentration pendant de longues sessions, 
    • la pression de produire des enregistrements irréprochables malgré des budgets et délais souvent serrés, 
    • la gestion des attentes et des personnalités de musiciens et musiciennes de haut niveau, la nécessité d’adapter en permanence les stratégies de production et de diffusion face à l’évolution du marché du disque classique (essor du streaming, poids croissant des concerts live). 

    En résumé

    Être directrice ou directeur artistique en musique classique est un métier exigeant et enrichissant, qui combine expertise musicale, compétences techniques en production audio et qualités humaines. Il nécessite de conjuguer rigueur et sensibilité, tout en créant un climat de travail propice à la meilleure interprétation possible. 

  • Le métier de Dumiste 

    Une Dumiste ou un Dumiste (Diplôme Universitaire de Musicien Intervenant) est une ou un professionnel de la musique spécialisé dans l’enseignement et l’éveil musical auprès des enfants en milieu scolaire. Ce métier s’inscrit dans une mission pédagogique et artistique au service de l’éducation musicale des plus jeunes, en collaboration étroite avec les enseignantes et enseignants de l’Éducation nationale. En 30 ans, les neuf CFMI (Centres de Formation de Musiciens Intervenants) ont formé environ 4 500 à 5 000 dumistes, avec un taux d’insertion professionnelle qui avoisine les 100%. 

    Quotidien

    Le quotidien des Dumistes est centré sur l’intervention musicale en milieu scolaire. Leur travail inclut : 

    • la conception et l’animation de séances d’éveil musical adaptées aux différents cycles scolaires (maternelle et élémentaire), 
    • la préparation de projets pédagogiques en collaboration avec les enseignantes et enseignants, 
    • la coordination avec les équipes éducatives et les directrices ou directeurs d’école, 
    • l’organisation de spectacles et de restitutions musicales, 
    • la participation à des réunions pédagogiques. 

    Elles et ils passent également du temps à : 

    • préparer le matériel pédagogique et les supports musicaux, 
    • se former aux nouvelles approches pédagogiques, 
    • participer à des projets artistiques et culturels du territoire, 
    • collaborer avec les écoles de musique, conservatoires et structures culturelles locales, 
    • se déplacer entre différents établissements scolaires. 

    Types d’employeurs ou d’employeuses

    Les Dumistes travaillent généralement pour : 

    • des collectivités territoriales (communes, intercommunalités, départements) – qui emploient environ les deux tiers des musiciens intervenants 
    • des écoles de musique et conservatoires 
    • des associations d’éducation musicale – qui emploient environ un tiers des professionnels 
    • l’Éducation nationale (dans certains cas) 
    • des structures culturelles proposant des actions en milieu scolaire 

    Types de contrats 

    Les contrats varient selon la structure employeuse : 

    Dumistes titulaires de la fonction publique territoriale 

    • statut : fonctionnaire territorial 
    • employeur : collectivités locales 
    • cadre d’emploi : assistant territorial d’enseignement artistique 

    Dumistes contractuels 

    • statut : contrat à durée déterminée ou indéterminée 
    • employeur : collectivités, associations, écoles de musique 

    Dumistes vacataires 

    • statut : vacation horaire 
    • employeur : diverses structures pour des interventions ponctuelles 

    Dumistes en CDD de mission 

    • statut : contrat lié à des projets spécifiques 
    • employeur : structures culturelles, associations 

    La majorité des Dumistes occupent des postes permanents au sein de collectivités territoriales ou d’écoles de musique. 

    Compétences requises

    Ce métier demande : 

    • une solide formation musicale (pratique instrumentale et/ou vocale), 
    • le Diplôme Universitaire de Musicien Intervenant (DUMI) ou équivalent reconnu, 
    • d’excellentes compétences pédagogiques adaptées au jeune public, 
    • une connaissance du développement de l’enfant et des programmes scolaires, 
    • des capacités de travail en équipe et de coordination avec les enseignants, 
    • de la créativité et des qualités d’animation, 
    • une aisance relationnelle avec les enfants, les équipes éducatives et les partenaires institutionnels, 
    • une capacité d’adaptation à différents publics et contextes

    Représentation des genres 

    Le métier de Dumiste présente une meilleure représentation féminine que de nombreux autres métiers de la musique. . 

