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  • Le métier de Dumiste 

    Le métier de Dumiste 

    Une Dumiste ou un Dumiste (Diplôme Universitaire de Musicien Intervenant) est une ou un professionnel de la musique spécialisé dans l’enseignement et l’éveil musical auprès des enfants en milieu scolaire. Ce métier s’inscrit dans une mission pédagogique et artistique au service de l’éducation musicale des plus jeunes, en collaboration étroite avec les enseignantes et enseignants de l’Éducation nationale. En 30 ans, les neuf CFMI (Centres de Formation de Musiciens Intervenants) ont formé environ 4 500 à 5 000 dumistes, avec un taux d’insertion professionnelle qui avoisine les 100 %. 

    Quotidien

    Le quotidien des Dumistes est centré sur l’intervention musicale en milieu scolaire. Leur travail inclut : 

    • la conception et l’animation de séances d’éveil musical adaptées aux différents cycles scolaires (maternelle et élémentaire), 
    • la préparation de projets pédagogiques en collaboration avec les enseignantes et enseignants, 
    • la coordination avec les équipes éducatives et les directrices ou directeurs d’école, 
    • l’organisation de spectacles et de restitutions musicales, 
    • la participation à des réunions pédagogiques. 

    Elles et ils passent également du temps à : 

    • préparer le matériel pédagogique et les supports musicaux, 
    • se former aux nouvelles approches pédagogiques, 
    • participer à des projets artistiques et culturels du territoire, 
    • collaborer avec les écoles de musique, conservatoires et structures culturelles locales, 
    • se déplacer entre différents établissements scolaires. 

    Types d’employeurs

    Les Dumistes travaillent généralement pour : 

    • des collectivités territoriales (communes, intercommunalités, départements) – qui emploient environ les deux tiers des musiciens intervenants 
    • des écoles de musique et conservatoires 
    • des associations d’éducation musicale – qui emploient environ un tiers des professionnels 
    • l’Éducation nationale (dans certains cas) 
    • des structures culturelles proposant des actions en milieu scolaire 

    Types de contrats 

    Les contrats varient selon la structure employeuse : 

    Dumistes titulaires de la fonction publique territoriale 

    • statut : fonctionnaire territorial 
    • employeur : collectivités locales 
    • cadre d’emploi : assistant territorial d’enseignement artistique 

    Dumistes contractuels 

    • statut : contrat à durée déterminée ou indéterminée 
    • employeur : collectivités, associations, écoles de musique 

    Dumistes vacataires 

    • statut : vacation horaire 
    • employeur : diverses structures pour des interventions ponctuelles 

    Dumistes en CDD de mission 

    • statut : contrat lié à des projets spécifiques 
    • employeur : structures culturelles, associations 

    La majorité des Dumistes occupent des postes permanents au sein de collectivités territoriales ou d’écoles de musique. 

    Compétences requises

    Ce métier demande : 

    • une solide formation musicale (pratique instrumentale et/ou vocale), 
    • le Diplôme Universitaire de Musicien Intervenant (DUMI) ou équivalent reconnu, 
    • d’excellentes compétences pédagogiques adaptées au jeune public, 
    • une connaissance du développement de l’enfant et des programmes scolaires, 
    • des capacités de travail en équipe et de coordination avec les enseignants, 
    • de la créativité et des qualités d’animation, 
    • une aisance relationnelle avec les enfants, les équipes éducatives et les partenaires institutionnels, 
    • une capacité d’adaptation à différents publics et contextes

    Représentation des genres 

    Le métier de Dumiste présente une meilleure représentation féminine que de nombreux autres métiers de la musique. . 

    Situation actuelle 

    La profession est féminisée à 70 % selon les données du Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale (CSFPT, 2022). Les étudiants des CFMI sont également aux deux tiers des femmes, confirmant cette tendance à la féminisation du métier. Cette surreprésentation féminine reflète une tendance observée dans les métiers de l’enseignement, de la petite enfance et du soin. 

    Initiatives pour l’équilibre 

    • Encouragement de la diversité des profils dans les formations DUMI, 
    • Valorisation du métier auprès de tous les publics, 
    • Développement de parcours professionnels attractifs pour maintenir l’équilibre des genres. 

    Défis du métier

    Le métier de Dumiste implique : 

    • des déplacements fréquents entre plusieurs établissements scolaires, 
    • la nécessité de s’adapter à des environnements et des publics variés, 
    • la gestion de groupes parfois nombreux avec des niveaux hétérogènes, 
    • des horaires calqués sur le temps scolaire (interventions majoritairement en journée), 
    • la précarité de certains statuts (vacations, CDD), 
    • la nécessité de renouveler constamment ses approches pédagogiques, 
    • un travail physique et vocal exigeant, 
    • la recherche d’un équilibre entre les attentes institutionnelles et les ambitions artistiques. 

    En résumé

    Être Dumiste, c’est exercer un métier à la fois artistiquement enrichissant et pédagogiquement exigeant. Il combine une expertise musicale variée, des compétences pédagogiques affirmées et une capacité à travailler en partenariat, tout en nécessitant une grande adaptabilité face aux différents contextes d’intervention et aux évolutions de l’éducation artistique et culturelle. 

  • Le métier d’interprète instrumentiste 

    Le métier d’interprète instrumentiste 

    Un ou une instrumentiste interprète des œuvres musicales, en tant que soliste, au sein d’un ensemble, d’un groupe ou d’un orchestre. Son rôle est de créer, d’interpréter ou de transmettre de la musique à un public. 

