Blog

  • Le métier de facteur et/ou restaurateur d’instruments traditionnels

    Le métier de facteur et/ou restaurateur d’instruments traditionnels

    Le facteur et/ou restaurateur d’instruments traditionnels analyse les mécanismes de fabrication du son et l’histoire de l’instrument (vielle, cornemuse…) pour restituer sonorité, esthétique et dimensions d’origine. Il peut faire évoluer la facture pour adapter l’instrument au répertoire contemporain.

    Emploi et débouchés

    La plupart de ces instruments sont peu à peu tombés dans l’oubli en fonction du changement du goût musical et des évolutions techniques. La musique du Moyen Âge est considérée avant tout comme une musique vocale. Mais l’abondance, dès le XIᵉ siècle, des représentations de vièles, de harpes, de percussions et divers aérophones atteste de l’importance des instruments dans la musique profane. Quelques-uns ont évolué de manière continue et sont considérés comme les ancêtres de nos instruments d’aujourd’hui. C’est le cas de la harpe, de la cornemuse, de la chifonie qui deviendra la vielle à roue. Héritier d’un instrument arabe, l’oud, le luth apparaît en Occident au XIIIᵉ siècle. Il y connaît une transformation qui marque un changement dans la fabrication des instruments : sa caisse est constituée d’un assemblage de côtes pliées au fer et assemblées. Les autres instruments à cordes sont monoxyles, c’est-à-dire creusés dans un bloc de bois, et le resteront encore jusqu’au XVe siècle. C’est au XVIᵉ siècle qu’apparaissent le violon et la viole sur ce principe de construction par assemblage de pièces préparées séparément. Ils diffèrent radicalement de leurs
    prédécesseurs, la vièle, le rebec, la lira da braccio qui étaient monoxyles. Les instruments qui naissent à la Renaissance, période marquée par le grand essor de la musique instrumentale, apparaissent en familles, ou consorts, de la basse au soprano.

    Certains instruments, après avoir connu une période faste où ils répondaient aux attentes des musiciens et de leurs auditeurs, sont tombés en disgrâce au profit d’autres instruments. La viole est supplantée par le violon dès le XVIIIᵉ siècle, mais tombe vraiment en disgrâce avec le Romantisme. Ils
    ont été redécouverts à partir de la seconde moitié du XXᵉ siècle, les musiciens professionnels souhaitant rejouer avec des instruments contemporains les œuvres de Monteverdi, Bach, etc. pour retrouver les sonorités d’origines.

    Les instruments traditionnels ont connu un regain d’intérêt à partir des années 70, notamment grâce au mouvement folk. Dès 1976 sont organisées les premières Rencontres internationales de luthiers et maîtres sonneurs de Saint-Chartier, principalement dévolues aux musiques traditionnelles, avec la vielle à roue et la cornemuse comme vedettes. Depuis cette date, les facteurs d’instruments de musiques traditionnelles se sont multipliés, chacun œuvrant dans une spécialité. Répondant aux demandes d’une musique vivante, certains instruments traditionnels ont continué leur évolution et se sont franchement modernisés.

    Devenir facteur et/ou restaurateur d’instruments traditionnels

    Formation initiale

    Niveau V

    • FCIL lutherie des instruments de musiques traditionnelles, 1 an (Lycée Georges Sand – La Châtre). Beaucoup de facteurs ont reçu une très bonne formation dans le domaine du travail du bois (tournage, marqueterie, ébénisterie, vernissage…) avant de passer à la fabrication de ces
      instruments.

