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  • Comment réduire en 5 minutes le poids d’une vidéo tout en gardant une bonne qualité (2020)

    Comment réduire en 5 minutes le poids d’une vidéo tout en gardant une bonne qualité (2020)

    Guide pratique de compression vidéo pour réduire l’empreinte environnementale du streaming tout en préservant la qualité, destiné à tout créateur de contenu vidéo en ligne.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Contexte et enjeux

    Le visionnage vidéo représente 80 % du trafic internet annuel. La compression des vidéos constitue un levier d’action immédiat pour réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à la diffusion de contenu numérique.

    Outil et prérequis

    • Logiciel : Handbrake (gratuit, multiplateforme : Windows, Mac, Linux)
    • Fichier d’entrée : vidéo aux formats .mov, .mp4, etc.

    Paramètres de compression recommandés

    Section summary : format MP4, options « Web Optimized » et « Align A/V Start » cochées

    Section Video :

    • Encodeur : H264 (x264)
    • Framerate : same as source, Constant framerate
    • Qualité : constant Quality à 22 (plage 19-23 pour 720p, 20-24 pour 1080p)

    Section Dimensions :

    • Résolution standard : 1280 × 720 pixels (720p recommandé)
    • Keep Aspect Ratio coché, Anamorphic : Off, Modulus : 2

    Section Audio :

    • Mixdown : Stereo
    • Bitrate : maintenir l’original (>160 recommandé pour préserver la qualité)

    Workflow en 9 étapes

    1. Installer Handbrake
    2. Ouvrir le fichier vidéo source
    3. Configurer les paramètres Summary
    4. Configurer les paramètres Video
    5. Définir les dimensions
    6. Ajuster les paramètres Audio
    7. Nommer et choisir le dossier de destination
    8. Sauvegarder les paramètres en preset réutilisable
    9. Lancer la compression

    Résultats attendus

    Réduction théorique de 75,3 % du poids total (données de test de l’auteur : 14,5 Go → 3,6 Go sur 17 vidéos). Gains variables selon l’optimisation initiale des vidéos.

    Recommandations complémentaires

    • Privilégier le format 720p : dépasser cette résolution augmente le poids de 33 % sans gain de lisibilité significatif
    • Éviter de réduire le bitrate audio sous 160 : gain minimal, impact négatif sur l’expérience utilisateur
    • Principe de sobriété : questionner l’utilité de chaque vidéo en ligne avant compression, supprimer les contenus obsolètes, archiver hors ligne si nécessaire

    Annexe : paramètres pour logiciels de montage

    Pour Premiere Pro : utiliser le preset « Youtube 720p HD » comme base, puis ajuster selon les paramètres détaillés (séquence 1280×720, 25 fps, audio 48 kHz).

  • Pour une écologie de la musique vivante

    Pour une écologie de la musique vivante

    Document proposant des mesures concrètes pour réduire l’empreinte environnementale du secteur de la musique vivante, destiné aux artistes, producteurs, salles et institutions culturelles.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Nature du document

    Manifeste collaboratif et évolutif présentant des propositions pratiques pour aligner les pratiques musicales professionnelles avec les enjeux écologiques. Approche non normative, basée sur des valeurs communes et ouverte aux commentaires.

    Public cible

    • Artistes et musiciens professionnels
    • Producteurs, tourneurs, managers, attachés de presse
    • Directeurs de salles, festivals et lieux culturels
    • Partenaires institutionnels et financeurs
    • Étudiants et professionnels de la recherche en musique

    Axes principaux

    A) Pour les artistes

    Transports : limiter drastiquement l’usage de l’avion (1 vol long-courrier/an max, refus des dates isolées à l’étranger), privilégier le train, organiser des tournées groupées plutôt que des dates isolées, s’opposer aux clauses d’exclusivité territoriale.

    Vie en tournée : gourdes réutilisables, catering local/bio, menus végétariens systématiques, éviter les emballages plastiques, gestes écologiques à l’hôtel.

    Pratiques quotidiennes : achat d’occasion/troc de matériel, réparation prioritaire, sobriété numérique, réflexion sur supports d’écoute (streaming/CD/vinyle), éclairage raisonné, sensibilisation du public.

    B) Producteurs, tourneurs, managers, journalistes

    Développer tournées et partenariats durables, repenser le modèle de « l’artiste star » au profit d’artistes ancrés localement, sélectionner des hébergements éco-responsables, coupler les dates selon les distances géographiques.

    C) Lieux, salles et festivals

    Optimiser la présence artistique (plusieurs représentations, actions complémentaires), abandonner les clauses d’exclusivité, fournir du matériel réutilisable, prévoir un catering végétarien local/bio, réduire les supports papier, travailler avec des imprimeurs labellisés, encourager le covoiturage pour le public, respecter la charte environnementale du lieu, faire de la sensibilisation collective.

    D) Partenaires financiers

    Favoriser les projets éco-responsables, critères qualitatifs plutôt que quantitatifs, aides spécifiques (matériel recyclable, frais de transports écologiques).

    Données clés citées

    • Avion : un Paris-New York dépasse le quota CO₂ annuel supportable/habitant ; réduction de 70 % du trafic nécessaire d’ici 2030 pour +1,5°C
    • Viande : élevage = 14,5 % des émissions GES mondiales ; 70 % de l’eau potable mondiale pour l’agriculture et l’élevage.
    • Numérique : pollution des data centers doublant tous les 2 ans.
  • Charte de développement durable pour les festivals

    Charte de développement durable pour les festivals

    Document cadre du Ministère de la Culture établissant les engagements éco-responsables pour les festivals français, structuré autour de 10 objectifs mesurables et d’un dispositif d’accompagnement progressif sur 3 ans.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Contexte et fondements

    Origine : initiative du ministère de la Culture s’appuyant sur le Pacte de Glasgow (COP 26, 2021) et l’Agenda 21 (Sommet de Rio, 1992). Reconnaît la responsabilité partagée du secteur culturel dans la transition écologique face aux impacts économiques, sociaux et environnementaux des festivals (mobilité, gestion des sites, sécurité publique).

    Finalités : lutte contre le changement climatique, préservation de la biodiversité, cohésion sociale, modes de production/consommation responsables, réduction mesurable de l’empreinte carbone.