    Quotidien

    Le quotidien des musiciens et des musiciennes est rythmé par la pratique, les répétitions et les représentations publiques. Une grande partie de leur temps est consacrée à l’entraînement individuel, indispensable pour maintenir et développer les compétences, ainsi qu’aux répétitions collectives en vue des concerts. 
    De plus en plus, cette activité inclut aussi la médiation culturelle, l’enseignement ou la participation à des projets éducatifs.

    Types d’employeurs

    Les interprètes peuvent exercer sous des statuts variés et collaborer avec des structures très diverses : 

    • orchestres symphoniques ou philharmoniques ; 
    • ensembles de musique de chambre ; 
    • compagnies d’opéra ; 
    • groupes de musique populaire, de jazz ou de musiques actuelles ; 
    • établissements d’enseignement (conservatoires, écoles de musique) ; 
    • travail indépendant ou en freelance ; 
    • labels de musique ; 
    • sociétés de production audiovisuelle. 

    Types de contrats

    La majorité des instrumentistes — tout comme d’autres artistes du spectacle vivant (danseurs et danseuses, comédiens et comédiennes, acteurs et actrices, techniciens et techniciennes du son et de l’image…) — travaillent sur des projets ponctuels et relèvent du régime d’intermittence du spectacle pour leur protection sociale. 

    Parmi les instrumentistes classiques, seule une minorité (environ deux mille personnes, soit un quart du total) occupe des postes permanents dans des orchestres. Beaucoup d’artistes intermittents et intermittentes complètent leurs revenus en enseignant dans des écoles de musique et conservatoires ou en donnant des cours particuliers. 

    Au sein des orchestres, plusieurs statuts coexistent selon la structuration et le financement : 

    Orchestres nationaux 

    • statut : agents et agentes contractuels de l’État 
    • employeur : ministère de la Culture 
    • exemples : Orchestre de Paris, Orchestre national de France 

    Orchestres régionaux ou municipaux 

    • statut : agents et agentes territoriaux (fonction publique territoriale) 
    • employeur : collectivités territoriales (régions, départements, municipalités) 
    • exemples : Orchestre national de Lyon, Orchestre philharmonique de Strasbourg 

    Orchestres en régie personnalisée 

    • statut : salariés et salariées de droit privé 
    • employeur : établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) 
    • exemple : Orchestre national de Lille 

    Orchestres associatifs 

    • statut : salariés et salariées de droit privé 
    • employeur : association loi 1901 
    • exemple : Orchestre national des Pays de la Loire 

    Opéras nationaux en région 

    • statut : variable selon la structure juridique (EPIC, régie municipale, etc.) 
    • employeur : l’Opéra lui-même 

    Orchestres et ensembles spécialisés (réseau FEVIS, notamment) 

    • statut : intermittents et intermittentes du spectacle 
    • employeur : souvent une association loi 1901 
    • exemples : Les Talens Lyriques, Les Arts Florissants 

    Dans tous ces cas, les musiciennes et musiciens peuvent bénéficier de contrats à durée indéterminée (CDI) après concours et période probatoire (de 3 mois à un an). Pour les agents et agentes territoriaux, la titularisation se fait après une période probatoire de 3 ans maximum et l’accès au CDI intervient généralement après 6 ans d’ancienneté. 
    Les conditions de travail, les grilles salariales et les avantages diffèrent selon les statuts : par exemple, les musiciens et musiciennes de la fonction publique territoriale relèvent d’une grille indiciaire spécifique, tandis que celles et ceux des orchestres associatifs dépendent de conventions collectives particulières. Même dans un orchestre permanent, il est courant d’avoir des engagements ponctuels (par saison ou par production) en complément du noyau fixe. 

    Cas particulier : l’Orchestre National de Jazz (ONJ) 

    L’ONJ se distingue par son fonctionnement : 

    • modèle : orchestre en résidence, et non formation permanente ; 
    • type de contrat : engagement sous le régime de l’intermittence du spectacle ; 
    • durée : mandats de deux ans, liés à la direction artistique en place ; 
    • engagement : séries de concerts, répétitions et enregistrements, sans exclusivité ; 
    • employeur : l’association ONJ ; 
    • renouvellement : à chaque nouvelle direction, une équipe peut être recomposée. 

    Compétences requises 

    Au-delà de la maîtrise technique de leur instrument, les musiciennes et musiciens doivent développer :

    • une solide culture musicale ;
    • des aptitudes d’écoute et de travail en équipe ;
    • une grande discipline personnelle ;
    • des compétences en communication, en gestion de projet et en technologies musicales, de plus en plus recherchées.

    Représentation des genres 

    Historiquement masculin, le métier de musicien et musicienne d’orchestre se féminise progressivement. Ainsi, il a fallu attendre 1997 pour qu’une femme intègre l’orchestre philharmonique de Vienne. Certains instruments demeurent très marqués par des stéréotypes : les cuivres, les percussions et la contrebasse restent très masculinisés, tandis que la harpe attire encore peu d’hommes. 
    En 2023, en France, 38 % des musiciennes et musiciens permanents dans les orchestres sont des femmes. 
    L’Association française des orchestres (AFO) publie depuis 2001 des études sur l’évolution de la place des femmes dans les orchestres, au sein de l’Observatoire de l’égalité des genres.

    Défis du métier

    La vie professionnelle des musiciennes et musiciens reste souvent instable, avec des revenus variables. Elle exige : 

    • une grande flexibilité ; 
    • la gestion du stress lié aux représentations ; 
    • une disponibilité importante pour les déplacements ; 
    • une capacité à faire face à une forte concurrence, notamment dans le domaine classique. 

