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  • L’économie circulaire appliquée à la conception de spectacles ou de projets au sein des lieux culturels

    L’économie circulaire appliquée à la conception de spectacles ou de projets au sein des lieux culturels

    Comment le secteur du spectacle vivant peut-il opérer sa transition écologique sans renoncer à la création ? Cette fiche pas-à-pas, publiée par Auvergne-Rhône-Alpes Spectacle Vivant en partenariat avec l’ACDN, propose un cadre opérationnel structuré en 7 piliers, enrichi de ressources et d’initiatives concrètes issues du territoire.

    Auvergne-Rhône-Alpes Spectacle vivant/ ACDN – Édition 2025

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    1. Contexte et enjeux

    Le secteur culturel, comme l’ensemble de l’économie, est confronté à l’impératif de sortir du modèle linéaire « extraire – produire – consommer – jeter ». L’économie circulaire, définie par l’ADEME comme un système visant à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources tout en diminuant l’impact environnemental, offre un cadre méthodologique solide pour y répondre. L’objectif est de « fermer la boucle » : réemploi, réparation, recyclage et mutualisation deviennent des leviers de création autant que des impératifs écologiques.

    Réalisée à l’occasion de la journée professionnelle du 16 janvier 2025, cette fiche s’adresse aux équipes artistiques et techniques, aux programmateurs, aux directions de lieux et à leurs partenaires institutionnels. Elle couvre sept dimensions interdépendantes de l’économie circulaire, illustrées par des ressources documentaires et des initiatives repérées en Auvergne-Rhône-Alpes et au-delà.

    2. Les 7 piliers de l’économie circulaire appliqués à la culture

    Les sept piliers forment un système cohérent et interdépendant. Chaque structure culturelle peut s’en saisir de manière progressive, en commençant par les dimensions les plus accessibles (sobriété des achats, sensibilisation des équipes) avant de passer à des démarches plus structurelles (écoconception, écologie territoriale).

    PilierObjectif cléExemples d’actions
    01Sobriété et achats responsablesQuestionner le besoin avant tout achat ; privilégier le reconditionné, le local, l’ESSArbre de décision d’achat ; certification ISO 20121 (Jazz à Vienne)
    02ÉcoconceptionIntégrer l’environnement dès la conception selon la norme ISO 14062 (roue Brezet & Van Hemel)Augures Lab / Écothèque ; Collectif 17h25 (modules standardisés de décors d’opéra)
    03Écologie culturelle et territorialeMutualiser les flux (matières, énergie, eau, services) à l’échelle d’un territoireQuartier Circulaire Villette–Rosa Parks (Paris) ; synergies entre Philharmonie, Centquatre
    04Économie de la fonctionnalité et coopérationVendre l’usage plutôt que le bien ; mutualiser équipements et servicesCAGIBIG, La Fabrik/KUMA, Noonsi Prod, MOSH by Wobz (vaisselle réemployable à puce RFID)
    05Allongement de la durée d’usageRéemploi (même usage) et réutilisation (nouvel usage) des matériaux et objets scéniquesARTEX (Clermont-Fd), Matériauthèque Théâtre de l’Élysée (Lyon), RESSAC (réseau national)
    06Gestion et sensibilisation des acteurs et publicsFormer, sensibiliser et engager les équipes et les publics ; programmation en résonance écologiqueFestival Bien l’Bourgeon, Woodstower, Graines Électroniques, Drastic on Plastic
    07Prévention des déchets, valorisation et recyclageHiérarchie : prévention > réemploi > réutilisation > recyclage > valorisation énergétique > éliminationAREMACS (diagnostics déchets événementiels), Cubdo (cube d’eau réutilisable)

    3. Panorama des initiatives repérées

    Le document recense plus d’une vingtaine d’initiatives concrètes, principalement en Auvergne-Rhône-Alpes, démontrant que la transition est déjà en cours dans le secteur. Les structures ci-dessous illustrent la diversité des modèles possibles, de la ressourcerie culturelle à la coopérative de matériel, en passant par la certification ISO ou la programmation engagée.

    StructureLieuPilier(s)Action emblématique
    Jazz à VienneVienne (38)01Certification ISO 20121 ; achats locaux et circuits courts
    Déjà-VuLyon (69)02Matériauthèque et ACV pour expositions
    Collectif 17h25Lyon/Paris/Aix/Bruxelles02Modules standardisés de décors d’opéra
    Théâtre de l’AquariumParis (75)02Ressourcerie + atelier de scénographie responsable
    Quartier Villette–Rosa ParksParis (75)03Écologie industrielle territoriale intégrant des lieux culturels
    CAGIBIGLyon (69)04Mutualisation de matériel événementiel ; Journées de la mutualisation
    La Fabrik – KUMASaint-Symphorien-sur-Coise (69)04~15 structures mutualisent leur matériel technique
    MOSH by WobzLyon (69)04Vaisselle réemployable à puce RFID + lavage local
    ARTEXClermont-Ferrand (63)05Ressourcerie culturelle + manufacture créative éco
    Matériauthèque ÉlyséeLyon (69)05Grenier d’échange de décors entre compagnies (depuis mai 2024)
    RESSACNational05Réseau national des ressourceries artistiques et culturelles (créé en 2020)
    Festival Bien l’BourgeonSaint-Geoire-en-Valdaine (38)06Programmation articulant art et enjeux environnementaux
    AREMACSLyon (69)06–07Accompagnement déchets événementiels depuis 20 ans ; réseau REER

    4. Ressources documentaires clés

    Le document compile une sélection de guides et référentiels nationaux mobilisables par tout acteur culturel :

    • Guide d’orientation pour la transition écologique de la culture – Ministère de la Culture (2023)
    • Développer l’économie circulaire dans les lieux culturels parisiens – Ville de Paris (2021) : 9 boîtes à outils opérationnelles
    • Économie circulaire et culture : concilier création et préservation des ressources – ORÉE (2021)
    • Manifeste de l’éco-scénographie – Union des scénographes (2023) : appel à mobilisation pour le réemploi de décors et costumes
    • Guide méthodologique pour des décors d’opéra à moindre impact – Festival d’Aix-en-Provence / Pôle Eco Design (2018)
    • Panorama de la mutualisation en France – CAGIBIG (2021)
    • Achats responsables : les achats représentent en moyenne 80 % du budget d’un festival – COFEES (2022)

    5. Points de vigilance et recommandations

    La fiche met en évidence plusieurs leviers d’action prioritaires pour les structures qui souhaitent engager ou approfondir leur démarche circulaire :

    • Interroger systématiquement le besoin avant tout achat, via un arbre de décision formalisé (est-il indispensable ? disponible en stock ? réparable ? louable ? d’occasion ?).
    • Intégrer les critères environnementaux dès la conception des projets et non en fin de chaîne, selon la roue de l’écoconception (Brezet & Van Hemel), qui couvre 8 étapes du cycle de vie.
    • Développer des logiques de mutualisation à l’échelle territoriale, notamment pour le matériel technique et scénique, en s’appuyant sur les réseaux existants (CAGIBIG, RESSAC, Retour de Scène, etc.).
    • Appliquer la hiérarchie légale des déchets : la prévention prime sur le réemploi, qui prime sur le recyclage, qui prime sur la valorisation énergétique.
    • Engager les équipes et les publics via des formats de sensibilisation adaptés (programmation engagée, ateliers, éco-villages sur festivals) pour ancrer les pratiques dans la culture d’organisation.
  • Benchmark des outils de reporting et diagnostic RSE/RSO

    Benchmark des outils de reporting et diagnostic RSE/RSO

    Ce benchmark recense et évalue les principaux outils de diagnostic RSE/RSO disponibles pour les festivals et structures culturelles, couvrant dix thématiques environnementales et sociales, afin d’outiller concrètement les équipes dans leur démarche de responsabilité.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Contexte et objectifs

    Face à la montée des exigences réglementaires et des attentes des parties prenantes, les structures culturelles — et en particulier les festivals — doivent désormais structurer leur démarche RSE/RSO avec rigueur. Le COFEES (Collectif des Festivals Engagés pour le Développement Durable) publie ce benchmark pour guider les équipes dans le choix d’outils adaptés à leurs besoins et leurs capacités. Le diagnostic RSE constitue le point de départ incontournable de toute stratégie : il permet d’identifier les postes d’impact prioritaires, de définir des actions ciblées et d’évaluer leurs résultats dans le temps.

    Le document recense des outils organisés en dix catégories thématiques, issues du référentiel RSE et festivals du COFEES, lui-même ancré dans les sept questions centrales de la norme ISO 26000.

    Panorama des outils par thématique

    Chaque outil est caractérisé selon sa nature (calculateur carbone, outil de diagnostic ou check-list), son accessibilité (gratuit, payant, sur inscription), sa spécificité sectorielle et le temps nécessaire à sa complétion.