    Démarche méthodologique

    Article 1 – Diagnostic environnemental :

    Réalisation obligatoire d’un état des lieux par prestataire spécialisé ou via un outil commun permettant de calculer l’empreinte carbone, visualiser les évolutions, de simuler l’impact des actions et d’établir un plan d’action individualisé et chiffré.

    Article 2 – Plan d’actions :

    Document opérationnel avec indicateurs concrets et mesurables, permettant la mise en cohérence des démarches existantes, l’engagement volontaire sur des objectifs choisis et la mutualisation entre festivals.

    Les 10 objectifs éco-responsables (Article 3)

    1. Mobilités douces et actives : éco-mobilité, choix du site accessible, navettes, covoiturage, transports en commun, modes non polluants
    2. Maîtrise énergétique : suivi des consommations d’énergie et d’eau, énergies renouvelables, réutilisation, évaluation des besoins réels
    3. Alimentation responsable : circuits courts, alimentation saine et certifiée, lutte contre le gaspillage, retraitement bio-déchets
    4. Gestion des déchets : logique des « 4R » (réduire, réutiliser, recycler, repenser), minimisation de la production, maximisation du traitement
    5. Achats durables : critères environnementaux et sociaux, logique de cycle de vie, coût global, référencement responsable des fournisseurs
    6. Respect des sites naturels : minimisation et réversibilité de l’impact, restitution du site dans un état identique ou amélioré
    7. Mieux vivre ensemble : accueil et accessibilité, inclusion et solidarité, égalité et diversité
    8. Impacts économiques et sociaux : employabilité, proximité, exemplarité sociale, valorisation du bénévolat, juste rémunération
    9. Management responsable : référents dédiés, formation des équipes, intégration au dialogue social
    10. Sensibilisation : communication RSE vers toutes les parties prenantes (festivaliers, partenaires, fournisseurs, habitants)

    Modalités de mise en œuvre

    Article 4 – Engagement des festivals :

    Plan d’action sur 3 ans avec mise en œuvre d’au moins 3 objectifs initialement, puis 3 supplémentaires en progression. Indicateurs obligatoires de réalisation et de suivi.

    Article 5 – Avantages de l’adhésion :

    • Accès aux aides transversales dédiées au développement durable (diagnostic et élaboration du plan)
    • Éligibilité aux autres dispositifs d’aide des signataires
    • Participation aux temps d’échanges annuels organisés par le Ministère pour valoriser les bonnes pratiques

    Public cible

    Organisateurs de festivals culturels en France, quelle que soit leur taille, leurs équipes ou leur impact territorial, dans une logique d’adaptation progressive et volontaire.

  • La face cachée du numérique

    La face cachée du numérique

    Ce guide expose les impacts environnementaux du numérique et propose des éco-gestes concrets pour un usage plus responsable des technologies numériques au quotidien.

    Guide ADEME – Novembre 2019 – Réduire les impacts du numérique sur l’environnement

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Constats clés sur le numérique

    Empreinte environnementale : le secteur numérique représente 4% des émissions mondiales de GES (doublement prévu d’ici 2025). Répartition : 47 % équipements consommateurs, 28 % infrastructures réseau, 25 % data centers.

    Chiffres d’usage : 89 % des Français utilisent Internet (80% quotidiennement, 18h/semaine). 8,9 équipements/personne en Europe (2021) vs 5,3 en 2016. 10 milliards de téléphones vendus depuis 2007. Infrastructure mondiale : 45 millions de serveurs, 800 millions d’équipements réseau, 15 milliards d’objets connectés (46 milliards attendus en 2030).

    Cycle de vie : la fabrication d’un ordinateur de 2 kg mobilise 800 kg de matières premières et génère 124 kg de CO₂ (sur 169 kg totaux). Les composants nécessitent des métaux rares (tantale, indium) dans des conditions d’extraction problématiques.

    Recommandations par thématique

    Équipements (longévité et sobriété)

    • Prolonger la durée d’utilisation : passer de 2 à 4 ans améliore de 50% le bilan environnemental
    • 88% des Français changent de portable alors qu’il fonctionne encore
    • Privilégier réparation, reconditionnement, don/vente d’occasion
    • Choisir matériel adapté aux besoins (tablette vs ordinateur) et labellisé (EPEAT, TCO, Ange Bleu, Écolabel Nordique)
    • Consommations : smartphone (2-7 kWh/an), tablette (5-15 kWh/an), ordinateur portable (30-100 kWh/an), fixe (120-250 kWh/an), box (150-300 kWh/an)

    Consommations d’énergie

    • Éteindre appareils et débrancher (veilles inutiles)
    • Box : consomme autant qu’un réfrigérateur (150-300 kWh/an), économie de 30€/an en l’éteignant
    • Désactiver GPS/Wifi/Bluetooth inutilisés, mode économies d’énergie
    • Multiprises à interrupteur
    • Optimiser impressions (recto-verso, noir et blanc, 2 pages/feuille)

    Données (e-mails, web, stockage)

    • E-mails : cibler destinataires, optimiser poids fichiers, sites de dépôt temporaire, nettoyer boîtes régulièrement
    • Multiplier par 10 les destinataires = multiplier par 4 l’impact
    • Recherches web : URL directes, favoris, mots-clés précis (divise par 4 les émissions)
    • Une donnée parcourt en moyenne 15 000 km
    • Stockage : privilégier local vs Cloud, ne conserver que l’utile, désactiver synchronisation automatique
    • En 1h : 8-10 milliards d’e-mails, 180 millions de recherches Google

    Nouveaux usages

    • Vidéos en ligne : 60 % du flux mondial, 1% des émissions CO₂ mondiales. Adapter résolution à l’écran, désactiver lecture automatique, privilégier streaming audio
    • E-commerce : regrouper livraisons, points relais
    • Objets connectés : évaluer réelle utilité (ampoules LED connectées annulent économies d’énergie par consommation en veille)

    Recyclage

    • Déchets électroniques obligatoirement collectés et traités
    • 54-113 millions de smartphones stockés inutilement
    • Rapporter en magasin, bornes de collecte, déchèterie
    • Composition : 30-60% métaux, 10-50% plastiques, 10-20% verre/céramique
  • Référent RSE d’un festival

    Référent RSE d’un festival

    Face aux crises écologiques et aux nouvelles réglementations, les festivals créent des postes de référent·es RSE pour structurer, piloter et animer leur transition vers des modèles durables.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Contexte et définition

    Le spectacle vivant s’adapte aux enjeux du développement durable en créant des postes de référent·es RSE/RSO ou Responsables Développement Durable, souvent à temps partiel et combinés avec d’autres missions (administration, production, communication). Cette fonction répond aux exigences des politiques publiques (Charte Festivals et DD du Ministère de la Culture, Pacte Transitions en Scènes DRAC/PACA, éco-conditions Région Occitanie).