    En résumé

    Être musicien ou musicienne interprète est un métier exigeant mais passionnant. Il combine rigueur technique, créativité artistique et adaptabilité face aux multiples réalités de l’industrie musicale contemporaine. 

  • Le métier d’interprète lyrique 

    Le métier d’interprète lyrique 

    Un ou une interprète lyrique chante des œuvres musicales, que ce soit en tant que soliste, au sein d’un ensemble vocal, d’un chœur ou d’un opéra. Son rôle est de transmettre, par la voix, l’émotion et la richesse d’une œuvre musicale auprès d’un public. Le répertoire potentiellement exploré embrasse des styles variés de musique vocale, allant de l’opéra au lied, en passant par l’oratorio et la mélodie française.  

    Quotidien

    Le quotidien des artistes lyriques est rythmé par la pratique vocale, les répétitions et les représentations publiques. Une grande partie de leur temps est consacrée à l’entraînement individuel afin de maintenir et d’affiner la technique vocale. À cela s’ajoutent des répétitions collectives pour préparer les concerts et les productions scéniques. De plus en plus, leur activité inclut également la médiation culturelle, l’enseignement ou la participation à des projets éducatifs. 

    Types d’employeurs

    Les artistes lyriques peuvent exercer sous différents statuts et travailler pour des structures variées : 

    • opéras et théâtres lyriques ; 
    • ensembles vocaux professionnels ; 
    • chœurs d’opéra ou de concert ; 
    • compagnies lyriques indépendantes ; 
    • établissements d’enseignement (conservatoires, écoles de musique) ; 
    • travail indépendant ou en freelance pour divers projets ; 
    • labels de musique classique ; 
    • sociétés de production audiovisuelle. 

    Types de contrats 

    Comme pour les instrumentistes, la majorité des artistes lyriques travaillent sur des projets ponctuels et relèvent du régime de l’intermittence du spectacle pour leur protection sociale. Seule une minorité occupe des postes permanents au sein de chœurs d’opéra ou d’ensembles vocaux. Beaucoup d’artistes intermittents complètent leurs revenus par l’enseignement, que ce soit dans des écoles de musique, des conservatoires ou à travers des cours particuliers de chant. 

    Dans les opéras et ensembles vocaux, les statuts varient selon la structure et le financement : 

    Artistes lyriques des opéras nationaux 

    • statut : agents et agentes contractuels de l’État 
    • employeur : ministère de la Culture 
    • exemples : Opéra national de Paris, Théâtre national de l’Opéra-Comique 

    Artistes lyriques des opéras régionaux ou municipaux 

    • statut : agents et agentes territoriaux (fonction publique territoriale) 
    • employeur : collectivités territoriales (régions, départements, municipalités) 
    • exemples : Opéra de Lyon, Opéra national du Rhin 

    Artistes lyriques des opéras en régie personnalisée 

    • statut : salariés et salariées de droit privé 
    • employeur : établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) 
    • exemple : Opéra national de Bordeaux 

    Artistes lyriques des ensembles vocaux associatifs 

    • statut : salariés et salariées de droit privé 
    • employeur : association loi 1901 
    • exemples : Les Arts Florissants, Accentus 

    Artistes lyriques des opéras nationaux en région 

    • statut : variable selon la structure juridique (EPIC, régie municipale, etc.) 
    • employeur : l’Opéra lui-même 

    Artistes lyriques des ensembles vocaux spécialisés 

    • statut : intermittents et intermittentes du spectacle 
    • employeur : le plus souvent des associations loi 1901 
    • exemples : Les Éléments, Musicatreize 

    Dans tous ces cas, les artistes permanents accèdent généralement à des contrats à durée indéterminée (CDI) après une audition et une période probatoire de trois mois à un an. Pour les agents et agentes territoriaux, le processus de titularisation est similaire à celui des instrumentistes dans la fonction publique territoriale. 
    Les conditions de travail, les grilles salariales et les avantages varient selon les statuts. Les artistes lyriques de la fonction publique territoriale relèvent d’une grille indiciaire spécifique, tandis que celles et ceux des ensembles associatifs peuvent être régis par des conventions collectives particulières. 
    Même au sein d’un chœur permanent d’opéra, il existe des contrats ponctuels : certains artistes sont engagés pour une saison ou pour des productions spécifiques, en complément du noyau stable. 

    Compétences requises 

    Outre l’excellence vocale, les artistes lyriques doivent développer : 

    • une solide culture musicale ; 
    • des capacités d’écoute et de travail en équipe ; 
    • une grande discipline personnelle ; 
    • des compétences en langues étrangères, en art dramatique et parfois en danse. 

    Des aptitudes en communication et en gestion de carrière constituent également un atout. 

    Représentation des genres 

    Le métier d’artiste lyrique s’est historiquement montré plus équilibré que celui de musicien et musicienne d’orchestre en matière de genre. Cette spécificité s’explique en partie par la classification des voix : certaines tessitures sont traditionnellement associées aux femmes (soprano, alto), d’autres aux hommes (ténor, basse). 

    Défis du métier 

    La carrière d’artiste lyrique peut être instable, avec des revenus irréguliers. Elle exige : 

    • une grande flexibilité ; 
    • la gestion du stress des représentations ; 
    • une disponibilité importante pour les déplacements ;
    • une attention constante à la santé vocale, impliquant une hygiène de vie rigoureuse. 