    Catégorie thématiqueOutils pharesAccèsDurée
    Impacts globauxSEEDS, SEEDy, Bilan Carbone®, Adere, Fairly ScoreGratuit (inscription)1 à 3
    MobilitéImpact CO₂ ADEME, auto-éval. Riposte verte, Questionnaire Festivals en MouvementGratuit1 à 2
    DéchetsAuto-diag. Drastic on Plastic, Indicateurs COFEES, Auto-éval. Riposte verteGratuit1 à 2
    Énergie et eauShowatt, Grille COFEES, Auto-diag. CCI du VarGratuit1 à 2
    Alimentation et achatsTableur pesée ADEME, Auto-diag. Achats responsables, Outil éval. fournisseurs FEVEGratuit1
    Communication et numériqueEco-index, ClimateCalc, Carbonalyser, Impact Eco2 ADEME, KastorGratuit1 à 2
    AccessibilitéWave, Test Experte, Auto-diag. Agefiph, Questionnaire Ministère de la CultureGratuit1
    VHSS et discriminationsAuto-diag. Égalité F/H (ARACT), Index Égalité Professionnelle (Ministère du Travail)Gratuit1
    BiodiversitéSEEDS (volet biodiversité)Gratuit (inscription)3

    Trois typologies d’outils

    Les outils se répartissent en trois familles aux usages complémentaires :

    Calculateur carboneOutil de diagnosticCheck-list
    SEEDS, SEEDy, Bilan Carbone®, Calculateur Good Planète, Creative Green Tools, Climeet, ClimateCalc, Carbonad, ShowattFairly Score, Tableau Collectif Bretagne, Grille relevé COFEES, Auto-éval. Riposte verte, Eco-index, Impact Eco2 ADEME, ImpactometreAdere, Auto-diag. RSE Afdas, Auto-diag. COFEES, Drastic on Plastic, Zero Waste, Wave, Experte, Questionnaire Ministère Culture

    Les calculateurs carbone exigent un effort significatif de collecte de données et gagnent à être renouvelés tous les trois ans pour mesurer les progrès. Les outils de diagnostic multicritères (comme SEEDS ou Fairly Score) sont les plus complets mais aussi les plus chronophages. Les check-lists, rapides à compléter, constituent une porte d’entrée idéale pour initier une démarche ou sensibiliser les équipes.

    Points d’attention et recommandations

    Outils phares à retenir

    • SEEDS (Arviva) : calculateur de référence pour le spectacle vivant, couvrant 11 postes d’impact dont la biodiversité. Gratuit, sur inscription. Recommandé pour un suivi annuel.
    • Fairly Score (Fairly) : outil innovant combinant indicateurs environnementaux et sociaux (parité, inclusion…), exportable sous forme de score communicable aux publics. En bêta depuis octobre 2024.
    • Adere (Collectif pour des événements responsables) : auto-diagnostic événementiel en 50 à 200 questions, idéal pour initier une démarche RSE globale.
    • Auto-diagnostic RSE COFEES : tableur couvrant 130 actions, outil de suivi et d’aide à la décision spécifiquement conçu pour les festivals membres.

    Limites à prendre en compte

    • Plusieurs outils proviennent du contexte anglo-saxon ou québécois (Creative Green Tools, FEVE, Paper Calculactor) : les données de référence peuvent différer des normes françaises et nécessitent une adaptation.
    • Certains outils payants (Climeet, Eco-calculateur Etiquettable, Cléo) n’ont pas pu être testés par le COFEES, faute d’accès.
    • La majorité des calculateurs carbone demandent un travail préalable important de collecte de données (factures, enquêtes auprès des publics, relevés de consommation), ce qui implique de désigner un référent dédié en amont.

    Indicateurs sociaux sans outil dédié

    Pour les thématiques sociales non couvertes par des outils spécifiques (gouvernance, ressources humaines, conditions de travail, dialogue social, développement local, relations aux bénévoles et aux publics), le document fournit une liste exhaustive d’indicateurs quantitatifs à extraire directement des outils de gestion administrative et financière existants. Ces indicateurs sont organisés en neuf sous-thématiques et couvrent notamment : la parité et la diversité dans les équipes, les écarts de rémunération, le taux d’absentéisme, le volume de formation, les achats locaux ou encore le taux de satisfaction des publics.

    Conclusion

    Ce benchmark constitue un outil de pilotage stratégique pour toute structure culturelle souhaitant structurer ou professionnaliser sa démarche RSE/RSO. L’approche modulaire — par thématique, par type d’outil et par niveau de maturité — permet à chaque organisation d’avancer à son rythme, en priorisant les domaines les plus impactants. Le COFEES invite les utilisateurs à contribuer à une version V2 enrichie de leurs retours d’expérience.

  • Festivals et éco-responsabilité

    Festivals et éco-responsabilité

    Les festivals génèrent des impacts environnementaux croissants et font face à un durcissement réglementaire inédit. S’engager dans une démarche éco-responsable n’est plus un choix mais une nécessité stratégique, opérationnelle et financière.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Les impacts environnementaux des festivals

    Les festivals concentrent en peu de temps et sur un espace restreint un grand nombre de participants, ce qui démultiplie leurs effets sur l’environnement. Si la production de déchets est l’impact le plus visible, les déplacements constituent la première source d’émissions : ils peuvent représenter jusqu’à 80 % des gaz à effet de serre d’un événement. En région PACA, l’enjeu est particulièrement aigu : plus de 650 festivals coexistent avec de nombreuses zones naturelles protégées (Natura 2000, parcs nationaux, réserves naturelles).

    Ordres de grandeur pour 1 000 participants :

    Pour 1 000 festivaliersPapierÉnergie
    Consommation / Production100 kg (= 2 arbres ou 30 000 L d’eau)200 kWh (= 3 ans d’ampoule éco.)
    Déchets produits500 kg (soit 1,5× la production annuelle d’un habitant)
    Part des transports dans les GES~80% des émissions totales d’un festival

    Pourquoi s’engager ?

    Au-delà de la responsabilité environnementale, l’éco-responsabilité répond à des enjeux multidimensionnels pour les organisateurs :

    • Conformité réglementaire : l’obtention de subventions publiques est de plus en plus conditionnée au respect de critères environnementaux (éco-conditionnalité).
    • Réduction des coûts : maîtrise des consommations d’eau, d’énergie, de papier et de carburant.
    • Gestion des risques climatiques : anticipation des annulations et aléas (canicules, tempêtes, sécheresse).
    • Performance organisationnelle : la démarche stimule la créativité, mobilise les équipes et améliore la qualité d’accueil.
    • Image et fidélisation : cohérence des valeurs portées, différenciation, attractivité territoriale.

    Enjeux réglementaires

    Trois niveaux réglementaires encadrent désormais les festivals :

    NiveauDispositifs clés
    SectorielCacté (dès janv. 2025) → Pacte Transitions en scènes (PACA) ; critères RSE/RSO du CNM
    NationalLoi AGEC, tri 7 flux, codes de l’environnement, accessibilité, égalité professionnelle
    LocalPCAET, Plan Climat PACA (« Zéro déchet plastique», SRADDET), chartes métropoles AMP & Nice

    Les risques de l’inaction

    Selon une étude du CNM (2024), parmi les 80 % de festivals ayant rencontré des difficultés, 42 % ont été affectés par des aléas climatiques. Les conséquences concrètes sont multiples : multiplication des annulations, risques sanitaires pour le public, dégradation des conditions de travail, hausse des coûts assurantiels et logistiques, jusqu’à une possible redistribution géographique des implantations vers le nord. S’y ajoutent les risques liés à la raréfaction des ressources : hausse des coûts de l’eau et de l’énergie, restrictions d’accès, perturbations de la mobilité et difficultés à organiser les tournées. L’inaction n’est donc pas neutre : elle fragilise structurellement les modèles économiques des festivals.

    Quels enjeux prioriser ?

    Le Cacté et le Pacte Transitions en scènes (PACA) définissent 10 enjeux environnementaux prioritaires. Chaque festival doit les hiérarchiser selon ses propres impacts, identifiés via un audit ou un bilan carbone.

    #Enjeu environnemental prioritaire (Cacté / Pacte Transitions en scènes)
    1Mobilité durable des publics et usagers
    2Circulation des professionnels et des œuvres
    3Réduction des consommations d’énergie et d’eau
    4Alimentation responsable
    5Écoproduction des projets artistiques et culturels
    6Numérique et équipements soutenables
    7Communication responsable
    8Réduction et gestion des déchets et des pollutions
    9Adaptation et durabilité des sites culturels
    10Respect et défense de la biodiversité

    Les enjeux sociétaux sont encadrés par la charte du ministère de la Culture « Festivals et Développement Durable » (2023) : accessibilité et accueil, inclusion et solidarité, égalité et diversité, impacts économiques et sociaux.

    Ressources et méthodologie

    Se faire accompagner

    Plusieurs dispositifs permettent d’amorcer ou de structurer la démarche : appui-conseil RSE de l’AFDAS, DLA, dispositifs CEDRE de la région PACA, accélérateur BPI France, accompagnement individuel COFEES (norme ISO 20121), soutien d’Arsud pour les structures PACA, et réseau national R2D2 pour les autres régions.

    Se former et s’outiller

    Des formations thématiques (Arsud, réseau R2D2, ADEME, CNM) et des MOOC (Collectif Festivals de Bretagne) sont disponibles. Le référentiel RSE du COFEES (basé sur ISO 26000) recense plus de 130 actions répondant à 7 questions centrales. Des aides financières sont mobilisables via le CNM, les DRAC, l’ADEME, la région Sud et le programme Leader France.