    Rôle : élaborer la politique de développement durable en lien avec les objectifs stratégiques, initier, piloter et faire évoluer la stratégie RSE sans responsabilité directionnelle. La direction reste responsable de l’efficacité de la politique RSE.

    Missions principales

    Stratégie : définir la stratégie RSE avec la direction, suivre les évolutions réglementaires et bonnes pratiques, animer la gouvernance et les réunions.

    Mise en œuvre : déployer le plan d’action, coordonner les projets opérationnels, définir une politique d’achats responsables, gérer les partenariats, rechercher des financements.

    Sensibilisation : former et impliquer les acteurs internes/externes, accompagner les équipes métiers, assurer la communication interne et externe sur la RSE.

    Bilan : assurer le suivi (audit, reporting), identifier les pistes d’amélioration, mettre en place des indicateurs d’évaluation et processus de collecte.

    Compétences requises

    Techniques : gestion de projets transverses, animation de réunions, facilitation, connaissance des acteurs locaux et politiques publiques, maîtrise de la réglementation RSE, des labels/certifications, des outils de pilotage et reporting (Excel).

    Comportementales : aisance relationnelle et pédagogie, rigueur, écoute, adaptation, autonomie, esprit entrepreneurial, capacité d’analyse et de synthèse, sens de la négociation, créativité, humilité, dynamisme, capacité à mobiliser les contributeurs.

    Pré-requis pour réussir

    • Vision et champ d’action transversal
    • Connaissance approfondie de l’organisation interne et des métiers
    • Soutien et implication forte de la direction
    • Moyens adéquats : participation aux comités de direction, accès aux informations, possibilité d’audits internes
    • Projet fédérateur, motivant et valorisant

    Formations disponibles

    Parcours longs : Bac +5 en RSE

    Formations courtes spécialisées :

    • Formation ISO 20121 (norme internationale management responsabilité événementiel)
    • Formation Lucie 26000 (label national TPE/PME/associations)
    • Formations AFDAS sur les enjeux RSE
    • MOOC Festivals en Transition (Collectif festivals de Bretagne)
    • Fiches pratiques COFEES et collectif R2D2
    • Ressources du projet Starter
  • Mesurer pour transformer ? Étude des usages et perspectives depuis l’outil SEEDS

    Mesurer pour transformer ? Étude des usages et perspectives depuis l’outil SEEDS

    L’association ARVIVA analyse deux années d’utilisation de son outil SEEDS par 3300 projets culturels. Cette étude révèle les apports et limites de la mesure d’impact pour accélérer la transition écologique du spectacle vivant.

    ARVIVA – Arts vivants, Arts durables × Opale | 2024

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Contexte et présentation de l’outil SEEDS

    SEEDS (Simulateur d’Empreinte Environnementale du Spectacle) est un outil gratuit et open source créé par ARVIVA (Arts vivants, Arts durables), disponible depuis janvier 2023. Il permet aux structures du spectacle vivant — salles, compagnies, festivals, bureaux de production — de mesurer leur empreinte environnementale selon trois axes : les émissions de gaz à effet de serre (GES), l’impact sur la biodiversité et la circularité des ressources. À la suite du remplissage, l’outil propose des pistes d’action directement liées aux données saisies.

    L’outil s’articule autour de trois modules complémentaires : « Bâtiment » (consommations énergétiques, mobilités et restauration des publics), « Fonctionnement » (activité quotidienne de l’équipe permanente) et « Projet » (tournées, festivals, productions). Ces trois entrées couvrent les scopes 1, 2 et 3 du Bilan Carbone et s’appuient sur les facteurs d’émissions de la base Empreinte® de l’ADEME.

    En deux ans, SEEDS a enregistré plus de 3 300 projets renseignés par environ 2 400 utilisateurs. La présente étude, co-réalisée avec l’association Opale, analyse les données collectées entre janvier 2023 et mai 2024, ainsi que les résultats de deux focus groupes qualitatifs (13 participants issus d’équipes artistiques et de lieux permanents/festivals).

    Données clés de l’échantillon analysé

    Sur les 3 000 volets initialement renseignés, des filtres stricts de fiabilité ont été appliqués, ne retenant que les entrées certifiées par les utilisateurs et présentant un taux de remplissage satisfaisant. L’échantillon final exploitable se compose de :

    ModuleDonnées exploitées% du total renseigné
    Projets201 projets13 %
    Bâtiments136 bâtiments20 %
    Fonctionnements99 fonctionnements17 %

    Le faible taux de données exploitables par rapport au total, souligne les limites inhérentes aux outils auto-déclaratifs. Le profil des utilisateurs est majoritairement composé de structures engagées, situées en milieu urbain (65 %), relevant principalement de la musique (30 %), du pluridisciplinaire (26 %) et du théâtre (24 %). Par typologies, les lieux permanents représentent 35 % de l’échantillon, les équipes artistiques 28 % et les festivals 16 %.

    Profils et pratiques des utilisateurs

    Les utilisateurs de SEEDS partagent une sensibilité écologique préalable à l’utilisation de l’outil, souvent issue d’une conviction personnelle transposée dans la sphère professionnelle. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large d’éco-anxiété professionnelle : selon une étude citée dans le rapport, 62 % des professionnels du spectacle se déclarent inquiets face aux enjeux environnementaux actuels, et 71 % souhaitent aligner leurs pratiques professionnelles sur ces enjeux.

