En pleine période de Covid-19, le chef d’orchestre Hervé Niquet a imaginé, le temps d’une soirée au Théâtre du Châtelet, de redonner voix à Notre-Dame de Paris, ce grand édifice blessé et muet. Comment transposer l’identité acoustique de la cathédrale dans l’écrin d’un théâtre ? Stéphane Oskeritzian, responsable audiovisuel du Châtelet, retrace ici le défi hors norme consistant à recréer l’empreinte sonore d’un monument historique au sein d’un théâtre à l’italienne.
Ce retour d’expérience détaille une collaboration scientifique et technique inédite impliquant les chercheurs du CNRS et le système Soundscape de d&b audiotechnik pour intégrer des mesures acoustiques réelles réalisées avant l’incendie de 2019. Entre prologue narratif reconstituant un chantier sonore et concert à l’acoustique virtuelle, cette intervention explore les capacités de la spatialisation à restaurer un patrimoine immatériel et à transformer l’expérience du spectateur.
IGAC (Inspection générale des affaires culturelles), n°2025-05 — Laurence Cassegrain et Paul-Éric Hen — Mars 2025
Vingt ans après la loi de 2005, ce rapport dresse le bilan de l’accessibilité PMR et des autres handicaps dans près de 600 structures et 800 sites culturels relevant ou labellisé par l’État, et formule 12 recommandations pour achever et structurer cette politique.
Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.
Contexte et périmètre
La loi de 2005 impose une mise en accessibilité contraignante des établissements recevant du public, complétée par les agendas d’accessibilité programmée (Ad’AP, clos en décembre 2024). La mission couvre l’ensemble des handicaps (moteur, sensoriel, psychique et cognitif) pour les monuments historiques, établissements publics, services à compétence nationale (SCN), DRAC et structures labellisées de la création artistique. Sont exclus : cinéma/audiovisuel, livres adaptés, enseignement supérieur culture, emploi des personnes handicapées.
Ensemble des sites culturels d’État (incluant CMN)
66 %
Tous sites confondus (État + labellisés)
80 %
Le taux global plus faible pour l’ensemble des sites d’État s’explique par le poids du Centre des Monuments nationaux (CMN), qui gère plus de sites que tous les autres établissements réunis, et par les contraintes patrimoniales et géographiques fortes pesant sur de nombreux monuments historiques.
Accessibilité aux autres handicaps (sensoriel, psychique, cognitif)
Moins quantifiable globalement : les structures culturelles proposent des dispositifs variés (audiodescription, LSF, supports FALC, lunettes connectées pour les spectacles, etc.), souvent ciblés selon la nature de leur offre artistique plutôt qu’appliqués de façon uniforme.
Budget et limites
L’achèvement de la mise aux normes PMR « possible et raisonnable » est estimé à 65 M€ (dont 35 M€ pour le CMN, 5,64 M€ pour Fontainebleau, 100 M€ de circulation verticale au Louvre sur un schéma directeur plus large). L’exercice reste délicat : travaux non arbitrés, coûts d’accessibilité souvent noyés dans des programmes de restauration plus vastes, coûts d’entretien des équipements existants non comptabilisés.
Recommandations (12, en deux axes)
I. Une organisation ministérielle plus efficace
Renforcer le pilotage interne (coordination DG2TDC / Haute-fonctionnaire handicap / DGPA / DGCA) et réexaminer les missions « Vivre ensemble » et RECA.
Renforcer le suivi : intégrer le handicap dans les contrats d’objectifs et de performance, les programmes d’entretien MH, et compléter le réseau de référents accessibilité en DRAC/DAC.
Améliorer la communication : information actualisée sur les référents accessibilité, intégration au pass Culture, référencement sur la plateforme Accèslibre.
II. Des efforts financiers et opérationnels à amplifier
Poursuivre l’effort financier pour le patrimoine MH et le CMN (~65 M€) et établir la liste des sites dérogatoires.
Généraliser les visites virtuelles pour les sites inaccessibles très fréquentés.
Mieux prendre en compte le handicap dans la rédaction des cartels d’exposition (DGPA).