    Formation professionnelle continue

    • Quelques formations d’une durée variable permettent de suivre une initiation ou un perfectionnement dans la fabrication ou la restauration d’instruments anciens ou traditionnels.
  • Le métier de facteur et/ou restaurateur d’orgues

    Le métier de facteur et/ou restaurateur d’orgues

    Le facteur et/ou restaurateur d’orgues conçoit les instruments dans le respect des différents répertoires musicaux, classiques ou contemporains. Il travaille le bois du buffet, roule les plaques d’étain pour confectionner les tuyaux, crée les trompettes, les anches d’amour…

    Emploi et débouchés

    En 2017, la facture d’orgues compte environ 60 entreprises ou artisans (source : Groupement professionnel des facteurs d’orgues de l’Ameublement Français – GPFO) répartis sur l’ensemble du territoire national, avec une concentration plus importante en Alsace.

    Les ateliers sont constitués en moyenne de deux à quatre ouvriers (le plus important en a une quinzaine). Pour répondre à certaines commandes complexes, les entreprises sont amenées à se regrouper ponctuellement. Environ 70 % des entreprises ont un chiffre d’affaires de plus de 75 000
    euros. La fabrication d’un orgue peut nécessiter de 3 000 heures (petit orgue de 10 jeux) à 30 000 heures de travail. Une restauration dure quant à elle de 1 à 4 ans et nécessite de 5 000 à 20 000 heures de travail. L’entretien des orgues anciennes ou historiques constitue désormais l’essentiel de l’activité. Seule la moitié des entreprises exerce réellement une activité de création ou de
    restauration des instruments. La fabrication d’orgues de salon est aujourd’hui concurrencée par les instruments électroniques.

    La redécouverte de l’orgue néoclassique et la maîtrise de la restauration des orgues classiques d’Ancien Régime comme des orgues d’esthétique romantique permettent aux facteurs d’orgues de répondre à des commandes de construction ou de restauration d’instruments similaires à l’étranger.
    D’autres perspectives de développement s’ouvrent à l’international avec la construction d’orgues neufs pour des salles de concert et des conservatoires. Le poids de l’export représente aujourd’hui 16 % du chiffre d’affaires de la facture d’orgues.

    L’ouverture du marché conduit également à l’attribution de marchés publics français aux entreprises européennes voisines. La facture d’orgue doit faire face à une évolution de son environnement et de ses marchés. Les entreprises du secteur sont confrontées à plusieurs défis : maintenir et transmettre les savoir-faire traditionnels et complexes, s’adapter aux évolutions des métiers, favoriser
    l’innovation (développement du 3D) mais également développer leurs marchés (marketing, rationalisation des fournitures, export…).

    En France, les collectivités publiques sont les principaux propriétaires des biens immobiliers et mobiliers (dont les orgues) contenus dans les édifices du culte, biens grevés, pour ceux présents avant la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, d’une affectation légale au culte gratuite, permanente et prééminente. Il en est de même pour la propriété des orgues
    dans des édifices civils non cultuels (conservatoires, salles de concert).

    Les communes ont la charge financière de la conservation de ce patrimoine. La commande publique représente près des deux tiers du chiffre d’affaires de la profession, qui s’élève à plus de 20 millions d’euros par an. Cette part importante fragilise le secteur en même temps qu’elle le fait vivre, les entreprises étant fortement soumises à de possibles restrictions budgétaires. L’État, par l’intermédiaire du ministère de la Culture, certaines régions et départements accordent des subventions aux communes.

    Au sein du ministère de la Culture, la direction générale des Patrimoines soutient, à travers les directions régionales des affaires culturelles (conservations régionales des monuments historiques), la politique d’entretien et de restauration sur les orgues protégées au titre des monuments historiques en raison de leur intérêt historique, artistique et technique. Le code du patrimoine encadre les procédures. La direction générale de la création artistique (délégation musique) accompagne les projets de création d’orgues neuves et peut soutenir les travaux sur les orgues non protégées. Par ailleurs, le secteur a bénéficié d’une politique active de mécénat développée ces dernières années. En complément de l’État et des collectivités territoriales, de nombreux projets de
    restauration ou relevant de la création ont bénéficié de l’aide de la Fondation du patrimoine.