    Principes d’une démarche réussie

    • Intégrer les enjeux dès la conception de l’événement, avec une approche globale (technique, artistique, production, communication).
    • Engager la direction et impliquer toutes les équipes et parties prenantes (prestataires, artistes, collectivités).
    • S’appuyer sur une feuille de route, des indicateurs mesurables et un référent RSE dédié.
    • Adopter une logique d’amélioration continue : fixer des objectifs atteignables et les évaluer chaque année.
    • Communiquer sur les résultats pour motiver les équipes et renforcer la crédibilité auprès des partenaires.
  • Un guide pratique pour les musicien·nes

    Un guide pratique pour les musicien·nes

    Face à l’impact environnemental grandissant du numérique, ce guide pratique STOMP (2023) explore les enjeux, bonnes pratiques et alternatives à destination des musicien·nes et de leur écosystème professionnel, pour une stratégie numérique responsable.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    1. Contexte et enjeux : le numérique, un angle mort de la transition musicale

    Le secteur musical a largement entamé sa transition écologique du côté du spectacle vivant, mais l’impact environnemental de ses activités numériques reste quasi inexploré. Or le numérique représente 3,5 % des émissions mondiales de GES, avec une consommation électrique qui croît de 5 % par an. Les équipements électroniques constituent la principale source de pollution : 79 % de l’empreinte carbone numérique française provient des terminaux (ordinateurs, smartphones, tablettes), contre 16 % pour les datacenters et seulement 5 % pour les réseaux. Le recyclage reste très faible (17,4 % des déchets collectés en 2019) tandis que les besoins en métaux rares s’intensifient, menaçant les ressources naturelles à l’échelle planétaire.

    En l’absence d’action, l’empreinte carbone du numérique pourrait augmenter de 187 % d’ici 2050 selon l’ADEME. Pourtant, les professionnel·les du secteur musical affichent un intérêt décroissant depuis la crise climatique (noté 4/5 en moyenne) jusqu’aux enjeux numériques spécifiques du secteur (noté bien en-deçà de 3/5). Ce désintérêt s’explique par l’immatérialité perçue des activités numériques — un leurre qualifié de « piège rhétorique » —, par l’absence de données disponibles et par la quasi-inexistence d’initiatives professionnelles collectives sur ce versant.

    IndicateurValeurSource
    Part du numérique dans les GES mondiaux3,5 %ARCEP / ADEME 2022
    Hausse prévue de la conso. électrique du numérique+5 % par anADEME
    Empreinte carbone du numérique en France (2020)2/3 : fabrication terminauxADEME-ARCEP
    Répartition empreinte : nos appareils79 %ADEME 2020
    Répartition empreinte : datacenters16 %ADEME 2020
    Répartition empreinte : réseaux5 %ADEME 2020
    Part du streaming dans les revenus musique enregistrée67 % (17,5 Mds $)IFPI Global Music Report 2023
    Revenus mondiaux musique enregistrée (2022)26,2 milliards $IFPI 2023
    Fausses écoutes estimées en France1 à 3 % des écoutesCNM 2023
    Déchets électroniques produits en France/an20 millions de tonnesADEME-ARCEP 2022
    Sources principales : ADEME-ARCEP 2022, IFPI Global Music Report 2023, CNM 2023.

    2. Le streaming et les nouvelles technologies : entre opacité et effets rebond

    Le streaming concentre 67 % des revenus mondiaux de la musique enregistrée (17,5 milliards de dollars en 2022), mais son bilan environnemental reste totalement opaque. Spotify attribue 98,9 % de son empreinte carbone au Scope 3 (émissions hors de son contrôle direct), et les rares données publiées par les plateformes sont fragmentaires, invérifiables et non normalisées. Le chercheur Vincent Lostanlen (CNRS/LS2N) résume la situation : la comptabilité écologique de la musique numérique « reste à inventer ». L’initiative sectorielle DIMPACT, regroupant Google, Netflix, Spotify et d’autres géants, prône une amélioration de l’efficacité énergétique sans questionner le modèle de croissance des usages — une approche insuffisante selon plusieurs expert·es.

    Les nouvelles technologies (IA générative, métaverse, NFT, blockchain) suscitent un intérêt mitigé des professionnel·les interrogé·es. Leur impact environnemental est sous-estimé : 5 à 50 requêtes sur ChatGPT consomment en moyenne un demi-litre d’eau ; les processeurs de minage Bitcoin consomment environ 91 TWh par an, soit la consommation totale de la Finlande. Le risque d’effet rebond est systématique : toute amélioration d’efficacité entraîne une multiplication des usages, sans réduction nette des émissions. Ce phénomène, décrit par François Ribac et corroboré par l’histoire des technologies, vaut aussi bien pour la 5G, l’IA que pour les vinyles biodégradables.

    3. Portrait du secteur et rôle des artistes

    L’enquête menée auprès d’une soixantaine d’artistes et d’une trentaine de professionnel·les européen·nes révèle un écosystème musical « dépolitisé » sur les questions du numérique. Les artistes utilisent majoritairement les outils standards (Spotify, YouTube, Instagram, Facebook, réseaux de distributions classiques) par nécessité commerciale et manque d’alternatives connues. 94 % des répondants sont présents sur Facebook, 85 % sur Instagram, 79 % sur YouTube et TikTok ; 85 % diffusent sur YouTube Music, 79 % sur Spotify.

    La question du rôle des artistes dans cette transition est centrale mais délicate. L’ensemble des professionnel·les consulté·es s’accorde sur le fait qu’il n’est pas légitime de faire reposer sur les artistes une responsabilité qui incombe d’abord à l’industrie numérique. Les artistes sont déjà précarisé·es par les modèles de rémunération en ligne, exposé·es aux critiques médiatiques dès qu’ils s’expriment sur ces sujets, et dépendent structurellement des plateformes pour leur visibilité. Leur pouvoir d’influence existe, mais doit s’exercer dans le cadre d’une transformation systémique portée par l’ensemble de la filière.

    4. Actions identifiées : une boîte à outils classée par ordre de facilité

    La partie pratique du guide recense des alternatives numériques concrètes, organisées par facilité d’adoption. Le principe directeur est la sobriété numérique : réduire la consommation d’énergie, prolonger la durée de vie des équipements, protéger les données personnelles et favoriser les logiciels libres plutôt que les solutions GAFAM. Ces actions visent simultanément la réduction d’impact environnemental, la protection de la vie privée, la sécurité et une meilleure justice sociale numérique.

    UsageAlternative sobre recommandée
    NavigateurFirefox / LibreWolf (+ extensions uBlock Origin, HTTPS Everywhere)
    Moteur de rechercheDuckDuckGo, Qwant, Startpage, Zaclys
    MailProtonMail, Tutanota, services Chatons (Framasoft)
    MessagerieSignal, Matrix/Element
    Réseaux sociauxMastodon (Twitter), Pixelfeed (Instagram), PeerTube (YouTube), Funkwhale (streaming)
    Stockage / partageNextcloud, services Chatons, l’Autre Net, Ouvaton
    Système d’exploitationGNU/Linux (Ubuntu Studio, Librazik pour musicien·nes)
    DAW / logiciels musicauxArdour, LMMS, Hydrogen (libres, multi-plateformes)

    Pour les musicien·nes, GNU/Linux propose deux distributions spécialisées (Ubuntu Studio, Librazik) préinstallées avec des logiciels de création audio libres (Ardour, LMMS, Hydrogen). Ces systèmes fonctionnent sur du matériel ancien, allongeant ainsi la durée de vie des appareils — premier levier d’action selon l’étude ADEME-ARCEP. Le collectif des Chatons (Framasoft) permet de trouver des hébergeurs alternatifs pour l’ensemble des besoins numériques courants. Des associations comme l’Autre Net, Nubo, Ouvaton ou Zaclys proposent des services équivalents à Google Drive ou Microsoft Teams, sans collecte de données.

    5. Préconisations et feuille de route

    ÉchelleActions prioritaires
    SectorielleConcertation, transparence des DSP, score de notation des services numériques, mutualisation du stockage des masters
    Entourage professionnelFormation, sensibilisation, veille, intégration dans les stratégies d’artistes
    Musicien·nesMatériel reconditionné, allongement durée de vie, promotion du téléchargement, sobriété numérique

    Trois exigences transversales structurent les préconisations : la mesure transparente des impacts (sans laquelle aucune décision démocratique ne peut s’appuyer), l’optimisation et la transformation des usages et systèmes (sobriété, éco-conception radicale, logiciels libres), et une montée en compétence généralisée de toutes les parties prenantes. Ces axes s’inscrivent dans les recommandations de GreenIT, Négaoctet, de l’INR (charte du numérique responsable) et du Shift Project.

    6. Prospective : vers un numérique convivial et soutenable

    Le guide plaide pour un changement de paradigme collectif, loin de la seule optimisation technique. Plusieurs initiatives low-tech existent déjà : le festival Sarcus (limites de capacité, alimentation locale, interdiction des téléphones), Diggers Factory (vinyles pressés on demand en matériaux recyclables), Resonate.coop (plateforme coopérative alternative à Spotify). Des artistes comme BLOND:ISH ou Billie Eilish montrent qu’une stratégie numérique engagée peut combiner construction d’univers artistique, mobilisation climatique des fans et diversification des revenus hors tournées — un modèle pertinent dans un contexte de contraintes écologiques croissantes.

    La conclusion du guide est sans ambiguïté : ni les solutions individuelles ni la transformation cosmétique des géants du numérique ne suffiront. La seule voie efficace est collective — par la collaboration entre artistes, collectifs, acteurs d’un numérique sobre et éthique — pour reprendre le contrôle des outils de création et de diffusion, et co-construire un secteur musical numérique réellement soutenable.

  • CACTÉ : Cadre d’actions et de coopération pour la transformation écologique

    CACTÉ : Cadre d’actions et de coopération pour la transformation écologique

    Le CACTÉ est le cadre contractuel par lequel le ministère de la Culture engage les structures de la création artistique dans une transformation écologique structurée. Obligatoire pour toute structure conventionnée sur 3 ans ou plus, il articule un engagement méthodologique commun et jusqu’à dix engagements thématiques modulables, assortis d’une certification nationale progressive. Ce document de 104 pages fusionne trois volets : présentation du dispositif, fiches actions opérationnelles, et ressources réglementaires et documentaires.