    Pour une minorité d’utilisateurs, le recours à SEEDS anticipe également des évolutions réglementaires (éco-conditionnalités dans l’attribution des subventions). L’ASTP a rendu l’usage de l’outil obligatoire pour ses membres en mai 2024, illustrant une tendance prescriptrice encore émergente.

    Mobilité : le poste prioritaire

    La mobilité est le principal poste d’émissions carbone identifié par les utilisateurs. Pour les salles de spectacle, la mobilité des publics représente en moyenne 55 % des émissions liées au bâtiment. Pour les festivals, 62 % du public se rend sur site en voiture. Pour les tournées de compagnies, la mobilité des équipes représente 45 % des émissions de leurs projets. Ces chiffres confirment les conclusions d’autres études sectorielles (Shift Project, rapports Déclic, AJC).

    PosteSalles de spectacleTournées (compagnies)
    Mobilité55 %45 %
    Énergie17 %1 %
    Fret16 %
    Hébergement des équipes15 %
    Restauration des équipes12 %
    Déchets du public14 %

    Malgré cette conscience, la majorité des structures ne dispose pas de données consolidées sur les mobilités de leurs publics, et les approximations restent fréquentes. Les mobilités quotidiennes des salariés des structures utilisatrices présentent en revanche une performance notable : 39 % se déplacent à pied ou à vélo, contre 8 % à l’échelle nationale — en partie expliqué par la forte représentation des structures urbaines.

    Restauration, énergie, numérique et déchets

    Sur la restauration, les utilisateurs affichent 44 % de repas végétariens pour les équipes et 46 % pour les publics lors des projets — proportion très supérieure aux 2 % de repas végétariens dans la restauration commerciale nationale. Côté énergie, 23 % des bâtiments s’approvisionnent en électricité verte. Sur le numérique, les structures prolongent davantage la durée de vie de leurs terminaux (6 ans pour les ordinateurs, vs 5 ans en moyenne nationale) et recourent au reconditionné à hauteur de 22-32 %. Enfin, si la gestion des déchets est bien identifiée, des écarts subsistent : le tri du public n’est mis en place que dans 83 % des projets, et seuls 62 % utilisent de la vaisselle réutilisable.

    Angles morts et limites des démarches de transition

    Malgré un engagement réel, plusieurs zones de résistance ou d’inaction sont identifiées.

    La prédominance du prisme carbone. Les utilisateurs tendent à interpréter leurs résultats quasi exclusivement par le biais des émissions de GES, au détriment des volets biodiversité et ressources – pourtant intégrés dans SEEDS. 66 % des bâtiments obtiennent un score E (le plus bas) en biodiversité, et 49 % en ressources. Seulement 12,5 % des structures mènent des diagnostics environnementaux sur leurs sites, et 22 % disposent d’un plan de préservation. La biodiversité reste perçue comme abstraite et peu actionnable.

    La concentration sur un périmètre étroit. Les actions engagées restent cantonnées au périmètre direct et tangible de la structure (mobilités internes, alimentation, déchets). Les dimensions stratégiques — critères environnementaux dans le choix des prestataires, de la banque, des partenaires — sont peu investies : seuls 25 % des utilisateurs déclarent avoir pris en compte des critères environnementaux dans le choix de leur établissement bancaire.

    La difficulté de l’action inter-structures. La collecte de données auprès de partenaires externes est perçue comme complexe et chronophage. Les fonctionnalités collaboratives de SEEDS (partage de projets entre structures) sont encore peu utilisées.

    Les usages et co-bénéfices de SEEDS

    Au-delà de sa fonction première de mesure, SEEDS génère des bénéfices pédagogiques et organisationnels importants, souvent imprévus par les utilisateurs eux-mêmes.

    Usage identifiéDescription
    Point de départObjectiver les impacts pour « savoir d’où on part » avant d’agir
    Boussole stratégiqueSimuler des scénarios, arbitrer entre options, prioriser les chantiers
    Outil pédagogiqueMobiliser les équipes, sensibiliser en interne lors du remplissage
    Levier de communicationValoriser les démarches auprès des partenaires, tutelles, publics
    Outil militantAppuyer les demandes auprès d’institutions (collectivités, financeurs)

    Les utilisateurs s’approprient l’outil avec souplesse, selon des modes variables : projets prévisionnels ou réalisés, périmètre large ou resserré, données précises ou estimées, usage individuel ou collectif. SEEDS ne se substitue pas à une démarche de transformation systémique, mais en constitue une étape structurante.

    Limites et risques de la mesure d’impact

    L’étude identifie plusieurs risques inhérents aux outils auto-déclaratifs de mesure d’impact.

    Le risque de quantophrénie. La focalisation excessive sur les indicateurs chiffrés peut réduire l’enjeu écologique à un problème purement technique, éloignant les équipes de l’action concrète. Le temps de collecte des données est variable (de quelques heures pour une petite compagnie à plusieurs mois pour une grande structure) et peut mobiliser des ressources humaines déjà limitées.

    La dimension prescriptrice de l’outil. Les indicateurs de SEEDS, aussi rigoureux soient-ils, ne sont pas neutres : ils valorisent certaines démarches et en occultent d’autres. L’activité pédagogique (EAC), le renoncement à un projet, ou les pratiques qualitatives d’engagement des parties prenantes ne sont pas captés par l’outil.

    Le risque lié à l’analyse sectorielle. Établir des typologies moyennes à partir des données SEEDS se heurte à la grande hétérogénéité du secteur (esthétiques, tailles, localisations, modèles économiques). La crainte de la comparaison entre structures est réelle et peut freiner l’engagement dans la démarche.

    Conclusion et recommandations

    La mesure d’impact doit rester un moyen de guider et d’informer, sans se substituer à la diversité des trajectoires nécessaires pour relever les défis écologiques du secteur culturel.
  • Le guide ACT – Artistes citoyens en tournée (2021)

    Le guide ACT – Artistes citoyens en tournée (2021)

    Guide pratique structuré en trois niveaux pour accompagner les artistes du spectacle vivant vers des pratiques écoresponsables durant leurs tournées et productions.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Présentation de l’organisme

    ACT (Artistes citoyens en tournée) est une initiative visant à promouvoir les pratiques écoresponsables dans le milieu des spectacles. Ses missions principales incluent la sensibilisation des artistes à leur pouvoir d’action environnemental, la création d’outils de réduction de l’empreinte écologique et l’accompagnement vers une accréditation officielle de leurs engagements.