    La concurrence est particulièrement forte dans le domaine de l’opéra. 

    En résumé 

    Être artiste lyrique interprète est un métier à la fois exigeant et gratifiant. Il associe passion artistique, rigueur technique, compétences scéniques et adaptabilité, au service de l’émotion musicale et de la rencontre avec le public. 

  • Le métier de musicologue 

    Le métier de musicologue 

    Un·e musicologue est une chercheuse ou un chercheur dont la spécialité est l’étude scientifique de la musique. Leur rôle est d’analyser, de contextualiser et d’interpréter la musique sous ses différents aspects : historique, théorique, sociologique, anthropologique ou esthétique. 

    Quotidien 

    Le quotidien des musicologues est rythmé par la recherche, l’enseignement et l’écriture. Une grande partie du temps est consacrée à l’étude de sources primaires (partitions, enregistrements, documents historiques), à l’analyse musicale et à la rédaction d’articles ou d’ouvrages académiques. 
    Une musicologue ou un musicologue peut aussi préparer des cours, participer à des conférences, mener des entretiens ou réaliser des enquêtes de terrain. 

    Types d’employeurs 

    Les musicologues peuvent travailler pour : 

    • universités et établissements d’enseignement supérieur, 
    • conservatoires et écoles de musique, 
    • centres de recherche musicale, 
    • musées et institutions culturelles, 
    • maisons d’édition spécialisées, 
    • médias spécialisés (revues, radios culturelles), 
    • orchestres et opéras (comme conseillers ou rédacteurs de programmes), 
    • ou exercer en freelance, en indépendant ou indépendante, pour divers projets de recherche et d’écriture. 

    Types de contrats 

    Selon les contextes, les statuts sont divers : 

    Musicologues universitaires 

    • statut : enseignants-chercheurs (maîtres de conférences, professeurs et professeures des universités) 
    • employeurs : universités, grandes écoles 
    • exemples : professeur de musicologie à la Sorbonne, chercheur ou chercheuse au CNRS 

    Musicologues en institution culturelle 

    • statut : variable (CDI, CDD, contrat de projet) 
    • employeurs : musées, bibliothèques, centres de recherche 
    • exemples : conservatrice ou conservateur à la Bibliothèque nationale de France, chercheuse ou chercheur à l’IRCAM 

    Musicologues freelances 

    • statut : travailleurs et travailleuses indépendant·es 
    • employeurs : institutions culturelles, projets spécifiques (conseil, rédaction, expertise) 

    Musicologues dans l’édition ou les médias 

    • statut : salariés, salariées ou pigistes 
    • employeurs : maisons d’édition, journaux, radios 

    La majorité des musicologues exercent dans le milieu académique avec des contrats stables d’enseignement, notamment (fonction publique, CDI). Cependant, on trouve de plus en plus de musicologues sur des contrats temporaires liés à des projets de recherche, ou travaillant en indépendant pour des institutions. 

    Compétences requises 

    Les musicologues doivent posséder une solide formation musicale et scientifique. Ils et elles doivent notamment : 

    • maîtriser les méthodes de recherche et d’analyse musicale, 
    • avoir d’excellentes capacités rédactionnelles et de communication, 
    • connaître plusieurs langues pour l’étude de sources internationales, 
    • développer des compétences spécifiques selon leur spécialité (paléographie musicale, ethnomusicologie, technologies numériques appliquées à la musique). 

    Représentation des genres 

    Comme dans beaucoup de disciplines académiques, la musicologie a longtemps été dominée par les hommes. 

    Situation actuelle 

    La représentation des femmes s’est considérablement améliorée : dans de nombreux pays, la parité est atteinte, voire une majorité de femmes parmi les étudiantes et étudiants en musicologie. Toutefois, les postes les plus prestigieux (comme les chaires de professeur) restent encore majoritairement occupés par des hommes. 

    Initiatives pour le changement 

    • Des sociétés savantes de musicologie mettent en place des comités sur la diversité et l’inclusion. 
    • De plus en plus de recherches valorisent les contributions des compositrices et musiciennes, longtemps marginalisées dans l’histoire de la musique. 

    Défis du métier 

    La profession de musicologue comporte plusieurs défis : 

    • rareté des postes académiques permanents, 
    • pression à publier régulièrement (« publish or perish »), 
    • nécessité de trouver des financements pour les projets de recherche, 
    • adaptation constante aux nouvelles méthodologies et technologies, 
    • besoin de justifier la pertinence de la discipline dans un contexte où les sciences humaines sont parfois fragilisées. 

    En résumé 

    Le métier de musicologue est intellectuellement stimulant mais exigeant. Il combine expertise musicale, capacités d’analyse et de recherche, et exige une grande adaptabilité aux évolutions du monde académique et culturel. 

  • Le métier de réalisatrice ou réalisateur musical 

    Le métier de réalisatrice ou réalisateur musical 

    Une réalisatrice ou un réalisateur musical, dans l’industrie discographique, supervise et guide le processus créatif d’enregistrement et de production d’un album ou d’un single.  
    Ce terme est surtout utilisé dans les musiques actuelles (rock, pop, musiques urbaines, électroniques, etc.). Pour la musique classique, on parle plutôt de directrice ou directeur artistique. 
    Leur rôle est de traduire la vision artistique en un produit sonore abouti, en collaborant étroitement avec l’artiste et l’équipe technique. 