    Ministère de la Culture — DGCA, Janvier 2025

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Architecture du dispositif

    Le CACTÉ repose sur deux niveaux. Un engagement méthodologique obligatoire dès la première année impose un plan d’action pluriannuel fondé sur des données chiffrées, la formation de toute l’équipe (1 jour minimum), la désignation d’un référent interne, des actions de sensibilisation et la construction de partenariats. À cela s’ajoutent dix engagements thématiques librement choisis selon les spécificités et les impacts de chaque structure. Le nombre minimal d’engagements thématiques à respecter, défini en concertation avec les partenaires financiers lors de l’élaboration de la convention, varie de 2-3 pour les équipes indépendantes jusqu’à 5-7 pour les opérateurs. Pour chaque engagement retenu, tous les leviers d’action doivent impérativement être activés avant la fin de la convention : la logique est cumulative, pas sélective.

    Les dix engagements thématiques

    EngagementEnjeu cléLeviers principaux
    1Mobilité durable des publicsTransports = 31 % des émissions GES en France ; déplacements publics = 1ᵉʳ poste émissions des structuresReport modal, covoiturage, adaptation horaires, tarification incitative
    2Circulation des professionnels et des œuvresRaréfaction des énergies fossiles ; rayonnement équitableOptimisation tournées, ferroutage, visioconférence, clauses contractuelles
    3Réduction des consommations de fluidesDécret tertiaire : -40 % en 2030, -60 % en 2050Diagnostic énergétique, décarbonation, LED, sobriété des usages
    4Alimentation responsableAgriculture à diviser par 2 en émissions GES d’ici 205050 % produits durables, menu végétarien quotidien, anti-gaspillage
    5Écoconception des projets artistiques80 % des impacts déterminés dès la conceptionDémarche collective, matériaux durables, réemploi/recyclage
    6Numérique et équipements soutenables78 % des émissions numériques liées à la fabricationSobriété numérique, matériel reconditionné, nettoyage des données
    7Communication responsableSuperposition pratiques physiques et numériques = impacts cumulésÉdition ciblée, impression labellisée, stratégie numérique éco-conçue
    8Réduction et gestion des déchets300 millions t/an en France ; obligations loi AGEC5R, tri 9 flux obligatoire, suppression plastique jetable
    9Adaptation et durabilité du bâtiAnticiper le dérèglement climatique sur le patrimoine culturelStratégie adaptation, travaux sous exigence env., GTB, végétalisation
    10Respect et protection de la biodiversitéEffondrement du vivant menaçant santé et subsistanceSuppression phytosanitaire, désartificialisation, reconnexion publics/nature

    Évaluation et certification

    L’évaluation suit quatre étapes : autoévaluation de la structure en fin de convention, examen par un groupe coopératif (au moins 5 membres multi-parties prenantes) réuni annuellement en DRAC/DAC, discussion avec les partenaires financiers, puis délivrance de la certification. L’approche est qualitative : obligation de moyens, pas de résultats chiffrés obligatoires. Un engagement non applicable est réputé acquis. Quatre niveaux de certification existent : niveau 1 (engagement méthodologique + 3 thématiques), niveau 2 (+7), niveau 3 (+10), niveau 3+ (niveau 3 avec intégration des enjeux écologiques dans la programmation et l’éducation artistique et culturelle). La certification ouvre droit à un kit de communication avec logo officiel.

    Principaux textes réglementaires (au 1ᵉʳ janvier 2025)

    Le document « Ressources » compile un vadémécum réglementaire couvrant l’ensemble des engagements. Sur l’énergie, le décret tertiaire impose aux bâtiments de plus de 1 000 m² des réductions de 40/50/60 % d’ici 2030/2040/2050 (plateforme OPERAT) ; les établissements de plus de 250 salariés doivent réaliser un bilan GES scope 3 et un plan de transition tous les 3 ans. Sur la mobilité, le PDME est obligatoire dès 50 salariés sur un même site ; les vols sont interdits si une alternative ferroviaire de moins de 4 heures existe. Sur l’alimentation (loi EGAlim), 50 % de produits durables dont 20 % bio, menu végétarien quotidien et réduction du gaspillage de 50 % d’ici 2025. Sur les déchets (loi AGEC), tri 9 flux obligatoire sous peine d’amendes pouvant atteindre 150 000 €, interdiction des plastiques à usage unique et vaisselle réutilisable obligatoire pour les établissements de plus de 20 couvert.

    Outils et ressources mobilisables

    Pour mesurer l’empreinte environnementale, les structures peuvent recourir à SEEDS (ARVIVA, gratuit), Fairly Score (payant, multi-critères), à l’outil BouTure du ministère (maturité écologique) ou aux référentiels carbone sectoriels financés par la DGCA. Les études de référence sectorielles incontournables sont le rapport « Décarbonons la Culture » (The Shift Project), le guide de décarbonation du spectacle vivant (We Count) et l’étude SPOT du CNMLab. Les structures ressources nationales sont ARVIVA, ARTCENA, le CNM, COAL et les réseaux R2D2 et RESSAC ; à l’international, Julie’s Bicycle (UK) et Creative Carbon Scotland. La formation est accessible via l’ADEME, l’AFDAS, le CNFPT et UNIFORMATION.

  • Rapport Déclic : décarbonons le live collectivement !

    Rapport Déclic : décarbonons le live collectivement !

    Analyse de 18 bilans carbone de structures représentatives du secteur des musiques actuelles, produite par la FEDELIMA et le SMA sur la période de référence de mars 2022 à mars 2023.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    1. Contexte et objectifs

    Le projet Déclic, porté conjointement par la FEDELIMA (Fédération des lieux de musiques actuelles) et le SMA (Syndicat des Musiques Actuelles), avec l’appui du cabinet ekodev, constitue la première initiative sectorielle de mesure systématique de l’empreinte carbone des musiques actuelles en France. Soutenu par le dispositif France 2030 et le Centre national de la musique, il vise deux ambitions complémentaires : d’une part, établir une base de données robuste sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la filière ; d’autre part, définir une stratégie de transition écologique alignée sur les objectifs de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC).

    La méthodologie retenue est celle du Bilan Carbone® de l’ADEME, qui prend en compte l’ensemble des émissions directes (Scope 1), indirectes liées à l’énergie (Scope 2) et autres émissions indirectes (Scope 3). L’intégration du Scope 3 est déterminante : elle permet de capturer les émissions liées aux déplacements des publics et des artistes, postes qui s’avèrent dominants dans toutes les typologies de structures analysées.

    2. Périmètre et panel d’analyse

    Le panel Déclic regroupe 18 structures représentatives, réparties en quatre catégories : 8 salles de concert (de 200 à 1 293 places), 5 festivals (de 2 500 à 20 000 personnes/jour), 4 structures de production de spectacle et 1 centre de formation. Sept membres associés supplémentaires ont contribué via des bilans carbone antérieurs. La diversité géographique (métropole et outre-mer), de taille (petite, moyenne, grande jauge) et d’activités garantit la représentativité du panel.

    3. Résultats clés par type de structure

    Type de structureÉmissions moy.Émissions/spectateurIntensité carboneNb étudié
    Salle de concert570 tCO₂e17 kgCO₂e390 kgCO₂e/k€ CA14
    Festival742 tCO₂e46 kgCO₂e580 kgCO₂e/k€ CA7
    Structure de production1 646 tCO₂e3,2 tCO₂e/repr.1 600 kgCO₂e/k€ CA4
    Structure de formation287 tCO₂eN/A (1 structure)N/A1
    Tableau 1 — Empreintes carbone moyennes et intensités par type de structure

    Le déplacement des publics constitue le principal poste d’émissions pour toutes les typologies de structures, avec une part allant de 34 % pour les salles de concert à 82 % pour les structures de production. Cette prédominance s’explique par le volume de spectateurs générés et la forte dépendance aux véhicules thermiques, y compris dans les zones urbaines. Les achats — notamment la restauration et les services scéniques — représentent le deuxième poste d’émissions, particulièrement significatif pour les festivals (27 %) et les salles avec offre de bar/restauration (21 %).

    Salles de concert

    Avec une empreinte moyenne de 570 tCO₂e par an, les salles présentent des profils très hétérogènes selon leur jauge, leur localisation (rurale vs urbaine) et la desserte en transports en commun. Un spectateur émet en moyenne 17 kgCO₂e par concert, avec des extrêmes allant de 6 kgCO₂e (Le Périscope, Lyon, avec accès métro) à 35 kgCO₂e (Le Kabardock, La Réunion, du fait des vols long-courriers des artistes). Plus la jauge est grande, plus les spectateurs viennent de loin et plus les émissions par personne augmentent. La distance moyenne parcourue en aller-retour est de 40 km.

    Festivals

    Les festivals émettent en moyenne 742 tCO₂e, avec 46 kgCO₂e par festivalier : un ratio nettement supérieur aux salles. Les festivals ruraux sont quasi entièrement dépendants du véhicule thermique (97 % des km pour Art’Cade), tandis que les festivals urbains bénéficient d’un mix modal plus favorable. Le festival Le Bon Air se distingue avec seulement 20 kgCO₂e/visiteur grâce à 82 % des déplacements en transports en commun. La programmation musicale influe directement sur les distances parcourues : des esthétiques de niche ou internationales attirent un public prêt à voyager davantage.