Augmenter les crédits du Fonds accessibilité (doublement envisagé à 3 ans) et du Fonds territorial d’accessibilité.
Accroître le nombre de sites labellisés « Tourisme et handicap ».
Portée du rapport
Document utile pour toute recherche ou veille sur les politiques publiques d’accessibilité culturelle, le financement du patrimoine, ou la mise en œuvre de la loi de 2005 dans le secteur culturel français.
Guide édité par Kéroul (2021, 189 p.) recensant ressources, notions clés et pratiques inspirantes pour rendre l’ensemble des secteurs culturels (spectacle vivant, littérature, arts numériques et visuels, cinéma, festivals, musées, musique) accessibles et inclusifs aux personnes handicapées.
Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.
Informations générales
Auteur / éditeur
Kéroul (organisme québécois expert en accessibilité touristique et culturelle)
Année / édition
2021
Financement
Ministère de la Culture et des Communications (partenaire principal), Ministère du Tourisme (Québec)
Pagination
189 pages
Public visé
Gestionnaires d’organismes et institutions culturelles ; utile aussi aux chercheurs, étudiants et intervenants en médiation culturelle
Ancrage territorial
Québec, avec exemples issus d’autres pays francophones
Objectif du guide
Outiller les gestionnaires culturels pour comprendre les enjeux d’accessibilité et disposer des informations nécessaires afin de rendre les lieux, la signalétique, la communication et la gouvernance culturels accessibles à tous les publics, à travers des fiches courtes (descriptions d’organismes, pratiques inspirantes, ressources complémentaires).
Structure du contenu
Introduction & Lexique — terminologie (« personne handicapée », « situation de handicap », « diversité fonctionnelle »), cadre légal québécois, enjeux et obstacles, données clés (≈16 % de personnes de 15 ans et plus au Québec ont une incapacité, ECI 2017).
Fondations transversales : le parcours sans obstacles ; la signalétique ; la communication et la promotion ; la gouvernance (politiques et réflexions stratégiques, formation et accompagnement, financement, maillage et efforts collectifs).
Volets par discipline artistique (chacun structuré en aménagements / dispositifs d’aide / ressources) :
Les arts de la scène
Les arts littéraires
Les arts numériques (medialabs, jeux vidéo, diffusion des œuvres)
Les arts visuels (art-thérapie)
Le cinéma (représentations adaptées, plein air)
Les festivals et événements
Les musées (dispositifs numériques, activités culturelles)
La musique (musicothérapie, ateliers musicaux)
Notions clés à retenir
Accessibilité universelle : condition permettant à toute personne, quelles que soient ses capacités, de réaliser une activité de façon autonome avec un résultat équivalent (4 axes : architecture/urbanisme, programmes/services/emplois, communications, sensibilisation/formation).
Situation de handicap : distingue ce qui relève de la personne de ce qui relève de l’environnement (bâti, social, organisationnel).
Bénéfices organisationnels associés à l’inclusion : meilleure acceptabilité entre employés, capacité d’innovation, élargissement de l’offre et de l’achalandage culturels.
Intérêt pour la recherche/l’enseignement
Ressource de référence pour l’étude des politiques culturelles inclusives au Québec, avec bibliographie complémentaire par section (rapports institutionnels, enquêtes, chartes) et exemples de projets concrets menés dans différents milieux culturels francophones.
Ce guide propose des pratiques concrètes, issues de 150 références scientifiques et professionnelles, pour concevoir une information accessible à tous les publics, quel que soit leur niveau de littératie.
Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.
Auteurs / direction : Julie Ruel et Cécile Allaire (dir.), avec André C. Moreau, Bernadette Kassi, Alexia Brumagne, Armelle Delample, Claire Grisard, Fernando Pinto da Silva
Éditeur : Santé publique France, en collaboration avec la Chaire interdisciplinaire de recherche en littératie et inclusion (CIRLI – UQO) et le soutien de la CNSA
Année / pagination : 2018 — 116 p. — ISBN 979-10-289-0398-5
Objet et enjeu
Le guide part d’un constat : une large part de la population (jusqu’à 63 % en France selon l’OCDE, 2013) n’atteint pas le niveau de compétences souhaitable en littératie, ce qui limite l’accès à l’information, aux soins et aux droits. Il propose une approche de conception universelle de l’information, utile à tous et pas seulement aux publics en difficulté ou en situation de handicap (déficience intellectuelle, visuelle, auditive).