    Devenir facteur et/ou restaurateur d’orgues

    Formation initiale

    Niveau IV

    • Bac Pro Artisanat et métiers d’art facteur d’orgues option organier, 3 ans
    • Bac Pro Artisanat et métiers d’art facteur d’orgues option tuyautier, 3 ans
  • Le métier de facteur et/ou restaurateur de percussions

    Le métier de facteur et/ou restaurateur de percussions

    Elles sont membranophones (tambour, timbale), métalliques (carillon, gong, cymbale) ou en bois (maracas, congas). Outre leur exécution, le facteur et/ou restaurateur de percussions règle leur sonorité selon un accord donné et en fonction de la tension qu’ils peuvent supporter.

    Emploi et débouchés

    Les instruments à percussion, et plus particulièrement les idiophones, sont considérés comme les premiers instruments de musique. La subdivision des percussions en idiophones et membranophones a été définie par la Systematik der Musikinstrumente de Hornbostel-Sachs en 1914. Cette classification a été critiquée, notamment par André Schaeffner (ethnomusicologue et conservateur au Musée de l’Homme jusqu’en 1965), pour qui la catégorie des idiophones équivaut à un fourre-tout. Mais elle reste aujourd’hui la plus couramment utilisée.

    En France, on compte peu de facteurs de percussions (cinq environ). Certains se sont spécialisés dans la confection de batteries. Généralement, leur activité ne se limite pas à la fabrication de percussions. Ils peuvent travailler en ébénisterie ou menuiserie, fabriquer d’autres instruments, ou encore proposer une gamme plus large d’accessoires (pour le transport des instruments par exemple). Un facteur se différencie du technicien car son métier ne consiste pas en l’assemblage d’éléments importés, mais en la construction totale de l’instrument. Certaines percussions sont traditionnellement fabriquées dans leur pays d’origine, comme la cymbale en Turquie ou le djembé en Afrique.

    Devenir facteur et/ou restaurateur de percussions

    Formation

    Il n’existe pas de formation spécialisée dans les instruments à percussion. Une formation de chaudronnier, de menuisier ou d’ébéniste peut servir de base.

  • Le métier de facteur et/ou restaurateur de pianos

    Le métier de facteur et/ou restaurateur de pianos

    Le facteur et/ou restaurateur de pianos est maître de trois spécialités. Celle du bois, du métal et de la mécanique. Pour la fabrication des pianos neufs, les étapes sont confiées à chaque spécialiste mais, en restauration, l’artisan doit toutes les maîtriser, y compris l’harmonisation et l’accordage

    Emploi et débouchés

    Le secteur de la facture de piano, où les grandes manufactures ont pris beaucoup de place dès le XIXᵉ siècle, a beaucoup évolué. À partir de la Seconde Guerre mondiale, les ventes n’ont cessé de baisser en France, malgré un regain d’intérêt dans les années 70-80. Depuis les années 90, on observe une stagnation du marché. Le marché du piano français est aujourd’hui devenu un marché d’importations dominé par les pianos droits. Aujourd’hui il n’existe presque plus de fabrication de pianos français. Le plus important fabricant français, la marque Pleyel, a cessé sa production en 2014. Le reste de l’activité dans ce secteur se concentre sur la maintenance, la préparation (réglage,
    harmonisation et accord) et la restauration des instruments. La location de pianos de concert tend à prendre plus d’importance. Dans ce cas, la préparation des pianos nécessite entre quatre et six heures de travail pour régler, harmoniser et accorder le piano afin de l’adapter à la fois au pianiste et
    à la salle de concert. Les réalisations de pianos restent ponctuelles et s’effectuent sur commande pour des particuliers ou quelques écoles de musique.

    Devenir facteur et/ou restaurateur de pianos

    Formation initiale

    Niveau V

    • CAP assistant technique en instruments de musique option piano, 2 ans.

    Niveau IV

    • BMA technicien en facture instrumentale option piano, 2 ans.

    Niveau III

    • DMA facture instrumentale option piano, 2 ans.