    Structures de production de spectacle

    Ce sont les structures les plus émissives en valeur absolue (1 646 tCO₂e en moyenne), principalement parce que leurs bilans intègrent les déplacements des publics générés par l’ensemble des concerts produits pour leur catalogue d’artistes. Hors déplacements du public, leurs émissions propres restent modestes. La structure Bi:Pole se distingue par son fort rayonnement international (27 % de dates à l’étranger vs < 1 % pour Gommette ou l’Armada), ce qui multiplie par 10 ses émissions par artiste par rapport aux autres structures du panel.

    Centre de formation

    Le CEM (Le Havre) constitue le seul représentant de cette catégorie. Ses 287 tCO₂e annuelles sont surtout dues aux déplacements des élèves (38 %), aux flux énergétiques (22 %) et aux immobilisations (24 %, gonflées par des travaux de rénovation). Le numérique et les instruments de musique pèsent peu dans le bilan, ces derniers n’étant pas renouvelés régulièrement.

    4. Répartition des émissions par poste — vue comparative

    Poste d’émissionProd. de spectacleFestivalSalle de concertFormation
    Déplacements publics82 %58 %34 %38 %
    Achats/intrants7 %27 %21 %11 %
    Immobilisations3 %3 %13 %24 %
    Flux (énergie, déchets)2 %2 %11 %22 %
    Déplacements artistes5 %4 %14 %1 %
    Autres déplacements2 %7 %7 %5 %
    Tableau 2 — Répartition moyenne des émissions de GES par poste et par type de structure (% des émissions totales)

    La lecture transversale de ce tableau révèle deux constantes : la domination des déplacements des publics dans toutes les typologies, et le poids croissant des achats lorsque les structures proposent une offre de restauration ou de services événementiels. À l’inverse, les immobilisations jouent un rôle plus important dans les structures de formation, où les rénovations de bâtiments et les équipements pèsent davantage. Les flux énergétiques restent marginaux dans la plupart des cas, ce qui nuance l’idée couramment répandue selon laquelle l’énergie serait le premier levier d’action.

    5. Facteurs d’influence identifiés

    L’analyse comparative met en évidence plusieurs facteurs structurants des émissions. La taille de la structure est positivement corrélée aux émissions totales : plus la jauge ou le nombre de représentations est élevé, plus le bilan est lourd, notamment en raison du rayonnement géographique accru. La localisation géographique est déterminante pour les modes de transport utilisés : une salle bien desservie en transports en commun peut réduire de moitié ses émissions liées aux déplacements du public. L’esthétique musicale influe sur la distance consentie par les spectateurs : des programmations de niche ou à dominante internationale drainent un public plus lointain. Enfin, la diversité d’activités (bar, restauration, studios de répétition) démultiplie les postes d’émissions à prendre en compte.

    6. Trajectoire de décarbonation cible

    L’empreinte carbone consolidée de l’ensemble des adhérents SMA et FEDELIMA est estimée à environ 160 ktCO₂e par an, avec 44 % imputables aux déplacements du public et 30 % aux intrants. Pour s’inscrire dans le cadre de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC v2), la filière devra atteindre les objectifs de réduction suivants :

    Année de référenceObjectif 2030Objectif 2040Objectif 2050
    ~160 ktCO₂e (2022)−22 %−54 %−86 %
    Tableau 3 — Trajectoire de décarbonation cible (SMA + FEDELIMA) alignée sur la SNBC

    Ces objectifs impliquent une transformation profonde des pratiques, en particulier sur les leviers les plus difficiles à actionner directement par les structures : les modes de transport des publics et des artistes. Des actions structurelles, développement de l’offre de covoiturage, incitations aux transports en commun, évolution des contrats de cession intégrant des clauses de mobilité durable, regroupement de tournées, seront nécessaires en parallèle d’une réduction des achats alimentaires carbonés et d’une sobriété des immobilisations.

    7. Points de vigilance méthodologiques

    Plusieurs précautions s’imposent dans la lecture de ces résultats. Les bilans carbone des structures de production intègrent les émissions des publics des concerts qu’elles produisent, créant un risque de double compte avec les bilans des salles accueillant ces concerts — un travail de correction a été réalisé pour l’estimation à l’échelle de la filière. Par ailleurs, les périmètres d’analyse ne sont pas strictement comparables entre typologies (notamment pour les structures proposant des activités annexes), ce qui invite à la prudence dans les comparaisons directes. Enfin, les données de mobilité reposent sur des enquêtes déclaratives dont la représentativité peut varier.

  • Leviers juridiques facilitant l’inscription des activités culturelles dans l’économie circulaire

    Leviers juridiques facilitant l’inscription des activités culturelles dans l’économie circulaire

    En mars 2025, le ministère de la Culture publie une étude juridique inédite pour lever les freins qui empêchent les acteurs culturels de s’inscrire pleinement dans l’économie circulaire.
    À travers quatre axes, investissements partagés, subventions collectives, mutualisation des ressources et réemploi des matériaux, l’étude propose des solutions concrètes, allant de simples ajustements contractuels à la création d’un nouveau statut juridique dédié au secteur. Un premier pas décisif vers une culture plus durable, à condition que le droit suive.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Contexte et enjeux

    Face à l’urgence écologique, le ministère de la Culture a publié fin 2023 un guide d’orientation pour la transition écologique du secteur. L’économie circulaire — réemploi des matériaux, mutualisation des équipements, réduction des déchets — s’impose comme un levier central. Pourtant, les acteurs culturels (spectacle vivant, arts plastiques, audiovisuel, musées) se heurtent à de nombreux blocages juridiques qui freinent concrètement ces pratiques : incertitudes sur le réemploi de décors, difficultés à mutualiser des équipements entre structures publiques et privées, flou sur les règles de subvention collective.

    Cette étude, conduite par Cyril Delfosse (Bureau des Acclimatations) et Laure Abramowitch (cabinet Légiplanet), s’appuie sur 7 focus-groupes réunissant 30 structures représentatives (Union des Scénographes, Théâtre de l’Odéon, Opéra de Bordeaux, Musée d’Orsay, ICOM, CNC, collectivités territoriales, acteurs de l’économie circulaire…) entre février et mars 2024.

    Quatre priorités juridiques ont été retenues par le comité de suivi :

    • Sécuriser les investissements partagés entre acteurs publics et privés
    • Faciliter les subventions à plusieurs bénéficiaires simultanément
    • Créer un cadre juridique favorable à la mutualisation des ressources
    • Favoriser le réemploi des matériaux dans le respect des normes de sécurité

    1. Sécuriser les investissements partagés

    Investir en commun permet aux acteurs culturels de partager des ressources, de réduire les volumes de production et les besoins de stockage. Juridiquement, cela implique une copropriété (indivision) sur les biens acquis ensemble. L’étude conclut que ce mécanisme est pleinement compatible avec le droit public pour les biens mobiliers (décors, équipements scéniques, mobilier), qui relèvent du domaine privé des personnes publiques et non du domaine public.

    L’indivision sur des biens mobiliers est donc possible aussi bien entre personnes publiques qu’entre personnes publiques et privées. Les règles de comptabilité publique permettent d’inscrire la part indivise de chaque collectivité à l’actif de son bilan, proportionnellement à sa quote-part d’acquisition (comptes 21, 218 ou 20 selon la nature du bien). Pour les marchés publics, le groupement de commande offre un cadre opérationnel adapté aux acquisitions collectives entre personnes publiques.

    La sécurisation des investissements partagés relève ainsi davantage du droit commun que du droit public, et peut être assurée contractuellement (convention d’indivision précisant les quotes-parts, les responsabilités, modalités d’entretien et d’assurance).

    2. Faciliter les subventions multi-partenaires

    En pratique, les acteurs de l’économie circulaire créent systématiquement une structure ad hoc (association ou société) pour chaque appel à projet, afin de disposer d’un interlocuteur unique acceptable par le financeur public. Ce mécanisme est lourd et contre-productif au regard des objectifs de mutualisation.

    L’étude démontre qu’aucun texte ni jurisprudence n’interdit expressément à une collectivité d’accorder une subvention à une pluralité de bénéficiaires via une seule convention, dès lors que cette subvention répond à un objet et une finalité communs. La pratique doit néanmoins être encadrée par une convention détaillée précisant : les obligations de chacun, la répartition des fonds, les modalités de contrôle et de reddition des comptes, ainsi que la désignation d’un bénéficiaire coordonnateur (versement en deux tranches : 70 % à la signature, 30 % après rapport intermédiaire). Un modèle de convention clé en main est fourni en annexe.

    3. Créer un cadre favorable à la mutualisation

    La mutualisation — mise en commun de matériel, espaces et ressources humaines entre acteurs culturels — se heurte à un vide juridique : aucune définition officielle, aucun statut adapté. Les structures existantes (commande publique, DSP, SCOP, SCIC…) sont inadaptées, car elles supposent soit une relation marchande, soit des contraintes organisationnelles incompatibles avec la logique de partage non onéreux.

    L’étude identifie deux voies complémentaires :

    Le GIP (Groupement d’intérêt public) offre une forte légitimité, un accès aux financements publics et une responsabilité limitée pour les membres. Le GIE (Groupement d’intérêt économique) présente l’avantage de la simplicité et de la rapidité de création, avec peu de contraintes réglementaires. Ces structures existantes peuvent être mobilisées à court terme.

    À moyen terme, la création d’un Groupement Culturel de Mutualisation (GCM) — nouveau statut hybride spécifique au secteur — est proposée. Ce statut permettrait : la mise à disposition gratuite de biens culturels sans procédure de déclassement ; des échanges de ressources entre membres publics et privés sans requalification en marchés publics ; une gouvernance souple avec admission facilitée de nouveaux membres. Cette innovation législative nécessite une intervention du législateur.