    Situation actuelle 

    La profession est féminisée à 70% selon les données du Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale (CSFPT, 2022). Les étudiants des CFMI sont également aux deux tiers des femmes, confirmant cette tendance à la féminisation du métier. Cette surreprésentation féminine reflète une tendance observée dans les métiers de l’enseignement, de la petite enfance et du soin. 

    Initiatives pour l’équilibre 

    • Encouragement de la diversité des profils dans les formations DUMI, 
    • Valorisation du métier auprès de tous les publics, 
    • Développement de parcours professionnels attractifs pour maintenir l’équilibre des genres. 

    Défis du métier

    Le métier de Dumiste implique : 

    • des déplacements fréquents entre plusieurs établissements scolaires, 
    • la nécessité de s’adapter à des environnements et des publics variés, 
    • la gestion de groupes parfois nombreux avec des niveaux hétérogènes, 
    • des horaires calqués sur le temps scolaire (interventions majoritairement en journée), 
    • la précarité de certains statuts (vacations, CDD), 
    • la nécessité de renouveler constamment ses approches pédagogiques, 
    • un travail physique et vocal exigeant, 
    • la recherche d’un équilibre entre les attentes institutionnelles et les ambitions artistiques. 

    En résumé

    Être Dumiste, c’est exercer un métier à la fois artistiquement enrichissant et pédagogiquement exigeant. Il combine une expertise musicale variée, des compétences pédagogiques affirmées et une capacité à travailler en partenariat, tout en nécessitant une grande adaptabilité face aux différents contextes d’intervention et aux évolutions de l’éducation artistique et culturelle. 

  • Le métier d’interprète instrumentiste 

    Un ou une instrumentiste interprète des œuvres musicales, en tant que soliste, au sein d’un ensemble, d’un groupe ou d’un orchestre. Son rôle est de créer, d’interpréter ou de transmettre de la musique à un public. 

    Quotidien

    Le quotidien des musiciens et des musiciennes est rythmé par la pratique, les répétitions et les représentations publiques. Une grande partie de leur temps est consacrée à l’entraînement individuel, indispensable pour maintenir et développer les compétences, ainsi qu’aux répétitions collectives en vue des concerts. 
    De plus en plus, cette activité inclut aussi la médiation culturelle, l’enseignement ou la participation à des projets éducatifs.

    Types d’employeurs ou d’employeuses

    Les interprètes peuvent exercer sous des statuts variés et collaborer avec des structures très diverses : 

    • orchestres symphoniques ou philharmoniques ; 
    • ensembles de musique de chambre ; 
    • compagnies d’opéra ; 
    • groupes de musique populaire, de jazz ou de musiques actuelles ; 
    • établissements d’enseignement (conservatoires, écoles de musique) ; 
    • travail indépendant ou en freelance ; 
    • labels de musique ; 
    • sociétés de production audiovisuelle. 

    Types de contrats

    La majorité des instrumentistes — tout comme d’autres artistes du spectacle vivant (danseurs et danseuses, comédiens et comédiennes, acteurs et actrices, techniciens et techniciennes du son et de l’image…) — travaillent sur des projets ponctuels et relèvent du régime d’intermittence du spectacle pour leur protection sociale. 

    Parmi les instrumentistes classiques, seule une minorité (environ deux mille personnes, soit un quart du total) occupe des postes permanents dans des orchestres. Beaucoup d’artistes intermittents et intermittentes complètent leurs revenus en enseignant dans des écoles de musique et conservatoires ou en donnant des cours particuliers. 