    Formation professionnelle continue

    • Le CAP, le BMA et le DMA sont accessibles dans le cadre de la formation professionnelle continue. L’Institut technologique européen des métiers de la musique (ITEMM) au Mans propose un programme de stages courts pour les professionnels.
  • Le métier de facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en bois

    Le métier de facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en bois

    Le facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en bois est le spécialiste des instruments à anche simple comme la clarinette ou à anche double comme le hautbois, le cor anglais, le basson.

    Emploi et débouchés

    La facture d’instruments à vent en bois est souvent semi-industrielle, un certain nombre d’opérations s’effectuant en poste fixe (tournage, pointage…). Quelques grands noms dominent le marché (Buffet-Crampon, Marigaux, Rigoutat, Selmer…). La plupart de l’activité artisanale de restauration s’effectue
    dans des ateliers attenants aux magasins d’instruments. Dans son ensemble, la facture instrumentale française se concentre aujourd’hui surtout sur la lutherie de quatuor, les instruments à vent et leurs accessoires. Les facteurs d’instruments travaillent sans cesse à faire évoluer et à créer de nouveaux
    instruments. Les prototypes non aboutis constituent le « cimetière » que l’on retrouve dans de nombreux ateliers. Les facteurs peuvent désormais avoir recours à la modélisation numérique afin de concevoir ces nouveaux instruments (« aulochrome » constitué de deux saxophones ; « flûte électro-acoustique » …).

    L’utilisation d’un nouveau logiciel « Resonnans », mis au point à l’Université du Maine au Mans, permet également de tester les caractéristiques acoustiques d’un instrument en cours de réalisation (création originale, reproduction…) ou d’un instrument à restaurer. Il est alors possible de simuler les rectifications. Cela pourrait permettre de raccourcir les phases de développement de prototypes et d’accélérer la mise sur le marché de nouveaux instruments. L’innovation offre effectivement une véritable alternative à la concurrence asiatique qui étouffe le secteur de la facture instrumentale. D’autre part, la facture asiatique se concentre sur le marché des débutants et des amateurs, ce qui laisse encore aux facteurs français la latitude de dominer le marché haut de gamme : 90 % des musiciens professionnels joueraient des instruments français.

    En France, le marché des bois est actuellement stable et estimé à 17 500 000 € pour 35 000 unités. Les entreprises françaises sont exportatrices à plus de 75 % et ont une position de tout premier rang au niveau mondial (source CSFI). Les facteurs d’instruments à vent sont amenés à travailler au contact de musiciens professionnels au sein d’orchestres classiques (hautbois, basson, flûte…), mais
    également de formations de jazz (clarinette, saxophone…) dont le courant a bouleversé la facture instrumentale au XXᵉ siècle.

    Devenir facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en bois

    Formation initiale

    Niveau V

    • CAP Assistant technique en instruments de musique, option instruments à vent, 2 ans

    Niveau IV

    • BMA Technicien en facture instrumentale, option instruments à vent, 2 ans

    Niveau III

    • DMA Facture instrumentale option instruments à vent, 2 ans

    Formation professionnelle continue

    • Le CAP, le BMA et le DMA sont accessibles dans le cadre de la formation professionnelle continue. L’institut technologique européen des métiers de la musique (ITEMM) au Mans propose un programme de stages courts pour les professionnels.
  • Le métier de facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en métal – chaudronnier

    Le métier de facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en métal – chaudronnier

    Le facteur et/ou restaurateur d’instruments à vent en métal fabrique ou restaure des instruments à embouchure de la famille des cuivres, comme la trompette, le tuba, le cor, le trombone, et de la famille des bois, comme la flûte traversière et le saxophone.
    Le chaudronnier est chargé de la confection de tous les instruments de la catégorie des cuivres. Il travaille les métaux en feuilles, auxquels il donne une forme cylindro-conique : trompette, trombone ou cor.