    En attendant, des solutions pratiques immédiates sont préconisées : rédaction de modèles de conventions de mutualisation, publication d’un guide pratique juridique et économique, aménagement des règles de commande publique et de domanialité par voie réglementaire.

    4. Favoriser le réemploi des matériaux

    Le réemploi de décors et d’éléments scénographiques est un levier majeur d’économie circulaire pour le spectacle vivant. Son développement est freiné par les obligations de prévention incendie dans les Établissements Recevant du Public (ERP), qui imposent aux matériaux de décor un classement M1 (minimum) selon l’arrêté du 25 juin 1980. Les matériaux issus du réemploi doivent satisfaire les mêmes exigences que les matériaux neufs, ce qui requiert un traitement ignifuge régulier dont l’efficacité diminue avec le temps.

    Catégories ERP et obligations de sécurité incendie

    Catégorie ERPCapacité d’accueilExigence décorsMesure clé
    1re catégorie> 1 500 personnesM1 obligatoireDAI + sprinklers + déluge
    2e catégorie701 à 1 500 personnesM1 obligatoireSystème d’extinction automatique
    3e catégorie301 à 700 personnesM1 obligatoireRIA + extincteurs
    4e catégorieJusqu’à 300 personnesM1 obligatoireRIA + extincteurs
    5e catégorieTrès réduit (variable)M1 recommandéSelon avis commission

    L’étude propose deux types de réponses : d’une part, une modification réglementaire de l’arrêté du 25 juin 1980 (articles AM8 et AM10) pour autoriser l’usage de matériaux réemployés sous réserve de mesures compensatoires équivalentes ; d’autre part, la mise en place de ces mesures compensatoires elles-mêmes (détection et alarme renforcées, extinction automatique par sprinklers, encadrement humain accru, limitation des zones d’utilisation). Ces travaux techniques doivent être conduits en lien avec le REDITEC et le Groupement technique français contre l’incendie.

    La clarification des rôles et des responsabilités (responsable d’établissement, directeur technique, commissions de sécurité) et la création d’incitations financières (subventions à l’ignifugation, aides à l’installation de systèmes de détection) complètent les préconisations.

    Synthèse des préconisations

    AxeSituation actuellePréconisation
    Investissements partagésIncertitudes sur la compatibilité domaniale et comptableConvention d’indivision + inscription comptable par quote-part (comptes 21/218/20)
    Subventions multi-bénéficiairesObligation de créer une structure ad hoc pour chaque projetConvention unique multi-bénéficiaires + modèle de convention annexé
    MutualisationAbsence de statut juridique adapté ; risque de requalification en marché publicGIP/GIE à court terme ; création du GCM (législatif) à moyen terme + guide pratique
    Réemploi des matériauxObligation M1 identique pour matériaux neufs et réemployés ; blocage des acteursModification arrêté 1980 + mesures compensatoires + incitations financières

    Points de vigilance

    • Le droit d’auteur sur les décors réemployés fait l’objet d’une étude parallèle du CSPLA (Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique) — non couvert par la présente étude.
    • La création du GCM nécessite une intervention législative et ne peut pas constituer une solution à court terme.
    • Les aménagements des obligations ERP doivent impérativement être co-construits avec les experts techniques spécialisés (REDITEC, GTFI) avant toute application.
    • Le seuil de 300 € pour la cession gratuite de matériels informatiques par les personnes publiques (décret du 6 mai 2022) reste une contrainte pour les dons d’équipements de valeur supérieure.
  • La transition écologique à la Direction de la Culture

    La transition écologique à la Direction de la Culture

    En novembre 2023, la Direction de la Culture de Rennes Ville et Métropole dresse un état des lieux de ses engagements écologiques, déclinés en six axes allant de la sensibilisation des agents à la sobriété numérique, dans le cadre du Plan Climat Air Énergie Territorial visant −50 % d’émissions de GES d’ici 2030.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Contexte et cadre stratégique

    La Direction de la Culture de Rennes Ville et Métropole s’inscrit dans une démarche de planification écologique portée par le Plan Climat Air Énergie Territorial (PCAET), dont l’objectif central est de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre par habitant d’ici 2030. Ce document, publié en novembre 2023, présente de façon non exhaustive les actions engagées en matière de transition écologique, avec la conviction que la culture constitue un levier puissant de sensibilisation et de transformation des pratiques. La démarche repose sur six objectifs structurants, déclinés à travers l’ensemble des équipements et services de la Direction.

    Les six axes de la stratégie

    La stratégie se déploie autour de six objectifs complémentaires, chacun articulant des actions déjà mises en œuvre et des perspectives à court terme :

    Axe stratégiqueChamp d’action principal
    1. Prise de conscience collectiveSensibilisation des agents et des habitants ; formation, ateliers, programmation culturelle engagée
    2. Écoconception des œuvres et événementsRéemploi des scénographies, économie circulaire, limitation des déchets, circuits courts
    3. Bâtiments culturels écologiquesSobriété énergétique, énergies renouvelables, matériaux biosourcés
    4. Mobilités culturelles décarbonéesTransports collectifs, mobilités douces, feuille de route décarbonation
    5. Sobriété numériqueRefonte des sites web, contenus low-tech, réduction de l’empreinte CO₂ du numérique
    6. Ralentissement et renoncementRéduction du nombre d’expositions, mutualisation, allongement des durées de vie

    Axe 1 — Prise de conscience collective

    La sensibilisation des 500 agents de la Direction constitue un pilier central. En 2023, plus de 380 agents (soit plus de 50 %) ont participé à une Fresque du Climat, et l’objectif est d’atteindre la totalité d’ici fin 2024. Des formations spécifiques ont été déployées (fresque de la mobilité culturelle, enquêtes sur les déplacements de publics) et des groupes de travail réguliers – les « Cafés Hulotte » – permettent le partage de bonnes pratiques. L’outil d’auto-diagnostic « Boussole », obligatoire pour tout dépôt de demande d’aide à la Direction, engage chaque acteur culturel dans une démarche d’amélioration continue.

    À destination des habitants, plusieurs équipements programment des expositions et événements à forte dimension environnementale : l’Écomusée de la Bintinais sur la biodiversité et les paysages, Les Champs Libres avec le festival jeunesse Nos Futurs (depuis 2022), La Criée avec le cycle Festina Lente (2023-2024) sur les relations entre artistes et environnement. L’Assemblée des acteurs culturels rennais, réunissant plusieurs centaines de professionnels, a consacré ses sessions de 2019 et 2023 à ces enjeux.

    Axe 2 — Écoconception des œuvres et événements

    L’écoconception est intégrée à toute la chaîne de production culturelle. En amont, les lieux d’exposition favorisent le réemploi des scénographies, les matériaux certifiés (bois PEFC), et les peintures écologiques. Une ressourcerie commune aux équipements collecte les matériaux récupérés depuis 2016. Une clause d’écoresponsabilité est inscrite dans les cahiers des charges de scénographie. Le Musée de Bretagne vise 80 % de réemploi scénographique pour son exposition Carnavals (2025). L’Opéra a expérimenté une production intégralement durable en utilisant EDEOS, outil de calcul de l’impact environnemental des décors.

    En aval, les établissements limitent activement la génération de déchets : braderies bisannuelles des bibliothèques (30 000 documents revendus, 3 000 donnés à des associations), don de matériaux aux étudiants des beaux-arts, opération « Torchons » aux Champs Libres pour remplacer le papier, bacs de récupération des documents de visite à la sortie des équipements. L’Opéra a distribué des gourdes réutilisables à l’ensemble de son personnel.

    Axe 3 — Bâtiments culturels écologiques

    Le secteur du bâtiment représente 45 % de la consommation énergétique nationale et 26 % des émissions de GES en France. La Ville et la Métropole de Rennes vont au-delà de la réglementation environnementale RE 2020 en privilégiant les matériaux biosourcés (bois, terre, chanvre) et les énergies renouvelables. Plusieurs résultats concrets sont déjà enregistrés :

    ÉquipementAction réaliséeImpact
    Opéra de RennesArrêt ventilation nuit/week-end-20 % consommation électricité
    Champs LibresÉvolutions pratiques, sous-comptage, LEDs-40 % ventilation/chauffage, -30 % électricité (depuis 2006)
    Conservatoire – site Blosne700 m² de panneaux photovoltaïquesProduction d’énergie renouvelable
    Archives de RennesFilms solaires, thermographie bâtimentsRéduction luminosité et chaleur

    En perspective, un nouveau bâtiment éco-responsable de 7 000 m² sera construit pour les réserves du Musée de Bretagne et de l’Écomusée de la Bintinais (géothermie, photovoltaïque, matériaux biosourcés, végétalisation). Les Champs Libres prévoient un objectif de 30 % d’économies supplémentaires sur leurs systèmes de climatisation.

    Axe 4 — Mobilités culturelles décarbonées

    Les déplacements des œuvres, des artistes et des publics constituent la principale source d’émissions de GES du secteur culturel. La culture est la 3ᵉ cause de mobilité des Français, après le travail et les achats (rapport « Décarbonons la culture », The Shift Project, 2021). En réponse, la Direction de la Culture a élaboré en 2023 une feuille de route dédiée à la décarbonation des mobilités, déclinée pour chacun des neuf établissements en régie. Les dispositifs existants comprennent : le programme Sortez en bus ! (offre culturelle à prix réduit accessible en transports collectifs), l’acquisition de vélos-cargo, la dotation des agents en équipements vélo, et le développement du télétravail. Un service de pédibus pour les spectateurs de plus de 65 ans est proposé par le TNB. Des enquêtes de mobilité des publics seront réalisées et mises à jour tous les trois ans.