    Quotidien 

    Le quotidien des réalisatrices et réalisateurs musicaux est principalement centré sur le travail en studio. Une grande partie de leur temps est consacrée à : 

    • préparer les sessions (choix des musiciens et musiciennes, travail sur les arrangements), 
    • diriger les enregistrements, 
    • superviser la production sonore, le mixage et le mastering, 
    • affiner les prises et écouter les enregistrements avec un regard critique. 

    Ils et elles passent également du temps à échanger avec les artistes pour comprendre leur vision, et à collaborer avec les ingénieures et ingénieurs du son. 

    Types d’employeurs et d’employeuses 

    Les réalisatrices et réalisateurs musicaux peuvent travailler pour : 

    • des maisons de disques (majors et labels indépendants), 
    • des studios d’enregistrement, 
    • des sociétés de production musicale, 
    • des artistes indépendants, 
    • ou exercer en tant qu’indépendants et freelances. 

    Types de contrats 

    Leurs statuts varient selon les structures et les projets : 

    Réalisatrices et réalisateurs musicaux salariés 

    • statut : contrats à durée déterminée ou indéterminée 
    • employeurs : majors, grands studios d’enregistrement 
    • exemples : réalisatrice musicale chez Universal Music, producteur résident dans un studio 

    Réalisatrices et réalisateurs freelances 

    • statut : travailleurs indépendants 
    • employeurs : labels, artistes ou projets spécifiques 

    Réalisatrices et réalisateurs propriétaires de studio 

    • statut : entrepreneuses ou entrepreneurs 
    • employeurs : leur propre structure, avec divers clients 

    Réalisatrices et réalisateurs artistes 

    • statut : variable (indépendants, salariés temporaires) 
    • employeurs : leurs propres projets ou ceux d’autres artistes 

    La majorité exerce en freelance ou en indépendant, avec des contrats par projet. Certains entretiennent des collaborations régulières et durables avec des labels ou des artistes. 

    Compétences requises 

    Les réalisatrices et réalisateurs musicaux doivent développer : 

    • une oreille musicale fine, 
    • une solide compréhension de la théorie musicale et des techniques d’enregistrement, 
    • une maîtrise des technologies de production (Pro Tools, Logic Pro, etc.), 
    • des compétences en gestion de projet et en communication, 
    • des qualités relationnelles et psychologiques pour diriger des sessions et accompagner les artistes, 
    • une bonne connaissance des tendances musicales et de l’industrie du disque. 

    Représentation des genres 

    Historiquement, ce métier a été largement masculin, en raison des inégalités de genre dans les domaines techniques et dans l’industrie musicale. 

    Initiatives pour le changement 

    • Des organisations comme Women in Music et She Is The Music œuvrent à la promotion des femmes dans tous les métiers de la musique, y compris la production. 
    • Certains studios et labels développent des programmes pour former et mettre en avant davantage de réalisatrices musicales. 

    Défis du métier 

    Le métier de réalisatrice ou réalisateur musical est exigeant : 

    • longues heures passées en studio, 
    • délais serrés et pression pour produire des succès commerciaux, 
    • évolution rapide des technologies nécessitant une formation continue, 
    • complexité de la gestion des personnalités artistiques et des attentes divergentes (artistes, labels, managers), 
    • forte précarité liée au statut souvent freelance. 

    En résumé 

    Être réalisatrice ou réalisateur musical est un métier à la fois créatif et technique, où il faut concilier sens artistique, maîtrise des outils de production et qualités humaines. C’est une profession stimulante et exigeante, qui demande adaptabilité et vision pour évoluer au rythme des transformations constantes de l’industrie musicale et des technologies sonores.

  • Le métier de scripte ou conseillère/conseiller musical pour captations de concert 

    Le métier de scripte ou conseillère/conseiller musical pour captations de concert 

    Un·e script·e ou un·e conseiller·e musical·e pour captations de concert est une personne qui joue un rôle clé dans la réalisation et le développement de productions audiovisuelles musicales de qualité. Ce terme est utilisé dans le monde de la production audiovisuelle musicale pour désigner celles et ceux qui assument la direction artistique et technique des captations de concerts. 

    Quotidien 

    Le quotidien d’une conseillère ou d’un conseiller musical est principalement centré sur la préparation, la réalisation et la post-production des captations de concerts. Une grande partie du temps de travail est consacrée à l’étude des partitions, à la collaboration avec les réalisateurs et réalisatrices, à l’élaboration de scripts détaillés, à la direction en temps réel pendant les captations, ainsi qu’à la participation au montage. Les conseillères et conseillers musicaux assistent aussi aux répétitions et collaborent étroitement avec les équipes techniques et de production. 

    Types d’employeurs 

    Les conseillères et conseillers musicaux peuvent travailler pour : 

    • des chaînes de télévision (publiques ou privées) ; 
    • des sociétés de production audiovisuelle ; 
    • des plateformes de streaming musical ; 
    • des orchestres et ensembles musicaux (pour leurs productions internes) ; 
    • des festivals de musique. 

    Types de contrats 

    Les conseillères et conseillers musicaux peuvent occuper différents types de contrats : 

     Permanents 

    • statut : contrat à durée indéterminée, 
    • employeur : chaînes de télévision, sociétés de production ; 

    Freelance 

    • statut : intermittent du spectacle ou auto-entrepreneur, 
    • employeur : divers clients pour des projets spécifiques. 

    La majorité exerce en tant que freelance, alternant entre différents projets et structures. 