    Emploi et débouchés

    La facture d’instruments à vent en cuivre est souvent semi-industrielle, un certain nombre d’opérations s’effectuant en poste fixe. Quelques grands noms de la facture des vents occupent le marché : Antoine Courtois, Besson, Selmer… La plupart de l’activité artisanale de restauration s’effectue dans des ateliers attenants aux magasins d’instruments. Dans son ensemble, la facture
    instrumentale française se concentre aujourd’hui surtout sur la lutherie de quatuor, les instruments à vent et leurs accessoires. Le marché des instruments à vent en cuivre est dominé en entrée de gamme par les marques asiatiques. Les artisans français se placent quant à eux sur le moyen et surtout le haut de gamme, dans lequel leur savoir-faire est reconnu et apprécié des musiciens professionnels. En France, le marché des cuivres est actuellement stable et estimé à 8 400 000 € pour 12 000 unités. Les entreprises françaises sont exportatrices à plus de 90 % et ont une position de tout premier rang au niveau mondial. Néanmoins, les facteurs de trompettes rencontrent une véritable concurrence d’entreprises artisanales allemandes et américaines bénéficiant d’une bonne réputation.

    Devenir facteur d’instruments à vent en métal

    Formation initiale

    Niveau V

    • CAP Assistant technique en instruments de musique option instruments à vent, 2 ans.

    Niveau IV

    • BMA Technicien en facture instrumentale option instruments à vent, 2 ans

    Niveau III

    • DMA Facture instrumentale option instruments à vent, 2 ans

    Formation professionnelle continue

    • Le CAP, le BMA et le DMA sont accessibles dans le cadre de la formation professionnelle continue. L’Institut technologique européen des métiers de la musique (ITEMM) au Mans propose un programme de stages courts pour les professionnels.
  • Le métier de facteur et/ou restaurateur de harpes

    Le métier de facteur et/ou restaurateur de harpes

    Le facteur et/ou restaurateur de harpes réalise des instruments qui peuvent compter jusqu’à 1500 éléments. L’écartement et la tension des cordes, le bois de la table d’harmonie et de la caisse de résonance, mais aussi le poids, entrent en jeu dans la facture d’une harpe.

    Emploi et débouchés


    Jusque dans les années 1950, seule la harpe classique était jouée en France. Après avoir connu son apogée au Moyen Âge, la harpe dite celtique avait alors quasiment disparu en France et dans les pays celtes, comme en Irlande où Cromwell l’avait faite interdire au XVIIᵉ siècle. C’est en Bretagne, au
    début des années 50 que Jord Cochevelou, musicien et luthier amateur, a réintroduit, d’après les plans de Gildas Jaffrennou, la harpe celtique. Son fils, Alan Stivell, est considéré comme la cheville ouvrière de la renaissance de la harpe celtique. Harpiste, il a, par le succès de sa musique, suscité un regain d’intérêt pour cet instrument non seulement en Bretagne mais jusque dans les pays celtes et ailleurs dans le monde. La harpe celtique connaît aujourd’hui un engouement très fort. Elle est devenue partie intégrante de l’interprétation de musique celtique et folklorique et a également amené un développement de la harpe classique. Des écoles s’ouvrent et font apprécier l’instrument à un
    grand nombre d’amateurs.
    La plupart des jeunes débutent l’étude de la harpe sur la harpe celtique. Paradoxalement, on estime à moins d’une dizaine le nombre de facteurs de harpes celtiques en France. En dehors de l’entreprise Camac, il s’agit d’artisans indépendants. Ce sont les États-Unis et l’Allemagne qui en comptent aujourd’hui le plus grand nombre. Il en est de même pour la harpe à pédales. Alors que, suite aux inventions du Français Sébastien Erard, la facture de harpes demeura longtemps une spécialité française, l’entreprise Camac, installée dans la région de Nantes, est aujourd’hui le seul facteur de harpes à pédales en France, et partage le marché mondial avec les harpes Salvi (italiennes) et Lyon&Healy (américaines).