    Axe 5 — Sobriété numérique

    La culture représente le premier poste mondial de consommation de données, soit les trois quarts des émissions de CO₂ du numérique. Dans le cadre de la démarche « Numérique responsable » de Rennes Ville et Métropole, la Direction engage une refonte progressive de ses sites internet : les Champs Libres ont adopté une approche éthique fondée sur la limitation des fichiers lourds, les contenus low-tech et l’affichage sobre des événements. La Criée et le Musée des Beaux-Arts sont en cours de refonte de leurs sites avec la sobriété numérique comme axe prioritaire.

    Axe 6 — Ralentissement et renoncement

    Sans remettre en cause les ambitions de la politique culturelle (accessibilité, ouverture, émancipation), les établissements s’engagent dans une logique de sobriété : réduction du nombre d’expositions temporaires et allongement de leur durée (les expositions de l’Écomusée durent une année entière), mutualisation des productions entre institutions (Musée de Bretagne / autres musées), co-production lyrique entre l’Opéra de Rennes, Angers Nantes Opéra et La Co[opéra]tive permettant 10 à 25 représentations là où une production classique n’en compte que 3 à 6. Des équipements à durée de vie plus longue remplacent progressivement les achats récurrents (vaisselle réutilisable, électroménager basse consommation).

    Tableau récapitulatif — Chiffres clés

    IndicateurValeur / Résultat
    Agents formés à la Fresque du Climat (2023)> 380 agents (> 50 % de la Direction)
    Objectif formation Fresque du Climat100 % des agents d’ici fin 2024
    Réduction consommation électricité – Opéra-20 % (arrêt ventilation nuit/WE)
    Réduction chauffage/ventilation – Champs Libres-40 % depuis 2006
    Réduction électricité – Champs Libres-30 % depuis 2006
    Panneaux photovoltaïques – Conservatoire Blosne700 m²
    Nouveau bâtiment réserves – Musée de Bretagne7 000 m² éco-responsable (prévu)
    Objectif réemploi scénographique – Musée de Bretagne 202580 % (exposition Carnavals)
    Documents braderie bibliothèques3 000 donnés + 30 000 revendus
    Représentations opéra mutualisé (vs classique)10–25 dates (vs 3–6 dates)
    Culture : part de la consommation mondiale de données≈ 75 % des émissions CO₂ du numérique
    Bâtiment : part des émissions GES nationales26 % des GES / 45 % énergie consommée

    Analyse critique et points de vigilance

    Ce document révèle une stratégie cohérente et multidimensionnelle, articulant sensibilisation interne, transformation des pratiques opérationnelles et repositionnement programmatique. Plusieurs points méritent attention pour un regard académique ou professionnel :

    • La démarche est encore largement déclarative et prospective : une majorité des actions futures repose sur des feuilles de route à décliner, sans indicateurs de résultat chiffrés et vérifiables à l’échelle de chaque établissement.
    • L’absence de bilan carbone global de la Direction limite la possibilité d’évaluer la portée réelle des actions engagées et leur contribution effective à l’objectif de -50 % d’émissions par habitant d’ici 2030.
    • La tension entre ambition culturelle et sobriété est explicitement assumée (axe 6), mais les arbitrages concrets : quelles expositions supprimer, quels artistes ne plus inviter de loin, restent implicites.
    • La Boussole comme outil d’autodiagnostic est prometteuse, mais son caractère obligatoire ne garantit pas la qualité des données collectées ni leur exploitation systématique.
    • Le volet mobilité des publics, identifié comme levier majeur, est encore peu développé opérationnellement, les enquêtes de mobilité n’étant qu’au stade de projection.
  • Stratégie climat 2019–2030

    Stratégie climat 2019–2030

    Le Périscope, salle de concert lyonnaise spécialisée en jazz et musiques improvisées, a réalisé en 2019 un bilan carbone de 61,26 tCO₂e, dont les deux tiers sont imputables aux déplacements – artistes en tête (35 %). Face à ce constat, la structure s’est engagée dans une trajectoire de réduction de 27,5 % d’ici 2030, alignée sur le scénario « Well Below 2 °C » des Science-Based Targets. Ce document de stratégie climat, pionnier dans le secteur des musiques actuelles, vise à modéliser une transition bas-carbone reproductible à l’échelle européenne.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Présentation de la structure

    Le Périscope est une Scène de Musiques Actuelles (SMAC) labellisée, implantée en centre-ville de Lyon depuis 2007. Lieux pluriels : salle de concert, café culturel, studios de répétition, résidences et pôle d’ingénierie culturelle Lobster. Il programme près de 150 concerts par an axés sur le jazz et les musiques improvisées. En 2019 (année de référence), il a accueilli 11 498 spectateurs et organisé 98 concerts, 13 conférences-débats, 11 projections, 11 showcases et 10 lectures poétiques.

    Contexte et motivations

    La démarche naît d’un double ancrage. En interne, le projet européen JazzConnective (2019-2020) a mis en lumière l’empreinte des tournées et a conduit au lancement du projet Footprints (Europe Creative, avec Intl Jazz Platform – Pologne) en 2021, visant des tournées plus durables. Des convictions écologiques fortes au sein de l’équipe ont également joué un rôle moteur. En externe, trois dynamiques convergent : un intérêt croissant du secteur culturel pour l’écologie depuis la crise sanitaire ; un manque de données chiffrées ; et une législation susceptible d’évoluer vers un conditionnement des subventions à des critères environnementaux — comme l’a amorcé le CNM en 2021. En tant que lieu subventionné, le Périscope revendique un rôle prescripteur.

    Empreinte carbone 2019 : 61,26 tCO₂e

    Réalisé via la plateforme Wecount selon la méthodologie ADEME (scopes 1, 2 et 3 complets), le bilan fait apparaître une domination très nette des déplacements, qui totalisent 66,75 % des émissions. L’amortissement des bâtiments est structurellement incompressible. À titre de comparaison, une salle similaire en périphérie avec un public motorisé affiche 447,58 tCO₂e, soit 7 fois plus.

    Poste d’émissionPart~VolumeLevier
    Déplacements des artistes35,21 %21,6 tFort (prioritaire)
    Déplacements des publics18,09 %11,1 tFort
    Amortissement bâtiments15,11 %9,3 tNul (immuable)
    Déplacements professionnels9,44 %5,8 tModéré
    Énergie des bâtiments6,86 %4,2 tPartiel
    Équipements informatiques6,23 %3,8 tLimité
    Trajet domicile-travail4,01 %2,5 tModéré
    Alimentation + déchets~5 %~3 tAccessible

    Unité fonctionnelle retenue : 0,05 tCO₂/jour de travail artiste (1 225 jours en 2019), plus représentative que le seul nombre de concerts car elle intègre résidences et action culturelle.

    Analyse des postes prioritaires

    Déplacements des artistes (35,21 %)

    Principal levier. La programmation jazz internationale implique des artistes d’Europe et du monde, majoritairement en avion (facteur d’émission ADEME : 0,000187 tCO₂/km). La mutualisation en tournée est déterminante : un artiste en tournée de 6 dates divise par 6 son empreinte par concert. Les obligations du cahier des charges SMAC (programmation locale, nationale, internationale) rendent impossible la suppression totale du transport aérien.

    Déplacements des publics (18,09 %)

    Le Périscope bénéficie d’une localisation idéale (gare Perrache, métro, tramway, vélos). Estimations 2019 : 40 % du public à pied, 40 % en métro, 10 % en voiture intra-Lyon (~5 km), 10 % en voiture depuis l’extérieur (~20 km). Malgré cette situation favorable, les 20 % motorisés pèsent fortement. Ces données restent approximatives faute d’enquête publics systématique.

    Amortissement bâtiments (15,11 %) et déplacements professionnels (9,44 %)

    L’amortissement est figé jusqu’en 2037 (salle 2007) et sera alourdi par la nouvelle salle de 2021 (impact sur 30 ans). Les déplacements professionnels découlent des partenariats européens (JazzConnective, 6 pays) et sont rationalisés via un questionnaire interne d’arbitrage.

    Trajectoire bas-carbone 2019–2030

    Le cadre Science-Based Targets (SBTs) est retenu. L’objectif 1,5 °C étant jugé irréaliste, le Périscope adopte le scénario Well Below 2 °C (WB2 °C) : réduction annuelle de 2,5 %, soit -27,5 % d’ici 2030. Un budget carbone annuel (calqué sur le budget financier) permet de suivre les émissions trimestriellement et d’arbitrer la programmation.

    PérimètreObjectif (WB2°C)Leviers principaux
    Amont (Scope 3)– 17,24 %Tournées artistes, déplacements pro, alimentation
    Cœur (Scope 1 & 2)– 28 %Verdissement : énergie, alimentation
    Aval (Scope 3)– 28,5 %Mobilité des publics, réduction déchets

    Plan d’actions

    Court terme

    Les actions immédiates couvrent sept thématiques : alimentation (50 % repas végétariens, 25 % végétaliens, suppression du bœuf, charte avec les artistes — objectif : 75 % menus végé d’ici 2025) ; énergie (passage à Enercoop, maîtrise du chauffage, extinction des éclairages) ; déchets (suppression des gobelets plastiques, box en verre, compostage) ; transports des artistes (optimisation des tournées, encouragement aux transports en commun, allongement des séjours) ; achats (mutualisation via Cagibig, seconde main) ; hébergements (charte fournisseurs responsables) ; et mesure (enquête publics 2022, affinement des chiffres).