Public visé
Tout acteur public ou privé produisant de l’information : professionnels de santé, du social et médico-social, de la communication, collectivités, associations, entreprises — dans les pays francophones (France, Québec, Belgique).
Structure du guide (5 parties)
Partie
Contenu principal
1. Documents imprimés
Aspect visuel (police, contrastes, mise en évidence), aspect linguistique (mots, phrases, ponctuation), choix et organisation de l’information (plan, titres, structure)
2. Images
Choix, contenu, emplacement et qualité des images comme vecteurs d’information (dessins, pictogrammes, photos, bandes dessinées)
3. Sites web et supports numériques
Navigation, rédaction web, images et multimédia, formulaires, tests d’accessibilité (référence aux normes WCAG et au RGAA), diaporamas
4. Communication orale
Conditions favorables à l’échange, façons de communiquer l’information, vérification de la compréhension
5. Devenir une organisation pro-littératie
Connaître et appliquer les lois, sensibiliser et former, adopter une conception universelle, évaluer ses pratiques, associer les parties prenantes
Exemples de pratiques suggérées
Polices sans empattement (Verdana, Arial) pour titres et documents courts ; alignement à gauche ; contrastes élevés.
Phrases courtes, vocabulaire courant, un message par phrase.
Images pertinentes, concrètes et culturellement adaptées, en lien direct avec le texte.
Adaptations spécifiques selon le handicap (taille de police, espacement, format paysage, etc.).
Format et outils du guide
Chaque partie comprend : pratiques suggérées, exemples, écueils à éviter, astuces, adaptations pour publics en situation de handicap, liste de vérification et références bibliographiques dédiées.
Intérêt pour la recherche / la pratique
Document de référence pour la littératie en santé et la communication accessible ; utile pour comparer des normes d’accessibilité (WCAG/RGAA), concevoir des supports FALC (facile à lire et à comprendre), ou fonder une politique institutionnelle de communication inclusive.
10 ans d’expérience en Limousin/Nouvelle-Aquitaine
Note de synthèse présentant le dispositif « Dans Tous les Sens », porté depuis 2010 par la cie Les Singuliers Associés, qui vise à identifier et rendre visible une offre de spectacle vivant accessible aux personnes en situation de handicap sensoriel (sourds/malentendants, aveugles/malvoyants) en Nouvelle-Aquitaine.
Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.
Origine et cadre
Dispositif créé en 2010 à l’initiative de la DRAC Limousin et de la cie Les Singuliers Associés, aujourd’hui soutenu par la DRAC Nouvelle-Aquitaine.
S’inscrit dans le cadre de la loi de 2005 sur l’accessibilité et de la DNO 2009-2011 du Ministère de la Culture.
Objectif : construire les conditions d’émergence d’une offre de spectacle vivant accessible et recréer du lien entre publics et lieux de diffusion.
Bilan chiffré (10 ans)
Plus de 700 spectacles repérés comme accessibles.
25 000 exemplaires de la plaquette DTLS distribués.
80 opérations de médiation, formation ou sensibilisation.
Public cible estimé à environ 25 000 personnes en Nouvelle-Aquitaine (sourds/malentendants + aveugles/malvoyants), auxquelles s’ajoutent familles, accompagnants et personnes vieillissantes en perte d’audition/vision.
Méthodologie d’identification des œuvres accessibles
Trois types d’œuvres sont distingués :
Spectacles conçus comme accessibles dès la création (ex. bilingue français/LSF).
Spectacles adaptés a posteriori (audiodescription, traduction LSF).
Spectacles dont la forme permet l’accessibilité sans adaptation (visuels, sans paroles).