    Il n’existe pas plus de cinq à six facteurs de harpes classiques dans le monde. La moitié du chiffre d’affaires de Camac est réalisée à l’étranger : en Europe, aux États-Unis et en Asie. Les ateliers Camac, qui emploient une soixantaine de salariés, fabriquent approximativement 300 harpes de concert par an et 2000 celtiques, alors qu’un facteur de harpe celtique indépendant n’en fabrique qu’une dizaine. Certaines sont sur mesure. Les prix oscillent entre 2000 et 2500 euros pour les premières ; et entre 12 000 et 40 000 euros pour les secondes. En 2016, Camac a réalisé un chiffre d’affaires de 8,5 millions d’euros, en croissance de 10 %. Dans ses ateliers sont dessinées, forgées et soudées toutes les pièces de la mécanique des harpes et c’est auprès d’elle que beaucoup de luthiers de harpes celtiques se fournissent. La harpe est en constante évolution : il existe maintenant des harpes électriques portables, et même une harpe MIDI : il s’agit d’une harpe électronique, reliée à un système d’analyse de fréquence et de conversion en données informatiques, qui élargit les possibilités musicales et l’univers sonore de
    la harpe.

    Devenir facteur et/ou restaurateur de harpes

    Formation

    • Il n’existe aucune formation initiale ni aucune formation professionnelle continue pour la facture de harpe. L’apprentissage se fait sur le terrain.
  • Le métier de luthier et/ou restaurateur de guitares

    Le métier de luthier et/ou restaurateur de guitares

    Le luthier et/ou restaurateur de guitares fabrique, répare et restaure des guitares acoustiques, électriques et des basses. Pour la réalisation de l’instrument, il choisit les bois de résonance (épicéa, cèdre…) et de tonalité (ébène, acajou…) qui vont déterminer la couleur sonore de l’instrument

    Emploi et débouchés

    En 2017, on peut estimer le nombre de luthiers de 400 à 500. Ce sont généralement de très petites entreprises dont 60 % n’ont pas de salarié. Pour une grande partie d’entre elles, l’entretien, la réparation et la vente constituent la majeure partie du chiffre d’affaires. La fabrication en tant que telle, ou la restauration d’instruments anciens, ne concernent qu’une minorité d’entreprises spécialisées. Elles nécessitent des savoir-faire qui ne s’acquièrent qu’avec une longue expérience professionnelle et technique. La réputation d’un luthier se construit souvent par le bouche-à-oreille, les rencontres avec les musiciens et sa capacité à mettre en œuvre leur souhait et leurs exigences. Qu’il s’agisse de guitare acoustique ou de guitare électrique, la guitare fait l’objet de recherches permanentes de la part de nombreux luthiers soucieux d’optimiser l’instrument tout en préservant une grande tradition de facture. D’ailleurs, les luthiers en guitare français, possesseurs d’importants savoir-faire, occupent une bonne place sur le marché haut de gamme, mais la concurrence des firmes américaines et japonaises reste féroce.

    Devenir luthier et/ou restaurateur de guitares

    Formation initiale

    Niveau V

    • CAP assistant technique en instruments de musique option guitare, 1 ou 2 ans

    Niveau IV

    • BMA technicien en facture instrumentale option guitare, 2 ans

    Niveau III

    • DMA facture instrumentale option guitare, 2 ans

    Formation professionnelle continue

    • Le CAP et le BMA sont accessibles dans le cadre de la formation professionnelle continue. Des formations courtes non diplômantes permettent de suivre une initiation à la facture de guitares.
  • Le métier de bibliothécaire d’orchestre 

    Le métier de bibliothécaire d’orchestre 

    Un ou une bibliothécaire d’orchestre joue un rôle essentiel dans le fonctionnement et la préparation musicale. Ce terme est utilisé dans le monde de la musique classique pour désigner celles et ceux qui gèrent la bibliothèque musicale d’un orchestre, préparent les partitions et collaborent étroitement avec la direction musicale ainsi qu’avec les musiciennes et musiciens pour assurer le bon déroulement des répétitions et des concerts. 