    Structure du guide : 3 niveaux d’engagement

    Niveau 1 : Avant la tournée (phase de préparation)

    Organisation interne et planification

    • Rencontre d’équipe pour présenter la démarche environnementale
    • Optimisation du booking pour réduire les distances parcourues
    • Production responsable (albums, décors, produits dérivés)

    Transport et logistique

    • Privilégier les véhicules électriques et le transport terrestre
    • Réduction du nombre de véhicules
    • Sélection d’hôtels écoresponsables (réseau La clé verte)

    Matériel et production technique

    • Achat de matériel de seconde main
    • Plan d’éclairage avec LED et projecteurs à iodure
    • Piles rechargeables

    Communication et impression

    • Papier certifié FSC et encres naturelles
    • Quantités limitées d’impressions
    • Désabonnement des publications non lues

    Mise à jour du rider technique

    • Interdiction des bouteilles d’eau et articles à usage unique
    • Demande de stations d’eau potable et serviettes réutilisables
    • Préférence pour aliments locaux, biologiques, végétariens/végétaliens

    Niveau 2 : Pendant la tournée (phase opérationnelle)

    Kit de tournée réutilisable (à transporter en permanence)

    • Gourdes et gobelets à café
    • Ustensiles et contenants réutilisables
    • Serviette de table, savon à vaisselle
    • Articles de toilette personnels

    Pratiques scéniques et quotidiennes

    • Refus des bouteilles d’eau en loge et sur scène
    • Refus des pailles
    • Extinction du matériel électrique non utilisé
    • Réutilisation des set lists imprimées
    • Consommation locale sur la route

    Communication avec le public

    • Incitation aux transports actifs, collectifs ou covoiturage
    • Communication sur la démarche environnementale

    Niveau 3 : Après la tournée (phase d’évaluation)

    Bilan et compensation

    • Comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre
    • Compensation carbone
    • Reversement de bénéfices à un organisme choisi

    Économie circulaire et amélioration continue

    • Don du matériel inutilisé
    • Rencontre de rétroaction avec l’équipe de production

    Principes directeurs : la règle des 3NJ-E

    Le guide propose une méthode mnémotechnique pour guider tous les choix :

    • Nu : réduire les emballages
    • Non-loin : consommer local
    • Naturel : privilégier le biologique
    • Juste : favoriser le commerce équitable
    • Essentiel : toujours questionner la nécessité réelle

    Principe central : RÉDUIRE — un déchet non produit est un déchet évité.

  • Chiffres clés : statistiques de la culture et de la communication 2020

    Chiffres clés : statistiques de la culture et de la communication 2020

    Ministère de la Culture – DEPS | Données de référence : 2017

    En 2017, près de 621 700 personnes exercent une profession culturelle en France, représentant 2,3 % de l’emploi total : un secteur dynamique, qualifié, mais marqué par la précarité, la concentration géographique et des inégalités de genre persistantes.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    1. Cartographie de l’emploi culturel

    L’emploi culturel se lit selon deux prismes complémentaires : les professions culturelles (621 676 actifs, soit 2,3 % de l’emploi total) et les secteurs culturels (671 580 actifs, 2,5 %). Ces deux périmètres se recoupent partiellement : 345 900 personnes exercent à la fois une profession culturelle dans un secteur culturel, tandis que 275 800 professionnels de la culture travaillent dans des secteurs non culturels (ex. designer dans l’industrie automobile).

    La répartition géographique est très déséquilibrée : 39 % des professionnels de la culture résident en Île-de-France, contre 20 % pour l’ensemble de la population active, même si cette surreprésentation s’est atténuée depuis les années 1990 (50 % en 1991).

    Groupe de professionsEffectifs (2017)Évolution depuis 1997
    Arts visuels et métiers d’art211 070×2 (forte croissance design)
    Spectacle190 702+90 %
    Professions littéraires83 441Stable
    Architectes61 405+50 %
    Professeurs d’art52 809+50 %
    Archivage/conservation/doc.22 248÷2 (forte baisse)

    Les arts visuels constituent le premier groupe (34 % des effectifs), portés par l’essor du design graphique, de la mode et de la décoration. Le secteur du livre et de la presse reste le premier employeur sectoriel (127 067 actifs), malgré une contraction de 20 % depuis 2009. À l’inverse, l’enseignement artistique amateur a plus que doublé ses effectifs sur la même période.

    2. Montée du non-salariat et nouvelles formes d’emploi

    Fin 2016, 175 500 non-salariés travaillent dans les activités culturelles. Les indépendants représentent près d’un tiers des emplois culturels — soit 2,5 fois plus que dans l’ensemble de l’économie. En dix ans (2007–2016), les effectifs non salariés des secteurs culturels ont quasiment doublé, portés notamment par la création du statut d’auto-entrepreneur en 2009 puis de micro-entrepreneur en 2014.

    En 2016, 55 % des non-salariés culturels ont opté pour le statut de micro-entrepreneur (contre 31 % pour l’ensemble des non-salariés hors agriculture). Cette proportion atteint 83 % dans l’enseignement artistique amateur et 72 % dans les arts visuels. Par ailleurs, la pluriactivité (cumul d’emplois salarié et non salarié) concerne 26 % des non-salariés culturels — 10 points au-dessus de la moyenne nationale. La population des nouveaux entrants rajeunit et se féminise : en 2016, 41 % des non-salariés culturels ont moins de 40 ans (contre 29 % en 2007) et 43 % sont des femmes (contre 33 % en 2007).

    Du côté du salariat, les contrats à durée déterminée y sont deux fois plus fréquents que dans l’ensemble de l’économie (32 % contre 16 %), avec une concentration dans le spectacle vivant, l’enseignement culturel et l’audiovisuel.