    Long terme (horizon 2030)

    Les transformations structurelles mobilisent l’ensemble de l’écosystème : densifier les tournées géographiquement ; lutter contre les contrats d’exclusivité ; expérimenter un billet combiné concert + TCL ; végétaliser intégralement les menus ; et accompagner les bailleurs dans les travaux d’isolation. La mise en place d’outils de calcul accessibles à tous les acteurs de la filière — en français et en anglais via Footprints — vise à déclencher un cercle vertueux à l’échelle européenne.

    Risques identifiés

    Trois catégories ont été cartographiées : risque opérationnel (hausse du coût des carburants, évolution des pratiques de transport) ; risque d’image (une fraction du public pourrait boycotter des événements perçus comme non responsables) ; risque financier et législatif (conditionnement probable des subventions publiques à des critères environnementaux, à l’image des obligations imposées par le CNM en 2021).

    Valorisation et effet d’entraînement

    Le Périscope s’engage à ne pas garder ses résultats en interne. La diffusion s’opère sur trois niveaux : en interne (réunions d’équipe, accompagnement individualisé des postes clés) ; au niveau sectoriel (transmission aux réseaux Fedelima, SMA, AJC ; formation de 12 agents et 12 musiciens via Footprints dans 5 pays ; collecte de bilans carbone sur 9 structures jazz ; participation au projet Shift Project / Fedelima / SMA « Décarbonons la culture ! ») ; et publiquement (site internet transformé en plateforme ressource, accessible en français et en anglais).

    Objectif 2030 : – 27,5 % d’émissions (WB2°C) · Objectif 2050 : – 50 % · Vision : modéliser un secteur jazz et musiques actuelles bas-carbone à l’échelle européenne

    Source : M_Periscope_strategie_climat_2019-30.pdf

  • La mutation écologique du spectacle vivant

    La mutation écologique du spectacle vivant

    Le Syndeac, principal syndicat d’employeurs du spectacle vivant public, publie en 2023 une feuille de route pour engager la mutation écologique de son secteur. Face à une empreinte carbone dominée à 75 % par les transports, il formule 11 engagements syndicaux et 7 propositions aux pouvoirs publics pour transformer en profondeur les modèles de création, de diffusion et de mobilité.

    Cet article est une synthèse réalisée à l’aide d’une IA.

    Présentation du document

    Ce livret, publié en mars 2023 par le Syndeac (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles), est le fruit d’un travail collectif engagé depuis 2021. À l’issue de son Assemblée générale en 2021, le bureau du Syndeac a érigé la mutation écologique en priorité de son mandat 2021-2023. Un groupe de travail ad hoc a été constitué en janvier 2022. Le document a été débattu lors de l’AG 2022, relu et amendé par les groupes syndicaux et les associations de labels (ASN, ACDN, ACCN, ACDCN). Il s’inscrit dans la perspective des concertations ouvertes avec le ministère de la Culture sur sa « feuille de route » en matière de transition écologique, et vise à fournir un mandat clair aux porte-paroles du Syndeac.

    Le Syndeac préfère le terme de mutation écologique à celui de transition, car une mutation implique un changement radical de système, et non une simple évolution à l’intérieur d’un cadre inchangé. L’objectif affiché est de rendre le secteur culturel évidemment écologique, tout en veillant à ne pas aggraver les inégalités sociales et économiques.

    Diagnostic : l’empreinte carbone du spectacle vivant

    Les études sectorielles convergent : les transports (publics, artistes, décors) représentent environ 75 % des émissions de CO2 du spectacle vivant. Parmi ces émissions, la mobilité des publics pèse à elle seule 66 %, principalement parce que la grande majorité des spectateurs se déplacent en voiture individuelle thermique. Le numérique est également en cause : selon le rapport ADEME-ARCEP de 2022, le secteur numérique représente 3,6 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit près du double du transport aérien. Le matériel représente 50 % des émissions numériques à lui seul.

    Trois axes prioritaires

    Le Syndeac structure son analyse autour de trois grands thèmes, qui sont aussi les trois leviers d’action identifiés :

    • Les mobilités des publics et des artistes : l’absence d’offre de transports en commun adaptée aux horaires culturels, l’implantation des salles hors des centres-villes, et les habitudes des spectateurs se combinent pour produire une empreinte carbone considérable.
    • La production et la diffusion des spectacles : la logique du « toujours plus » génère surproduction, concurrence entre structures et tournées incohérentes. Les évaluations des pouvoirs publics, fondées sur des critères quantitatifs (nombre de créations, remplissage des salles), entretiennent cette spirale.
    • Le numérique : loin d’être une solution miracle, le recours intensif au streaming HD ou aux plateformes aggrave le bilan carbone. Le Syndeac plaide pour un usage raisonné du numérique, centré sur les besoins réels et non sur la démonstration technologique.

    Les deux clés de la mutation

    Pour que les actions engagées sur ces trois axes produisent des effets, deux conditions transversales s’imposent comme des prérequis incontournables.

    La première est le changement des imaginaires collectifs. Les artistes et les structures culturelles doivent non seulement réduire leur empreinte écologique, mais aussi contribuer à construire de nouveaux récits désirables sur la façon dont notre société peut vivre autrement. Cela suppose d’abandonner la norme du « toujours plus » — plus de créations, plus de tournées, plus de concurrence — pour valoriser le temps de présence artistique sur le territoire, la qualité des séries et la coopération entre lieux.

    La seconde clé est l’accompagnement par les pouvoirs publics. Sans soutien de l’État et des collectivités territoriales, les professionnels de la culture ne peuvent aller au-delà des gestes quotidiens. Le Syndeac attend notamment une réforme des critères d’évaluation des structures, une planification écologique coordonnée entre ministères, et un financement dédié à la mutation du secteur.

    Les 11 engagements syndicaux du Syndeac

    Le Syndeac prend des engagements concrets à destination de ses adhérents (lieux de diffusion et équipes artistiques). Ces engagements couvrent les trois axes identifiés et se déclinent comme suit :

    IntituléActeurs concernés
    1Fin des clauses d’exclusivité territorialeLes lieux
    2Développement de pratiques d’inclusivité territorialeLieux + équipes artistiques
    3Engagement des labels nationaux : apports en coproduction à seuil plancherLes lieux
    4Transparence des programmations à l’échelle régionale (N-2)Les lieux
    5Diffusion des dates de tournées dans brochures et sur le webLes lieux
    6Généraliser le train pour voyages < 5 h, réduire les déplacementsLieux + équipes artistiques
    7Grande étude sur l’accès des publics aux structuresLieux + équipes artistiques
    8Former 100 % des adhérents à la mutation écologique d’ici 2024Lieux + équipes artistiques
    9Usage raisonné du numérique : limiter le streaming HDLieux + équipes artistiques
    10Réflexion sur les conséquences sociales de la mutation écologiqueLieux + équipes artistiques
    11Groupe de travail sur « Le futur désirable du spectacle vivant en 2050 »Lieux + équipes artistiques

    Parmi ces engagements, certains sont particulièrement structurants. La fin des clauses d’exclusivité territoriale (engagement 1) vise à faciliter le montage de tournées coopératives et à réduire les déplacements inutiles. La transparence des programmations à N-2 (engagement 4) entend substituer la coopération à la concurrence entre lieux. L’obligation de prendre le train pour tout trajet inférieur à cinq heures (engagement 6) est un signal fort adressé à l’ensemble du secteur. Enfin, la formation de 100 % des adhérents d’ici 2024 (engagement 8) vise à faire de la mutation écologique une culture d’entreprise partagée.

    Les 7 propositions aux pouvoirs publics

    Le Syndeac adresse également sept propositions concrètes à l’État et aux collectivités territoriales, reconnaissant que la mutation écologique du secteur ne peut se réaliser sans leur engagement actif :

    PropositionDestinataire
    1Élaborer un Schéma Local Culturel des Transports Publics par départementÉtat / Préfets / DRAC
    2Établir un référentiel carbone et publier un bilan annuel de la mutationMinistère de la Culture
    3Réformer l’évaluation des structures vers des critères qualitatifsÉtat / DRAC / Collectivités
    4Engager un chantier sur la valorisation du travail artistiquePouvoirs publics
    5Créer un comité interministériel de la culture (Culture, Écologie, Transports)État
    6Instaurer une éco-participation de 0,50 € par billet de spectacle et de cinémaPouvoirs publics
    7Dénoncer le projet Métavers, contraire aux objectifs de sobriété numériqueGouvernement

    Parmi ces propositions, l’éco-participation de 0,50 € par billet mérite une attention particulière : appliquée à l’ensemble du secteur culturel (soit environ 250 millions de billets selon les Chiffres clés 2021 du ministère de la Culture), elle générerait environ 125 millions d’euros dédiés au financement de la mutation écologique. Le Syndeac souligne également que le budget alloué par le ministère de la Culture à la « transition écologique » ne représente que 56 millions d’euros sur un budget global de 4,2 milliards, soit 1,33 % — un niveau jugé largement insuffisant au regard des enjeux.

    Conclusion

    Ce document constitue bien plus qu’une liste d’engagements : il affirme une vision politique du secteur culturel, refusant l’approche malthusienne (moins de créations, moins de travail) pour défendre un modèle durable où mieux vaut davantage que plus. La mutation sera collective ou ne sera pas. Elle requiert une triple coordination : au niveau individuel de chaque structure, au niveau sectoriel via le syndicat, et au niveau politique en impliquant l’État et les collectivités comme catalyseurs. Le Syndeac entend se doter d’un groupe de travail prospectif permanent sur « le futur désirable du spectacle vivant en 2050 » pour continuer à penser cette transformation sur le long terme.