    Quotidien 

    Le quotidien d’un ou d’une bibliothécaire d’orchestre est centré sur la gestion et la préparation des partitions. Une grande partie de leur temps de travail est consacrée à l’organisation et au catalogage de la bibliothèque musicale, à la préparation des parties individuelles pour les instrumentistes, à l’annotation des partitions selon les indications de la cheffe ou du chef d’orchestre, à la recherche et à l’acquisition de nouvelles partitions, et à la coordination avec les éditeurs. Les bibliothécaires assistent également aux répétitions pour s’assurer que chaque musicienne et chaque musicien dispose du bon matériel, répondent à leurs besoins, restaurent et entretiennent les partitions anciennes, et gèrent les droits d’auteur ainsi que les licences nécessaires à l’utilisation des œuvres. 

    Types d’employeurs 

    Les bibliothécaires d’orchestre peuvent travailler pour : 

    • orchestres symphoniques ; 
    • orchestres de chambre ; 
    • opéras ; 
    • ensembles spécialisés (musique contemporaine, baroque, etc.) ; 
    • conservatoires et écoles de musique. 

    Types de contrats 

    • bibliothécaires permanents 
      Statut : contrat à durée indéterminée 
      Employeur : grands orchestres, institutions musicales importantes 
    • bibliothécaires à temps partiel 
      Statut : contrat à durée déterminée ou temps partiel 
      Employeur : orchestres régionaux ou ensembles de taille moyenne
    • bibliothécaires freelances 
      Statut : consultants indépendants 
      Employeur : divers orchestres ou festivals pour des missions spécifiques

    La plupart occupent des postes permanents au sein d’orchestres, mais certaines et certains travaillent pour plusieurs ensembles à la fois. 

    Compétences requises 

    Les bibliothécaires d’orchestre doivent avoir une connaissance approfondie du répertoire, de la notation musicale et des pratiques d’interprétation. Ils et elles doivent faire preuve d’excellentes compétences organisationnelles, savoir gérer des bases de données et être très minutieux ou minutieuses. Une formation musicale solide (souvent un diplôme en musicologie ou en interprétation musicale) est généralement requise, ainsi qu’une expérience significative dans le milieu orchestral. La maîtrise des logiciels de notation et de gestion de bibliothèque est essentielle, de même que des compétences en restauration de documents pour préserver les partitions anciennes. 

    Représentativité des genres 

    Le métier de bibliothécaire d’orchestre bénéficie d’une bonne mixité. 

    Défis du métier 

    Cette activité peut être exigeante, avec des horaires irréguliers (soirées, week-ends) et des pics d’intensité avant les concerts. La pression pour fournir des partitions parfaitement prêtes dans des délais serrés est forte. La gestion des demandes parfois divergentes des cheffes ou chefs d’orchestre et des musiciennes et musiciens requiert d’excellentes qualités diplomatiques. L’évolution des technologies de notation et de gestion de bibliothèque impose une formation continue et une adaptation permanente. 

    En résumé

    Le métier de bibliothécaire d’orchestre est à la fois techniquement exigeant et musicalement passionnant. Il combine une expertise musicale approfondie avec des compétences en organisation et en gestion, ainsi qu’un sens de l’écoute et une forte capacité d’adaptation.

  • Le métier de directrice ou directeur artistique pour un enregistrement de musique classique 

    Le métier de directrice ou directeur artistique pour un enregistrement de musique classique 

    Une directrice ou un directeur artistique en musique classique supervise l’ensemble du processus créatif d’un projet d’enregistrement. Véritable oreille extérieure, son rôle pendant une session est d’annoter la partition en anticipant les choix de prises pour le montage, de conseiller et d’accompagner les interprètes dans leurs choix d’interprétation, et de veiller au bon déroulement des séances. Elle ou il est responsable de la qualité artistique et de l’intégrité de l’interprétation musicale, en s’assurant que l’enregistrement final respecte les plus hauts standards de l’industrie de la musique classique. 