    Compétences requises 

    Les conseillères et conseillers musicaux doivent avoir une connaissance approfondie de la musique, de la lecture de partitions et des techniques de production audiovisuelle. D’excellentes compétences en communication, en gestion du stress et en travail d’équipe sont essentielles. Une formation musicale solide (souvent un diplôme supérieur en musique) est généralement requise, ainsi qu’une expérience significative dans la production audiovisuelle. La maîtrise des différents genres musicaux et des pratiques de concert constitue un atout important. 

    Défis du métier 

    C’est un métier exigeant, avec des horaires irréguliers et une forte pression liée aux contraintes du direct ou du quasi-direct. La nécessité de s’adapter rapidement aux imprévus, de concilier les visions artistiques des musiciens et des réalisateurs ou réalisatrices, et de maintenir une qualité constante dans des conditions parfois difficiles peut générer beaucoup de tension. L’évolution rapide des technologies de captation et de diffusion demande une mise à jour permanente des compétences et une formation continue. 

    Conclusion 

    Le métier de conseillère et conseiller musical est à la fois artistiquement stimulant et techniquement complexe. Il combine une expertise musicale approfondie avec des compétences en production audiovisuelle, tout en exigeant une grande réactivité et une capacité d’adaptation face aux défis spécifiques des captations de concerts en direct ou en différé. 

  • Le métier de directrice ou directeur artistique de label (DA) 

    Le métier de directrice ou directeur artistique de label (DA) 

    Une directrice ou un directeur artistique de label est responsable de la vision créative et de la stratégie artistique d’une maison de disques. Leur rôle est de découvrir, développer et promouvoir des artistes, tout en supervisant la production et la commercialisation des projets musicaux. 

    Quotidien 

    Le quotidien des directrices et directeurs artistiques est rythmé par : 

    • des sessions en studio, 
    • des rencontres et échanges avec des artistes, 
    • des collaborations avec les équipes de l’industrie musicale. 

    Une grande partie du temps est consacrée à l’évaluation de nouveaux talents, à la planification de sorties d’albums, à la supervision de productions musicales et au travail conjoint avec les équipes marketing et promotion. 
    Les DA participent également à la négociation de contrats, assistent régulièrement à des concerts et suivent de près les tendances de l’industrie musicale. 

    Types d’employeurs 

    Les directrices et directeurs artistiques de label peuvent travailler pour : 

    • des majors de l’industrie du disque (Universal Music, Sony Music, Warner Music), 
    • des labels indépendants, 
    • des labels de niche spécialisés dans certains genres, 
    • des labels créés par des artistes, 
    • des sociétés de production musicale, 
    • des plateformes de streaming développant leurs propres contenus. 

    Types de contrats 

    Le statut varie selon les structures : 

    Directrices et directeurs artistiques en major 

    • statut : généralement salariés en CDI 
    • employeur : grandes maisons de disques 
    • exemples : directrice artistique chez Universal Music France, directeur artistique chez Sony Music Entertainment 

    Directrices et directeurs artistiques en label indépendant 

    • statut : variable (CDI, associé ou associée, propriétaire) 
    • employeurs : labels indépendants 
    • exemples : directrice artistique d’un label de jazz, directeur artistique fondateur d’un label indie rock 

    Directrices et directeurs artistiques freelances ou consultants 

    • statut : travailleurs et travailleuses indépendants 
    • employeurs : labels divers pour des projets spécifiques ou du conseil 

    Directrices et directeurs artistiques d’artistes-labels 

    • statut : salarié/salariée ou associé/associée 
    • employeurs : labels créés et gérés par des artistes eux-mêmes 

    La plupart des directrices et directeurs artistiques occupent des postes permanents (souvent en CDI) dans les majors. Dans les petites structures ou les labels émergents, ils et elles peuvent être associés ou propriétaires du label. 

    Compétences requises 

    Les directrices et directeurs artistiques doivent combiner : 

    • une excellente connaissance de l’industrie musicale, 
    • une sensibilité artistique affirmée, 
    • un bon sens des affaires, 
    • la capacité à identifier de nouveaux talents et les tendances émergentes, 
    • des compétences en gestion de projet, négociation et marketing, 
    • une compréhension des aspects juridiques de l’industrie musicale, 
    • une aptitude à entretenir un réseau professionnel solide. 

    Représentation des genres 

    Comme pour beaucoup de postes de direction dans l’industrie musicale, la fonction reste encore très masculine. 

    Situation actuelle 

    • La représentation des femmes dans les postes de direction artistique progresse, mais demeure inégale. 
    • Moins de deux labels sur dix sont créés par des femmes. 
    • Dans les majors, les postes les plus élevés restent majoritairement occupés par des hommes. 

    Initiatives pour le changement 

    • Des organisations telles que Women in Music et Keychange promeuvent l’égalité des genres dans l’industrie musicale, y compris dans les postes de direction. 
    • Certains labels mettent en place des politiques de diversité pour favoriser une meilleure représentativité dans leurs équipes. 

    Défis du métier 

    Le métier de directrice ou directeur artistique de label est très concurrentiel et exigeant : 

    • pression constante pour découvrir le « prochain grand artiste » et produire des succès commerciaux, 
    • horaires irréguliers, souvent marqués par des concerts et événements en soirée ou le week-end, 
    • nécessité d’adapter en permanence les stratégies à l’évolution rapide du marché (impact du streaming, rôle des réseaux sociaux), 
    • gestion des attentes, parfois complexes, des artistes et de leur entourage. 

    En résumé 

    Être directrice ou directeur artistique de label est une fonction à la fois stimulante et exigeante. Elle demande un équilibre entre sensibilité artistique et compétences en gestion et en stratégie. C’est un métier au cœur des mutations de l’industrie musicale, qui requiert une grande adaptabilité et une solide vision pour accompagner les artistes et leurs projets. 