Trois critères guident l’identification : accès au contenu/dramaturgie, accès à la volonté artistique/esthétique, participation à une communauté de spectateurs. Une charte de pictogrammes commune (LSF, sous-titrage, boucle magnétique, audiodescription, braille, gros caractères, etc.) est utilisée sur tout le territoire.
Mutation numérique et territoriale
Passage à une échelle régionale (12 départements) suite à la loi NOTRe et la fusion des régions (2016).
Développement d’une base de données contributive : les lieux partenaires identifient et saisissent eux-mêmes les spectacles accessibles (après formation), données contrôlées par Les Singuliers Associés.
Site agenda www.dtls2.org, conforme aux normes W3C, avec description systématique des visuels, vidéos en LSF, police Luciole (conçue pour malvoyants), information sur l’accessibilité PMR des lieux, et audit RGAA lancé en 2024.
Réseau régional
Un référent accessibilité est nommé dans chaque lieu partenaire.
Animation du réseau via l’infolettre « Le Maillon », des temps d’échange de pratiques et un espace ressources (fiches pratiques, études, colloques).
Environ 25 lieux partenaires répartis sur le territoire néo-aquitain (théâtres, scènes nationales, CDN, CDCN, PNC…).
Partenariats académiques et recherche
Collaboration avec l’Université de Limoges (Licence Pro Métiers de la Culture pour le Développement Territorial, depuis 2022) et l’ESTU (École Supérieure de Théâtre de l’Union).
Thèse en cours de Sabine Gadrat (co-coordinatrice DTLS) sur l’« esthétique de l’accès », inspirée du concept anglais The Aesthetics of Access (cie Graeae).
Expérimentation artistique (cie Les Singuliers Associés)
Spectacles bilingues LSF/français : Histoires de signes, La maison en petits cubes (double proposition sensorielle : visuelle/LSF et sonore-olfactive).
2024 : expérimentation d’une audiodescription esthétisée (non neutre) pour Mamamé, diffusée sans surcoût via le dispositif MobileConnect (Sennheiser) sur smartphone des spectateurs, avec un plan d’essaimage régional prévu.
Rapport du groupe d’experts MOC (Commission européenne, juillet 2025)
Ce rapport du groupe d’experts « Méthode ouverte de coordination » (MOC) établit, données probantes à l’appui, le rôle de la participation culturelle dans la santé et le bien-être, et appelle à une stratégie européenne coordonnée en la matière.
Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.
Objet et contexte
Institué dans le cadre du programme de travail 2023-2026 de l’UE en faveur de la culture, ce rapport analyse l’articulation entre culture et santé à l’aune du modèle biopsychosocial et du principe de partenariat équitable entre les deux secteurs. Il s’inscrit dans les priorités 2024-2029 de la Commission (démocratie, sécurité, compétitivité) et répond à des défis interdépendants : crise de la santé mentale, vieillissement, fragmentation sociale. Selon l’Eurobaromètre 2025, 87 % des Européens (89 % des jeunes) jugent que la participation culturelle améliore leur bien-être.
Constats clés
Données probantes solides : la participation culturelle réduit dépression, anxiété et solitude ; aide à la prise en charge de pathologies chroniques et neurologiques (Parkinson, démence, AVC, sclérose en plaques) ; renforce cohésion sociale et réduit la stigmatisation.
Impact économique : au Royaume-Uni, bénéfice annuel estimé à plus de 900 £ par personne et 8 milliards £ pour la société (Frontier Economics).
Acteurs de terrain : les initiatives sont surtout portées par des ONG, artistes et institutions culturelles ; peu d’États membres disposent de stratégies nationales structurées (la « prescription sociale culturelle » émerge).
Lacunes politiques : gouvernance fragmentée, financement souvent ponctuel et project-based, absence de pilotage clair.
21 opportunités identifiées, classées en santé, culture, société et économie (ex. : réduction de la dépendance aux médicaments, création d’emplois culturels, lutte contre la solitude, baisse des coûts de santé).
Principales recommandations
Niveau UE : élaborer une stratégie européenne Culture et Santé (axée promotion de la santé/prévention), créer un groupe d’experts des États membres, augmenter le financement dédié, renforcer la coopération avec l’OMS/UNESCO.