    Quotidien

    Le quotidien des directrices et directeurs artistiques est centré sur la préparation et la conduite de sessions d’enregistrement. Leur travail inclut : 

    • la planification détaillée des sessions, 
    • la collaboration étroite avec les interprètes et parfois avec la cheffe ou le chef d’orchestre, 
    • la supervision des prises de son, 
    • l’écoute critique et le suivi artistique des enregistrements. 

    Types d’employeurs

    Ils et elles passent également du temps à discuter des interprétations avec les musiciens et musiciennes, à travailler avec les ingénieures et ingénieurs du son sur la qualité sonore, et à superviser ou réaliser le montage et le mixage final. 

    Les directrices et directeurs artistiques en musique classique peuvent exercer pour : 

    • des labels spécialisés (Deutsche Grammophon, Harmonia Mundi, Naxos, etc.), 
    • de grandes maisons de disques avec divisions classiques (Sony Classical, Warner Classics, etc.), 
    • des orchestres et ensembles produisant leurs propres enregistrements, 
    • des sociétés de production musicale spécialisées, ou travailler comme indépendants et freelances. 

    Types de contrats 

    Les statuts varient selon les contextes : 

    Directrices et directeurs artistiques salariés 

    • statut : contrats longs (CDI ou CDD) 
    • employeurs : grands labels de musique classique 

    Directrices et directeurs artistiques freelances 

    • statut : travailleurs indépendants 
    • employeurs : labels, orchestres ou divers projets d’enregistrement 

    Directrices et directeurs artistiques-interprètes 

    • statut : variable (contrat par projet, indépendant) 
    • employeurs : sur leurs propres projets d’enregistrement ou en collaboration avec d’autres artistes 

    La majorité des directrices et directeurs artistiques en musique classique travaillent en freelance, sur une base projet par projet, même si certains postes permanents existent au sein des grands labels. 

    Compétences requises

    Ces professionnelles et professionnels doivent posséder : 

    • une formation musicale approfondie, 
    • une excellente connaissance du répertoire classique et des pratiques d’interprétation, 
    • une compréhension des techniques d’enregistrement et de production audio, 
    • des compétences en gestion de projet, en communication et en diplomatie, 
    • une solide culture de l’histoire de la musique et des enregistrements de référence. 

    Représentation des genres 

    Traditionnellement, les postes de direction artistique dans la musique classique ont été majoritairement occupés par des hommes. 

    Situation actuelle

    La représentation des femmes progresse, notamment dans les labels indépendants et les projets contemporains, mais dans les grands labels classiques traditionnels, les postes restent encore majoritairement masculins. 

    Initiatives pour le changement 

    Des organisations comme Women in Music et Keychange œuvrent à promouvoir l’égalité des genres dans l’industrie musicale, y compris dans le secteur classique. 

    Défis du métier 

    La profession de directrice ou directeur artistique en musique classique implique : 

    • une grande précision et une forte concentration pendant de longues sessions, 
    • la pression de produire des enregistrements irréprochables malgré des budgets et des délais souvent serrés, 
    • la gestion des attentes et des personnalités de musiciens et musiciennes de haut niveau, la nécessité d’adapter en permanence les stratégies de production et de diffusion face à l’évolution du marché du disque classique (essor du streaming, poids croissant des concerts live). 

    En résumé

    Être directrice ou directeur artistique en musique classique est un métier exigeant et enrichissant, qui combine expertise musicale, compétences techniques en production audio et qualités humaines. Il nécessite de conjuguer rigueur et sensibilité, tout en créant un climat de travail propice à la meilleure interprétation possible.