    Au sein des orchestres, plusieurs statuts coexistent selon la structuration et le financement : 

    Orchestres nationaux 

    • statut : agents et agentes contractuels de l’État 
    • employeur : ministère de la Culture 
    • exemples : Orchestre de Paris, Orchestre national de France 

    Orchestres régionaux ou municipaux 

    • statut : agents et agentes territoriaux (fonction publique territoriale) 
    • employeur : collectivités territoriales (régions, départements, municipalités) 
    • exemples : Orchestre national de Lyon, Orchestre philharmonique de Strasbourg 

    Orchestres en régie personnalisée 

    • statut : salariés et salariées de droit privé 
    • employeur : établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) 
    • exemple : Orchestre national de Lille 

    Orchestres associatifs 

    • statut : salariés et salariées de droit privé 
    • employeur : association loi 1901 
    • exemple : Orchestre national des Pays de la Loire 

    Opéras nationaux en région 

    • statut : variable selon la structure juridique (EPIC, régie municipale, etc.) 
    • employeur : l’Opéra lui-même 

    Orchestres et ensembles spécialisés (réseau FEVIS, notamment) 

    • statut : intermittents et intermittentes du spectacle 
    • employeur : souvent une association loi 1901 
    • exemples : Les Talens Lyriques, Les Arts Florissants 

    Dans tous ces cas, les musiciennes et musiciens peuvent bénéficier de contrats à durée indéterminée (CDI) après concours et période probatoire (de 3 mois à un an). Pour les agents et agentes territoriaux, la titularisation se fait après une période probatoire de 3 ans maximum et l’accès au CDI intervient généralement après 6 ans d’ancienneté. 
    Les conditions de travail, les grilles salariales et les avantages diffèrent selon les statuts : par exemple, les musiciens et musiciennes de la fonction publique territoriale relèvent d’une grille indiciaire spécifique, tandis que celles et ceux des orchestres associatifs dépendent de conventions collectives particulières. Même dans un orchestre permanent, il est courant d’avoir des engagements ponctuels (par saison ou par production) en complément du noyau fixe. 

    Cas particulier : l’Orchestre National de Jazz (ONJ) 

    L’ONJ se distingue par son fonctionnement : 

    • modèle : orchestre en résidence, et non formation permanente ; 
    • type de contrat : engagement sous le régime de l’intermittence du spectacle ; 
    • durée : mandats de deux ans, liés à la direction artistique en place ; 
    • engagement : séries de concerts, répétitions et enregistrements, sans exclusivité ; 
    • employeur : l’association ONJ ; 
    • renouvellement : à chaque nouvelle direction, une équipe peut être recomposée. 

    Compétences requises 

    Au-delà de la maîtrise technique de leur instrument, les musiciennes et musiciens doivent développer :

    • une solide culture musicale ;
    • des aptitudes d’écoute et de travail en équipe ;
    • une grande discipline personnelle ;
    • des compétences en communication, en gestion de projet et en technologies musicales, de plus en plus recherchées.

    Représentation des genres 

    Historiquement masculin, le métier de musicien et musicienne d’orchestre se féminise progressivement. Ainsi, il a fallu attendre 1997 pour qu’une femme intègre l’orchestre philharmonique de Vienne. Certains instruments demeurent très marqués par des stéréotypes : les cuivres, les percussions et la contrebasse restent très masculinisés, tandis que la harpe attire encore peu d’hommes. 
    En 2023, en France, 38 % des musiciennes et musiciens permanents dans les orchestres sont des femmes
    L’Association française des orchestres (AFO) publie depuis 2001 des études sur l’évolution de la place des femmes dans les orchestres, au sein de l’Observatoire de l’égalité des genres : france-orchestres.com/egalite-des-genres

    Défis du métier

    La vie professionnelle des musiciennes et musiciens reste souvent instable, avec des revenus variables. Elle exige : 

    • une grande flexibilité ; 
    • la gestion du stress lié aux représentations ; 
    • une disponibilité importante pour les déplacements ; 
    • une capacité à faire face à une forte concurrence, notamment dans le domaine classique. 

    En résumé

    Être musicien ou musicienne interprète est un métier exigeant mais passionnant. Il combine rigueur technique, créativité artistique et adaptabilité face aux multiples réalités de l’industrie musicale contemporaine.