    3. Profil sociodémographique des actifs culturels

    Les professionnels de la culture se distinguent nettement par leur niveau de formation : 50 % sont titulaires d’un diplôme de niveau bac+3 ou plus, contre 24 % pour l’ensemble des actifs en emploi. Cette surqualification est encore plus marquée chez les femmes (plus de 50 % diplômées du supérieur, contre 40 % des hommes). L’origine sociale est également atypique : les enfants de cadres sont deux fois surreprésentés par rapport à la moyenne des actifs.

    Les femmes représentent 44 % des professionnels culturels – en deçà des 48 % observés dans l’ensemble de la population active –, paradoxe d’autant plus frappant qu’elles constituent 60 % des étudiants des établissements supérieurs Culture. Cet écart traduit des barrières à l’entrée et des mécanismes d’éviction qui persistent tout au long de la carrière.

    4. Enseignement supérieur artistique et culturel

    En 2018-2019, 37 000 étudiants sont inscrits dans les 99 écoles supérieures relevant du ministère de la Culture, et 42 700 dans les 206 établissements privés spécialisés. Les études d’architecture concentrent à elles seules plus de la moitié des effectifs publics (20 000 étudiants).

    L’insertion professionnelle est globalement favorable : 84 % des diplômés sont en activité trois ans après leur diplôme, dont 88 % dans le champ de leur formation. Les filières architecture (90 %) et spectacle vivant (89 %) affichent les meilleurs taux, tandis que les arts plastiques restent en retrait (74 %). Plus de la moitié des entrants accèdent à un premier emploi en moins de trois mois. Le revenu annuel net moyen s’établit à 20 200 € net/an, avec d’importantes disparités : 23 800 € pour les architectes, contre 15 300 € pour les diplômés des arts plastiques. L’écart de rémunération hommes/femmes est déjà visible en début de carrière : 18 700 € pour les femmes contre 22 500 € pour les hommes.

    5. Inégalités femmes-hommes : persistance structurelle

    Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, les inégalités entre femmes et hommes restent une réalité structurelle dans le secteur culturel. Les écarts de rémunération varient de 18 % dans le spectacle à 20–30 % parmi les artistes auteurs. Dans le cinéma, les trois quarts des longs métrages sont réalisés par des hommes et le budget moyen des films réalisés par des femmes est inférieur de 35 %. Aux Victoires de la musique, seulement 7 % des artistes primées pour le meilleur album entre 1985 et 2019 étaient des femmes.

    À la direction des institutions culturelles, la situation évolue mais reste contrastée :

    StructurePart des femmes (jan. 2020)
    Ministère de la Culture (postes de direction)50 %
    Établissements publics46 %
    Entreprises audiovisuel public80 %
    Équipements labellisés spectacle vivant34 %
    100 premières entreprises culturelles (PDG/DG)9 %

    L’audiovisuel public fait figure d’exception avec une présence féminine forte aux postes de présidence. Le spectacle vivant reste le secteur le plus rétif à la féminisation des postes de direction.

    6. Droits d’auteur : une économie en croissance, mais concentrée

    Entre 1997 et 2016, les rémunérations perçues par les organismes de gestion collective (OGC) sont passées de 990 millions à 1,7 milliard d’euros (en euros constants), avec un taux de croissance annuel de 4,8 % pour les droits voisins et de 2,5 % pour les droits d’auteur. En 2016, les droits d’auteur s’élèvent à 1,36 milliard d’euros, dont 65 % captés par la Sacem (musique) et 17 % par la SACD (audiovisuel, spectacle vivant). La diffusion numérique (streaming) génère désormais 17 % des droits collectés par la Sacem, un chiffre qui a doublé en un an grâce à la renégociation des contrats de licences.

    La distribution des revenus artistiques est fortement inégalitaire : les 10 % des auteurs les mieux rémunérés concentrent 47 % des revenus à l’Agessa et 41 % à la Maison des artistes. Les 50 % les moins bien rémunérés ne perçoivent que 14 à 17 % des revenus totaux.

  • Vingt-cinq ans d’évolution de l’emploi dans les professions culturelles

    Vingt-cinq ans d’évolution de l’emploi dans les professions culturelles

    En vingt-cinq ans, les effectifs des professions culturelles ont progressé de 70 %, soit une croissance près de quatre fois supérieure à celle de l’ensemble de la population active.
    Ce dynamisme s’accompagne de conditions d’emploi structurellement atypiques, non-salariat, pluriactivité, contrats courts, qui distinguent durablement ce secteur du reste du marché du travail.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Une expansion spectaculaire et inégale des effectifs

    Entre 1995 et 2019, les professionnels de la culture sont passés de 389 300 à 661 600 personnes (+70 %), tandis que l’ensemble des actifs en emploi ne progressait que de +19 %. En 2019, ils représentent 2,5 % des actifs occupés, contre 1,7 % en 1995.

    Cette croissance est toutefois très contrastée selon les familles professionnelles. Les professions des arts graphiques, de la mode et de la décoration enregistrent la hausse la plus spectaculaire (+190 %), portées par la révolution numérique et l’essor du design. Les cadres artistiques, de programmation et de production de l’audiovisuel voient leurs effectifs tripler (+203 %). À l’inverse, deux catégories reculent : les cadres et techniciens de l’archivage, de la conservation et de la documentation chutent de 57 % — victimes de restructurations et de la dématérialisation — et les métiers d’art perdent un quart de leurs effectifs (-25 %), fragilisés par la concurrence de la production industrielle.

    Famille professionnelleEffectifs 1995Effectifs 2019Évolution
    Arts graphiques, mode, décoration41 400120 000+190 %
    Cadres artistiques (audiovisuel)27 10082 100+203 %
    Architectes38 80077 700+100 %
    Arts visuels (ensemble)76 400184 300+141 %
    Professions littéraires68 60093 200+36 %
    Métiers d’art39 00029 300-25 %
    Archivage, conservation, documentation51 50022 300-57 %
    Total professions culturelles389 300661 600+70 %

    Un profil sociodémographique distinctif, en lente mutation

    Féminisation partielle : les femmes représentent 45 % des professionnels de la culture en 2019, soit légèrement moins que dans l’ensemble de la population active (48 %). Pourtant, elles constituent les deux tiers des étudiant·es en formations culturelles : un paradoxe qui révèle un plafond de verre persistant à l’entrée dans la profession. La progression est réelle (+4 points en vingt-cinq ans) mais inégale : les architectes féminisent rapidement leur profession (de 16 % à 38 % de femmes), et parmi les moins de 40 ans, leur part atteint 47 % en 2019. En revanche, les femmes demeurent très minoritaires chez les techniciens de l’audiovisuel (30 %) et dans les professions de l’audiovisuel et du spectacle (34 % en 2019). Seules les professions littéraires affichent une légère surreprésentation féminine (53 %), portée notamment par les autrices et traductrices (62 %).