Niveau États membres : stratégies nationales, plateformes et réseaux de compétences, mise en œuvre de la prescription sociale culturelle, campagnes de sensibilisation.
Niveau praticiens/institutions : cibler publics fragiles et jeunes (santé mentale), programmes dans centres culturels/musées/bibliothèques, formation, suivi-évaluation et modèles transférables.
Portée du document
Rapport-résumé (13 pages), publié par la DG Éducation, jeunesse, sport et culture — Office des publications de l’UE, 2025. Version intégrale et annexes (bonnes pratiques par pays) disponibles séparément.
Rapport IGAC (mars 2025) dressant, pour la première fois, un état des lieux complet des 15 pôles d’enseignement supérieur musique/danse cofinancés par l’État et les collectivités, entre fragilités structurelles et pistes de réforme.
Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.
Objet et périmètre
État des lieux des 15 pôles d’enseignement supérieur (EPCC et associations) en musique et danse — cadre juridique, gouvernance, modèle économique et cartographie de l’offre de formation — mis en perspective avec les deux CNSMD (Paris, Lyon). Le théâtre est exclu du périmètre.
Méthode
Questionnaire détaillé envoyé aux pôles, matrices de données sur 10 ans, visites des 15 pôles, environ 270 auditions (administration centrale, DRAC, pôles, CNSMD).
Plan du rapport
I. Des structures récentes au modèle fragile et au fonctionnement sous contrainte (cadre institutionnel et tutelle hétérogènes ; modèle économique et contrainte immobilière)
II. Une offre de formation adaptée aux territoires, mais qui appelle une stratégie plus globale (insertion professionnelle ; cartographie contrastée musique/danse ; réforme des diplômes)
III–V. Liste des personnes rencontrées, glossaire, liste des annexes
Modèle français singulier (hérité et centralisateur), pilotage éclaté entre DGCA, DG2TDC et DRAC, sans stratégie nationale unifiée.
Statuts majoritairement associatifs, gouvernance perfectible, harmonisation à poursuivre.
Contrainte budgétaire forte (effet ciseau inflation/subventions), précarité immobilière (locaux souvent greffés, dispersion géographique).
Bonne insertion professionnelle malgré des données de suivi lacunaires et peu de réseaux d’alumni.
Cartographie de l’offre contrastée musique/danse ; réforme des diplômes (grade licence DNSPM, RNCP niveau 6 pour DNSPD/DE) à venir, appelant à repenser la carte nationale des formations.
Second cycle quasi inexistant hors CNSMD, freinant les parcours complets.
Recommandations phares (8 au total, classées par thème/priorité)
Recentrer l’administration centrale sur le pilotage stratégique et l’animation du réseau (priorité 1).
Désigner un référent « enseignement supérieur » dans les DRAC qui en sont dépourvues.
Harmoniser statutairement la gouvernance des pôles (représentation, nomination du directeur).
Poursuivre l’accompagnement des problématiques immobilières.
Enrichir/cartographier les données nationales (insertion, besoins en emplois) et outiller le suivi.
Structurer les coopérations et mutualisations entre établissements.
Étudier une offre publique de DE Danse en Île-de-France, AURA et PACA.
Développer une stratégie de l’offre de formation orientée sur le second cycle.
Sans évolution du cadre réglementaire, l’IA générative pourrait faire perdre aux créateurs musicaux et audiovisuels jusqu’à 22 milliards d’euros cumulés d’ici 2028, tandis que les fournisseurs de services d’IA engrangeraient plus de 21 milliards d’euros sur la même période.
Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.
Chiffres clés à horizon 2028
64 Md d’eurosMarché total Gen AI Musique + Audiovisuel 2028
22 Md d’euros de pertes cumulées créateurs sur 5 ans (2024-2028)
21 Mdd’euros Revenus fournisseurs Gen AI services cumulés 5 ans
Contexte et enjeux
L’IA générative (Gen AI) s’impose comme le moteur d’une transformation profonde des industries créatives. En 2023, les investissements privés mondiaux dans ce secteur ont atteint 25,2 milliards de dollars, soit une multiplication par neuf en un an. Portée par l’émergence de nouvelles plateformes capables de produire musique, images et vidéos à partir d’un simple texte, la Gen AI s’invite désormais au cœur des chaînes de valeur musicale et audiovisuelle.