  • Le métier d’ingénieure ou ingénieur du son 

    Le métier d’ingénieure ou ingénieur du son 

    Une ingénieure ou un ingénieur du son est une professionnelle ou un professionnel dont l’expertise est l’enregistrement, le mixage et la production sonore. Les applications sont diverses : musique, cinéma, télévision, radio ou spectacle vivant. 

    Quotidien 

    Le quotidien des ingénieures et ingénieurs du son varie selon leur domaine de spécialisation, mais il est généralement rythmé par : 

    • des sessions d’enregistrement, de mixage ou de sonorisation, 
    • la préparation technique des séances, 
    • l’écoute et l’ajustement des sons, 
    • la collaboration avec des artistes, des réalisateurs et réalisatrices, des productrices et producteurs. 

    Ils et elles passent aussi du temps à entretenir et à configurer le matériel audio, à expérimenter de nouvelles technologies sonores et à gérer les aspects administratifs liés à leurs projets. 

    Types d’employeurs 

    Les ingénieures et ingénieurs du son peuvent travailler pour : 

    • des studios d’enregistrement, 
    • des sociétés de production audiovisuelle, 
    • des chaînes de télévision et stations de radio, 
    • des salles de concert et théâtres, 
    • des sociétés de post-production sonore, 
    • des fabricants d’équipement audio, 
    • ou exercer en freelance, en indépendant ou indépendante, pour divers projets. 

    Types de contrats 

    Les statuts varient selon l’activité : 

    Ingénieures et ingénieurs du son en studio 

    • statut : généralement salariés en CDI ou CDD 
    • employeurs : studios d’enregistrement, sociétés de production 
    • exemples : ingénieur du son chez Universal Music, ingénieur de post-production chez Audi’Art 

    Ingénieures et ingénieurs du son pour le spectacle vivant 

    • statut : souvent intermittents du spectacle 
    • employeurs : salles de concert, compagnies de théâtre, tourneurs 
    • exemples : ingénieure façade pour un festival, ingénieur retours pour la tournée d’un artiste 

    Ingénieures et ingénieurs du son freelances 

    • statut : travailleurs indépendants 
    • employeurs : clients variés, projets ponctuels 

    Ingénieures et ingénieurs du son pour la radiodiffusion et télédiffusion 

    • statut : souvent salariés en CDI 
    • employeurs : chaînes de télévision, radios 
    • exemples : ingénieur du son à France Télévisions, technicienne du son à Radio France 

    Beaucoup d’ingénieures et ingénieurs du son exercent comme freelances ou intermittents, alternant entre divers projets et employeurs. D’autres occupent des postes permanents dans des studios, sociétés de production ou médias. 

    Compétences requises 

    Les ingénieures et ingénieurs du son doivent posséder : 

    • une solide formation technique en acoustique, électronique et informatique appliquée à l’audio, 
    • la maîtrise des principaux logiciels de traitement audio (Pro Tools, Pyramix, Logic Pro, Ableton Live, etc.), 
    • une bonne oreille musicale et une sensibilité artistique, 
    • la connaissance et la manipulation d’une large gamme d’équipements audio, 
    • des compétences en communication et en gestion de projet pour collaborer efficacement avec artistes et équipes techniques. 

    Représentation des genres 

    Historiquement, le métier a été très masculin, en particulier dans l’industrie musicale et les métiers techniques. 

    Situation actuelle 

    • Dans certains secteurs, comme la post-production ou la radio, la proportion de femmes ingénieures du son est en augmentation. 
    • Dans d’autres domaines (concerts, enregistrement studio), elles restent encore sous-représentées. 

    Initiatives pour le changement 

    • Des organisations telles que SoundGirls ou Women’s Audio Mission travaillent à promouvoir et soutenir les femmes dans l’industrie audio. 
    • Certaines écoles et formations développent des initiatives pour favoriser davantage de diversité. 

    Défis du métier 

    Le métier d’ingénieure ou ingénieur du son comporte plusieurs contraintes : 

    • horaires irréguliers et longues journées, surtout dans le spectacle vivant, 
    • nécessité de formation continue face à l’évolution rapide des technologies, 
    • forte concurrence, notamment dans l’industrie musicale, 
    • gestion du stress lié aux délais serrés et aux attentes élevées des clients ou des artistes. 

    En résumé 

    Être ingénieure ou ingénieur du son est un métier à la fois technique et artistique, qui associe expertise technologique, créativité et collaboration. Cette profession, stimulante mais exigeante, demande adaptabilité, rigueur et curiosité permanente pour suivre les évolutions de l’industrie du divertissement et des médias. 

  • Le métier de fabricant ou fabricante d’anches

    Le métier de fabricant ou fabricante d’anches

    Le facteur d’anches choisit un roseau selon son diamètre et son épaisseur pour en extraire des anches doubles ou simples placées à l’embouchure de certains instruments à vent. Il affine les pièces à la gouge ou avec des machines à têtes de diamant.