    Vieillissement général : la part des moins de 40 ans dans les professions culturelles recule de 52 % à 43 % entre 1995 et 2019, en parallèle avec la tendance générale de la population active. Ce vieillissement ne concerne que les salariés ; à l’inverse, les non-salariés rajeunissent (38 % ont moins de 40 ans en 2019 contre 33 % en 1995), ce qui témoigne d’un renouvellement des pratiques entrepreneuriales dans le secteur.

    Élévation du niveau de diplôme : en 2019, 52 % des professionnels de la culture sont titulaires d’au moins un bac+3, contre 32 % en 1995 — une progression de 20 points, supérieure à celle de l’ensemble des actifs (+16 points pour atteindre 27 %). Les femmes culturelles sont plus diplômées que leurs homologues masculins (60 % contre 46 % au niveau bac+3 ou plus). Les métiers d’art constituent l’exception notable, avec 35 % de titulaires d’un CAP-BEP et 16 % sans diplôme.

    Une origine sociale favorisée : un cinquième des professionnels de la culture ont des parents cadres ou exerçant une profession intellectuelle supérieure, soit trois fois plus que dans l’ensemble de la population active. La surreprésentation des milieux aisés est particulièrement marquée chez les journalistes, les architectes et les artistes des spectacles. Les enfants d’ouvriers ne représentent que 7 % des effectifs culturels, contre 18 % dans l’ensemble des actifs.

    Concentration francilienne stable : près de 4 professionnels de la culture sur 10 résident en Île-de-France, contre 1 actif sur 5 en moyenne nationale. Cette surconcentration est cohérente avec la présence de l’essentiel des entreprises et des institutions culturelles en région parisienne.

    Des conditions d’emploi structurellement précaires

    Le non-salariat, une réalité trois fois plus répandue : en 2019, 39 % des professionnels de la culture sont non-salariés, contre seulement 12 % dans l’ensemble de la population active. Cette part a même progressé de 8 points depuis 1995. Les photographes (81 %), les auteurs et traducteurs (75 %) et les artistes plasticiens (80 %) sont quasi exclusivement indépendants. Le non-salariat s’est particulièrement développé chez les femmes, passant de 20 % à 36 % en vingt-cinq ans.

    La pluriactivité, signe d’une atomisation de l’emploi : 15 % des professionnels de la culture exercent plusieurs activités professionnelles simultanément, contre 5 % dans l’ensemble des actifs. Les professeurs d’art et les artistes des spectacles salariés sont les plus concernés (31 % de pluriactifs). Cette pluriactivité est souvent subie : 60 % des salariés culturels pluriactifs travaillent à temps partiel dans leur activité principale, et 52 % d’entre eux n’ont pas la possibilité d’augmenter leur volume horaire.

    La fragmentation des contrats : la part des CDD parmi les salariés culturels est passée de 20 % à 29 % entre 1995 et 2019, soit le double du taux observé pour l’ensemble des salariés (14 %). Ces contrats sont souvent très courts : 43 % des salariés culturels en CDD ont un contrat de moins d’un mois, contre 7 % pour l’ensemble. Les artistes des spectacles (70 % en CDD) et les techniciens de l’audiovisuel (43 %) sont les plus exposés, notamment via le recours massif au CDD d’usage (CDDU), dispositif dérogatoire propre aux secteurs du spectacle vivant et de l’audiovisuel.

    Le réseau, premier vecteur d’accès à l’emploi : 38 % des salariés culturels ont trouvé leur emploi principal par leurs relations personnelles ou professionnelles, contre 32 % pour l’ensemble des actifs. Cette primauté du réseau — particulièrement forte chez les techniciens (47 %) et les cadres artistiques (42 %) — révèle la logique de réputation et de cooptation qui structure les marchés du travail culturels, notamment dans le spectacle vivant et l’audiovisuel.

    Des horaires atypiques généralisés : 56 % des professionnels de la culture sont soumis à au moins un horaire atypique (travail le soir, la nuit, le week-end), contre 41 % pour l’ensemble des actifs. Les photographes et les artistes des spectacles sont les plus exposés (70 % chacun). Plus d’un tiers des professionnels de la culture ont des horaires variables d’une semaine sur l’autre, soit le double de la moyenne nationale.

    Points clés à retenir

    En vingt-cinq ans, les professions culturelles ont connu une transformation profonde : forte croissance des effectifs dans les métiers numériques et de l’audiovisuel, recul des savoir-faire artisanaux et des professions patrimoniales, élévation du niveau de formation et lente féminisation. Ces mutations s’inscrivent dans des tendances communes à l’ensemble du marché du travail, mais avec des ampleurs systématiquement supérieures : qu’il s’agisse du recours au non-salariat, de la fragmentation contractuelle ou de la pluriactivité. Le secteur culturel reste ainsi un laboratoire avancé des transformations du travail contemporain, où flexibilité et passion professionnelle se conjuguent souvent avec précarité économique.

  • Les métiers artistiques : conditions d’emploi spécifiques et disparités de revenus marquées

    Les métiers artistiques : conditions d’emploi spécifiques et disparités de revenus marquées

    En vingt ans, les effectifs des métiers artistiques ont quasi doublé en France, mais cette croissance spectaculaire masque des conditions d’emploi profondément atypiques et des inégalités de revenus parmi les plus marquées du marché du travail.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Périmètre et définition

    L’étude s’appuie sur la nomenclature PCS 2003 et porte sur 365 000 professionnels exerçant à titre principal un métier artistique en 2009, répartis en cinq grandes familles : les artistes et professionnels technico-artistiques des spectacles (186 300), les professionnels des arts graphiques, de la mode et de la décoration (91 700), les artistes plasticiens et photographes (52 600), les métiers d’art (23 600) et les auteurs littéraires (10 600). Les architectes sont explicitement exclus du champ, en raison d’un cadre réglementaire très structuré qui les distingue nettement des autres professions artistiques.