Année
2019
2020
2021
2023
Investissements privés mondiaux ($Md)
0,8
2,1
4,2
25,2 (×9 en 1 an)
Source : PMP Strategy. Investissements privés mondiaux en IA générative (2019–2023, $Md)
Deux usages distincts coexistent : l’assistance créative (idéation, mastering, montage) et la génération complète d’outputs (pistes musicales, vidéos) depuis un prompt. C’est ce second usage qui pose la question centrale de la rémunération des auteurs, d’autant que la majorité des modèles utilisent des œuvres protégées sans autorisation préalable.
Synthèse comparative : musique vs audiovisuel
Marché outputs 2028
Perte de revenus des créateurs 2028
CA fournisseurs 2028
Musique
16 Md d’euros(cum. 40 Md d’euros)
4 Md d’euros/an — 24 % à risque
4 Md d’euros (cum. 8 Md d’euros)
Audiovisuel
48 Md d’euros(cum. n/a)
4,5 Md d’euros/an — 21 % à risque
5 Md d’euros (cum. 13 Md d’euros)
Secteur musical : une cannibalisation rapide
Le marché des outputs musicaux générés par IA devrait atteindre 16 milliards d’euros en 2028, représentant environ 20 % des revenus des plateformes de streaming et jusqu’à 60 % des revenus des bibliothèques musicales. Les revenus des fournisseurs de services Gen AI devraient doubler chaque année pour atteindre 4 milliards d’euros, contre seulement 100 millions d’euros en 2023.
Les principaux cas d’usage identifiés sont la génération de musique d’ambiance pour les plateformes de streaming et les espaces publics, la distribution commerciale via les DSP (digital service providers) alimentant des playlists personnalisées, et l’utilisation croissante dans les contenus audiovisuels à petit budget. 24 % des revenus des créateurs sont estimés à risque en 2028, soit une perte annuelle de 4 milliards d’euros.
Secteur audiovisuel : les traducteurs et scénaristes en première ligne
Le marché audiovisuel Gen AI est estimé à 48 milliards d’euros en 2028, principalement tiré par la génération automatisée de contenus pour les réseaux sociaux et les plateformes AVOD, avec un taux de pénétration dépassant les 10 %. Les productions pour TV et SVOD sont également touchées, mais avec une saturation plus limitée (moins de 10 %).
Les revenus des fournisseurs d’outils audiovisuels Gen AI devraient croître de +85 % par an, passant de 200 millions d’euros en 2023 à plus de 5 milliards d’euros en 2028. Les quatre cas d’usage moteurs sont : la génération de vidéos complètes, l’assistance à la réalisation, l’écriture automatisée de scénarios, et l’automatisation du doublage/sous-titrage.
Taux de cannibalisation par segment et profil
Secteur
Musique — Taux cannibalisation (2028)
Audiovisuel — Profils les plus touchés
Digital / Streaming
30%
Traducteurs & Adaptateurs : 56%
TV & Radio / Musique BG
22%
Scénaristes : 20%
CD & Vidéo
21%
Réalisateurs & co-auteurs : 15%
Autre
Nul à marginal
—
Enjeux réglementaires et perspectives
L’étude conclut que, sans évolution du cadre juridique, les créateurs subiront une double perte : l’utilisation non rémunérée de leurs œuvres pour entraîner les modèles, et la substitution progressive de leurs productions par des outputs IA sur les marchés de diffusion. À l’inverse, les fournisseurs d’IA bénéficient de cette dynamique via un usage que l’étude qualifie explicitement de « parasitaire ».
Des premières actions ont été engagées (procès contre Suno et Udio aux États-Unis), mais le cadre réglementaire reste fragmenté et incomplet. La mise en place de mécanismes de rémunération équitables — licences, droits voisins numériques, partage des revenus publicitaires — constitue le principal enjeu politique identifié par l’étude pour protéger l’écosystème créatif.