    Emploi et débouchés

    La fabrication d’anches est souvent semi-industrielle, un certain nombre d’opérations s’effectuant sur des machines de pointe. L’outil informatique est également de plus en plus intégré, permettant de réaliser des prototypes d’anches avant d’en faire des patrons en acier. Les fabricants d’anches recherchent en permanence à améliorer leur production, ce qui amène parfois à des créations de nouveaux prototypes : des anches ont été créées mélangeant fibres et résine et présentant de bonnes caractéristiques acoustiques et surtout une longévité améliorée (elles ne sont plus soumises
    aux problèmes hygrométriques et de température). Elles sont cependant utilisées le plus souvent comme anches d’études, car elles ne se rapprochent pas de la sonorité offerte par la nature. Dans son ensemble, la facture instrumentale française se concentre aujourd’hui surtout sur la lutherie de quatuor, les instruments à vent et leurs accessoires, dont les anches.
    Les fabricants d’anches se retrouvent essentiellement dans le bassin varois où l’on trouve de nombreux sites de roseaux de qualité. Plusieurs centaines de milliers d’anches sont produites chaque jour dans le département du Var (source Festival de l’anche). Le secteur repose sur un réseau d’artisans indépendants proches des musiciens et sur quelques entreprises qui se partagent la majorité du marché (SARL Jany Berthelot, Marca, Neuranter/Glotin, Rico, Rigotti, Vandoren…). En France, le marché est estimé à 2 000 000 euros (source CSFI), réalisé à 70 % par l’entreprise Vandoren. L’export est très important dans ce secteur où le savoir-faire et la qualité française sont réputés. Il peut constituer jusqu’à 96 % des commandes des sociétés. Le marché est toujours en progression, la demande excédant à l’heure actuelle encore l’offre.

    Devenir facteur d’anches

    Formation

    Aucune formation spécifique n’est dispensée dans le domaine de la facture d’anches. Les techniques de la facture d’anche sont néanmoins abordées dans les formations de technicien en facture d’instruments à vent.

  • Pianistes accompagnateurs : est-il temps de changer ce nom dans les conservatoires ?

    Pianistes accompagnateurs : est-il temps de changer ce nom dans les conservatoires ?

    Ariane Jacob, pianiste et professeur d’accompagnement au piano au CRR de Paris et au PSPBB 

    De plus en plus de pianistes accompagnateurs et accompagnatrices questionnent un intitulé qui ne reflète plus la richesse de leur métier. Entre reconnaissance insuffisante, statut précaire et terme parfois jugé réducteur, la profession s’interroge : comment nommer, aujourd’hui, ces musicien·nes dont le rôle dépasse largement l’« accompagnement » ? D’anciennes initiatives aux débats actuels, l’article explore les enjeux sémantiques, symboliques et institutionnels d’une appellation en quête de renouveau. 

    « Quand les mots ne désignent pas la réalité, cela crée du désordre. » Mona Ozouf 

    Un grand nombre de pianistes accompagnateur·ices ne se reconnaissent pas dans leur appellation et déplorent qu’elle ne représente qu’une facette de leurs nombreuses compétences. Je réfléchis depuis longtemps – deux tables rondes sur la question lors des journées de l’Accompagnement au CRR de Paris en 2009 et 2017 ainsi qu’un sondage Facebook effectué auprès de plus de cent cinquante personnes en juillet 2020 – à un terme plus porteur et plus dynamique qui pourrait s’y substituer.

    Le mot « accompagnement » est de plus en plus difficile à porter : les relations professionnelles sont moins verticales et le niveau des pianistes accompagnateurs a beaucoup progressé – une phrase telle que « elle ou il n’est pas très bon·ne pianiste, je lui conseille de se tourner vers l’accompagnement » se fait rare.

    Néanmoins, ce mot est défendu par beaucoup d’acteurs de la profession, en ce qu’il contient de belles valeurs : don, générosité et partage, le compagnon est « celui qui partage le pain ».

    Pour autant, une majorité de pianistes accompagnateurs déplore la position de subordination qu’il contient – le compagnon n’est pas maître – ainsi que la confusion que son usage plus large entraîne : légumes d’accompagnement, accompagnement thérapeutique, accompagnement scolaire, etc. Ils ne peuvent que constater dans les faits une organisation administrative qui minore leur fonction :

    — grilles de salaires minimales pour les accompagnateurs ; les tarifs les plus bas leur sont réservés dans les conservatoires quand ils sont vacataires ou contractuels,

    — quasi-absence de postes de PEA pour les accompagnateurs ; ils sont les plus nombreux à exercer avec des statuts précaires et plafonnent au statut ATEA malgré des parcours très diplômés,

    — organisation au sein des conservatoires qui les néglige ; plannings d’examens et/ou d’auditions qui se calent bien souvent entre l’administration et les professeurs sans les en informer, attribution de salles et/ou de pianos de seconde classe, absence de représentation dans les évènements de la saison, etc.

    Il s’ensuit un sentiment latent de dévalorisation ressenti par un nombre non négligeable de personnes, et une réflexion sur le choix d’un mot plus approprié paraitrait légitime. Elle a été menée aux États-Unis depuis longtemps, puis au Royaume-Uni : à présent, nombre d’institutions majeures ont adopté le terme de collaborative pianist1, mais des réticences s’expriment en France pour adopter son équivalent : « pianiste collaboratif·ve » ou « pianiste collaborateur·rice », à cause de la période de la Collaboration. S’il est employé classiquement dans le milieu de l’entreprise, il semble pour autant ne pas être accepté dans un champ artistique. Malgré la perte de la dimension internationale de « pianiste collaboratif·ve », les mots « pianiste partenaire », « pianiste associé·e » ou encore « pianiste guide » pourraient représenter une alternative intéressante.

    Notes

    1. Se reporter aux actions et travaux de Samuel Sanders, Martin Katz et Simon Lepper. ↩︎