    Une croissance historique portée par deux dynamiques

    Entre 1990 et 2009, les effectifs sont passés de 202 000 à 365 000 professionnels, soit +81 %, alors que l’ensemble de la population active n’augmentait que modérément sur la même période. Le poids des métiers artistiques dans l’emploi total atteint désormais 1,4 %.

    Cette expansion résulte de deux tendances conjointes : la hausse durable des dépenses culturelles des ménages (la part consacrée aux spectacles et au cinéma est passée de 0,33 % en 1990 à 0,65 % en 2010) et la croissance de l’offre publique et privée. L’État a massivement soutenu la création de structures fixes (centres dramatiques, orchestres régionaux, conservatoires) tout en finançant une multitude de projets courts et de microstructures. Cette logique de « projet » a profondément reconfiguré l’organisation du travail, notamment dans le spectacle.

    Les arts graphiques, de la mode et de la décoration enregistrent la progression la plus forte (+124 %), portés par l’essor du design numérique, du webdesign et de l’animation 3D. Les métiers du spectacle suivent (+93 à +104 %). À l’inverse, les métiers d’art sont les seuls en recul : les ouvriers d’art ont diminué d’un quart, traduisant le recul général de l’artisanat face à la production industrialisée.

    Un profil sociodémographique homogène et élitiste

    Les professionnels des métiers artistiques partagent plusieurs caractéristiques communes qui les distinguent nettement de l’ensemble des actifs en emploi.

    IndicateurMétiers artistiquesEnsemble des actifs
    Part de femmes (2009)39 %47 %
    Moins de 40 ans49 %45 %
    Diplôme Bac+3 ou plus27 %18 %
    Résidence en Île-de-France43 %21 %
    Père cadre supérieur25 %11 %

    La féminisation reste limitée et inégale selon les métiers : les arts graphiques atteignent la parité (49 %), tandis que la photographie reste le domaine le plus masculin (29 % de femmes). Les métiers du spectacle, marqués par des horaires atypiques (soirées, nuits, week-ends), constituent un frein structurel à l’entrée des femmes ayant des responsabilités familiales.

    La concentration géographique en Île-de-France est frappante : 53 % des auteurs littéraires et 48 % des technico-artistiques du spectacle y résident ; et reflète la centralisation des institutions culturelles, des réseaux de production et des publics les plus consommateurs. Elle reste néanmoins en léger recul par rapport à 1990 (48 %), effet des politiques de décentralisation.

    L’origine sociale favorisée est une autre singularité forte : un quart des professionnels a un père cadre supérieur (contre 11 % en moyenne), avec un pic chez les artistes plasticiens (30 %). La reproduction sociale joue ici un rôle décisif, notamment pour les métiers non salariés où le capital familial peut compenser l’absence de revenus stables en début de carrière.

    Des conditions d’emploi atypiques

    Statut d’emploi : environ un tiers des professionnels est non salarié, soit trois fois plus que dans l’ensemble des actifs (11 %). Ce non-salariat est quasi-systématique pour les auteurs littéraires, les artistes plasticiens et les photographes, alors que les ouvriers d’art et les technico-artistiques du spectacle sont majoritairement en CDI. Les artistes des spectacles, eux, travaillent principalement sous contrats courts (62 % en contrat temporaire), ce qui fonde le régime spécifique de l’intermittence.

    Le régime de l’intermittence mérite une attention particulière. La Caisse des congés spectacles dénombrait 83 000 artistes et 72 000 techniciens intermittents en 2009, des effectifs multipliés par 4,5 depuis 1986. Dans le même temps, le nombre moyen de contrats par intermittent a triplé (de 5 à 15/an), mais leur durée s’est effondrée : un contrat artistique dure en moyenne moins de 3 jours en 2009, contre 17 jours en 1986. Le revenu annuel moyen tiré de l’activité s’est en conséquence fortement réduit, passant de 17 000 € à 9 200 € pour les artistes (euros constants 2009). La part des allocations chômage représente désormais 51 % du revenu total des artistes intermittents, contre 37 % pour les techniciens.

    Temps de travail : la durée moyenne hebdomadaire est de 36 heures, proche de la moyenne nationale, mais masque des disparités considérables. Les photographes, auteurs et artisans d’art déclarent environ 40 heures, tandis que les artistes des spectacles n’atteignent que 29 heures : reflet d’un fort taux de temps partiel subi (52 % d’entre eux sont à temps partiel, dont 59 % faute d’avoir trouvé un temps plein). Plus de la moitié des artistes des spectacles à temps partiel sont en situation de sous-emploi.

    Les horaires atypiques sont omniprésents : plus d’un professionnel sur deux travaille en horaires variables d’une semaine sur l’autre (contre un sur quatre en moyenne), et environ 80 % des artistes des spectacles et des auteurs travaillent habituellement ou occasionnellement le soir et le dimanche.

    Des revenus parmi les plus inégaux du marché du travail

    La concentration des revenus dans les métiers artistiques est particulièrement sévère. Parmi les artistes des spectacles salariés, les 10 % les mieux rémunérés captent plus de la moitié de la masse salariale totale de la profession, tandis que les 50 % les moins bien rémunérés ne perçoivent que 3 % de cette masse : un niveau d’inégalité sans équivalent dans les autres secteurs.

    Pour les non-salariés, les données issues de l’Agessa et de la Maison des artistes (qui ne couvrent que les affiliés) confirment cette tendance : la concentration est extrême chez les auteurs-compositeurs (50 % des affiliés se partagent 7,5 % des droits, tandis que les 10 % les mieux dotés en perçoivent près de la moitié), et plus modérée chez les graphistes. Cette dispersion extrême des revenus, combinée à la volatilité de l’activité et aux horaires atypiques, constitue la marque structurelle des métiers artistiques : des secteurs à forte attractivité sociale, mais à forte insécurité économique pour la majorité de ceux qui les exercent.